Il y'a une frontière ténue entre l'imposture et le génie.
Frontière sur laquelle David Cronenberg navigue allégrement. Se fout-il de la gueule du spectateur? Croit-il vraiment sérieusement à son sujet?
On peut vraiment en douter tant sous l'aspect sérieux et rigoriste de ses oeuvres, des relents satiriques et moqueurs finissent toujours par faire surface.
Et c'est particulièrement le cas dans les promesses de l'ombre.
Le scénario est sans intérêt, la mafia russe est grotesque, peu crédible, exagérée, caricaturée, grandiloquente.
Le rythme du film est complètement décousu, les séquences s'enchaînent sans la moindre fluidité.
Et pourtant, on arrive pas à s'ennuyer, grâce à l'ambiance absolument fabuleuse, captivante, totalement étrange et atypique, cronenberg a un putain de style, une vraie touche perso qui rendent ses films si particulier, sans réussir à définir ce qui permet de le différencier des autres.
Ses films laissent toujours la même sale impression, comme dans existenz, ou crash, ou encore le film précédent history of violence.
Où est ce que ça mène? aucune idée. Mais putain qu'est ce que c'est prenant. Il continue toujours de recycler ses mêmes fantasmes qui tournent essentiellement sur la chair, et sa trituration gore et malsaine.
Le cinéma de Cronenberg est complètement ambigüe. Les personnages sont sombres, mystérieux.
Tout le long du film, les attitudes étranges de vincent cassel interrogent le spectateur sur la sexualité de son personnage.
Cassel surjoue tellement mal qu'il en devient hilarant et génial, le voir interpréter un russe est juste jouissif!
Viggo Mortensen est impressionnant de calme, et de froideur, il glace le sang.
Et Armin Mueller Stahl est vraiment terrifiant en parrain russe.
Bref, casting génial ambiance géniale histoire à la fois passionnante avec un excellent twist, et anecdotique = Film Cronenbergien fascinant.
Un très bon cru!