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inspecteur morvandieu
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2,5
Publiée le 14 juin 2024
Le film de Laurent Tirard n'est pas la biographie de Molière que je m'étais imaginée. C'est une fantaisie où les auteurs confrontent Molière à ses créations et font de lui un personnage de ses comédies. Le jeune Poquelin, dit Molière, est introduit chez le bourgeois Jourdain (F.Luchini) sous le nom de Tartuffe. Son séjour nourrira son oeuvre future suivant un mélange de situations puisées dans un certain nombre de comédies de Molière: Tartuffe et le Bourgeois gentillomme donc, mais aussi les Femmes savantes ou les Fourberies de Scapin. Autant de pièces identifiées selon le souvenir et la connaissance de chacun. Le procédé n'est pas inintéressant mais sa réalisation n'est pas tout à fait convaincante. La mise en scène, plutôt empesée -à l'instar d'une rutilante et ostentatoire reconstitution d'époque- manque de vivacité et de cocasserie, et on trouve trop rarement dans cette éclectique intrigue des enchainements plaisants ou une dynamique théatrale. A certains égards, le style de Tirard et les références ou allusions au théatre de Molière apparaissent même pompeux, faute de subtilité. Enfin, la composition de Romain Duris dans le rôle-titre, associé à quelques noms du box-office (Luchini, Baer, Ludivine Sagnier) n'est pas très probante. Elle manque de légèreté jusqu'à nous faire penser que l'acteur, avec sa physionomie ombrageuse, son visage dur et son phrasé hésitant, passe à côté du personnage. Le marivaudage entre lui, c'est-à-dire Molière-Tartuffe, et Laura Morante, séduisante Elmire devenue une Madame Jourdain, est même balourd. Un film ambitieux, soigné, mais pas forcément inspiré.
Objet de curiosité que ce Molière. Si la démarche en elle-même n'est pas exactement une nouveauté (biographie fictive d'un homme célèbre dévoilant les ressorts de son œuvre, on a déjà donné), l'angle choisi nous éloigne du purement comique avec beaucoup de finesse et de délicatesse. Du coup, le film parvient à exalter le côté universel du théâtre de Molière à travers une galerie de personnages finement étudiés, démontrant s'il en était besoin que la comédie n'est pas à prendre à la légère. Tout n'est pas parfait loin s'en faut: si les interprètes principaux s'en sortent plutôt bien, les seconds rôles ne sont pas tous à la noce voire parfois hors du ton. De plus, la mécanique du film, pour intéressante qu'elle soit, fait avancer celui-ci par à-coups, glissant références sur références, donnant par moments le sentiment d'un agglutinement menant vers une fin somme toute courue d'avance à bien des égards. Un bel effort toutefois, et un bel hommage à cette grande figure de la culture française.
Après l'excellent "Mensonges et trahisons", Laurent Tirard nous livre sa vision de Molière (version "Shakespeare in love"). Malgré quelques longueurs et une fin étonnamment triste pour un film qui ne l'est pas, "Molière" est plutôt réussi avec son casting éblouissant (Romain Duris campe un Molière inédit mais très crédible, Fabrice Lucchini donne vie à un Monsieur Jourdain plus vrai que nature, Edouard Baer est savoureux en hypocrite Dorante, Laura Morante est touchante…) et ses dialogues jouant intelligemment avec les pièces du Maître ("Cachez ce sein que je ne saurais voir") tout comme certaines scènes (surtout celles du "Bourgeois Gentilhomme"). Un film sympathique mais qui aurait peut-être gagné à aller plus loin dans la comédie.
Une sorte de medley sympatoche de quelques œuvres de Molière. Enfin, ne nous emballons pas non plus, le soi-disant pot-pourri se compose en réalité d’une base à 90% de « Bourgeois gentilhomme » complété par 10% de « Tartuffe ». L’idée n’en reste pas moins séduisante et surtout originale. Cela permet de sortir des sentiers battus du biopic, même si on s’égare du coup dans la fiction la plus totale. Le résultat est agréable, surtout dans la seconde partie, voire même touchant à la fin. Les acteurs s’en sortent bien, Fabrice Luchini en tête. On peut leur reprocher de mal porter les cheveux longs et, pour Romain Duris, la moustache. Nombre de spectateurs sortiront tout de même frustrés, surtout s’ils pensaient s’éviter un long et pénible documentaire d’Arte sur la vie de Jean-Baptiste Poquelin grâce au film. On n’apprend rien ou presque, c’est rageant. De même, le jeu forcément théâtral auquel on a droit a tendance à devenir pénible au bout d’un moment. Le côté niaiseux de la relation entre Molière et Mme Jourdain n’est pas non plus des plus intéressants. Enfin, la construction particulière de l’intrigue, avec une mise en bouche puis un énorme flash-back d’1h30, peut décevoir. On a du mal à saisir l’intérêt d’un tel choix, si ce n’est de rallonger une sauce en quantité trop insuffisante.
Un petit bijoux du cinéma français sous-estimé à mon goût. Fin, drôle, touchant, il montre Molière dans des situations qui auraient pu lui inspirer ses pièces. Très bon scénario, réalisation soignée et surtout acteurs remarquables, n'hésitez pas et foncez !
