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Un visiteur
2,0
Publiée le 18 mai 2014
ça un chef d'oeuvre ? Et bien non on ne peut pas dire ça . Ok La reconstitution de l'Amérique du début du siècle est superbe , Ok Daniel Day Lewis et Paul Dano jouent très bien . Ok l'atmosphère de western sur fond de course au pétrole est très bien rendu . Mais pour faire un chef d'oeuvre il faut savoir diriger ses acteurs et mener jusqu'au bout son scénario . Et là on n'y est pas . La dernière scène en donne toute l'étendue où l'on sent qu'il n'y a plus de direction et juste un acteur qui cabotine seul en impro dans son rôle ... ces mêmes dernières minutes qui montrent qu'on ne sait pas comment finir le film ni lui donner un sens ou un corps . Alors on part dans le délire pseudo artistiquo-théâtral où l'on sait que les critiques intello bobo pullulant dans le septième art vont crier au chef d'oeuvre. Et bien moi je dis non : c'est juste un film bâclé !!
Un drame glaçant dû à une réalisation osée, merci à Paul Anderson, et mémorable grâce à la stupéfiante performance de Day Lewis. Celui-ci campe un père tentant de faire fortune en implantant des puits de pétrole dans tout le pays. Grâce à une habile fourberie, Daniel Plainview s'empare du parcelle de plaine, qui recèle une importante quantité de pétrole. Pourtant l'ambition de ce père de famille cache une peur, pouvant se transformée en folie, une folie qui peut se déchaîner au moindre doute, à la moindre faille ou à la moindre concurrence. Un homme rongé par les craintes, dévouer corps et âme au capitalisme. Day Lewis joue parfaitement, ses yeux brillant sont ceux d'un prédateur opportuniste, son dédain ne fait que l'enfoncer dans son propre mépris qu'il affiche finalement à l’égard de tout le monde à en croire ses dires. Daniel Day Lewis s'investit pleinement dans son personnage. Un jeu d'acteur hors norme pour tout dire. Je salue aussi Paul Dano ( que l'on découvrira réellement un peu plus tard ) qui dans son rôle de prêtre reste des plus intensifs, jusqu'à son dernier bowling. Un prêtre qui s'empare des esprits, infiltre les pensées et parvient finalement à s'opposer face au géant que devient de jour en jour Plainview. La rivalité entre les deux opposants est inouïe : Les moyens mis en oeuvre pour se détruire sont chacune des plus immorales, enfin de compte, je me demandais qui aurai l'audace de commettre l'irréparable. Tout deux se complaisent dans la luxure, commette des crimes, mais malgré leurs différents, ils ne sont pas diamétralement opposés. Un bien beau combat que nous offre ses deux là. La folie du pétrole se préparant à accueillir un monde industriel. Le gangrènage des pipelines du sol des Etats Unis aura au final fait couler beaucoup de sang. Un film assommant et suffocant.
Paul Thomas Anderson retrace la course au pétrole survenue au début du XXème siècle. Il montre une Amérique plongée dans l'or noir où la vie d'un homme ne pèse pratiquement rien. Le réalisateur s'inspire du travail de Kubrick ce qui permet à There Will Be Blood d'avoir une image précise et approfondie, donnant ainsi aux infrastructures et aux machines une place majeure et de dominer l'écran. Certains passages sombres sont attachants et émouvants mais il faut bien reconnaître que les longueurs présentes portent défaut à la narration : l'intérêt en prend un sacré coup. Malgré ce seul gros point négatif, le reste est tout bonnement excellent.
Un film énorme, envoutant ,éblouissant, sur un sujet pourtant très difficile , qui aurait pu paraitre rébarbatif. Bien sûr Day Lewis tient le film sur ces épaules, avec une interprétation énorme, tout en folie , comme cette scène finale où le héros bascule dans la folie meurtrière qui vous scotche dans votre fauteuil. . Mais il était aussi éblouissant quand il est un homme doux, aimant son fils adoptif, ou confraternel avec ses copains des puits de forage. C'est ensuite un magnifique document sur le début du siècle aux USA, les chercheurs d'or , puis chercheur de pétrole. Au début c'est un petit business artisanal, puis on voit comment cela devient une industrie : l'ambition est là , les hors la loi aussi , l'appât du gain , le capitalisme sauvage , tout y est. Une mise en scène brillante , des plans séquence majestueux, des éclairages très picturaux. Et enfin une bande- son incroyable, mélange de musique électro, et de musique tribale ancestrale, répétitive. Elle vous prend aux tripes, et parfois vous obsède et parfois vous énerve. La musique comme un vecteur très puissant d' accompagnement de la narration . Rarement une Bande son n'a autant porté et sublimé le récit. Un spectacle complet de toute beauté.
