Présenté en Compétition à Cannes 2006, ce film de Lou Ye se penche sur l'histoire récente de la Chine : 1989-1999. Il le fait en s'intéressant plus particulièrement à un couple de jeunes chinois, Zhou Wei et Yu Hong. Le film, le réalisateur et le producteur ont connu de gros tracas après la projection cannoise : le film, qui avait été présenté à Cannes avant d'avoir été accepté par la censure chinois, a été interdit en Chine; le réalisateur et le producteur sont interdits de tournage pendant 5 ans. Il faut dire que le film aborde la répresion du mouvement étudiant de Tian An Men, ce qui n'est jamais très bien vu par les autorités chinoises. Autre raison : il y aurait des scènes d'amour trop audacieuses pour la censure chinoise. Cela étant, ce film présente beaucoup de qualités mais il est trop long. La caméra est très mobile, la musique est très belle, très bien, mais les scènes s'étirent souvent beaucoup trop, dommage !
Le spectateur européen pourra se demander si le personnage féminin est représentatif de cette jeunesse chinoise, à lorigine de la révolte ayant conduit aux événements de la place Tian An Men et si les histoires damour montrées dans ce film tendent vers un propos universel, ou bien sont-elles proprement chinoises. La question se pose parce que le contexte historique et politique parait anecdotique, comme une toile de fond obligée, mais qui ne semble pas influencer les personnages, ou très peu. La jeune fille centrale vit dans son monde intérieur, ne sintéresse pas à ce qui lentoure, elle est tellement égocentrique que lon sécarte de son personnage, lidentification parait difficile et lémotion nest pas au rendez-vous, malgré le quasi-unique sujet du film : la passion amoureuse. Le discours développé par le réalisateur est plutôt fermé, résolument tourmenté : lamour est une blessure, et la douleur ne disparaît quavec la rupture. A la longue, cette vision passionnelle peut paraître hermétique, fatigante. Pourtant, la caméra très mobile, les cadrages, les éclairages, les choix de focales, les images parfois brouillées, le travail sur le son, témoignent dune volonté de créer un langage cinématographique original, poétique, nhésitant pas à miser sur le temps, les moments creux, la contemplation... Au final, un beau film, ambitieux et surprenant, mais qui ne touchera pas tout le monde.
C'est une belle chronique sur les événements de Tien'anmen que nous offre ce film. Mais elle est minée par une trop grande longueur du récit et par une réalisation qui manque de simplicité, en particulier lorsque les barricades sont filmées. Malgré cela, on s'attache aux deux personnages principaux, à leur histoire d'amour, à leur évolution dans un pays qui subit une transformation accélérée. Les retrouvailles finales des deux protagonistes résument en une scène la Chine d'hier et celle d'aujourd'hui: elles ne sont plus les mêmes.
On n'était habitués à cette atmosphère étrange et déroutante qu'est celle de la société chinoise, et ce film n'y fait pas exception. Si certains lui reprochent de ne pas être assez penché critique politique, j'ai trouvé au contraire qu'il réussissait à nous faire plonger dans le cadre de la chine étudiante, de nous y faire "vivre" mais pas de nous l'expliquer en tournant au drame documentaire sur les manifestations étudiantes. Si elles paraissent certes quelque peu dénaturées, c'est justement parce qu'elle ne représentent à mon sens qu'une infime partie de ce que le film veut nous montrer, et en cela je l'ai trouvé très réussi. Même si on est parfois perdus par le personnage principal, si on ne la comprends pas toujours, on se laisse emporter par son caractère unique mis en avant par une excellente mise en scène, où le silence est chargé de mots et non pas "ennuyeux" comme le reprochent certains. Il faut croire que nous ne sommes pas habitués au silence, et pourtant... Mais il reste un petit bémol qui est la longueur du film. Une demie-heure en moins, et cela aurait été un chef d'oeuvre. Il n'en est vraiment pas loin.
Le printemps. Les pollens volent, un vent de liberté souffle sur Pekin, et la jeunesse semble enfin libre. Yu Hong est belle, sensuelle, mais a le coeur brisé. Elle rencontre un homme et ils s'aiment, d'un amour si passioné qu'elle voudrait le quitter parcequ'elle ne peut plus se passer de lui. La première partie du film est a l'image du printemps et de l'été. Parfois doux, parfois torride, plein de liberté. Vivant. Puis viennent les armes, et les balles, arrive le feu. Les cadavres ne seront pas montrés, et cette scène, courte, bouleverse. Il ne reste que des larmes pour pleurer cette jeunesse sacrifiée. La deuxième partie montre les désillusions. On s'ennuit un peu, biensur, mais l'automne est arrivé, et les héros eux aussi, s'ennuient. Chacun tente d'oublier, mais l'amour, la liberté, la lumière... Ils l'ont connus. Puis vient l'hiver, plus froid que jamais. Lou Ye choisi de nous montrer tout, dans cette partie, et jusqu'au bout, en contraste avec la scène de Tian An Men. Et c'est le bon choix. En ne laissant pas une fin ouverte, mais en restant profondement pessimiste,Lou Ye nous fait comprendre certaines vérités dures à entendre, sur l'amour, la chine, la vie ou encore le renoncement, mais qui restent des vérités. Un des plus grands films de l'année, et une véritable leçon de cinema.
