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Bertie Quincampoix
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3,5
Publiée le 22 juillet 2022
Sorti quatre ans après le magnifique Uzak du même Nuri Bilge Ceylan, Les climats est une variation sur l’un des thèmes favoris de l’histoire du cinéma : un couple en crise, joué par le réalisateur lui-même et sa femme dans la vraie vie (la lumineuse Ebru Ceylan). Le premier acceptant d’endosser un rôle dans lequel il n’est pas forcément à son avantage. Superbement mis en scène au gré des saisons du cœur – le printemps n’apparaît jamais – Les climats nous plonge avec une force de cinéma évidente dans les mystères des fondements de l’amour, sans rien nous épargner des compromissions, des petitesses et des lâchetés plus ou moins coupables.
Le début du film ma inquiétée : javais limpression de regarder des gens qui sennuient et de ressentir leur ennui par effet miroir, et malheureusement, je nai jamais pu dépasser ce stade de lennui. Dommage car je trouvais le concept intéressant et car je pensais que Nuri Bilge Ceylan pouvait mieux faire.
Après le magnifique Uzac, Nuri Bilge Ceylan nous revient avec une oeuvre simple, mais d'une grande beauté formelle. Revenant sur son thème fétiche de la solitude des êtres, il dresse un bilan assez désespéré de la situation d'un couple en rupture. Avec une grande économie de moyens - plans séquences fixes et longs, absence quasi totale de musique - il créé une ambiance formidable. Le plus beau réside dans une bande-son travaillée à l'extrême, suivant ainsi les enseignements de son maître à penser : Andrei Tarkovski. "Les climats" possède bien sûr un rythme très lent, mais qui permet au cinéaste de plonger plus profondément au coeur des êtres. Un grand moment.
Soporifique. Du sous Antonioni qui fera passer Manoel de Oliveira pour un émule de Spielberg. Un attrape-cinéphiles après l'excellent "Uzak" du même cinéaste.
Ceylan, comme la plupart de ses contemorains ambitieux, confond grande photographie cinématographique et sublimes images. Ici les plans fixes infiniment gracieux n'apportent que peu de choses à l'atmosphère, même si la première partie est assez réussie dans le rendu de la rupture invisible. La combinaison du fait que le film soit trop personnel et le manque évident de recul malgré sa prétention est l'origine de l'ennui que provoque ce film, qui cherche à cacher son manque d'intérêt derrière un dépaysement assuré, et une absence d'autocomplaisance. Il n'arrive jamais à nous faire oublier que des histoires de couples bourgeois atteignant la quarantaine et vivant un désenchantement, on connaît... On est bien loin d'Antonioni ou de Bergman...
On pourrait le faire à la sauce Télérama-Le Monde-Libé et Cie, en louant cet héritier dAntonioni et de Bergman, lorgnant également vers Tarkovski : splendeur visuelle, à la lenteur étudiée, installant une ambiance désenchantée, dune beauté intemporelle avec ses longs plans-séquences, et encore et encore, à croire que tous les critiques ont recopié le dossier de presse, à moins quils naient tous rédigé leurs articles ensemble... On peut aussi se mettre dans la peau dun égaré, un quidam nallant au cinéma quune ou deux fois par an, et en labsence cette année dun Mission Impossible, se soit fourvoyé devant ces Climats : immonde daube où il ne se passe rien, avec des acteurs laids et pas drôles, incroyable quon puisse appeler cette bouse un film. Difficile de nêtre ni admirateur béat, ni mangeur de pop-corn en colère. Il y a bien des qualités formelles, netteté de limage, beauté de la composition des plans, structure quasi mathématique du scénario, travail étonnant sur le son... Mais tout cela paraît vain, sans signification. Ces deux êtres qui se déchirent nont pas de passé, il est bien difficile de sattacher à eux, de sidentifier. Leurs échanges ne nous apprennent rien sur eux, les personnages deviennent inconsistants à force de mystères et de non-dits. Elle, ne sexprime quen pleurant, et lon peut se demander ce qui la rattache à cette sombre brute, nexistant quau travers dactes violents, certains à la limite du soutenable (la scène avec lautre femme, décrite comme scène damour par quelques critiques, est un viol dune brutalité même pas suggérée...) La technique choisie (numérique haute définition), bien loin dentraîner le spectateur dans lémotion, maintient une distance, une froideur, comme un regard clinique sur ces êtres : on pourrait compter les cheveux un à un, distinguer les pores de la peau, voir le reflet du regard de lautre dans les gouttelettes de transpiration, faire un cours de sciences naturelles sur la forme des flocons de
