Pas loin des trois étoiles tellement ce film est une bonne surprise. Une histoire originale où de petites histoires se greffent à la trame principale. Il y a de la poésie, de l'humour, de la réflexion, de l'émotion et une sorte d'Islande anti-tourisme assez jubilatoire. Une chose frappe pourtant et lui coute cette 3ème étoile : tous les personnages de ces petites histoires qui se greffent disparaissent sans mot dire, comme par magie et laissent un vide évident dans la denrière partie du film. Dommage car cel crée un manque mais surtout ne bouder pas votre plaisir !
Quand elle découvre son cousin vautré au milieu de ses boites de barbituriques, Anna lâche cette remarque laconique : "D'habitude, les gens ne se suicident pas au début de l'été". Dans cet "Alcatraz du Nord", on sent bien que le climat, l'insularité et l'omniprésence des manifestations de la puissance de la nature ne peuvent que façonner des gens pittoresques. D'ailleurs, à part une rugueuse équipe de handball, on ne connaît de l'Islande que Björk, qui se pose là point de vue originalité.
Solveig Anspach ayant par ailleurs choisi comme héroïne de sa première comédie une poétesse dealeuse, et l'action étant construite sur un montage parallèle entre ses pérégrinations qui la conduisent à la prison, l'hôpital et une ferme perdue au fin fond de l'île, et le défilé de ses clients dans sa salle d'attente, le condensé d'humanité qui vient acheter de la marijuana chez Mme Hallgrimsdottir ("La fille de la pierre cachée") oscille entre le loufoque et l'excentrique. C'est d'ailleurs là que réside la faiblesse du film, surtout dans sa première moitié : le défilé de personnages tous plus siphonnés les uns que les autres qui enchaînent leurs numéros (une boxeuse, un slammeur tatoué, un chirurgien écologiste, un Gonzague Saint-Bris contreténor), servis par des acteurs inégaux, tout cela donne une impression assez factice, et la narration semble aussi ballottée que sa principale protagoniste.
Et puis, heureusement, tout en conservant un rythme un peu bancal, le récit se recentre sur un MacGuffin bien trouvé : comment récupérer le portable (avec dans son répertoire la précieuse liste des clients d'Anna) avalé par un jarre forcément bien islandais. Même si on se sent un peu dans la peau de l'étudiant français coincé dans sa perception cérébrale, on se laisse porter par l'absurde des situations et la beauté des paysages.
Car un des personnages principaux de ce film atypique, c'est l'Islande elle-même, comme le montre le premier plan du film, un travelling avant sur une faille volcanique. A l'entassement anarchique des clients dans la salle d'attente s'opposent les vues aériennes sur la route qui serpente entre fjörds et glaciers, avec cette lumière si particulière.
Malgré le jeu approximatif de certains acteurs et quelques situations un peu convenues (le père du fils aîné d'Anna qui débarque avec son bel uniforme de pilote de ligne), d'autant plus déplacées dans ce joyeux capharnaüm, "Back soon" a la fraîcheur acidulé d'un Stimorol, et un sympatique exotisme venu du grand Nord qui démontre une fois de plus l'universalité du cinéma. http://www.critiquesclunysiennes.com
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3,5
Publiée le 20 mai 2012
Un peu (voir beaucoup) de libertè et d’humanitè baignent les hèros de cette comèdie islandaise qui n'a pas froid aux yeux, un film souvent absurde qui sort des sentiers battus, tournè il faut le dire dans une ambiance quasi familiale et à la bonne franquette! Un univers presque surrèaliste et souvent dèlirant, qui prouve que la terre de glace a de beaux jours devant elle! Le rythme loufoque de l'histoire est compensè par la fascination que cette ambiance extravagante (l'oie avaleuse de tèlèphone portable) finit par exercer sur le spectateur! Souvent dècapant avec un ton dèlibèrement original, l'histoire fait corps avec la dècontraction de ses comèdiens, une dealeuse de marijuana, un ètudiant français, une jolie autostoppeuse mystique, dont l'èmotion parfois se dissimule derrière les rires (la veillèe funèbre), les vèritès sous les banalitès! Une comèdie dècalèe et attachante si l'on s'y adonne, avec des comèdiens pour la plupart glandouilleurs qui ont le mèrite de ne jamais charger en outrance! Sinon les paysages islandais sont magnifiques avec un climat de rècrèation qui donne le prix au film...
Une bonne comédie jamais de fou rire ou des gags mais une histoire originale sur une poétesse dealeuse d'herbe. Un scénario qui frise parfois avec l'absurde (bien scandinave de ce côté là), paysages magnifiques et répliques savoureuses. Vraiment un film surprenant.
