Goupi Mains rouges
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Antarès
Antarès

3 abonnés 19 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juin 2021
Bien loin des éloges de la paysannerie du régime Vichyste, Becker prend le partit en 1943 de montrer un monde rural bien plus cruel et mauvais que celui qu'on veut montrer à la population. De la arrive Goupi Main-Rouge. Titre énigmatique mais qui s'explique facilement: Goupi est le patronyme d'un clan de paysan et Main-Rouge le surnom d'un Goupi. Le clan Goupi est soit très soudé ou bien reclus à limage de Main-Rouge isolé dans sa foret car trop intelligent pour la famille Goupi. La façade amicale de cette famille s'effrite quand Goupi l'Empereur (sous-entendu le patriarche) fait une attaque cardiaque. Cette attaque déclenche la destruction de la famille qui va se déchirer pour faire parler le vieux qui connait la cache du magot familial. Avec en parallèle le conflit entre Goupi Monsieur (un jeune Goupi revenant de Paris), et Goupi Tonkin (un jeune du même âge ancien de la coloniale atteint de folie et qui ne rêve que de son Indochine) pour le coeur de Goupi Muguet une jeune femme qui doit se marier. Enfin le drame, la mégère de la famille est tuée dans la foret une nuit, tout porte a croire que c'est un Goupi (l'innoncent des Goupi) qui a fait le coup. Pour autant pas question d'appeler les gendarmes: les histoires des Goupi se règlent entre Goupi. Bref ça semble compliqué mais Becker réussit l'exploit de rendre cela drole avec une vraie critique acerbe de cette paysannerie revée et qui n'est en réalité qu'un conflit de famille toujours motivé par la rencoeur, l'argent et l'honneur du clan Goupi.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 décembre 2016
Une des premières réalisations de Becker et déjà la preuve d'une maîtrise étonnante, tant dans la conduite du récit que dans la direction d'acteurs, Ledoux et La Vigue sortant évidemment du lot.
La Famille Goupi est croquée avec l'irrévérence du désespoir, en un temps où les valeurs traditionnelles étaient lourdement exaltées (exemplaire Goupi Mes sous)...
TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 mai 2010
Un trésor du cinéma français que l'on redécouvre à chaque vision ,sur grand écran exclusivement. Jacques Becker est un immense cinéaste français ,injustement resté dans l'ombre de Renoir. Sur certains de ses films l'élève à dépassé le maître et comme il est mort trop tôt,l'histoire du cinéma ne changera pas. En tous cas,ici,c'est parfait et même si le public change et réagit sans doute en 2010 plus sur le coté comique (rires)que le coté tragique (effroi)...L'art cinématographique demeure ,malgré quelques outrances qui ne devaient pas ressortir en 1942;tels que quelques éclats de voix trop appuyés ou quelques gros plans caricaturaux. Becker à mis tout son talent au service d'un magnifique roman en insistant plus sur l'humanité des gens que sur leur coté obscur et fétichiste. Ainsi ''Mains rouges ''deviendra sympathique. Tous les acteurs sont exceptionnels avec une mention spéciale à ''Le Vigan '' dont le cinéma sera privé comme la littérature l'a été avec Brasillach mais d'une façon moins radicale. L'émotion reste présente sur deux séquences:le partage de la pomme entre ''G.Cravatte et G.Muguet'' et au repas final partagé entre tous.Il est très injuste de parler de clichés à propos de ce film,car tout est cliché au cinéma mais la façon dont le réalisateur fait ici la part belle à la singularité de chacun dépasse tout manichéisme. Quant à reprocher la naïveté de certains jugements hâtifs comme ceux que porte ''Goupil Mes sous » ,c'est oublier que les démocraties en vivent.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 février 2017
Jacques Becker réalisait en 1943 ce portrait acerbe d'une famille paysanne française confrontée au meurtre d'un de ses membres. Au delà de l'intrigue à caractère policier, le cinéaste dépeint ici non sans malice les défauts de ses compatriotes, et notamment leur obsession de l'argent. Il nous en dit ainsi beaucoup sur les us et coutumes et l'état d'esprit d'une certaine France des années 40. Une très belle mise en scène et une superbe lumière.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 novembre 2008
Becker réussit un Joli portrait de famille et quel famille!
kinophil
kinophil

