Goupi Mains rouges
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Guillaume836076
Guillaume836076

100 abonnés 126 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 septembre 2014
1943: l'année d'or pour le cinéma français. Avec ce film Jacques Becker, s'affirme comme un maître à part entière et allonge la longue liste d’œuvres qui deviendront des classiques en cette année faste: Le Corbeau, L'éternel retour, Douce, Lumière d'été, Les Anges du péché, Le comte de Monte-Cristo, La main du diable, Le colonel Chabert, Le voyageur de la toussaint, Marie-Martine, Donne-moi tes yeux, Le Capitaine Fracasse et d'autres films moins connus mais néanmoins réussis.
Cette inventivité et ce niveau de qualité (a rapprocher de la période de la Nouvelle Vague) sont dues en grande partie aux contraintes d'écriture et de production imposée par les lois de Vichy. Les cinéastes restés sur le territoire français contournent subtilement ces contraintes pour dénoncer la collaboration (cf Le Corbeau, film aux messages incompris, injustement mis au piloris lors de l'épuration), l'influence de l'envahisseur (cf La main du diable) ou encore exalter l'esprit de résistance (cf Les visiteurs du soir de Carné, sorti l'année précédente).

Avec "Goupi Mains Rouges", Jacques Becker, adapte un succès littéraire de Pierre Véry et s'inscrit dans l'esprit de résistance. Sous ses dehors apparent - le film traite du monde paysan aux valeurs figées et conservatrices -, le film exalte les valeurs pétainistes "Travaille, Famille, Patrie": notamment avec le discours de Mains Rouges aux jeunes amoureux Monsieur et Muguet. Il est évident que Becker ne voulais pas avoir de problèmes avec la censure allemande.
Cependant, cela n'est qu'un détail car il livre dans les faits une farce virulente, truculente, forte, réaliste sur le monde paysan de l'époque. Son travail d'écriture sur la psychologie de chaque Goupi est proprement remarquable, l'observation minutieuse de ce microcosme en vase-clos, lui permet au travers des travers de chacun(e) de dénoncer un monde totalement replié sur lui-même, fermé à la modernité et au monde, attachés à ne pas trahir les traditions passées qui ont faits leur preuves, ne jurant que par le travail et ce qu'il rapporte en terme financier. Car les Goupi vivent et se marient entre eux (le prétexte du film c'est l'union programmée entre Goupi Monsieur et Goupi Muguet), comme il était de coutume dans les campagnes il n'y a pas si longtemps que ça. Mais dans ce vase-clos protégé des agressions extérieures, il ne s'y passe pas des choses "très catholiques" que l'on règle entre Goupi, car se sont des affaires de Goupi. On lave son linge sale en famille, sans pour autant qu'aucun(e) n'en souffre au final. Face à l'adversité et aux intrusions malvenues, les Goupi se solidarisent et sauvent la pérennité de leur clan, malgré leurs divergences de caractères et leur façon d'agir. Au fond, c'est la cohésion de l'ensemble, l'équilibre des forces entre chaque membres du clan qui permet de "sauver" tout l'édifice.
Mais il faut la sagesse, l'ouverture et l'autorité de Mains Rouges, au regard distancié par son exil volontaire dans sa cabane dans les bois, mais dans les faits véritable "Deus ex machina" bienveillant et réconciliateur. Fernand Ledoux apporte toute sa rugosité bougonne à son Goupi Mains Rouges, l'incarne avec sobriété, tendresse et humanité. Peut-être son meilleur rôle ?
Tout cela est bien sûr rempli de symboles, mis en valeur par l'écriture de Jacques Becker et Pierre Véry - qui a collaboré à l'adaptation de son roman -: l'esprit clanique malgré les oppositions, les mensonges et les trahisons qui règnent au sein de la famille, l'exilé volontaire et sauveur, fomenteur de la cohésion finale... Je ne vous fait pas de dessin, cela préfigure "prophétiquement" de l'état et de l'avenir proche de la France...