C'est un film turc réalisé par l'auteur d'Uzak (qui lui a été primé à Cannes).Sans avoir vu ce dernier, je peux dire que Les Climats est un film éblouissant admirablement réalisé et interprété par Nuri Bilge Ceylan qui occupe les deux postes, comme peut le faire Woody Allen bien que ses films soient quelques peu différents. Cet auteur turc se rapprocherait des films de Bergman ou dAntonioni : il ne faut pas sattendre à un film daction, avec plein de rebondissements. Ce film met en place deux personnages qui ne savent pas où ils en sont dans leur relation amoureuse. Ils finissent par se quitter, et cest au tout début du film, et se retrouvent seuls chacun de leur côté à mener leur vie. Le réalisateur sintéresse principalement à lhomme et à la façon dont il gère cette situation. La femme, quant à elle, sest éloignée, est partie dans une région éloignée où elle fait partie dune équipe dune série télé. Ces deux personnages vivent donc séparés à un âge où dans tout couple on se pose des questions : ils ont la quarantaine bien avancée, et cela fait certainement assez longtemps quils sont ensemble, mais comme dans toute chose, il arrive un moment où la lassitude se fait sentir, et cest là où nos deux personnages en sont arrivés. Et le cinéaste nous fait ressentir cela en faisant des plans assez longs au plus près des personnages pour nous faire comprendre ce quils ressentent, et par la même occasion, il nous fait ressentir et surtout réagir, nous, spectateurs, à notre propre relation, et cest cela qui est extrêmement fort. Cest un film profondément humaniste, qui se pose des questions sur le sens même de lexistence et de la relation avec une autre personne. Il ny a pas beaucoup de dialogues, mais cela vient justement enrichir le film et le rendre plus fort : il y a une telle poésie dans les images, mais aussi une musique sortit dun petit gramophone acheté par lhomme, Bahar, de son prénom, qui à partir du milieu du film devient récurrente, et reprendra au
Visuellement le film est réussi, les climats ensoleillé et ensuite enneigé sont magnifiés par de long plans fixe la plupart très beaux. Dommage par contre que le scénario ne soit pas d'une originalité folle je dirais même qu'il est banal.
Mon premier Ceylan. Et je le découvre avec joie et une légère pointe d'amertume. D'abord, de la joie pour cet esthétisme épuré, cette image léchée. Cette efficacité dans la réalisation, produit d'une simplicité grandiose. La prestation sincère et juste des acteurs. Ensuite, un peu d'amertume pour ces plans fixes parfois un peu trop long. A la fois hypnotisant et -malheureusement- ennuyant. Pourtant, j'ai éprouvé peu d'agacement, excepter pour certains moments où là j'avais plus de mal à supporter cette lenteur, cette espèce de léthargie ambiante. Puis finalement, c'est la beauté du film qui emporte le tout. Ces climats qui accompagne les intempéries de cette relation amoureuse. Ceylan rend la neige sublimement cinégénique. En fait, chaque paysage -la mer, les montagnes, le ciel, la ville- qu'il filme est d'une beauté sensible qui ne manque pas de nous toucher. L'attention qu'il porte sur les regards, les visages est omniprésente. Il cherche l'émotion, à la pénétrée. Il réussit.
L'histoire d'une femme d'une autre époque et d'une autre civilisation, qui va rendre chèvre un homme sans qualités particulières, mais qu'on ne devrait pas laisser tomber pour rien. Il est des stéréotypes qu'on ne soupçonne pas. Surtout quand ils viennent de la part des personnes qui voudraient échapper à la caricature. C'est un bon film d'auteur, avec ce qu'il faut d'ennui, de silences, de lenteurs, mais aussi d'humanité, de réalisme, de fantaisies ou d'horreurs. C'est bien construit, très bien filmé, notamment les longs plans sur la belle Ceylan. Le problème, c'est que je ne peux pas en dire grand-chose tant ce film m'a rappelé de manière très désagréable une relation personnelle avec une femme ressemblante. Avec la même mentalité, la même incohérence pseudo romantique d'une vision de l'amour puérile et dangereuse. Aussi bien pour les individus que pour une société toute entière. Comme la ressemblance esthétique se mêlait de loin à l'ensemble, j'ai peur de n'avoir aucun recul pour critiquer ce film. A un détail près, on s'y croirait.
