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Un visiteur
4,0
Publiée le 27 septembre 2007
La rencontre d'un ado en fugue et d'une jeune prostituée qui vit dans une caravane. Ou comment réaliser à la fois un road-movie et un huis-clos. Isild filme son petit-trère (au passage, c'est fou la ressemblance, dans la façon de parler, de bouger...) dans un film brut, parfois irrationnel, drôle et sordide. Le début du film est une claque, le jeune héros qui chante du Léo Ferré sur fond d'écran noir, puis une chanson de Christophe sur des images complètement en décalage. Après cela la bande son est intégralement brute (quand il y a du vent on entend le vent, quand le son "tremble" on l'entend trembler...). Le scénario est parfois léger (la rencontre initiale entre les 2 n'est pas forcément crédible) mais là où le film est fort c'est dans les détails, les répétitions, qui nous montrent la névrose de cette fille. On s'échappe parfois complètement dans la poésie avec des scènes lunaires comme elle et lui dans un champ debout en plan fixe, sans aucune explication. Bien sur ça parle du passage à l'âge adulte, de la rencontre de deux paumés, mais "Charly", c'est d'abord une question d'atmosphère.
C'est vrai, on ne trouvera pas dans ce film de supers decors holywoodiens. Pas de cascades de voitures non plus et pas de petarades. De quoi en faire fuir plus d'un. Mais ce qui se passe dans cette petite caravane, est d'une telle densité que si on accepte le parti-pris de ne pas aller au cinema pour chercher uniquement de l'evasion, alors on penetre au coeur des etres et des choses. Deux etres que tout opposent se croisent dans un village désert de Bretagne au petit matin. Lui a fui l'atmosphere sinistre d'une maison où il ne peut plus vivre, coince entre un couple de vieux avec qui il ne peut pas communiquer. Elle, elle fait comme elle peut pour survivre dans un terrain vague. Lui est parti, sur un coup de tête. Il savait que son destin etait ailleurs. Où ? Comment savoir ? Il sait juste quand ce n'est pas sa place . Une piste ? Un paysage de carte postale avec des mots d'ou à entendre. Partir, la nuit, rouler, vite et loin, avant de mourir sans avoir vécu. Elle, d'où vient -elle ? On ne sait pas. On sait juste où elle va quand elle quitte sa caravane. Elle, c'est la premiere fois qu'un homme lui tient compagnie, même si cet homme n'est encore qu'un enfant. Elle accomplira un rituel de passage, pour le faire devenir homme. Il ne lui a rien demandé. Juste , elle s'offre a lui. Elle ne sait pas quoi offrir d'autre que son corps. On ne lui a pas appris. Ce qu'elle peut lui apprendre encore, c'est comment on fait pour survivre a deux dans une caravane. Là où chaque centimètre carré est compté. Une scène d'anthologie nous explique. Pas de mots en trop dans cette fugitive rencontre. Ils ne sont pas là pour se séduire. Ils sont là pour être ensemble, s'aider à vivre, s'aider à continuer leur chemin. Dans cette histoire toute simple, la vérité nue. Les comédiens ne jouent pas, ils sont. D'une vérité criante. Ces deux là qui n'auraient jamais dû se rencontrer s'épaulent et organisent leur quotidien. Bien loin des films parisianistes , une tranche de vie à
Beau projet, même si un peu éculé et caricatural. On a du mal à s'attacher et à croire à la véracité de ces personnages. Et ce n'est pas par ce que l'on filme du trash que la caméra et l'image doivent etre degueu.
Franchement insignifiant, je ne comprend vraiment pas certaines critiques presse, je n’ai pas l’impression d’avoir vu le même film qu’eux. Les films réalisé par les sections audiovisuelles de mon lycée étaient bien mieux scénarisé.
Un film tourné dans l'urgence, comme si il fallait noter à la hâte le difficile passage de l'adolescence à l'état adulte. Peu de mots. juste la vérité d'une relation explosive . les regards. les gestes. D'une vérité criante. Du vrai cinéma