Sans révéler les tenants et aboutissants de l'histoire, les deux autres personnages les plus forts sont soit éliminés ou s'élimine:
- Goupi Tisane, qu'incarne Germaine Kerjean vous restera en mémoire. Vraie marâtre, figure cauchemardesque et tutélaire, elle règne en tyran esclavagiste sur les quarante premières minutes du film, sans que son pouvoir absolu ne soit remis en question par qui que ce soit, jusqu'à l'inéluctable, libération pour l'ensemble du clan. Ne symbolise-t'elle pas Vichy et son administration oppressive ?
- Goupi Tonkin, qu'incarne Robert Le Vigan avec fougue, sensibilité et poésie, est le marginal, l'original du clan, amoureux transi de Goupi Muguet. Vivant dans la nostalgie de son long séjour en Indochine pour service militaire, il ne s'est jamais vraiment réadapter à l'esprit du clan, tout en y restant une figure importante. C'est un personnage beaucoup plus subtil qu'il n'y parait car il symbolise cette France Coloniale, soit disant ouverte, mais profondément figée, inadaptée à la réalité. Sa compétition avec Goupi Monsieur pour le cœur de la belle Goupi Muguet est un conflit entre valeurs coloniales et valeurs modernes résolument tournées vers l'avenir. Sa fin, tragique et magnifique (inoubliable), suggère la fin proche de la puissance coloniale de la France.

Revenons sur le traitement de l'histoire. Même si Jacques Becker insuffle authenticité et véracité dans la reconstitution minutieuse du quotidien des paysans de l'époque et des figures qui peuvent la composer, le film ne fait pas figure d’œuvre semi-documentaire. Dès le départ, il nous embarque - le spectateur - dans une atmosphère à la limite du fantastique romanesque qui embrasse tout le film. En fait, nous adoptons le point de vue naïf et dépassé de Goupi Monsieur, qu'incarne avec fraicheur Georges Rollin, totalement étranger à ce monde reculé et d'un autre temps, mais bien réel. Quand au réalisateur, lui-même, il épouse en fait le point de vue du personnage le plus en recul et perspicace, à la fois agacé, amusé et attendri par ce clan, qu'il aime malgré tout, celui de Goupi Mains Rouges. Puis le film bascule peu à peu dans la farce sombre et satirique, tragi-comique, sous la forme d'une enquête qui n'est qu'un prétexte pour mieux dénoncer les travers des personnages (Goupi Mes Sous, Arthur Devère irrésistible, en paranoïaque obsédé par le magot familial) et reviens peu à un traitement plus romanesque et surtout très poétique dans le traitement: la cohésion retrouvée grâce à Mains Rouges et voulue par le triomphe de l'amour de Goupi Monsieur et Goupi Muguet (Blanchette Brunoy, lumineuse).
Sachant, que le film n'est pas tout à fait fidèle au livre de Pierre Véry, qui a collaboré à l'adaptation scénarisée du film, il est certain que toute les modifications apportées par Jacques Becker et l'auteur, relève d'une volonté commune pour délivrer un message subtil aux français en pleine période d'occupation.

Une œuvre foisonnante, riche, complexe qui fait partie des films majeurs de Jacques Becker, avec "Le Trou" et "Casque d'or". A découvrir vite en VOD ou en DVD, car ce film se fait très rare sur les écrans de télévision.
ferdinand
ferdinand

17 abonnés 453 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 décembre 2016
Voilà un film dont la réputation n'est pas usurpée! A le revoir on ne peut qu'être admiratif devant la cohérence du propos, description sans concessions d'un monde paysan pas du tout idyllique, loin des valeurs prônées par Vichy, une distribution formidable avec en tête Ledoux et Le Vigan, mais où tous sont excellents, à l'exception du "jeune premier" trop daté genre gommeux gominé.. On ne peut qu'admirer la maîtrise avec laquelle Becker, pour son deuxième film, je crois, nous présente toute une galerie de personnages immédiatement identifiables!
chrischambers86

16 164 abonnés 13 117 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2026
Dans la famille Goupi, on demande "Goupi mains rouges" (1943) de Jacques Becker! Un classique important du cinèma français, d'après le cèlèbre roman de Pierre Vèry! Le cinèaste du "Falbalas" (1944) à venir tourne en pleine Occupation ce drame psychologique mêlant avec brio l'humour et l'angoisse sur une certaine paysannerie! Chacun son surnom chez les Goupi, faudra vous y habituer! Meurtre, vol et rebondissements sont au menu où vous n'aurez rien d'autre qu'une petite lichette de vin rouge avec un biscuit pour reprendre des forces! Et il vous en faudra pour affronter cette famille de paysans des Charentes qui gagne crapuleusement leur vie dans les bois et les rivières! Par l'excellence de son interprètation (Fernand Ledoux, Robert Le Vigan, Germaine Kerjean...), son ècriture incisive et son milieu paysan, il est tenu aujourd'hui pour l'une des meilleures rèussites de son auteur, imposant dèfinitivement le talent de ce grand rèalisateur qu'ètait Jacques Becker! Prèsentè au cinèma de minuit...
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 725 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2016
Un mystère au sein d’une famille, au sein d’un village isolé. Cela rappelle immédiatement « Le corbeau ». C’est une peinture feutrée et une vision presque privilégiée du monde rural, fermé et retourné sur soi-même. L’amour, l’argent et la mort se règlent en famille. Un noir et blanc qui s’éclaire au fil de l’histoire car les personnages nous sont de plus en plus proches et émouvants.
Hotinhere

