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Gonnard
293 abonnés
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1,5
Publiée le 19 novembre 2015
"Une jeunesse chinoise" fut pour moi la source d'une double déception. Primo, alors que le synopsis vantait le background historique de Tian'anmen, ce moment fort de l'histoire chinoise est expédié en 30s top chrono avec quelques images d'archives balancées à la va-vite. Frustrant. Surtout, l'intrigue peine à avancer, laissant sur le bas-côté de la route moult temps morts durant lesquels pas une seule parole est échangée. On pourra toujours crier au chef d’œuvre en avançant que les silences sont autant de moments d'émotion, mais franchement ce n'est pas mon cas.
Moi qui suis pourtant friand de ce genre de film centré sur un ou plusieurs personnage(s) opaques, subversifs, je n'ai pas du tout accroché à cette production. Et pour cause, une affreuse lenteur qui, même si on peut comprendre qu'elle participe de l'atmosphère froide qui règne entre les deux "amoureux", range ce film dans la catégorie des navets-qui-se-veulent-intellos-mais-qui-en-fait-ne-le-sont-pas-du-tout. Le tout en devient soporifique - j'ai du lutter contre le sommeil pendant plus de 2 heures, tout en regardant ma montre toutes les 15 minutes. Pourtant, le personnage de Yu Hong est si intéressant à découvrir: une fille qui vit pour l'amour, pour la passion, qu'elle souhaite exclusivement charnelle, au détriment de principes, moeurs, ou idéaux. Ses pensées, sous forme de voix off, sont distillées à même les scènes de sexe qui s'enchaînent; mais bien trop rarement pour pouvoir nous satisfaire. C'était de loin le point fort du film, les dialogues étant quasi-inexistants. Encore une fois, on peut comprendre que le manque de communication entre les deux voulait se faire palpable autant que se peut, mais il y a une limite à ne pas franchir. De surcroît, la bande-son est agaçante car inlassablement répétitive.
Lu Ye aime filmer les histoires d'amour, et ici cette passion touche plusieurs époques, avec pour point d'ancrage les événements de Tian'anmen. Quelques belles séquences mais le film tire en longueur et n'as finalement pas grand chose de neuf à raconter. *Suzhou River* était bien plus réussi à mon sens.
Présenté en Compétition à Cannes 2006, ce film de Lou Ye se penche sur l'histoire récente de la Chine : 1989-1999. Il le fait en s'intéressant plus particulièrement à un couple de jeunes chinois, Zhou Wei et Yu Hong. Le film, le réalisateur et le producteur ont connu de gros tracas après la projection cannoise : le film, qui avait été présenté à Cannes avant d'avoir été accepté par la censure chinois, a été interdit en Chine; le réalisateur et le producteur sont interdits de tournage pendant 5 ans. Il faut dire que le film aborde la répresion du mouvement étudiant de Tian An Men, ce qui n'est jamais très bien vu par les autorités chinoises. Autre raison : il y aurait des scènes d'amour trop audacieuses pour la censure chinoise. Cela étant, ce film présente beaucoup de qualités mais il est trop long. La caméra est très mobile, la musique est très belle, très bien, mais les scènes s'étirent souvent beaucoup trop, dommage !
Superbe. On se laisse emporter par ce roman filmé. De l'amour, de l'histoire, de la passion, de l'ivresse… Un vrai mélange de ferveur historique et d'intimité amoureuse. On avance dans ce film, comme dans un tourbillon, mais un tourbillon joyeux et plein d'émotion. Les acteurs sont magnifiques et les personnages très fidèles aux gens de la vie courante, qu'on rencontre par le fruit du hasard. Très sensible, la mise en scène valse entre rapidité et lenteur, douceur et violence, et ça c'est un grand plaisir!!!
Le spectateur européen pourra se demander si le personnage féminin est représentatif de cette jeunesse chinoise, à lorigine de la révolte ayant conduit aux événements de la place Tian An Men et si les histoires damour montrées dans ce film tendent vers un propos universel, ou bien sont-elles proprement chinoises. La question se pose parce que le contexte historique et politique parait anecdotique, comme une toile de fond obligée, mais qui ne semble pas influencer les personnages, ou très peu. La jeune fille centrale vit dans son monde intérieur, ne sintéresse pas à ce qui lentoure, elle est tellement égocentrique que lon sécarte de son personnage, lidentification parait difficile et lémotion nest pas au rendez-vous, malgré le quasi-unique sujet du film : la passion amoureuse. Le discours développé par le réalisateur est plutôt fermé, résolument tourmenté : lamour est une blessure, et la douleur ne disparaît quavec la rupture. A la longue, cette vision passionnelle peut paraître hermétique, fatigante. Pourtant, la caméra très mobile, les cadrages, les éclairages, les choix de focales, les images parfois brouillées, le travail sur le son, témoignent dune volonté de créer un langage cinématographique original, poétique, nhésitant pas à miser sur le temps, les moments creux, la contemplation... Au final, un beau film, ambitieux et surprenant, mais qui ne touchera pas tout le monde.
un film interessant mettant en lumière le tout politique et la manie à étiquetter des institutions chinoises, en depit d'un recit très classique et d'un sentimentalisme latent.
