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benoitparis
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4,5
Publiée le 14 octobre 2011
Chef d’œuvre tout en sobriété et en densité. Il y a quelque chose de bressonnien dans la lenteur contemplative de l’action et la simplicité stylisée du jeu des acteurs, mais sans tomber dans ce que le modèle peut avoir de maniériste. Le huis clos et le suspense sont particulièrement efficaces, et le tableau de l’univers carcéral très vraisemblable. Le personnage du bricoleur de génie menant la tentative d’évasion est un des plus extraordinaires qui puisse se voir au cinéma. Le fait qu’il s’agisse du film testament de son réalisateur, très malade au moment de son tournage, est sans doute pour beaucoup dans sa force de métaphore existentielle.
Le film (en noir & blanc) est tiré du (premier) livre éponyme (1957) de José GIOVANNI (34 ans) où il raconte sa tentative d’évasion de la prison de la Santé en 1947 (il était incarcéré en attente de son procès pour complicité d’assassinat). Il a ailleurs participé à l’écriture du scénario. C’est ce qui en fait, avec la reconstitution de la prison en studio et au fort d’Ivry (Val-de-Marne), l’aspect documentaire et réaliste du quotidien des prisonniers (spoiler: fouille minutieuse et humiliante des colis reçus, visites inopinées de surveillants dans la cellule, vol d’affaires personnelles par des plombiers extérieurs, ingéniosité des prisonniers pour fabriquer des objets contondants, un périscope, une clé passe-partout ou un sablier ). Sans oublier que l’un des protagonistes, Roland DARBANT (40 ans, sous le pseudonyme de Jean KERAUDY et qui introduit le film) joue son propre rôle (il a déjà à son actif 3 tentatives d’évasion). Le réalisateur se focalise sur une cellule occupée par 4 personnes (jouées par des comédiens débutants) et à laquelle vient se joindre Claude Gaspard (Marc MICHEL, 31 ans, dont c’est le 3e film), spoiler: orphelin très tôt (mère à sa naissance et père à l’âge de 5 ans dans un accident automobile) et vendeur de voiture et bien éduqué, car sa cellule est en réfection. Il est accusé de tentative de meurtre avec préméditation sur sa femme, plus riche que lui (blessée par le fusil qu’il essayait de détourner de lui) qui l’accusait d’adultère avec sa sœur. Les 4 autres (dont on ignore les motifs de leur incarcération mais qui vont passer en cour d'assises) ont décidé de travailler en mettant en forme des cartons à bouteilles spoiler: (ce qui leur permet de dissimuler l’entrée du trou qu’ils creusent pour s’évader) . José Giovanni est joué par Philippe LEROY-BEAULIEU (30 ans et dont c’est le 2e film) sous le nom de Manu Borelli. Les 2 autres prisonniers, Geo Cassine et Vosselin dit Monseigneur, sont joués respectivement par Michel CONSTANTIN (36 ans et dont c’est le 2e film) et Raymond MEUNIER (40 ans et dont c’est le 8e film).Jacques Becker a fait le choix du réalisme, y compris dans la longueur des scènes (le film dure 2h12 mn tandis que la 1ère version durait 3h30 !), presque filmées en temps réel (telles le creusage du sol de la cellule ou d’un mur longeant un égout). Seule la fin est déroutante, non pas en tant que telle (1 chance sur 2 que l’évasion réussisse) que par l’absence d’explication (qui manque, peut-être, dans le roman) ; ce minimalisme psychologique, qui certes laisse le spectateur à sa propre interprétation, est comme un café amer à la fin d’un excellent repas.
Célèbre film d'évasion, Le Trou s'avère efficace et un brin austère, se concentrant sur le projet de fuite de cinq hommes enfermés à la prison de la Santé à la toute fin des années 40. Dernier long-métrage de Jacques Becker, sa mise en scène est brillante et sans fausse note, se rapprochant par moment du documentaire de par la profusion des détails techniques.
Evasion façon longue leçon de bricolage Leroy Merlin (creusement de tunnel, sciage de barreaux, serrurerie, re creusement de tunnel etc. ). Vaut plus pour l'ambiance de La Santé et pour les relations humaines dans une cellule de 5 - sauf le personnage du traître trop maniéré- que pour la crédibilité de la chose. Fait aussi penser par moment à l'Evadé d'Alcatraz avec Eastwood qui a pu s'en inspirer. Très daté cependant bien que bien filmé et sans musique.