Un socio-poème ! Ce que j'entends par là : le film porte certes sur la poésie puisque son personnage principal, Anna, est une poétesse qui s'improvise dealeuse de drogue... Mais c'est aussi une exploration de Reykjavik par la voie de la poésie comme par celle de la société, lui faisant dire que son peuple est constitué de « p****ns de blonds aux yeux bleus » (sic) quand elle n'écrit pas.
Dans la vraie vie, Anna est une poétesse qu'on admire outre-mer pour ses lignes d'encre, et sur ses terres pour ses lignes de drogue. Pour ceux qui la connaissent, elle est une intime, ce qui crée une rupture violente entre la réalité et le poème qui n'est pas pour déplaire, surtout quand elle trouve son écho sous la forme des métaphores visuelles (la guitare) ou de la beauté de l'image (les paysages).
On s'ennuie un peu car l'histoire ne va pas vraiment quelque part, et l'on regrettera les personnages qui sont posés rapidement pour être abandonnés après un bout de chemin. On appréciera que le poème et la réalité s'inversent quand Anna est obnubilée par son téléphone, posant la profondeur de son hypocrisie involontaire tout comme l'absence de celle de ses textes. Mais le contraste est finalement assez peu productif, parce que alimenté par à-coups par le propos. On a parfois l'impression que le film fonctionne pour le dit de dire des trucs, et même les choses qu'on y apprécie passent pour des faire-valoirs.
Un cahot majeur est enfin celui du design ; un acteur français, une actrice britannique, une langue anglaise bien présente, une mention de McDonald's et de Sigúr Ros pour faire rire les continentaux, et pouf : on a le parfait film d'exportation, rempli des promesses de s'envoler des côtes norroises pour plaire au monde entier. Je ne blâme pas l'opportunisme, si opportunisme il y a, mais le cas échéant, il transparaît trop.
Skapp Út n'est en fait une réussite que dans le regard qu'il pose, un peu contemplatif, à la frontière entre le matérialisme et l'idéalisme au sujet d'un Homme qui s'ennuie et se distrait de plaisirs simples. Mais les bonnes idées sont trop éparses et trop accentuées pour laisser croire à un franc succès de réalisation.
Une comédie douce-amère qui vaut beaucoup par l'interprétation de son actrice principale, dont le personnage barré (mais pas tant que ça), poétesse vendeuse de psychotropes naturels, fracasse l'écran grâce à son dynamisme.
Mona Lisa le joint au bec... Une escapade entre rêve et loufoquerie. Une mère-célibataire semble détenir le filon pour se racheter un avenir, un peu comme ces oiseaux qui pépient autour d'elle, et sans qu'il y ait un seul arbre. Mue par un désir d'ailleurs. Sa maison remplie de glandouilleurs comptant sur elle. Les légendes polaires et leurs bizarres réincarnations affleurent... Dommage qu'il y ait un si petit bout de chanson, cette voix rauque accompagnée d'une guitare sortie du haut de l'écran rappellerait quelque Dylan à ses débuts. Plus toute jeune mais encore très avenante, cette miraculée contient son besoin de réchauffement si l'on en croit le reggae couleur locale, on s'allume les petits soleils qu'on peut avec une nature impitoyable... Ce qu'elle pense est écrit sur sa tête aussi, cette femme finit par avoir un projet qui se précise, le spectateur marche, rit très souvent ! Prudence de la réalisatrice d'avoir introduit cette brève description d'un consumé par le tabac, qu'on n'aille pas croire qu'elle prêche de fumer n'importe quoi !
Baskets usées, ongles rongés et chevelure ébouriffée, une veste verte enfilée rapidement, c’est en jean slim et pétard aux lèvres qu’Anna se présente à un rendez-vous d’affaires. Et pas n’importe lequel : elle revend tout son commerce d’herbe à Reykjavik.
Back Soon de Solveig Anspach raconte les vingt-quatre heures qui suivent cet accord, dans un road-movie en circuit fermé, sur le ton de la comédie décalée et déjantée. Anna voyage tout autour de l’île, et fait profiter au spectateur de la belle nature froide de son pays.
Lire la suite: http://quaiducinema.wordpress.com/2011/10/23/road-movie-explosif-back-soon-solveig-anspach-2007/
Au moins ce film respire la bonne humeur. ça fait du bien parfois un film où tout va bien pour les personnages, même quand ils rencontrent quelques petits problèmes, surtout quand on sort de la noirceur de "Gomorra"(vu à la séance 4 heures avant). Il y a quelques petits moments un peu longs, mais c'est très rafraîchissant.