790 abonnés 5 460 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 février 2022
Jacques Becker signe une peinture au vitriol du monde paysan sous Vichy, où tout se règle en famille, portée par une interprétation excellente.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 décembre 2013
« Goupi mains rouges » est sans doute avec « Le corbeau » le film qui dénonce le mieux les valeurs prônées par Vichy sous l’Occupation. Là ou Clouzot exécrait la pratique de la délation encouragée sous prétexte de patriotisme, Becker démontrait que la sacrosainte famille rurale, référence litanique du héros de Verdun devenu « père de la nation », n’était pas le creuset tant vanté des sentiments les plus nobles. « Le corbeau » est resté dans les mémoires alors que « Goupi mains rouges » ne subsiste vivace que dans celles des cinéphiles. Sans doute le style de Clouzot si acerbe a rendu son film plus immédiatement accessible et efficace, là où Becker plus naturaliste à l’image d’un Renoir demande au spectateur d’avoir une lecture sur plusieurs niveaux de ce portrait familial. Le film est adapté de l'auteur fantastique Pierre Very aujourd'hui très injustement oublié mais à l'époque très en vogue et dont les œuvres étaient régulièrement adaptées au cinéma (Les disparus de Saint-Agil en 1938 et l'assassinat du père Noël en 1941). L'ambiance fantastique chère à Very qui écrit les dialogues et le scénario du film est rapidement délaissé au profit de la loupe posée sur la tribu Goupi, curieux mélange de dissensions intestines et de solidarité face aux agressions extérieures. L'argent dans ce milieu rural rude des Charentes est bien sûr au centre des préoccupations car seul garant de la pérennité du clan qui vit en vase clos. Becker prend un malin plaisir à moquer les mœurs de cette fratrie où vivent sous le même toit quatre générations. Ainsi chaque membre est affublé d'un surnom lié à son trait de caractère ou à ses marottes. Quand Goupi Tisane qui dirige d'une main de fer mais rassurante la famille est retrouvée morte dans un champ, le bateau tangue, cherchant la bonne le bon cap à suivre . Il faut tout à la fois enterrer Goupi Tisane en catimini, chercher le coupable de son meurtre, accueillir Monsieur, le fils abandonné depuis 18 ans à Paris que l'on veut marier à sa cousine, et le plus important, extorquer au patriarche de 106 ans qui vient de faire une attaque la cache de son magot. De quoi désorienter les mâles restants en charge des affaires soudainement confrontés à un afflux de responsabilités. C'est autour de cet imbroglio que Becker en fin observateur scrute les comportements individuels et les différents retournements de situations qui menacent un moment l'unité du groupe qui saura se ressaisir devant la marée chaussée venue mettre son grain de sel dans ce fatras lors d'une scène tragicomique du meilleur effet. Le clan Goupi sert donc à Becker pour mettre à nu tous les comportements un peu mesquins qui se font mécaniquement jour face à la tension et à la peur. Après trois ans d'occupation l'analogie du film avec le comportement de la population anesthésiée par l'idéologie de Vichy n'empêche celui-ci de passer le cap de la censure sans encombre, Becker en habile diplomate sachant entrelarder son pamphlet de moqueries dilatoires. Les acteurs dont la plupart ont aujourd'hui sombré dans l'oubli sont tous au diapason de la partition dictée par Becker avec une mention pour le génial Robert Le Vigan qui trouve en Goupi-Tonkin un de ses rôles les plus marquants.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Encore un grand film de Jean Becker. L'ambiance du film dans sa première partie, (très glauque) est pour beaucoup dans sa réussite. Le scénario, la mise en scène et les acteurs sont parfaits. (mention spéciale à Fernand Ledoux et Robert le Vigan)
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 août 2019
