Un drame glaçant sur l’émancipation brisée d’une jeune Allemande de l’Est épileptique, victime des convictions religieuses archaïques et toxiques de son milieu, transcendée par l’interprétation habitée de Sandra Hüller dans son premier rôle. 2,75
Alors que le monde du cinéma ne fait que bruisser des derniers rôles de Sandra Hüller (Anatomie d'une chute, la zone d'intérêt), Wim Wenders nous a susurré à l'oreille de voir son premier rôle, primé à Berlin en 2006 excusez du peu. Il s'agit de Requiem, le film d'un certain Schmid, réalisateur allemand de la nouvelle génération. L'histoire est inspirée de l'histoire vraie d'une jeune étudiante, épileptique, que l'institution catholique allemande cherche à exorciser!! Oui, oui cela existait encore en 1976, aussi incroyable que cela paraisse! Dans cette glaçante atmosphère rétrograde, Michaela joue la fille d'un couple de parents dévots, le père -joué par Burghart Klaußner, l'excellent interprète de F. Bauer, un héros allemand)- est faible et dépassé. Hüller joue les crises d'épilepsie, les "apparitions" avec un réalisme étonnant. La jeune actrice porte le film sur ses frêles épaules, et se range, non sans tergiversations - reflet du point de vue du réalisateur probablement-, à l'avis clérical plus que familial. L'agonie se rapproche à grands pas. Une courte vie se termine à l'écran, alors qu'une longue carrière d'actrice a démarré en trombe. TV1 - vf - mars 24
Très beau film, que j'ai vu récemment, je regrette de ne pas l'avoir vu à sa sortie...Le cinéma allemand est d'un réalisme à couper le souffle, tout le contraire d'un cinéma bourré d’effets spéciaux pour cacher la pauvreté du scénario....
A côté des films de divertissement il y a ce genre de film, assez proches de l'observation d'une société et de ses déviances. Ici, la religion est au coeur du problème, à une période charnière aux lendemains de la séparation des deux Allemagnes. C'est l'histoire d'une famille simple d'une petite ville éprise par la religion catholique, on y suit un pèlerinage, et de nombreuses scènes à l'église. De l'autre côté, la jeune fille débute une formation à l'université qui incarne l'émancipation. On y perçoit le rapport très tendu entre la mère et la fille sans toutefois pouvoir motiver cette tension. Pourquoi la mère est-elle si dure avec sa fille. Le refus de la psychiatrie conduira la famille vers la religion et l'exorcisme. Mais c'est une fin prévisible et dramatique. Un film sérieux, fort et excellent.
On pourrait qualifier « Requiem » de film d’horreur sans horreur ; Croisement improbable de « l’Exorcisme » traité par Mickael Haneke. Style sec, glacial le film prend d’avantage une tournure d’horreur psychologique posant les bases d’une dénonciation du puritanisme religieux et du rigorisme sociale ; Formidable prestation de Sandra Huller en fille « possédée » Mise en scène rigoureuse et habitée : Un grand film,
J'ai trouvé ce film vraiment bon. Sans tomber dans les clichés des film de possession, le réalisateur nous propose une version plus centrée sur la psychologies des personnages. Pas de parti pris dans ce film : possession ou schizophrénie?? A chacun son interprétation. On peut maintenant avoir une idée de ce qu'a vécu Annelise Michel, la jeune allemande dont ce film s'inspire. Le jeu des acteurs est vraiment bon. Bref, un film a voir absolument.
Le destin pathétique de l'héroïne force l'attention. A plus d'un titre je rapprocherais ce film de "Family life", de Ken Loach, notamment pour son sujet (l'effondrement d'une jeune femme) et son traitement naturaliste et dépouillé. Il se déroule d'ailleurs à la même époque. Et il en a aussi la force. Mais c'est la limite de ce film : "Family life" était en son temps d'une brûlante actualité (la famille aliénante, l'anti-psychatrie) ; "Requiem" s'en prend à l'Eglise catholique, devenue minoritaire dans notre société, et le souci d'aujourd'hui serait plutôt la déliquescence de la famille que son emprise sur l'individu. On ne peut qu'admirer la justesse de tout ça et être touché par cette héroïne, mais le propos de "Requiem" réserve ce film à un public motivé par les questions religieuses ou esthétiques.
En voyant ce chef d'oeuvre, je ne vois pas comment ma note aurait pu être plus basse. Un scénario déjà connu, mais qui contrairement à se que l'on pourrait croire, ne ressemble en rien à ceux des productions américaines. Une interprétation hyper réaliste dont M.Shmidt est le créateur et qui par ces scènes d'anthologie, nous plonge dans ce monde démoniaque, qui ne nous laisse pas indifférent. Les acteurs, sont pour ma part, tout bonnement exceptionnels, et je parle pour tous. Les prises de vue et l'ambiance des années 70 qui a été revue sont une vraie réussite, sans défaut, on s'y croierait. Une bande originale sympa vient envelopper ce "Requiem" troublant, étrange, marquant. La fin est prenante, une transformation physique étonnante de l'actrice, un jeu léché, c'est du grand art, du grand 7ème art même ! J'aimerai voir les autres créations de ce réalisateur allemand, car ce soir, il a marqué des points et je pense que vous ne resterez pas insensible à ce bijoux. A ne pas mettre entre toutes les mains, surtout pour les plus sensibles d'entre vous, mais pour le reste du monde, c'est à ne manquer sous aucun prétexte !
Moins tape à l'oeil que "L'exorcisme d'Emily Rose", "Requiem", par sa réalisation épurée, réaliste, franche et directe, dérange, oppresse et met à mal le spectateur. De ce fait, nous pouvons aisément imaginer ce qu'a réellement vécu Anneliese Michel (la vraie Michaela). Possession diabolique ou schizophrénie? Beaucoup de longueurs dans ce long métrage, comme si Hans-Christian Schmid ne savait pas vraiment où il allait, et des acteurs froids à la limite de l'autisme. Pourtant on se laisse emporter sans trop de difficultés par l'intrigue, même si pour certains d'entre nous le dénouement était connu à l'avance, et par le jeu des acteurs . Sandra Hüller, en tête, crève l'écran, mais cela a déja été dit et redit.
1970, Michaela, 21 ans, grandit dans une petite ville du sud de l'Allemagne entre un père faible et affectueux et une mère autoritaire. Prise entre psychiatrie et exorcisme, elle subit un destin tragique.
Un film traitant de la religion, de la folie et du poids de la société totalement réussi. Sans jamais versé dans aucun excés, le cinéaste se concentre sur son personnage ( tant dans la narration qu'à l'image ) pour construire un film assez boulversant qui hante le spectateur longtemps aprés le visionnage. La performance de Sandra Huller, simplement étourdissante, commence avec mutisme et renfermement, passe par l'exaltation, pour finir dans le chaos hystérique. Une oeuvre magistrale et cruelle.
Un film très intéressant pour voir comment une mère abusive, une croyance trop envahissante et un problème d'ordre psychologique ont mené à la mort d'une jeune fille. Le tout est filmé efficacement, la prestation de l'actrice principale est incroyable de vérité et d'effroi surtout dans la dernière partie.
Sobre et épurée, la réalisation de Requiem consacre la performance de son actrice principale. Elle y interprète une jeune femme épileptique et/ou possédée, mais surtout culpabilisée par son désir d'être acceptée à la fois d'famille puritaine et de ses amis.