« Le trou » désigne à la fois la prison, en argot populaire, et le passage que les prisonniers vont creuser pour s’évader. Et ce sont bien les deux aspects du film. D’une part, une immersion réaliste et réussie dans l’univers carcéral, en l’occurrence celui de la prison de la santé dans les années 50. D’autre part, une histoire d’évasion racontée avec minutie et talent, chaque étape du préparatif générant un vrai suspense. Dans ce huis clos étouffant (il n’y a dans le film que trois brefs plans d’extérieur), les différents personnages, dont nous ne connaitrons pas le passé et les raisons de leur incarcération (hormis Gaspard) sont regardés avec humanité, et Becker parvient à faire ressentir une véritable empathie à leur égard. Le thème de la trahison, guidée par l’intérêt personnel mais paradoxalement compréhensible, n’en prendra qu’une dimension plus noire et tragique.
En 1960, Jacques Becker réalise son dernier long-métrage en s’inspirant de faits réels. Il s’agit de la tentative d’évasion de cinq détenus d’une cellule de la prison de la Santé. Ce huis clos bénéficie d’une tension extrême malgré son rythme lent. En effet, le scénario s’attache à montrer tous les détails des préparatifs de cette fuite. C’est minutieux et réaliste, proche du documentaire. L’interprétation des acteurs est également intéressante avec notamment Michel Constantin alors tout jeune inconnu et Jean Keraudy qui interprète son propre personnage. Et comme tout bon film, le final est palpitant. Bref, une œuvre bien maîtrisée.
« ça va te sembler étrange mais c’est la première fois de ma vie que je me sens bien dans ma peau. Je te jure que c’est vrai, c’est merveilleux d’être avec des gens comme vous. »
Introduit par le prisonnier ayant vécu cette histoire, adaptée du roman de José Giovanni qui était son compagnon de cellule et complice, ce « Trou » capte immédiatement notre attention par son réalisme total, prélude à la Nouvelle Vague (« Le trou » fut encensé conjointement par Truffaut et par Melville, fait rarissime). Dernier film de Jacques Becker, c’est aussi le premier de Michel Constantin. Les autres acteurs, à l’exception de Philippe Leroy-Beaulieu (le papa de Philippine), n’ont pas connu une carrière extraordinaire mais leur jeu, naturel, les rend particulièrement attachants.
C’est d’ailleurs le terme qui convient le mieux à cette fresque carcérale en huis clos, ce film au titre en forme d’abyme lexicale : attachant. La principale qualité en est la solidarité. La solidarité et l’intelligence. Et pourtant, sans scènes de violence (à l’exception de deux paires de baffes échangées), de bagarre, de pétages de plomb, sans rebondissements hors action principale, ce genre de film est quasiment impossible à regarder sans tomber dans le sommeil profond. Rien de tout cela ici, tant la précision du scénario (rappelons-le, une histoire vraie, écrite par un de ses protagonistes et jouée par un autre) et de la réalisation, en plans fixes, courts, coupés, en plans séquences, est redoutable d’intelligence et tient en haleine, porte en elle-même la tension propre à l’histoire. Notre regard reste constamment scotché à l’écran et notre cerveau ne peut que suivre les détails de l’image. C’est grandiose !
Deux heures durant, on suit ainsi le laborieux cheminement de cinq détenus unis par une sorte de solidarité humaine et virile, osons le mot, en forme de quête initiatrice pour chacun d’eux : Geo le costaud qui pense à sa mère ; Roland, le cerveau qui anticipe minutieusement le moindre détail ; Manu le bourru, la forte tête ; Vosselin, Monseigneur toujours le mot pour rire et Claude Gaspard le petit bourgeois qui trouve, à vivre parmi les quatre autres, une colonne vertébrale, comme un but à sa vie, un sens existentiel. Chacun à sa manière, chacun avec son style, les cinq acteurs sont excellents de naturel et Philippe Leroy-Beaulieu tout simplement prodigieux.
