The wind that shakes the barley de Ken Loach (Le Vent se lève, en français).
1920. Nous sommes en Irlande, en Irlande du Nord. Une région soumise à l'autorité anglaise, une région soumise au prix du sang. Qui accepterait un tel diktat? C'est ainsi que la violence engendre la violence...
Entre l'armée anglaise et les civils irlandais qui prennent les armes, Damien (aux yeux couleur "bleu d'innocence enfantine"), jeune diplômé de médecine qui ne souhaite qu'exercer son métier. Après avoir assisté au spectacle de cette guerre "hors-règles", Damien se laissera convaincre par son frère aîné Teddy: il prendra à son tour les armes. Au lieu de guérir, il tuera...Joli paradoxe pour un médecin au service des autres...N'oublions pas la jolie Sinnead, âme soeur de Damien, dans la Résistance également. La guerre laisse-t-elle de la place à un amour naissant? Ne dit-on pas que l'amour est au coeur du mal?...
Bref, une Irlande du Nord en construction, entrée en guerre pour n'en sortir jamais... Jusqu'où le patriotisme peut-il conduire? Les idéaux, aussi nobles soient-ils, justifient-il toute cette violence? Et en même temps, cette violence croissante n'altère-t-elle pas ces idéaux? "Cela en vaut-il la peine?" (c'est la grande interrogation de Damien, et la mienne à présent).
Avant même sa sortie, les critiques ont insisté sur la violence du film. Elles avaient raison. La violence est physique mais surtout psychologique: tout au long du film, on est tendu, comme sous pression. Les cris des guerriers résonnent dans nos têtes, la violence est montrée telle qu'elle est, crue, froide, les sentiments sont exacerbés par le contexte...C'est dur.
Mais c'est à voir. Absolument.
L'intrigue est classique en soi, on peut aisément deviner les enjeux, mais vous serez habités quelques temps, les images seront gravées dans votre mémoire et la question "pourquoi?" vous obsédera.