Près d'un an après sa présentation cannoise en compétition, voici le cinquième film du réalisateur (et ici scénariste, monteur et coproducteur) Lou Ye dont le précédent long, Purple butterfly, pourtant présenté à Cannes en 2003 est resté inédit sur nos écrans. Les dix premières secondes du film sont magiques, composées d'un mouvement de caméra ingénieux qui s'arrête sur la figure d'un jeune chinois. Fausse impression. Le réalisateur se lance à sa poursuite dans un long plan séquence inintéressant. Et c'est malheureusement comme ça pendant plus de la moitié du film, malgré les efforts de comédien(ne)s comme Hao Lei. Au bout de deux heures interminables (qui aurait pu sans problème être amputé de la moitié de leurs scènes) de caméra à l'épaule sans mise en scène avec parfois une musique de fond qui se mêle au bruit de rues pour un effet cacophonique, Lou Ye parvient enfin à s'assagir sur sa réalisation et tisse tranquillement une fin qui relève le niveau. Si il n'avait par exemple pas insisté sur les pulsions de cette jeunesse chinoise en quête de sens nouveaux au point d'en faire grand nombre scènes érotiques négligées et inutiles, le rythme y aurait gagné. Cet ennui peut aussi être expliqué par le manque d'intérêt pour les occidentaux de cette histoire puisque les célèbres manifestations du mai 68 chinois sont restituées brutes, avec d'inévitables images d'archives mais sans explications. Les beaux moments du film proviennent des plans stables où l'héroïne parle des traumas de l'amour en voix-off, elle qui aspire à une vie meilleure. Nous, on se contente du peu et on aspire à un film meilleur. Loup y est (tu)?
En compétition au festival de Cannes 2006,le nouveau film de Lou Ye a réussit à partager beaucoup de personnes.Si,dans sa première demi-heure,le film est bouleversant,convoquant au passage Ozu et parfois même Imamura,et qu'il arrive vraiment à convaincre grâce à une caméra libre et envolée qui saisit à merveille les petits moments de bonheur,décrit superbement la soif de liberté d'une jeune fille en proie à l'amour,le film se dénoue de cette fragile et ambigüe émotion pour s'étaler lourdement dans l'universalité du propos.Alors que toutes les scènes qui précédaient étaient d'une infinie pudeur,d'une tendresse ennivrante,Lou Ye s'éloigne et oublie de conduire son scénario,qui se perd de plus en plus,jusqu'à un point total de non-retour.Même si sa mise en scène reste toujours juste et ses acteurs magnifiques,sa fresque souffre de nombreuses longueurs et d'une échappée assez grotesque à Berlin ; Lou Ye filme mille fois mieux son pays,et son passage en Allemagne reste très peu crédible et chiche en sensations fiévreuses.Les pérégrinations incessantes des protagonistes alourdissent aussi un scénario mal conduit après sa première demi-heure,et le montage se permet parfois de vulgaires sauts.Toutefois,la réalisation ne perd rien de sa vitalité,les acteurs y croient jusqu'au bout (bout qui peine à se conclûre) ,dans leurs passions pleines d'obstacles et d'embûches,et la Bande-originale,bien que répétitive vers la fin,est saisissante.De plus,Lou Ye filme le sexe comme personne,le rend palpitant à l'écran,sans tomber dans la pornographie non plus (car le sexe y est ici familier par ses nombreuses apparitions),et arrive même à nous donner envie de plonger nos corps dans ces caresses violentes ou éthérées,symbole de l'éclatement et l'apaisement futur de chacun des personnages,emprisonnés dans une éducation droite et rigoureuse.Finalement,"Une jeunesse Chinoise" reste inégal,parfois magnifiquement filmé,parfois banalement 'retranscrit' (les passages purement historiques sont trè
TRES TRES TRES ENNUYEUX ! Réalisateur TRES préteutieux et une TRES mauvaise réalisation, on finit par s'enficher complètement des protagonistes et on explique à peine pourquoi ils manifestent en 1989 contre les Autorités... Le réa se prend pour un grand "auteur" à la sauce française/italienne (genre mélange Truffaut/Rosselini) mais malheureusement on est confronté à l'arrivée à un film d'étudiant d'une naîveté effarante...c'est pas parce que le réa est maintenant interdit de tournage en Chine pendant 5 ans (et tant mieux !) qu'il faut aller ce film par solidarité....N'y allez pas !!! vous allez vous emmerdez....
C'est une belle chronique sur les événements de Tien'anmen que nous offre ce film. Mais elle est minée par une trop grande longueur du récit et par une réalisation qui manque de simplicité, en particulier lorsque les barricades sont filmées. Malgré cela, on s'attache aux deux personnages principaux, à leur histoire d'amour, à leur évolution dans un pays qui subit une transformation accélérée. Les retrouvailles finales des deux protagonistes résument en une scène la Chine d'hier et celle d'aujourd'hui: elles ne sont plus les mêmes.
La bande annonce et la promo laissaient présager un banal mélo sur fond historique, mais finalement il n'en est rien. Le film commence par nous montrer l'extraordinaire liberté dont jouissaient les étudiants avant les évènements de 1989 (qui ne sont que brièvement évoqués, et c'est tant mieux). Après cette brisure, la deuxième partie raconte les destins des ex-étudiants maitenant dispersés. On peut trouver que ça traine en longueur, mais ça ne fait que mieux montrer l'ampleur de la désillusion.
Quelle déception alors que je m'attendais au chef-d'oeuvre ! Un sujet magnifique mais beaucoup trop de longueurs, bref on finit par s'ennuyer alors que ce film aurait pu être sublime.