Autant je dois reconnaitre ma méfiance vis à vis de ce film au départ, autant il me faut aussi reconnaitre que l'ensemble est finalement assez réussi. Laurent Tirard présente ici une vision originale des choses, assez moderne et très enlevée. Car loin d'être une lecon d'histoire, Molière est en réalité un pur divertissement, avec des dialogues surprenants parfois et régulièrement droles. Certaines situations sont même fort cocasses et même parfois irrésistibles, notamment certaines scènes avec Edouard Baer et Fabrice Luchini, ou Romain Duris et Fabrice Luchini. L'interprétation qui n'est hélas pas le point fort de ce film, Romain Duris et Fabrice Luchini surjouant souvent, et tombant parfois dans l'excès. C'est Edouard Baer qu s'en sort le mieux, ressemblant lui réellement à un personnage de Molière. Le film connait également quelques petits égarements, mais ce serait tout de même bien sévère de faire la fine bouche devant un divertissement ma foi assez beau, émouvant parfois (notamment à la fin.) Une comédie qui sait donc se faire légère et agréable, c'est assez rare pour le souligner et c'est déja beaucoup. On peut considérer Molière comme une réussite.
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5,0
Publiée le 10 octobre 2020
Molière est passionnant à plusieurs niveaux. Le talent d'acteur de Duris mérite à lui seul une vision ainsi que la belle réalisation de Laurent Tirard. Les images étaient très colorées et joliment cadrées. Les magnifiques lieux que seule la France a à offrir ont été magnifiquement mis en valeur ainsi que des costumes, des coiffures et du maquillage extravagants. La partition écrite par Frédéric Talgorn était de loin l'une des meilleures parties. Sa capacité à tisser des thèmes musicaux du XVe siècle dans une comédie robuste, amusante et énergique vaut définitivement une seconde écoute à la maison sur un beau système de haut-parleurs. En plus le film est aussi vraiment drôle. Il y a de belles scènes des pièces de théâtre ainsi que de belles blagues pour un public moderne. Le film Molière a tout. C'est un regard fantastique et brillant sur l'un des artistes les plus célèbres de France. Le film peut durer un peu longtemps pour certains mais il est à peine perceptible lorsqu'il est juxtaposé à des graphismes brillants, à des acteurs fantastiques et à une musique et une conception sonore merveilleuses. Il a aussi du cœur et nous laisse un beau message à méditer en le quittant. Il convient également aux adolescents car le contenu sexuel est plutôt mineur...
Un reconstitution habile et amusante de la vie de molière qui cependant n'a rien à voir une biopic , Romain Duris et Fabrice Luchini sont très à l'aise dans leur interprétation respective , le reste du casting est aussi bon , une fantaisie très réussie .
L'année est encore loin d'être finie, mais ce film est tout de même l'une des meilleures surprises de 2007 !
On pourra reprocher à Laurent Tirard d'avoir pris quelques libertés avec le personnage de Molière... ce qui n'est d'ailleurs peut-être pas tout à fait vrai?
Je m'explique : ce film raconte la période de la vie de Poquelin pendant laquelle il se retire plusieurs années en province. A son retour, il écrit ses plus grandes pièces.
Ce film part d'une suppostion pour le moins originale : et si Molière avait trouvé l'inspiration grâce à tous les personnages qu'il a pu rencontrer.
Et des personnages comme ça, il n'en manque pas : Monsieur Jourdain, interprété par l'inimitable Fabrice Luchini (la scène du cheval...), ainsi qu'Edourard Baer en marquis délirant...
Sans oublier l'excellente performance de Romain Duris dans le rôle de Molière...
Les dialogues sont un régal, littéraires comme il faut, fluides, agréables...
Mais le plus gros point positif du film, ce sont les allusions aux pièces de Molière qui sont légion : Les Fourberies de Scapin ( "Que diable allait-il faire dans cette galère ?"), L'école des Femmes ("Le petit chat est mort"), et bien d'autres que j'ai oubliées...
En bref, on passe un excellent moment devant ce spectacle divertissant et fort agréable.
MOLIERE IN LOVE. Acte 1: Moliere à l'école s'était saoulant. Acte 2: Laurent Tirard met de la modernité et de l'humour. Acte 3 les comédiens se démarquent par leur énergie et leurs expressions. Et plus si affinités.
Il est des comédies qui se croient intelligentes en citant d’authentiques génies. Et ce film est, des comédies que j’ai pu voir dernièrement, le plus correctement « politiquement incorrect », crachant avec mépris sur la noblesse comme d’hab, et traitant avec familiarité de l’élite culturelle de la France en ces époques. Ce sont des cons, sauf Molière et la marquise. Et le scénariste de se croire malin en repompant des situations de pièces ou de faire des gags anachroniques (« baiser » et « embrasser », j’en ai ris en 5ème, c’est gamin maintenant). Le pire étant que de la profondeur des pièces de Molière (et je parle aussi de ses comédies), le metteur en scène ne semble avoir retenu que les prestations exagérément comiques des théâtres de boulevard, ce qui donne au film autant de poids qu’un doux mouchoir où j’expire ma morve avant de le jeter. Rappelons que Molière voulait être reconnu pour ses tragédies, et pas ses comédies. Alors, cette fin merdique où tout est tragique, elle est d’un tel opportunisme (après une heure quarante-cinq de comédie, c’est de l’hypocrisie) et d’un tel prétentieux que je ne veux laisser absolument aucune chance à cet étron. Cette farce est bien trop vulgaire (ne vous fiez pas au langage soutenu, chaque personnage est une parodie) pour prétendre à un quelconque gage de qualité venant de ma part. Pervert ! vaut dix fois cette daube.