140 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
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pitch22
198 abonnés
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5,0
Publiée le 20 janvier 2007
La moitié du film (qui se passe à la cambrousse) est tout de même très lente, je ne dirais pas soporifique mais ennuyeuse, vide, tellement que ça en devient risible (on finit par compter les mouches sur la table ou les fenêtres de la bâtisse, voire les moutons). Pourtant, pour le reste, pris globalement, ce film est d'une redoutable efficacité et cet "ennui" patent répond sans doute à celui des protagonistes (ça ne constitue donc pas vraiment un mauvais point). En tous cas, faut supporter... Déchirant cette langueur, certains passages, plutôt animés, concentrent les "crises" aïgues. Le gosse, Martin (métis asiat), est bien gentil mais il a vraiment l'air idiot, préférant l'observation, quasi mutique, au dialogue - rendu d'ailleurs impossible. Pourtant, on se rend compte, au final, qu'il pense bien et qu'il n'est pas stupide (mais ça, ça n'est absolument pas cinématographique!) Le procédé de choisir la lenteur (qui fait écho au vide, au figé) réussit à déranger le spectateur (le plan sur le regard flippant de la mère, recluse dans sa folie) et des scènes troubles passant pour anecdotiques se révèlent avec le recul d'une importance capitale. C'est bien sûr un film qu'il faut voir jusqu'au bout ou pas du tout. Le personnage central est en fait un gay (ou plutôt homosexuel) qui a le sentiment de voir sa vie rater ; dans cet univers rétif, normalisateur (en fait pauvre, car rien n'a l'air d'être bien "normal"!), il broie du noir, tente de fuir, comme autrefois par la poésie, sans y parvenir. Seul Martin est à l'écoute. Ce personnage (malgré une idée cliché) ne semble pas artificiel. Annie Cordy campe, crédible, une vieille femme dure, conformiste, matérialiste. L'histoire joue avec les métaphores visuelles, avec des références psychanalytiques. C'est très fin sans en avoir l'air. Un film inhabituel mais à l'atmosphère surranée, à mille lieux du traitement ultra-divertissant, comme sa fin.
Une approche très intéressante du scénario, et la parfaite retranscription du monde agricole sont les atouts majeurs de ce film. On suit en effet l'évolution d'un enfant issu d'une famille d'agriculteurs, traditionaliste et renfermée, qui ne communique pas sur les sujets difficiles (déprime de la mère, homosexualité du frère)ce qui va la conduire à la destruction. Si la dénonciation de cette stupide non communication et de ses conséquences sur les personnes est réalisé avec succès, le réalisateur ne cherche pas à en trouver la cause ou à donner des indications sur des solutions possibles: on reste par conséquent dans la contemplation, et comme le film est lent et l'atmosphère pesante, on s'ennuie parfois. L'absence de rythme fait donc cruellement défaut ici, même s'il n'est pas évident de créer du rythme dans un film qui a besoin de lenteur (notamment pour décrire l'ennuie et l'isolation des protagonistes, habitant un hameau en rase campagne). En bref un film qui n'est pas anodin, plein de scènes poignantes et qui parvient à transmettre son message, mais hélas trop lent pour être vraiment appréciable de bout en bout.
6 209 abonnés
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2,5
Publiée le 10 octobre 2020
L'histoire, les situations et même le style a tout à voir avec le naturalisme français. Le dernier des fous m'a parfois rappelé les drames de Téchiné ou Piallat. Mais la manière naturaliste est perturbée par un ton fantastique où les personnages semblent déformés comme la mère ou la bonne du voisin et ressemblent parfois à des monstres. Vous avez constamment le sentiment que quelque chose d'horrible est sur le point de se produire. Ensuite il est plus proche plus du fantastique réaliste comme Bava que de l'étude sociologique française classique. Mais le fait est que le mélange ne fonctionne pas vraiment car comme le film essaie toujours de rester à la frontière des deux genres il ne rentre vraiment nulle part et semble en quelque sorte inachevé car il n'actualise pas sa prétention. La manière naturaliste est comme la suppression par les éléments fantastiques comme si le film ne pouvait pas assumer jusqu'au bout le fait qu'il s'agit d'un film d'auteur français. Et il en va de même avec la manière fantastique et horrifique car c'est aussi un film réaliste rien de fantastique ne s'est vraiment jamais produit. C'est comme si le mélange des deux éléments au lieu d'augmenter l'impact des deux supprimait les deux. Mais il ne fait aucun doute que si le film est difficile à regarder (c'est parfois ennuyeux) il reste longtemps dans votre esprit et certains choses (le visage déformé de la mère, l'atmosphère aigre et bruyante, la solitude des personnages) vient vous hanter longtemps après la projection. Donc je donne quand même deux étoiles et demi au dernier des fous...
"Le dernier des fous" est sans doute le meilleur premier film de l'année avec "Les liens". Un histoire dure racontée avec épure et grand talent. Une maitrise de la caméra admirable. J'attends avec impatience une seconde oeuvre de Achard.
Un drame français tout ce qu’il y a de plus classique et oubliable. Une histoire banale et ennuyeuse malgré des thématiques qui auraient pu être intéressantes si mieux exploitées, des personnages insipides et même un mauvais mixage son.