"There will be blood" : Il va y avoir du sang. Merci de nous prévenir. Je l'ai attendu durant tout le film, m'interrogeant sur un tel titre, justifié seulement durant la dernière scène du film. Premier film de Paul Thomas Anderson que je regarde, première déception. There will be blood est selon moi un film long et ennuyant. Il n'y a aucun enjeu majeur au niveau de la trame de l'histoire, simplement le train de vie pas spécialement excitant de Daniel. Parfois cela ne me dérange pas, ici je n'ai pas accroché. Pourtant, je ne peux nier les talents du réalisateur, qui a su créer des scènes très fortes. L'introduction, déjà, est unique. Le thème musical est puissant, sans aucun mot pour atténuer sa force. Ces premières minutes sont envoûtantes. Une autre scène m'a également marqué : celle où Daniel et ses hommes sont témoins d'une explosion de gaz, entraînant un gigantesque feu. En plus de la portée dramatique de cet instant pour la vie de Daniel et de son fils, les plans et couleurs de ce passage sont remarquables. Concernant la musique, comme je le disais un peu plus tôt, dès les premières scènes, elle donne le ton. Étrange et angoissante, elle semble parfois décalée avec ce qui nous est montré à l'écran. Ce décalage force l'attention et instaure une ambiance unique. La trame de l'histoire, quant à elle, ne m'a pas passionné. De plus, certains éléments me semblent peu exploités. Je me suis vraiment demandé qui est Paul le frère d'Eli ? Pourquoi a-t-il vendu les terres de ses parents pour partir exploiter d'autres gisements ? Ce personnage est un mystère. Son apparition est cruciale, mais par la suite, on n'en entend plus du tout parler, mis à part deux trois phrases dans la dernière scène du film. Il aurait pourtant été intéressant d'en apprendre plus sur ses motivations. Le héros Daniel est présent dans la totalité des scènes. Le film repose entièrement sur lui, au détriment des personnages secondaires. Heureusement, Daniel Day-Lewis incarne parfaitement le pétrolier. Rien de bien étonnant, il est un acteur exceptionnel, bien que trop discret. Quant à son personnage en lui-même, j'ai trouvé son évolution trop peu graduée. Il est montré comme un homme assez bon depuis le début.spoiler: Lorsqu'il se rend compte que celui qu'il pensait être son frère lui a menti, une facette insoupçonnée du héros apparaît. Après le meurtre de l'homme, ce côté sombre de sa personnalité devient omniprésent. La scène où il retrouve son fils, et celle où Eli lui rend visite ne semblent être là que pour le confirmer. J'aurais aimé comprendre ce qui a conduit cet homme à agir de la sorte, de passer de l'homme ambitieux des débuts, à ce qu'il devient durant le terrible dénouement final.
Deux acteurs époustouflants (c'est le cas de le dire), pour un film aux allures de néo-western, alternant entre drame et comédie noire excentrique et loufoque entre autres de par les scènes inattendues et les excès des deux protagonistes en lutte pour un même objectif capitaliste quitte à verser le sang...
Curieux film ! Un premier quart d'heure pas vraiment passionnant, une fin qui n'en finit pas lorsque le pur salaud qu'est Daniel verse vraiment dans la folie. Entre ces 2 extrémités du film, une bonne heure et demie d'excellent cinéma, avec 2 excellents comédiens, Daniel Day-Lewis et Paul Dano. Entre l'immonde chef d'entreprise et le pathétique prédicateur, encore un film qui nous montre un visage particulièrement odieux et grotesque des Etats-Unis !
Une percée passionnante dans cet épisode d'une cruauté sans précédent pour notre histoire. Le pognon est vraiment aussi répugnant que l'or noir qui gicle à profusion pendant 2h30. Certes un peu long, la sauvagerie de ce film ne peut que le rendre unique de part son duel d'une rare intensité entre le dollar et la religion, entre le mal et le mal . Oui la perversion est à son comble, le combat est il perdu d'avance ? Vous le saurez en regardant ce film nécessaire pour notre humanité. Daniel Day Lewis d'une main de maître se transforme de façon stupéfiante en monstre tellement cupide qu'il vous subjuge. Cette fois ci ça va plus que saigner, vous allez en pleurer.
Il faut bien reconnaitre les qualités de réalisation, des décors et des interprétations (Daniel D Lewis est comme d'habitude plus que remarquable), qui nous emmènent bien dans l'univers. Mais pas fan de l'ensemble, de ce personnage si sombre et souvent paradoxal qui n'aime pas les autres humains mais préfère la noirceur de son pétrole, c'est évident que c'est ce que veut raconter le film, mais au delà de ce point c'est le fait de ne pas vraiment avoir de fin qui m'a déçu.