Un très bon film pour se changer les idées : des personnages attachants, des dialogues drôles, une atmosphère de liberté et de poésie qui se dégage tout au long du film; le parfait petit film road movie à la Jim Jarmush qui nous fait sortir de la salle avec un grand sourire béat, ce qui en soit est une sensation très agréable que beaucoup de films soi-disant comiques n'arrivent pas à créer. L'actrice est formidable de naturel (poète réputée de Reykjavik et éboueuse dans la vie!) et le scénario, mais surtout le style narratif n'est pas sans rappeler les films du réalisateur susdit comme "stranger than paradise" ou "down by law". Un très bon moment de plaisir mais aussi un beau voyage à travers des paysages sublimes, des personnages hauts en couleurs et en chaleur humaine.
Il y a beaucoup de créativité dans ce cinéma-là. Enregistrant sur un mode absurde le mal-être d'un peuple venu du froid, Solveig Anspach signe une petite perle inventive, allumée et, au fin fond, émouvante. Ce n'est pourtant pas le film le plus original qui soit ; toutes les scènes, même surréalistes, paraissent banales puisqu'elles s'accrochent à des décors souvent repoussants malgré leurs beauté. L'hostilité de la Nature, l'inconfort visible du mode de vie, tout vient perturber la magie par manque de couleurs. Pour autant, l'option de tourner dans son propre pays, par volonté, redonne du peps à un pays souvent rebutant dans sa représentation artistique. Farfelu, le film décide de se priver des couleurs délirantes ou autres décors excentriques, bref des artifices ou autres facilités. Tout est inscrit dans une réalité qui, si elle n'est pas au centre du film, n'est jamais bien loin derrière, au fond du plan, et au fond des esprits. La grisaille métallique et sans âme des grandes montagnes de Reykjavik est filmée avec une certaine grâce, privilégieant au maximum la richesse naturelle plutôt que la laideur glauque des constructions qui la parsème. L'interêt du film reste tout de même de mettre en avant l'humour en tant qu'épanouissement, en tant qu'attraction kitsch à l'obscurité des habitats - et des habitants - . Si la drogue est aussi, au-delà d'un ressort comique de 1h30, un aspect plus grave qui dénote des chemins empruntés par une population vouée à l'abandon et à l'échec vu le peu de moyens mis en oeuvres à leur disposition, la réalisatrice islandaise, jamais polémique, en fait un attribut politique éclairant les idées et la suite, redonnant à tout le monde le goût de vivre face à la morosité ambiante. Il y a même un certain délice à voir Anna fumer 6 pylons en une journée pendant que ses acheteurs se défoncent chez elle aux champignons en l'attendant - l'occasion aussi de se régaler du rôle du petit français intellectuel jusque-là bien dans ses pompes - . Mais
Avec ce film j'ai été très agréablement étonné de découvrir l'humour du cinéma islandais qui s’avère plein d’inventivité. Cette bonne surprise fut en effet aussi originale que politiquement incorrecte, mais avant tout c'est vraiment tordant et donc ça m’a beaucoup plu (et puis ça m'a surtout donné envie de m'en rouler un petit...). Il toutefois regrettable que le réalisateur n’est voulu mettre en avant que l’aspect comique de son film alors de superbes dénonciations sociales auraient également pu être faites.
Prenez Anna une poétesse islandaise entre deux âges, complètement déjantée, sur le point de vendre pour refaire sa vie sous les tropiques son carnet d'adresses de dealeuse de cannabis à un petit malfrat local, une Irlandaise (aux yeux bleus extraordinaires) folle de Dieu et qui se dévoue pour un ami suicidaire de la première, un thésard français fasciné par les poétesses scandinaves, les deux fils d'Anna et le père américain de l'aîné, le fils du directeur de la prison où est incarcéré l'ex-petit ami de l'Irlandaise, toute une foule d'amis et de clients d'Anna, bruyants et infiniment sympathiques, sans oublier une oie mangeuse de téléphone portable, un vétérinaire débonnaire etc... Cela donne deux jours de folie pour un film incroyable de drôlerie et d'humanité, un petit bijou, dû à la talentueuse Solveig Anspach ("Haut les coeurs!"). A voir d'urgence pour se sentir bien !
A en croire le film de Solveig Anspach, Back soon, l'Islande serait une annexe de la Jamaïque, considérant l'amour immodéré de ses habitants pour les paradis artificiels. A cette terre de glaciers, de poétesses et de suicidés, la cinéaste franco-islandaise rend hommage, de façon très personnelle, c'est entendu, en décrivant des personnages qui n'ont guère besoin de fumer quoique ce soit pour planer très haut. Ce film décomplexé et déjanté procure quelques instants de pur bonheur surtout quand le désordre est à son zénith et qu'un jars se balade avec un téléphone portable dans l'estomac. Rien d'anormal dans un pays traversé par deux plaques tectoniques et où l'hiver dure 9 mois dans l'année.