Description à charge du monde paysan. Les Goupi, dont chacun est affublé d’un surnom, représentent des archétypes de la médiocrité humaine. Avares, mesquins, menteurs, jaloux, rancuniers et hypocrites, dont les limites de leur l’horizon intellectuel s’expriment à travers les clichés, truismes et lieu communs plus ou moins adaptés (« les affaires des Goupi ne regardent que les Goupi »). Deuxième long métrage de Jean Becker, « Goupi mains rouges » est réalisé en 1943. Tout en prenant ses distances avec le mythe du retour « sain » à la terre prôné par Pétain, le réalisateur, sans en avoir l’air, égratigne la classe possédante, ici des propriétaires terriens qui n’hésitent pas à renvoyer la servante de toujours et son fils, les personnages honnêtes et moraux de cette chronique. Ils seront défendus par Goupi mains rouges, le seul qui soit désintéressé, et Goupi monsieur, vendeur de cravates dans un grand magasin parisien. Cette critique de classe est bien dans l’esprit du cinéma du front populaire. Ici, en plein régime de Vichy, elle est habilement dissimulée derrière une vague intrigue policière, au point que les censeurs de l’époque ne sourcillèrent que sur la critique de la paysannerie. Curieusement le film ne fut pas interdit. Après le médiocre « Dernier Atout », la réalisation de Jacques Becker frappe par la minutie et le soin apporté à chaque scène, à chaque détail. Il livre ainsi un film très dense et très dirigé, chaque interprète tenant parfaitement son rôle, de la formidable Germaine Kerjean (Goupi-Tisane) au disjoncté Robert le Vigan (Tonkin). Si le cinéaste a parfaitement retranscrit le réquisitoire sombre et impitoyable du roman de Pierre Véry. Il en a conservé également sa partie intelligente avec Mains rouges (excellent Fernand Ledoux) et sa douceur représenté par le petit couple charmant, Monsieur (Georges Rollin) et Muguet (Blanchette Brunoy) qui apportent la respiration nécessaire. Analyse comportementale d’une précision chirurgicale, « Goupi mains rouges » est un grand film.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 774 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 janvier 2017
Tourné sous la censure vichyste, Jacques Becker, dont c’est le second long métrage, détourne habillement les valeurs de l’époque (Travail/Famille/Patrie) pour mieux s’en moquer. Goupi, c’est une famille rurale où le travail est la valeur phare et l’argent… aussi. Chez les Goupi, on se marie en famille ; meilleur moyen de conserver son patrimoine… génétique aussi, on comprend la présence d’un simplet dans les douze membres vivant sous le même toit. De Paris, arrive le petit fils qui a réussi et que l’on prévoie de marier avec… sa cousine. Waouw, quelle photo de famille ! Becker fait vivre brillamment ses 12 personnages principaux aux personnalités si tranchées. Meurtres, vols, trésors cachés sont autant d’appâts et de conséquences de l’avarice en vigueur dans ce microcosme. Adapté d’un roman de Pierre Véry, la fable n’est pas loin ; l’auteur aimait marier polar et fantastique. « L’assassinat du Père Noël » et « Les disparus de St Agil » sont deux autres adaptations de ses romans. La mise en scène de Becker est aussi virtuose avec une caméra sensible aux moindres détails ; et un montage alerte préservant le rythme. Aucun hasard si ce film fait partie du cercle réduit des films témoins d’une forme de résistance sous l’Occupation allemande au même titre que le colossal « Le corbeau » et « La main du diable ». Après on peut déplorer le jeu et la psychologie trop appuyé des personnages.
A voir comme un petit bijou inscrit dans son époque.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 4 avril 2016
C'est toujours une grande satisfaction de retrouver Fernand Ledoux dans un rôle énigmatique. Acteur de génie au cinéma mais avant tout homme de théâtre, (il faisait partie de la Comédie Française), il domine ce tournage de tout son talent. Le film restitue admirablement bien l'atmosphère, la vie et l'ambiance qui régnait dans certaines familles paysannes dans les années 40. Le reste de la distribution est à l'avenant comme l'acariâtre Goupi–Tisane (Germaine Kerjean). Tous les membres de la famille ont un surnom. Citons encore le savoureux Goupi–L'empereur (Maurice Schutz), le doyen de la famille, le beau ténébreux et habile Goupi-Tonkin (Robert le Vigan) amoureux de la séduisante Goupi–Muguet (Blanchette Brunoy) ou bien le colérique Goupi-Mes Sous (Arthur Devère), le père de l'anodin et honnête Goupi-Monsieur etc. Chaque personnage a ses caractéristiques propres et le scénario mélange allègrement les situations et l'on se demande comment tout cela va se terminer. Ce drame est magnifiquement mis en œuvre par Jacques Becker sur la base du roman de Pierre Véry et constitue l'une des grands classiques de cette période.
jean-paul K.
jean-paul K.