Le Trou brille par son réalisme maniaque et son côté documenté documentaire documentariste plus vrai que nature, d'où une froideur peu amène qui rebute quelque peu. Bien que l'on ne s'ennuie pas malgré ses deux heures bien tapées, bien que l'on apprécie sa mise en scène et ses plans rigoureux, le film se révèle très mécanique et un brin répétitif... quelque chose qui fait le boulot mais sans âme.
Cela n'est pas imputable aux acteurs mais à l'approche choisie, très rèche à tout le moins. On est aux antipodes d'un Papillon par exemple. Le Trou est aussi l'occasion de croiser un petit nouveau à l'époque, l'inénarrable Michel Constantin ainsi que les apparitions fugitives de Paul Préboist, Gérard Hernandez et Catherine Spaak.
Excellent film sur l'univers carcéral. Le scénario est plutot simple mais il est dés plus efficace car il parle d'une tentative d'évasion ce qui est toujours captivant surtout quand on sait que l'histoire conté est vrai. La mise en scéne de Jacques Becker est admirablement bien reussi car il arrive à nous faire ressentir cet effet d'enfermement que les prisonniers subissent. Cet effet est en plus surexploité car il n'y a aucune scéne en pleine air sauf une fois et ce moment est une veritable sensation de libération et apporte une bouffée d'air frais des plus agréable aux protagonistes mais aussi aux spectateurs. L'absence de musique renforce aussi l'aspect d'isolement même si j'aurais aimé une melodie lors de la courte scène d'extérieur. Seul petit bémol à mon gout, le jeu d'acteur qui est parfois discutable mais bon c'est pour chipoter un peu.
Plein d'invraisemblances; le film suit son cours bien tranquillement, mais nous fait tout de même hésiter à croire totalement dans son déroulement lors de nombreuses incohérences. ( & cela n'a rien à voir avec l'époque de la réalisation ! )
J'avoue que les trois premières minutes du film m'ont fait peur, je pensais que le film allait être froid et ennuyeux. Il n'en est rien. Le trou est un film brillant et captivant de bout en bout : Becker s'attache à tous les petits détails de l'évasion, rendant le film très riche et surtout extrêmement immersif. La mise en scène, très sobre, va au plus près des personnages et instaure une tension particulièrement réussie (Becker fait par exemple durer un plan pendant lequel un personnage casse un mur ou lime un barreau, sans coupe, histoire qu'on sente toute la souffrance physique du personnage et la peur de celui-ci d'être pris). La fin est absolument géniale, les acteurs jouent de façon très calme, les personnages sont intéressants car pas manichéens... C'est vraiment prenant de bout en bout ! Un film immersif et captivant.
Huis clos carcéral qui n'a pas pris une ride. José Giovanni et Jean Keraudy tous deux anciens détenus donnent du crédit au scénario. Keraudy acteur non professionnel bluffant champion de l'évasion dans la réalité est bluffant.
La cohésion, l'unité qui existe au sein du groupe est remarquable, tous ont le même objectif:La liberté. Le trou n'est pas une histoire sur la prison et l'évasion mais avant tout une histoire d'hommes, d'amitiés et de solidarité.
Sans doute un des plus grands films français. Réalisation impeccable, sans musique, le noir et blanc s'impose pour un meilleur esthétisme à une époque où la couleur fait son apparition. Un réalisme étonnant et voulu avec les détails de leur quotidien ainsi que toutes les ficelles de l'évasion nous sont montrés et des acteurs non professionnels ex détenus poussent le réalisme au perfectionnisme. Un minimum de dialogues et pourtant aucun temps mort, on reste scotché et on s'attache au groupe jusqu'à la fin des plus surprenantes. Jacques Becker nous gratifie d'un chef d'oeuvre juste avant sa mort...
Cinq prisonniers bien élevés cherchent à s’échapper d’un univers carcéral exemplaire. Les détails sont tirés d’une tentative d’évasion réelle vécue par José Giovanni. L’improbable fin arrive à surprendre.
Malgré certains acteurs un peu moins bons, ou peut-être dû à certains dialogues paraissant trop écrits, l'ambiance est immédiatement là, pour un film à l'atmosphère unique, opressant tout en sobriété.