Un Prophète, film emblématique de Jacques Audiard sorti en 2009 dépeint la vie en prison du jeune Malik, 19 ans qui va s’affirmer peu à peu.
En effet, au début du film, il semble perdu et fébrile, ne sachant ni lire, ni écrire, sans parents et sans amis. On ne sait rien de sa vie, car en fait, sa vie va commencer en prison, paradoxalement dans un lieu où l’on se coupe du reste du monde. Dans ce milieu froid et gris, comme le démontre la photographie du film, Malik va être repéré par les Corses. J’apprécie énormément les petits détails du film qui illustrent une réelle personnalité :
lorsque l’on présente César Luciani, sur la porte qu’il ouvre est inscrit « entrer sans fumer », et le plan d’après, César est dans cette même salle en train de fumer. Ce petit détail m’a fait plutôt rire.
Pour en revenir aux faits, l’on suit Malik qui va essayer de s’en sortir comme il le peut, manger ou être manger.
J’aime la viscéralité du meurtre de Reyeb.
Jacques Audiard montre une réalité sans la romancer, et ne cherche pas à excuser les actes de cet antihéros.
Mais l’on peut voir que le fantôme de Reyeb va accompagner Malik tout au long du métrage, signe d’un traumatisme profond et ancré.
Mais en prison, il n’est pas question de montrer ses faiblesses, la vie est rude, il faut trouver sa place malgré des « dommages collatéraux ».
Jacques Audiard démontre à merveille et très subtilement l’évolution de Malik.
Prenons trois exemples : 1. Au début du film les Corses disent à Malik qu’ils ne lui achèteront pas de Coca, et au milieu du film Malik sort une bouteille de Coca de son réfrigérateur 2. Initialement Malik n’avait que des photos de femmes nues sur son mur, puis des magazines, puis des films p***o, puis on le suit dans l’acte 3. Reyeb dit à Malik qu’il porte tout le temps le même tee-shirt, et au fur et à mesure sa garde robe s’agrandit et devient de plus en plus qualitative.
De surcroît, la monotonie de la vie en prison est mise en lumière dans une scène en particulier. Lorsqu’un détenu énumère à Malik les actions des prisonniers dans la cour (un qui fait des pompes, un autre qui faut demi-tour et un autre qui tire un panier au basket).
Terminons par un détail qui m’a aussi fait rire : à l’aéroport lorsque Malik se fait contrôler, il tire instinctivement la langue comme il le fait habituellement en prison.
Il faut voir et revoir ce film. Ceci n’est que mon avis personnel.