17 abonnés 323 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 juin 2017
Quel merveilleux film avec tout l'humour noir désiré pour cette peinture de mœurs. Cela m'a fait penser à Ettore Scola dans "Affreux, sales et méchants". De plus par rapport à beaucoup de films français de cette époque, la diction et le jeu des acteurs ne sont pas trop démodés.
SYNEPHIL
SYNEPHIL

61 abonnés 1 135 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 avril 2016
Pour son 1er film Becker ne demerite pas mais il s'attache + aux personnages qu'a l'intrigue policiere ,avec pour resultat une ambiance theatrale parfois pesante malgré la qualité des comediens.A travers l'histoire de ce clan de paysans ,il depeint efficacement le monde rural et ses codes proche des mafieux par la loi du silence qui y regne.Le gros point fort reside donc dans une interpretation convaincante d'ou ressort celle extraordinaire d'un Le Vigan en etat de grace campant un ancien militaire des colonies ,le reste de la distribution reposant sur des valeurs sur du cinema d'avant guerre (Ledoux en tete).Dommage que le scenario soit trop convenu dans son deroulement (la cachette du magot ou la fin happy end) et ne menage pas + de suspense.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 399 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 octobre 2021
Jacques Becker est un réalisateur de premier plan dont la filmographie est presque toujours réussie. Casque d'or est son film le plus célèbre ( avec "le trou"). Je dois reconnaître que "goupi mains rouges" est le premier film de ce réalisateur que j"ai trouvé assez moyen. Selon moi son défaut majeur vient de son scénario dont j'ai eu du mal à trouver un grand intérêt, malgré son côté policier. Le titre correspond au nom d'un des personnages dont le rôle n'est pas factuellement le plus important mais indique l'importance que lui donne le scénariste, en ce qu'il incarne la transmission au sein du clan et la valeur de la famille. En résumé il s'agit d'un jeune parisien qui a été élevé loin de la famille de son père, organisée comme un clan, est à leur demande invité à les rencontrer. Il fait le voyage pour s'apercevoir que le clan souhaite lui voir épouser sa cousine dont un voisin est amoureux. Peu après son arrivée sa tante est tuée. Le clan décide de cacher à la gendarmerie le caractère criminel de cette mort. Tourné pendant la guerre, le film se caractérise par une interprétation et une réalisation de qualité comme toujours chez Becker. La première demi-heure est la plus accomplie et laisse présager du meilleur, mais malheureusement le film ne tient pas ses promesses, même si les ruptures de rythme sont quasi inexistantes. On notera la présence de Robert Le Vigan qui fut condamné à la libération pour son attitude pendant l'occupation. Un film qui ne me semble pas indispensable, cependant les amateurs de Becker ne le manqueront pas. A vous de juger puisqu'une majorité de critiques ne partagent pas mon opinion mitigée.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 février 2018
Je n'ai pas du tout aimé : Personnages lourds, on entend parler d'argent sans cesse... Une peinture du monde paysan de l'époque dont je ne trouve pas de réel intérêt aujourd'hui. Trop vieux, pas assez d'humour. Un jeu suffisamment bon mais pour lequel je n'ai rien senti de particulier, ni charisme dans les acteurs, ni émotion à l'écran, ni dialogues croustillants. Bref, loin d'être le meilleur dans la filmographie de père Becker même si le final est bon.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 février 2021
Un film en N&B coécrit et dirigé par Jacques Becker en 1943. Il met parfaitement en scène ce Drame de famille rurale. Une histoire assez sombre, dont l'intrigue savamment entretenue. Elle est soutenue par de grands comédiens, avec l'extraordinaire prestation de Robert Le Vigan dans la peau de Goupi-Tonkin ; Avec également la belle présence de Fernand Ledoux dans le rôle de Goupi-Mains-Rouges le malin, et de Georges Rollin dans celui du jeune premier Goupi-Monsieur (le parisien).
Le pitch : Après 25 ans d'absence Goupi arrive de Paris à la ferme familiale mandé par son père.
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