Parfait ! Le film parfait pour que le boboland (comme le disent certains contributeurs pas assez actifs à mon goût) puisse frétiller de la torpille. J'adore ces films soi-disant rebelles mais qui sont encore plus conformistes que ce qu'ils dénoncent, ou prétendent dénoncer. Un petit passage en revue ? Allez quoi, soyez sympa, l'occasion est trop belle, on ne va quand même pas retenir les coups, bon sang de bois ! Voyons voir : un petit gosse de bourgeois né avec la cuillère en or dans la bouche, mais qui trouve ça trop nul. C'est vrai que super naze d'avoir grandi en n'ayant jamais manqué de quoi que ce soit. Les parents, c'est que des blaireaux parce qu'ils ont réussi, donc ça me chiffonne mes petits nerfs, donc comme punition, je leur crache littéralement dans la tronche. Y compris dans celle de ma frangine alors qu'elle n'a rien fait. L'argent, c'est trop pourri, j'en veux pas, ça me souille, alors je m'en débarrasse et je peux même me permettre de faire cramer la dernière liasse de biftons qui me reste. C'est trop marrant. Ah mais finalement non, parce que pour mon périple à la noix de coco, il m'en faut bien un peu, alors je fais tous les boulots qui passent, surtout ceux sur lesquels j'aurais vomi avant de faire faux-bond à papa et maman et à ma frangine. Et puis je claque comme ça, trop fastoche, 2000 dollars pour me payer un canoë. C'est que moi les mecs, je suis un rebelle, un vrai, un dur, un tatoué. Je ne m'appelle pas encore Ernest, mais ça viendra. Je veux faire le mariolle en enfreignant les règles, mais dès que ça tourne à l'orage, je fuis. Par exemple, je me dégonfle comme une baudruche quand j'ai la brigade fluviale qui me file le train ou que je me fais cogner par le chef d'une ligne de train. J'ai envie de flinguer du gros gibier pour bouffer, parce que c'est quand même plus rebelle de bouffer de l'élan que de l'écureuil, mais finalement, je le regrette parce que je m'y prends comme un branque pour découper la barbaque. Et puis c'est pas bien de tuer des animaux. Alors, je veux manger des baies et des plantes, mais comme j'y pige que dalle aux bouquins que je lis sur le sujet, je me goure et me retrouve malade, me plaint de ma faiblesse et hurle de douleur et pleure. Voilà, en gros, c'est ce que "Into the wild" vous réserve, et je vous jure que je n'exagère rien. Le portrait ultime du rebelle et de l'aventurier de pacotille. Au bout de 20 minutes, j'en avais déjà plein les sabots et j'avais encore 2 heures de ce machin à me farcir. Ajoutons à cela une mise en scène au rabais, jonchée de plans sur tout et n'importe quoi et un personnage tête à claques au maximum, sans charme, pas intéressant pour un sou, fade comme un verre d'eau tiède et sans le moindre charisme. Quand on pense à la classe et à l'allure que Robert Redford pouvait apporter à "Jeremiah Johnson", on a carrément envie de se jeter par la fenêtre. Une nullité de classe mondiale.