Peu connu Snapdragon est pourtant un thriller solide, qui se place nettement dans le haut de la filmographie de Pamela Anderson.
Au casting donc cette-dernière qui mène la danse. Elle est à ses débuts, et clairement on ne peut pas dire que son jeu soit marquant. Elle s’en tire avant tout de part un évident charisme, une photogénie indéniable, et le caractère intriguant de son personnage. Toutefois, à ses cotés elle bénéficie d’un appui convaincant. Steven Bauer en particulier livre une prestation plus professionnelle et experimenté que celle d’Anderson, et forme un bon duo avec cette dernière. Entre eux, Chelsea Field qui s’avère marquante, malgré une présence secondaire. Globalement les acteurs de Snapdragon sont donc convaincants, d’autant que les seconds rôles sont d’un bon niveau aussi.
Le scénario est plutôt courageux. Il essaye d’introduire un réel suspens, lequel est bien entretenu jusqu’à une fin très honorable qui en surprendra plus d’un. C’est d’ailleurs curieusement plus de ce coté là que le film est une réussite, que sur le coté poisseux et graveleux, sur lequel il tend à insister sans vraiment de succès. Il y a des scènes de sexe, de la violence, un cocktail à la Basic Instinct, mais au bout du compte l’ensemble parait un peu trop superficiel, restant trop soft et manquant son coup de fait. Snapdragon est pour le reste un film relativement bien mené, sans grand temps morts, qui offre une enquête un peu trop simple et pas toujours des mieux baties, mais conservant avec talent des mystères qui se reveleront à la fin.
Visuellement Snapdragon n’est pas mauvais. Certes la mise en scène a un très gros problème avec les scènes de meurtre et de sexe, ce qui n’aide pas vraiment à contenter le spectateur dans un film qui s’attarde quand même souvent sur ces deux derniers aspects. Keeter est en dessous des enjeux, c’est clair, et même si tout son travail n’est pas mauvais, il ne remplit pas son contrat. Heuresement le film peut s’appuyer sur une photographie appréciable. J’ignore si c’est mon support qui veut cela, mais le film baigne dans une sorte d’ambiance ouatée. Il n’y a pas de contrastes ou d’éclairages marqués, donnant à l’image un caractère très naturel et parfois cotonneux à l’occasion de certains passages. C’est en tout cas assez réussi. Quant aux décors ils n’ont rien de marquant, et s’avère même un peu faible pour pleinement restituer une ambiance. Enfin, un élement extremement bon du film, qui est à mon sens son atout maitre, c’est sa bande son. Un thème essentiellement traverse tout le film, mais il est une grande réussite, et accompagne avec force le métrage.
Au bout du compte Snapdragon est un DTV du début des années 90 qui mérite un petit détour. Surtout pour ceux qui aiment le style Basic Instinct, avec lequel ce film partage pas mal de points communs, tout en étant moins provoquant, et plus subtil du coté de son intrigue. Il a des imperfections, mais elles restent mineures, et sans être une pièce majeure du genre, Snapdragon est un divertissement honorable qui m’a agréablement surpris.