Après le très beau ‘’Uzak’’, voici ‘’Les Climats’’. C’est le même genre de film, en plus beau… et en plus chiant. Je le dis de manière un peu brutale, mais même si certains plans sont d’une beauté à tomber de son canapé, l’histoire manque de grain à moudre. Ce ne sont aucunement les silences qui sont pesant ici, car, à l’instar d’un Kitano, c’est tout le talent de Nuri Bilge Ceylan de faire passer des sentiments sans besoin du moindre mot. Mais on reste simple spectateur, toujours à l’extérieur de cette histoire. Dommage. Que demande le peuple ? ‘’Du beau temps !’’
C'est le premier film Turc que je vois et j'ai été étonné. C'est très esthétique, la photographie est très soignée et on est content d'en apprendre un peu plus sur la société turque. Cependant le film présente une lenteur un peu pénible et le scénario n'est pas très original.De plus les effets sonores sont a la limite du ridicule.
Caméra peu bavarde, photographie exceptionnelle. Dialogue minimal où les mots mentent mais les corps parlent. Grande liberté du spectateur pour reconstituer les dialogues à partir du langage des corps L’homme, autoritaire, universitaire, sûr de lui. La femme, incapable de répondre au discours de cet homme, expression purement physique 1e période : l’été, la côte (choisi par lui pour raison professionnelle); elle suit Une relation infantilisante s’est installée, elle ne le supporte plus. Beaucoup plus jeune que lui, une de ses anciennes étudiantes. Maintenant elle a un métier (costumière), elle est indépendante. Lui, l’enseignant, habitué à un auditoire attentif, n’est pas prêt à renoncer à son rôle de pygmalion. Arriveront-ils à s’entendre? Lui photographie; elle, appuyée à une colonne, pleure. Tout est dit de sa frustration. Dispute initiée par elle pour un prétexte futile. Lui, cartésien, ne supporte pas, il signifie la rupture. Elle provoque un accident de moto : irrationnel, incapacité d’expression par les mots, insupportable pour lui. 2e période, à Istanbul, l’automne. Il suit une ancienne amante, vient chez elle et la viole, en apparence. Plaisir de la domination, donnée ou subie. 3e période : Elle, sur un tournage de film, sous la neige. Lui, vient la retrouver. Elle est là, en haut des marches extérieures de son hôtel, rayonnante dans son manteau blanc. Il dit vouloir se marier avec elle et avoir des enfants. Aurait-il changé ? Elle résiste mais à 2h du mat, elle sonne à sa porte. Il ouvre, s’efface, elle entre, avance, s’assoit sur le lit, bascule sur le coté: il n’a pas bougé, puis s’avance et s’assoie sur la chaise prés de la fenêtre : il la regarde baisser les armes et lui ne fait rien : terrible! Petit déjeuner ensemble, elle y croit, elle se lâche et parle de son travail, on dirait une petite fille qui s’émerveille. Sa réponse? Le metteur en scène a tourné avec sa femme (l’héroïne) et il dédit ce film à son fils : du vécu? Trés grand film!
Le réalisateur de ce film, vient apporter la confirmation, après la reconnaissance obtenue avec Uzak, mesurée puisque n'étant pas du goût du grand public, qu'il possède son propre univers. Un certains parti pris poussera un bon nombre de personnes à ne pas l'avoir vu à cataloguer le film d'intello. Loin de l'être et étant réticent moi-même au départ vis à vis de l'histoire de ce couple déchiré par les aléas de de leurs sentiments (d'où le titre pouvant aussi rebuté mais bien choisi "Les Climats"), il est important de dire que c'est tout simplement du vrai cinéma d'auteur (à défendre d'autant que d'origine turc !), pas accessible au tout venant certes, mais prenant si on essaye de partager les humeurs des protagonistes ( facile puisque le jeu des acteurs est magnifique de justesse mais difficile puisque celui-ci décrivant justement des humeurs changeantes)... bref tout çà pour dire que c'est un film de l'ordre du ressenti faisant appel à la finesse du spectateur (chose rare pour le signaler).