résumé du film : { elle s'ennuie, elle couche, elle a des pensées à faire pleurer de bêtises, elle se comporte comme une hystérique } le tout répété 4 ou 5 fois. Plus une réalisation baclée, avec la pire scène : après les scènes de "paniques" (déjà très mal filmées) à l'université, les rôles principaux marchent dans une avenue et on voit l'ombre de la caméra, du projo, du micro sur eux... Et où est la critique politique de Tian An Men ? En voyant ce film, on dirait que ces jours là il n'y a eu que des gentils militaires qui tirent en l'air pour faire fuir des étudiants baba cool à l'air débiles ! Quelle honte ! Je n'avais pas vu que c'était co-produit par des français, sinon j'aurai évité : il faut toujours qu'ils fassent des films chiants, "pleins de vacuité", avec une réalisation en plans séquences longs et vides (qui ne coûtent rien et remplissent facilement le temps) ou des séquences de caméras à l'épaule, floues, vagues, pour qu'on ne voit pas que ce sont les mêmes 10 étudiants qui tournent en rond, et en plus ici avec des scènes de sexe ennuyantes à mourir, le tout pour imiter ce soi-disant âge d'or nommé "la nouvelle vague". Pathétique. Heureusement que je n'ai payé que 4.5euros. Allez voir plutôt Le Vieux Jardin, là vous aurez un bon film dramatique avec du (vrai !) amour, sur un scénario solide basé sur une réelle dénonciation politique.
D'abord, c'est bien de voir comment c'est, chez les autres : vie, amitiés, sociabilités, amour.. Mais lessentiel, cest la manière dêtre fusionnelle de la jeunesse... La subjectivité de la jeune fille, sa manière dêtre, de ressentir, dêtre trop près ou trop loin, sans doute jamais à la bonne distance des hommes et du monde. Jaime bien aussi la manière de traverser les événements de Tien An Men (révoltes étudiantes) dun point de vue très peu politique, mais dans un maêlström généralisé, qui saccorde bien à celui des émotions et désarrois amoureux. Ancrage et délitement : ça pourrait résumer le film : les ancrages amoureux, et les ratages qui sen suivent, parce quaprès tout, même si on est fait lun pour lautre, ce nest pas si simple de sagripper au bon endroit et au bon moment. Et puis sensuit le délitement, parce quon ne peut pas vivre dintensité amoureuse et fusionnelle : cest épuisant, et il y a tellement dinterférences à gérer - le réel résiste Et là aussi, quelle est la bonne distance par rapport au vécu, aux souvenirs ? Un film à voir et à sentir.
TRES TRES TRES ENNUYEUX ! Réalisateur TRES préteutieux et une TRES mauvaise réalisation, on finit par s'enficher complètement des protagonistes et on explique à peine pourquoi ils manifestent en 1989 contre les Autorités... Le réa se prend pour un grand "auteur" à la sauce française/italienne (genre mélange Truffaut/Rosselini) mais malheureusement on est confronté à l'arrivée à un film d'étudiant d'une naîveté effarante...c'est pas parce que le réa est maintenant interdit de tournage en Chine pendant 5 ans (et tant mieux !) qu'il faut aller ce film par solidarité....N'y allez pas !!! vous allez vous emmerdez....
Quelle déception alors que je m'attendais au chef-d'oeuvre ! Un sujet magnifique mais beaucoup trop de longueurs, bref on finit par s'ennuyer alors que ce film aurait pu être sublime.
Si les deux protagonistes n'ont rien à se dire, était-ce la peine d'en faire un film de 2h20? Dans la lignée de "Dreamers" de Bertolucci et de "Batalla en el Cielo" de Carlos Reygadas, les innombrables scènes de sexe servent à masquer la vacuité du scénario. Quant à son pseudo-contenu historique, l'allusion à la révolte de Tiananmen donne surtout l'impression de servir d'argument publicitaire pour attirer le public bien-pensant. Contrairement à ce qu'évoquent bon nombre de critiques, ce film n'a rien à voir avec la révolte étudiante de 1989. Bref, si vous êtes allergiques aux dialogues abscons et aux personnages égocentriques, allez plutôt voir un autre film.
La bande annonce et la promo laissaient présager un banal mélo sur fond historique, mais finalement il n'en est rien. Le film commence par nous montrer l'extraordinaire liberté dont jouissaient les étudiants avant les évènements de 1989 (qui ne sont que brièvement évoqués, et c'est tant mieux). Après cette brisure, la deuxième partie raconte les destins des ex-étudiants maitenant dispersés. On peut trouver que ça traine en longueur, mais ça ne fait que mieux montrer l'ampleur de la désillusion.
Clotho a bien raison, ce film ne vaut pas grand chose, la censure chinoise a bien eu raison de l'interdire et le dernier festival de Cannes de ne pas le retenir au palmarès. Sous prétexte de nous parler de liberté, le film nous présente l'université chinoise de Pékin comme un vaste lupanar et les étudiants comme de véritables obsédés sexuels, mâtés de vagues considérations métaphysiques! A voir pour ceux qui se délecteraient de nombreuses parties de jambes en l'air (même pas érotiques!).