23 abonnés 262 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2011
Goupi est le nom d’un clan familial tout-puissant dans un petit village isolé de la campagne française. Chaque membre est affublé d'un surnom : l'aïeul, 106 ans, s'appelle L'Empereur, le commerçant Mes Sous, le gendarme La Loi, la maîtresse de maison Tisane, la jeune fille Muguet, etc. Deux membres du clan font bande à part : Mains Rouges (braconnier-jeteur de sorts mais le plus raisonné), et Tonkin (colonial halluciné, rongé par les fièvres). Alors qu’arrive au pays Goupi-Monsieur, le parisien que l’on croit directeur de grand magasin (en fait Goupi-Cravatte), deux drames surviennent : Tisane est retrouvée morte, L'Empereur a une attaque qui le laisse muet, dans l'incapacité de révéler la cachette du magot familial. La panique et le doute s’installent au sein de la famille.
Cette étude de mœurs paysanne dépeint le monde rural et la loi du silence qui y règne, sur fond de merveilleux et de rocambolesque. Le film stigmatise avec finesse des valeurs compassées et rétrogrades, (obsession du travail et de la famille) bien en vigueur dans ce clan familial qui vit en reclus, refuse tout interventionnisme dans son mode de fonctionnement, et où le culte de l’argent surpasse tout. Le scénario fait vivre douze personnages aux caractères parfaitement décrits et cerne leurs rapports dans une intrigue riche en ramifications qui commence dans le mystère pour virer à la farce.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2020
Aucun temps mort, on est tout de suite dans le vif du sujet, les protagonistes, tous très typés, nous sont présentés de façon à ce qu'on s'y retrouve (il y en a 12 quand même !). La direction d'acteurs est exceptionnelle dominée par un Ledoux malicieux et par un Le Vigan halluciné, mais Germaine Kerviel en matrone acariâtre nous fait un numéro qui fait froid dans le dos., l'histoire est menée de main de maître, avec quelques morceaux d'anthologie spoiler: (la scène dans les arbres
est hallucinante ) mais c'est aussi un film d'ambiance, très noire malgré quelques très rares touches d'humour et nous délivrant une description sans concession de la vie de province. Que peut-on reprocher à ce film, un doigt de théâtralité ? Pas grave ! Un dénouement "bisounours" ? Certainement pas, spoiler: il s'agit au contraire d'un renversement des valeurs, celui qui au début paraissait le plus louche l'est en fait le moins, n'étant rejeté que parce qu'il refusait la loi du clan.
Chef d'œuvre !
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 décembre 2016
Après Casque d'Or, l'excellent Touchez pas au Grisbi et le très très bon Le Trou, j'ai pu visionner Goupi Mains Rouges.
On peut y avoir des acteurs renommés (mais assez "anciens") comme Fernand Ledoux ou Robert Le Vigan et Louis Seigner.
Ce film ne manque pas de rythme ni d'action mais il m'a déplu dans le sens où j'ai eu l'impression de voir une comédie ou un vaudeville. Visuellement la 1ère partie du film se passe pendant la soirée et la nuit et cela ne contribue pas à la valorisation du film selon moi.
L'intérêt du film ce sont bien sur les personnages typés de cette grande famille. Pourtant on ne sait pas toujours qui est qui et qui fait réellement partie de la famille Goupi. Les conflits de génération, les castes, l'argent, le patriarcat, la jalousie sont les thèmes ici traités. Bref c'est un film intéressant mais qui n'est pas le meilleur pour moi de Jacques Becker.
selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 octobre 2023
L'auteur-scénariste est le mieux placé pour adapter son oeuvre, l'essence du récit est parfaitement retranscrit, une immersion dans le monde rural de la France d'alors, la famille parfaitement transposée avec leurs caractères bien trempés sans oublier leur surnom qui en disent long sur chacun d'eux. Le début du film reste la meilleure partie du film, entre la comédie et le Film Noir, jusqu'à Mains Rouges lui-même qui donne son nom au film mais qui s'avère ne pas être forcément le rôle principal, il sert surtout de guide/leader au sein de cette famille plus dysfonctionnelle qu'il y paraît. Malgré les tares de certains membres, les secrets et les non-dits la morale de l'histoire est celle de tout clan solidaire, que tout ce qui compte c'est la famille, la famille contre le monde entier. Le côté policier de l'intrigue est construit à la façon du "MacGuffin" cher à Hitchcock, car ce qui compte ce n'est pas le butin, c'est avant tout les relations intra-familiales et l'idée de transmission, de valeurs et de descendance. Jacques Becker signe un film qui fonctionne bien grâce à ce mix étonnant entre comédie champêtre et Film Noir.
