Goupi Mains rouges
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Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 342 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2025
Le film, en noir & blanc, est adapté du roman éponyme (1937) de Pierre Véry (1900-1960) dont 2 livres avaient déjà été adaptés, avec succès, au cinéma : « Les disparus de Saint-Agil » (1938) et « L’assassinat du Père Noël » (1941) par Christian-Jaque, chacun ayant une trame policière solide. Mais ici, elle est mince et peu passionnante, d’autant que la plupart des personnages sont totalement antipathiques, proches de ceux du film « Affreux, sales et méchants » (1976) d’Ettore Scola. Certains y voient une peinture sans concession du monde paysan, âpre au gain et cupide et vivant en vase clos. Un peu exagéré car le film ne relève pas vraiment du néo-réalisme [cf. « Regain » (1937) de Marcel Pagnol] : à part la possession d’une vache gestante, on ne voit guère la famille Goupi (qui tient aussi une auberge et qui chasse) travailler la terre. C’est plus la présence des acteurs qui en fait son intérêt, tels que Fernand Ledoux (45 ans) interprétant le rôle-titre (surnom de Léopold Goupi), René Génin (52 ans), abonné aux seconds rôles, Line Noro (42 ans), servante des Goupi et bien sûr, Robert Le Vigan (42 ans), dit Tonkin car ayant vécu en Indochine, personnage totalement halluciné (comme souvent).
Iggy bebs
Iggy bebs

10 abonnés 86 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 novembre 2023
un grand film du grand jacques Becker, une peinture cynique du monde paysan, avec un grand Robert le Vigan dans le rôle de goupil Tonkin, qui sur passe tout les acteurs.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 novembre 2023
Le film de Jacques Becker est bien dans l'esprit de son époque (pétainiste), il caractérise, à l'instar de nombreux films sortis pendant l'Occupation, l'ordre moral du régime .A travers la famille Goupi, on fustige l'indignité, la famille bafouée, la cupidité et l'égoisme.
Un jeune parisien un peu tendre découvre, en même temps que le spectateur, un univers sordide, celui d'une famille paysanne (la sienne, qu'il ne connait pas) dont les membres déshonorent la campagne française ou symbolisent ce qu'elle a de plus méprisable, de plus caricaturalement arriérée. Dans le clan Goupi, qui n'apparait soudé que face aux éléments étrangers, les liens sont distandus par la méchanceté et les querelles d'intérêt. Père et fils, brus et belles-soeurs s'épient, se jalousent, se haissent; ils incarnent une France profonde pervertie par l'avidité et par des réflexes ancestraux. Ils sont paysans dans le sens le moins noble, c'est-à-dire ne représentant pas les valeurs honorables du travail et de la terre. Le regard de Becker va si loin dans la noirceur qu'en définitive, comme Clouzot d'une certaine façon dans "Le corbeau", son film ne répond plus vraiment aux canons de Vichy en ce qu'on n'y trouve rien de vraiment édifiant ou de réactionnaire.
Quelques uns, pourtant, échappent au mépris: l'arrière grand-père qui cultive la mémoire d'une France glorieuse et qui se meurt sans révéler, malicieusement, où il caché le magot; l'oncle "Mains rouges" qui, au-delà de ses bougonneries et de sa rancune contre la famille, conserve seul le sens de l'honneur; enfin de jeunes amoureux ( la France de demain, innocente -terme clé en cette période où l'on cherche les responsables de la défaite- l'espoir moral de demain) dont les parents bafouent les sentiments.
La force du film est d'avoir su mêler cette dimension morale dans l'air du temps à un récit juste et réaliste, semble-t-il, où les moeurs et les figures sont vraies.
selenie

7 445 abonnés 6 653 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 octobre 2023
L'auteur-scénariste est le mieux placé pour adapter son oeuvre, l'essence du récit est parfaitement retranscrit, une immersion dans le monde rural de la France d'alors, la famille parfaitement transposée avec leurs caractères bien trempés sans oublier leur surnom qui en disent long sur chacun d'eux. Le début du film reste la meilleure partie du film, entre la comédie et le Film Noir, jusqu'à Mains Rouges lui-même qui donne son nom au film mais qui s'avère ne pas être forcément le rôle principal, il sert surtout de guide/leader au sein de cette famille plus dysfonctionnelle qu'il y paraît. Malgré les tares de certains membres, les secrets et les non-dits la morale de l'histoire est celle de tout clan solidaire, que tout ce qui compte c'est la famille, la famille contre le monde entier. Le côté policier de l'intrigue est construit à la façon du "MacGuffin" cher à Hitchcock, car ce qui compte ce n'est pas le butin, c'est avant tout les relations intra-familiales et l'idée de transmission, de valeurs et de descendance. Jacques Becker signe un film qui fonctionne bien grâce à ce mix étonnant entre comédie champêtre et Film Noir.
Site : Selenie.fr
Mysterfool
Mysterfool