J'attendais énormément de ce film à la réputation de chef d’œuvre considéré par beaucoup comme le meilleur film de Paul Thomas Anderson, considéré à juste titre comme le plus grand cinéaste de sa génération. Pour ma part, "There Will Be Blood" ne m'a pas autant emporté que "Boogie Nights" et "Magnolia", formidables films-patchworks d'une force inouïe reposant sur une narration hors pair et un jeu collectif des acteurs au diapason, chacun étant au service de leurs personnages. Ici l'histoire est au service d'un personnage central incarné avec maestria par Daniel Day-Lewis. Cependant, ce qui faisait le sel des films chorals d'Anderson est totalement absent de celui-ci. Notamment parce que le sujet ne s'y prête pas et qu'il s'agit d'une épopée d'un pionnier du pétrole à la portée historique et philosophique évidente. Bien que les seconds rôles jouent parfaitement, ils se font littéralement "bouffer" par le charisme de Daniel Day-Lewis qui écrase le film de son talent insolent. Même Paul Dano, pourtant saisissant en prédicateur exploitant la crédulité des croyants a des fins purement mercantiles, n'arrive pas à la cheville de l'ogre Day-Lewis. Sauf peut-être dans la traumatisante dernière scène du film. L'acteur "mange" tout le film, certes. Mais c'est aussi à l'image de son personnage, cynique et cupide pionnier du pétrole, prêt à tout pour imposer sa mégalomanie grandissante et sa soif de pouvoir étendu. Anderson joue du décalage entre le côté falot de Paul Dano, qui s'avère pour finir le perdant d'un affrontement où l'idéologie matérialiste de la jouissance et du pouvoir par l'argent l'emporte sur le prosélytisme sectaire d' idéologies religieuses, basées sur l'illusion de la rédemption et de la guérison. Dans la deuxième partie du film, après le départ de H.W. j'ai parfois eu l'impression que le réalisateur perdait de vue cette opposition certes, passionnante, mais aux ficelles évidentes. Deuxième partie, plus sombre, mais qui emporte moins l'adhésion, alternant entre scènes trop longues ou répétitives et ellipses mal venues. Comme si subitement le réalisateur était dépassé par son film, se perdait dans les méandres complexes de la psyché d'un malade mégalo, excessif et autodestructeur, appuyant le trait ici où là. Pourtant, les 100 premières minutes de films sont réellement d'un très haut niveau. Je suis époustouflé par le talent de Paul Thomas Anderson. Sa réalisation ample et ses longs plans séquences nous immergent dans une fresque quasi-minérale ou tout se joue sur le rapport à la nature que l'on doit dompter à tout prix. Une sorte de western post-conquête de l'Ouest où plane l'inspiration de "Il était une fois dans l'Ouest" de Sergio Leone. La photo éclatante et lumineuse de Robert Elswit et la musique obsédante et dissonante de Jonny Greenwood participent également de cette forte impression. La première partie mérite 9-10, la deuxième pas plus de 7 - mis à part l'affrontement final, réussit, mais un peu "grand guignol", à l'image de ces deux ennemis excessifs à la soif de pouvoir sans bornes. Un film réussit, intéressant, passionnant, mais qui pêche peut-être par sa grande mégalomanie comme son personnage principal Daniel Plainview.
There Will Be Blood également pour le spectateur. Le génie : Paul Thomas Anderson. Idée de départ, scénar, bande son, mise en scène. Tout s'accorde, tout sonne juste. Ce n'est pas une simple histoire. L'or noir en toile de fond, une trame dramatique qui brutalise. Ce rapport père/fils on ne peut plus sur le fil du rasoir. Emotivement parlant. Que dire de Monsieur Daniel Day-Lewis. Ce rôle de misanthrope, traversant trois décennies. La mutation du personnage qui se vide de son amour, qui devient sec et sans aucun sentiments apparents. La fin est mythique, coriace et même drôle. Des seconds rôles qui peuvent pas mieux porter leur nom. Paul Dano et ses élucubrations pro-catho, en mode crescendo, qui grincent dans les oreilles. C'est assourdissant. C'est puissant.
2007 fut décidement une grande cuvée pour le cinéma indépendant américain. D'un coté, No Country For Old Men des Frères Coen et de l'autre, le film dont il est question ici, There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson (ces 2 films, aux titres si pessimistes et tournés au Texas, domineront d'ailleurs les Oscars en 2008). N' y allons pas par 4 chemins, le film d'Anderson est une fresque épique aux ambiances "westerniennes' et "altmaniennes" sur le destin d'un homme ayant croisé la route de l'or noir. Un destin parsemé d'embûches et remettant en cause son rapport à la violence, à l'argent, à la religion et à la famille. Le tout accompagné d'une brillante mise en scène, d'un Daniel Day Lewis en grande forme et une musique marquante signée du guitariste de Radiohead. Un film sublime !
Avec There Will Be Blood, Paul Thomas Anderson (notamment réalisateur de Boogie Nights et de Magnolia) dresse un portrait satirique du rêve américain centré autour des prémices de l'industrie du pétrole et autour de la religion. La mise en scène et la photographie sont très soignées. La découpe assez synthétique de cette longue histoire est aussi un élément agré acteurs sont globalement d'un excellent niveau avec en tête de liste un Daniel Day-Lewis totalement habité par son personnage.