Site : Selenie.fr
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2025
Le film, en noir & blanc, est adapté du roman éponyme (1937) de Pierre Véry (1900-1960) dont 2 livres avaient déjà été adaptés, avec succès, au cinéma : « Les disparus de Saint-Agil » (1938) et « L’assassinat du Père Noël » (1941) par Christian-Jaque, chacun ayant une trame policière solide. Mais ici, elle est mince et peu passionnante, d’autant que la plupart des personnages sont totalement antipathiques, proches de ceux du film « Affreux, sales et méchants » (1976) d’Ettore Scola. Certains y voient une peinture sans concession du monde paysan, âpre au gain et cupide et vivant en vase clos. Un peu exagéré car le film ne relève pas vraiment du néo-réalisme [cf. « Regain » (1937) de Marcel Pagnol] : à part la possession d’une vache gestante, on ne voit guère la famille Goupi (qui tient aussi une auberge et qui chasse) travailler la terre. C’est plus la présence des acteurs qui en fait son intérêt, tels que Fernand Ledoux (45 ans) interprétant le rôle-titre (surnom de Léopold Goupi), René Génin (52 ans), abonné aux seconds rôles, Line Noro (42 ans), servante des Goupi et bien sûr, Robert Le Vigan (42 ans), dit Tonkin car ayant vécu en Indochine, personnage totalement halluciné (comme souvent).
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 novembre 2023
Le film de Jacques Becker est bien dans l'esprit de son époque (pétainiste), il caractérise, à l'instar de nombreux films sortis pendant l'Occupation, l'ordre moral du régime .A travers la famille Goupi, on fustige l'indignité, la famille bafouée, la cupidité et l'égoisme.
Un jeune parisien un peu tendre découvre, en même temps que le spectateur, un univers sordide, celui d'une famille paysanne (la sienne, qu'il ne connait pas) dont les membres déshonorent la campagne française ou symbolisent ce qu'elle a de plus méprisable, de plus caricaturalement arriérée. Dans le clan Goupi, qui n'apparait soudé que face aux éléments étrangers, les liens sont distandus par la méchanceté et les querelles d'intérêt. Père et fils, brus et belles-soeurs s'épient, se jalousent, se haissent; ils incarnent une France profonde pervertie par l'avidité et par des réflexes ancestraux. Ils sont paysans dans le sens le moins noble, c'est-à-dire ne représentant pas les valeurs honorables du travail et de la terre. Le regard de Becker va si loin dans la noirceur qu'en définitive, comme Clouzot d'une certaine façon dans "Le corbeau", son film ne répond plus vraiment aux canons de Vichy en ce qu'on n'y trouve rien de vraiment édifiant ou de réactionnaire.
Quelques uns, pourtant, échappent au mépris: l'arrière grand-père qui cultive la mémoire d'une France glorieuse et qui se meurt sans révéler, malicieusement, où il caché le magot; l'oncle "Mains rouges" qui, au-delà de ses bougonneries et de sa rancune contre la famille, conserve seul le sens de l'honneur; enfin de jeunes amoureux ( la France de demain, innocente -terme clé en cette période où l'on cherche les responsables de la défaite- l'espoir moral de demain) dont les parents bafouent les sentiments.
La force du film est d'avoir su mêler cette dimension morale dans l'air du temps à un récit juste et réaliste, semble-t-il, où les moeurs et les figures sont vraies.
Mysterfool
Mysterfool

15 abonnés 252 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 septembre 2023
Attention chef d'œuvre. Je l'avais vu quand j'étais petit ; un film tourné en Charente mon pays, ça marque. Restauré il a gardé tout son mystère, toute son authenticité à l'égard de mes origines.
Iggy bebs
Iggy bebs

10 abonnés 86 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 novembre 2023
un grand film du grand jacques Becker, une peinture cynique du monde paysan, avec un grand Robert le Vigan dans le rôle de goupil Tonkin, qui sur passe tout les acteurs.
LMbe
LMbe

8 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 avril 2014
Un film tourné pendant la guerre, avec l'interprétation de Fernand Ledoux qui sort du lot, un Le Vigan (collabo) cabotin qui surjoue, et un Louis Seignier jeune comme curiosité ; une oeuvre à l'intérêt documentaire sur une campagne charentaise et ses habitants à cette époque. On lui pardonne son côté théâtral.
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