15 abonnés 252 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 septembre 2023
Attention chef d'œuvre. Je l'avais vu quand j'étais petit ; un film tourné en Charente mon pays, ça marque. Restauré il a gardé tout son mystère, toute son authenticité à l'égard de mes origines.
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 février 2022
Jacques Becker signe une peinture au vitriol du monde paysan sous Vichy, où tout se règle en famille, portée par une interprétation excellente.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 406 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 octobre 2021
Jacques Becker est un réalisateur de premier plan dont la filmographie est presque toujours réussie. Casque d'or est son film le plus célèbre ( avec "le trou"). Je dois reconnaître que "goupi mains rouges" est le premier film de ce réalisateur que j"ai trouvé assez moyen. Selon moi son défaut majeur vient de son scénario dont j'ai eu du mal à trouver un grand intérêt, malgré son côté policier. Le titre correspond au nom d'un des personnages dont le rôle n'est pas factuellement le plus important mais indique l'importance que lui donne le scénariste, en ce qu'il incarne la transmission au sein du clan et la valeur de la famille. En résumé il s'agit d'un jeune parisien qui a été élevé loin de la famille de son père, organisée comme un clan, est à leur demande invité à les rencontrer. Il fait le voyage pour s'apercevoir que le clan souhaite lui voir épouser sa cousine dont un voisin est amoureux. Peu après son arrivée sa tante est tuée. Le clan décide de cacher à la gendarmerie le caractère criminel de cette mort. Tourné pendant la guerre, le film se caractérise par une interprétation et une réalisation de qualité comme toujours chez Becker. La première demi-heure est la plus accomplie et laisse présager du meilleur, mais malheureusement le film ne tient pas ses promesses, même si les ruptures de rythme sont quasi inexistantes. On notera la présence de Robert Le Vigan qui fut condamné à la libération pour son attitude pendant l'occupation. Un film qui ne me semble pas indispensable, cependant les amateurs de Becker ne le manqueront pas. A vous de juger puisqu'une majorité de critiques ne partagent pas mon opinion mitigée.
Antarès
Antarès

3 abonnés 19 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juin 2021
Bien loin des éloges de la paysannerie du régime Vichyste, Becker prend le partit en 1943 de montrer un monde rural bien plus cruel et mauvais que celui qu'on veut montrer à la population. De la arrive Goupi Main-Rouge. Titre énigmatique mais qui s'explique facilement: Goupi est le patronyme d'un clan de paysan et Main-Rouge le surnom d'un Goupi. Le clan Goupi est soit très soudé ou bien reclus à limage de Main-Rouge isolé dans sa foret car trop intelligent pour la famille Goupi. La façade amicale de cette famille s'effrite quand Goupi l'Empereur (sous-entendu le patriarche) fait une attaque cardiaque. Cette attaque déclenche la destruction de la famille qui va se déchirer pour faire parler le vieux qui connait la cache du magot familial. Avec en parallèle le conflit entre Goupi Monsieur (un jeune Goupi revenant de Paris), et Goupi Tonkin (un jeune du même âge ancien de la coloniale atteint de folie et qui ne rêve que de son Indochine) pour le coeur de Goupi Muguet une jeune femme qui doit se marier. Enfin le drame, la mégère de la famille est tuée dans la foret une nuit, tout porte a croire que c'est un Goupi (l'innoncent des Goupi) qui a fait le coup. Pour autant pas question d'appeler les gendarmes: les histoires des Goupi se règlent entre Goupi. Bref ça semble compliqué mais Becker réussit l'exploit de rendre cela drole avec une vraie critique acerbe de cette paysannerie revée et qui n'est en réalité qu'un conflit de famille toujours motivé par la rencoeur, l'argent et l'honneur du clan Goupi.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 février 2021
Un film en N&B coécrit et dirigé par Jacques Becker en 1943. Il met parfaitement en scène ce Drame de famille rurale. Une histoire assez sombre, dont l'intrigue savamment entretenue. Elle est soutenue par de grands comédiens, avec l'extraordinaire prestation de Robert Le Vigan dans la peau de Goupi-Tonkin ; Avec également la belle présence de Fernand Ledoux dans le rôle de Goupi-Mains-Rouges le malin, et de Georges Rollin dans celui du jeune premier Goupi-Monsieur (le parisien).
Le pitch : Après 25 ans d'absence Goupi arrive de Paris à la ferme familiale mandé par son père.
Estonius