Après une très bonne scène d'introduction, le film se perd avant même d'avoir vraiment commencé. L'intêret restera dans la seule appréciation de quelques jolis plans et d'une seule et unique scène angoissante où le réalisateur nous confronte, avec un certain brio, au visage fixe et pesant de la folie silencieuse. Le dernier des fous se veut donc le parfait exemple d'un cinéma français méconnu du grand public - mais encensé par la critique - qui se veut intellectuel et maîtrisé quand il n'est qu'une promesse lentement avortée. Ou l'art de faire un long chiant là où il y aurait eu matière à faire un court réellement génial. ( D'ailleurs le court proposé par Achard semblait suffisant ).
Je n'ai pas du tout accroché. C'est lent et on se doute de ce qu'il va se passer. Je ne vois pas quel est ce génie que les critiques de la presse adulent dans ce film. C'est sombre et sans espoir...
Malgré une complaisance parfois pesante dans la noirceur, Le Dernier des Fous impressionne par la conscision de son propos et sa mise en scène naturaliste. Laurent Achard tient son film avec rigueur de bout en bout et a su obtenir le meilleur de ses acteurs, très convaincants. Il a le bon goût de ne jamais trahir l'enfance de son personnage principal par des préoccupations ou comportements d'adulte (ce qui est trop souvent le cas au cinéma), de lui laisser son incompréhension face aux agissements de son entourage tout en permettant au spectateur d'appréhender les événements. La scène finale est curieuse dans son élaboration et se pose en paradoxe quisqu'elle quitte le naturalisme pour pénétrer la psychose ; encore qu'il s'agisse ici d'un point de vue propre à l'un des protagonistes donc... Bref un film singulier plus que recommandable, même s'il risque de vous gâcher le moral pour le reste de la journée.
Bon, c’est un peu honteux d’émettre une critique sur un film qu’on n’a regardé que d’un oeil. Mais mon dieu quel calvaire ! Les drames familiaux soit disant psychologiques, intellectuels, naturalistes, ok, pourquoi pas. Et avec un tel titre on pouvait s’attendre à une aventure surprenante dans la psyché en construction d’un petit d’homme torturé et de son environnement familial. Mais en guise de réalisation, on nous sert un fait divers glauque, déprimant, fatal, qui traîne, traîne, traîne, et sur le fond, sans intérêt. Le jeu d’acteur flaire l’amateurât (on imagine presque les acteurs tourner en lisant leur scripte), les quelques dialogues s’enchaînent mal, les plans sont d’une longueur à faire disjoncter un apathique ; tout ou presque est cliché, prévisible, superficiel, ronflant, de la simili intrigue à la façon de tourner – outre quelques prises relativement saisissantes. Un court-métrage aurait été largement suffisant et paradoxalement plus efficace pour relater ce que Laurent Achard a cherché à nous transmettre. Bref, du cinéma qui se prend pour de l’art et émerveille critiques et professionnels, avec son style épuré censé apporter plus de force au signifié, mais le fait est que c’est le vide presque absolu et qu’on s’emmerde sec. On appréciera tout de même quelques photographies sympathiques de la campagne – rhodanienne ou/et bourguignonne je crois – qui donnent juste envie d’éteindre son écran pour aller prendre l’air. Pfiou !
Dès le début, l'image noire laisse place à l'oeil de l'enfant, qui observe à travers le trou d'une porte, puis annonce à son instituteur qu'il veut redoubler. En fait, tout est là: le film sera raconté du point de vue de cet enfant qui a peur de grandir, peur d'aller dans un endroit inconnu. Et on le comprend, ce petit garçon , qui vit avec un père peu présent parce que désespéré, une mère qui s'est enfermée dans sa chambre, pousse des cris la nuit et refuse de l'accepter (Quelle magnifique scène où la mère, Dominique Reymond, magistrale, regarde fixement son fils pendant un temps infini!), une grand-mère peu tendre, uniquement occupée des affaires chancelantes de la ferme familiale, et un frère homosexuel qui souffre d'une récente rupture et finit par se suicider (excellent Pascal Cervo). Que de douleurs dans ce film! Et quelles peurs doit affronter cet enfant! A cet égard, la scène mentionnée plus haut, ou encore le moment où l'enfant entre dans la bicoque dans les bois sont de grands moments terrifiants. On pourra reprocher à ce film quelques lenteurs, ou une certaine propension à la noirceur, toujours est-il qu'il me semble tout à fait digne des récompenses obtenues ( Locarno, et prix Jean Vigo). Après la fin tragique, je suis resté cloué à mon fauteuil, plein de tristesse et d'angoisse...
Voilà un psycho-drame trés profond que nous livre le rélisateur. Mais malgré l'originalité du de la mise en scène qui se base plus sur l'expression des personnage que sur les dialogues, on trouve un film dans l'ensemble assez langeureux dans le quelle on n'as du mal a entrée. Sinon l'absence de musique rend le film encore plus pesant. Enfin un film psychologique d'un style trés particulier adressé a des amateurs.
Une grande ferme dans la campagne. Une famille. Une mère enfermée, peut-être folle ? Une fils aîné homo dont l'horizon se bouche. Un père et une grand mère froids comme l'immense bâtisse qu'ils habitent. Vu à travers le regard du fils de onze ans, l'univers se fissure, se lézarde, jusqu'à l'implosion.
Des acteurs étonnants (Annie Cordy méconnaissable dans un rôle dramatique, Pascal Cervo dont le talent et le physique se bonifient avec le temps, un gamin formidable), un film épuré, sans aucune musique, qui vous fait l'effet d'un plongeon dans un bain de glaçons !