4 734 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2020
Aucun temps mort, on est tout de suite dans le vif du sujet, les protagonistes, tous très typés, nous sont présentés de façon à ce qu'on s'y retrouve (il y en a 12 quand même !). La direction d'acteurs est exceptionnelle dominée par un Ledoux malicieux et par un Le Vigan halluciné, mais Germaine Kerviel en matrone acariâtre nous fait un numéro qui fait froid dans le dos., l'histoire est menée de main de maître, avec quelques morceaux d'anthologie spoiler: (la scène dans les arbres
est hallucinante ) mais c'est aussi un film d'ambiance, très noire malgré quelques très rares touches d'humour et nous délivrant une description sans concession de la vie de province. Que peut-on reprocher à ce film, un doigt de théâtralité ? Pas grave ! Un dénouement "bisounours" ? Certainement pas, spoiler: il s'agit au contraire d'un renversement des valeurs, celui qui au début paraissait le plus louche l'est en fait le moins, n'étant rejeté que parce qu'il refusait la loi du clan.
Chef d'œuvre !
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 août 2019
Description à charge du monde paysan. Les Goupi, dont chacun est affublé d’un surnom, représentent des archétypes de la médiocrité humaine. Avares, mesquins, menteurs, jaloux, rancuniers et hypocrites, dont les limites de leur l’horizon intellectuel s’expriment à travers les clichés, truismes et lieu communs plus ou moins adaptés (« les affaires des Goupi ne regardent que les Goupi »). Deuxième long métrage de Jean Becker, « Goupi mains rouges » est réalisé en 1943. Tout en prenant ses distances avec le mythe du retour « sain » à la terre prôné par Pétain, le réalisateur, sans en avoir l’air, égratigne la classe possédante, ici des propriétaires terriens qui n’hésitent pas à renvoyer la servante de toujours et son fils, les personnages honnêtes et moraux de cette chronique. Ils seront défendus par Goupi mains rouges, le seul qui soit désintéressé, et Goupi monsieur, vendeur de cravates dans un grand magasin parisien. Cette critique de classe est bien dans l’esprit du cinéma du front populaire. Ici, en plein régime de Vichy, elle est habilement dissimulée derrière une vague intrigue policière, au point que les censeurs de l’époque ne sourcillèrent que sur la critique de la paysannerie. Curieusement le film ne fut pas interdit. Après le médiocre « Dernier Atout », la réalisation de Jacques Becker frappe par la minutie et le soin apporté à chaque scène, à chaque détail. Il livre ainsi un film très dense et très dirigé, chaque interprète tenant parfaitement son rôle, de la formidable Germaine Kerjean (Goupi-Tisane) au disjoncté Robert le Vigan (Tonkin). Si le cinéaste a parfaitement retranscrit le réquisitoire sombre et impitoyable du roman de Pierre Véry. Il en a conservé également sa partie intelligente avec Mains rouges (excellent Fernand Ledoux) et sa douceur représenté par le petit couple charmant, Monsieur (Georges Rollin) et Muguet (Blanchette Brunoy) qui apportent la respiration nécessaire. Analyse comportementale d’une précision chirurgicale, « Goupi mains rouges » est un grand film.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 février 2018
Je n'ai pas du tout aimé : Personnages lourds, on entend parler d'argent sans cesse... Une peinture du monde paysan de l'époque dont je ne trouve pas de réel intérêt aujourd'hui. Trop vieux, pas assez d'humour. Un jeu suffisamment bon mais pour lequel je n'ai rien senti de particulier, ni charisme dans les acteurs, ni émotion à l'écran, ni dialogues croustillants. Bref, loin d'être le meilleur dans la filmographie de père Becker même si le final est bon.
jean-paul K.
jean-paul K.

17 abonnés 323 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 juin 2017
Quel merveilleux film avec tout l'humour noir désiré pour cette peinture de mœurs. Cela m'a fait penser à Ettore Scola dans "Affreux, sales et méchants". De plus par rapport à beaucoup de films français de cette époque, la diction et le jeu des acteurs ne sont pas trop démodés.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 février 2017
Jacques Becker réalisait en 1943 ce portrait acerbe d'une famille paysanne française confrontée au meurtre d'un de ses membres. Au delà de l'intrigue à caractère policier, le cinéaste dépeint ici non sans malice les défauts de ses compatriotes, et notamment leur obsession de l'argent. Il nous en dit ainsi beaucoup sur les us et coutumes et l'état d'esprit d'une certaine France des années 40. Une très belle mise en scène et une superbe lumière.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 776 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 janvier 2017
Tourné sous la censure vichyste, Jacques Becker, dont c’est le second long métrage, détourne habillement les valeurs de l’époque (Travail/Famille/Patrie) pour mieux s’en moquer. Goupi, c’est une famille rurale où le travail est la valeur phare et l’argent… aussi. Chez les Goupi, on se marie en famille ; meilleur moyen de conserver son patrimoine… génétique aussi, on comprend la présence d’un simplet dans les douze membres vivant sous le même toit. De Paris, arrive le petit fils qui a réussi et que l’on prévoie de marier avec… sa cousine. Waouw, quelle photo de famille ! Becker fait vivre brillamment ses 12 personnages principaux aux personnalités si tranchées. Meurtres, vols, trésors cachés sont autant d’appâts et de conséquences de l’avarice en vigueur dans ce microcosme. Adapté d’un roman de Pierre Véry, la fable n’est pas loin ; l’auteur aimait marier polar et fantastique. « L’assassinat du Père Noël » et « Les disparus de St Agil » sont deux autres adaptations de ses romans. La mise en scène de Becker est aussi virtuose avec une caméra sensible aux moindres détails ; et un montage alerte préservant le rythme. Aucun hasard si ce film fait partie du cercle réduit des films témoins d’une forme de résistance sous l’Occupation allemande au même titre que le colossal « Le corbeau » et « La main du diable ». Après on peut déplorer le jeu et la psychologie trop appuyé des personnages.
A voir comme un petit bijou inscrit dans son époque.
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