Le Bannissement
Note moyenne
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44 critiques spectateurs

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Eric Dugelay
Eric Dugelay

8 abonnés 162 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2026
Le Banissement est un film très noir et puissant de Andreï Zviaguintsev (2008). Une femme annonce à son mari qu’elle est enceinte et que le bébé n’est pas d’elle. Le film va lentement, rebondit plusieurs fois, n’explicite pas toutes les aspérités des personnalités. On est donc collés. De belles voitures SAAB, une actrice suédoise (Maria Bonnevie), cette Russie rurale ressemble un peu à la Suède.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mars 2025
Cela faisait une éternité que je n'avais pas revu ce film, que j'avais découvert en DVD peu de temps après sa sortie. Le revoir en salle permet de l'apprécier à sa juste valeur : voilà un film éblouissant sur le plan de la mise en scène, mais un peu perfectible sur le plan de la narration... ce qui est tout à fait excusable pour un second long métrage, par ailleurs extrêmement impressionnant par sa maîtrise et son ambition.

De la photographie, sublime, à la direction d'acteurs, millimétrée, en passant par le souffle des plans, dont beaucoup sont renversants l'air de rien... Et même le fond du long métrage est intéressant et réussi, dressant un portrait de la violence masculine et de l'oppression du patriarcat, qui se transmettent de génération en génération.

Le film se veut universel, se déroulant dans un endroit et à une époque indéfinissables... Pourtant, il y a beaucoup d'éléments qui nous ramènent à la Russie, ce qui est certainement voulu. Mais il est vrai que ce film dépasse ses origines slaves pour arriver à quelque chose de plus grand.

Je me souvenais d'ailleurs d'un long métrage qui promet beaucoup, avec un potentiel énorme, mais qui peine à concrétiser toutes les attentes immenses qu'il fait naître. Mon avis reste le même sur cet aspect aujourd'hui. Il manque un quelque chose à ce film, sans doute de la maturité de la part d'un cinéaste qui n'en était qu'à son deuxième long métrage, pour en faire un film totalement accompli.

Toutefois, j'ai encore davantage apprécié ce film, qui prend tout son sens dans le dernier tiers, faisant preuve d'une grande puissance suggestive, avec un propos simple en apparence, mais particulièrement dense. On ne peut s'empêcher d'y voir des références à Andreï Tarkovski. Mais pour le meilleur, car Zviaguintsev a parfaitement digéré l'apport de son maître, pour en livrer un bel hommage, avec sa sensibilité personnelle, qui s'affirmera encore plus dans ses films ultérieurs.

Le Bannissement est un très beau et bon film, lent, majestueux, fort. Un long métrage unique et inoubliable, certes pas parfait, mais avec d'immenses qualités. Qui a démontré qu'Andreï Zviaguintsev est, avec Alexandre Sokourov, le plus grand cinéaste russe des 20 dernières années, ce que ses films suivants n'ont fait que confirmer.
Dourvac'h
Dourvac'h

15 abonnés 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 novembre 2020
Non seulement "Le Bannissement" [2008], le deuxième long-métrage d'Andrei ZVIAGUINTSEV n'est nullement en-deçà du choc esthétique et émotionnel que causa à nombre de spectateurs "Le Retour" [2003] mais il développe et enrichit considérablement l'univers panthéiste de l'auteur, peintre paysagiste du "saltus" de quelques âmes et de l'immense Terre russe. Ebloui par la découverte de "L'enfance d'Ivan" et d' "Andrei Roublev", je me souviens également m'être - hélas - "un peu ennuyé" à la vision de trois autres films (certes très beaux) d'Andrei TARKOVSKI : "Le Miroir", "Stalker" et "Le Sacrifice"... Ainsi, l'élève aurait-il déjà dépassé le Maître ? En effet, ces 2 h 30 du "Bannissement" sont un émerveillement de chaque instant. Quelque chose de la patience du regard de Nuri Bilge CEYLAN nous révélant - sur fond de "road movie" nocturne - son "Il était une fois en Anatolie" [2011] présenté par lui comme "proposition différente de cinéma "... Circonstance aggravant notre enthousiasme : TOUS les acteurs et actrices du "Bannissement" jouent avec une extrême sensibilité et une remarquable sobriété. Saluons le "père des deux gosses" du "Retour" : le mutique Konstantin Lavronenko (Alex) mais aussi la très "bergmanienne" Maria Bonnevie (Vera) dont le physique nous rappelle autant la mère mutique du "Miroir" d'Andrei TARKOVSKI que mainte héroïne blonde du Suédois Ingmar BERGMAN... Sans oublier le frère "mafieux" d'Alex joué par Aleksandr Baluev (Mark), les deux enfants Maxime Shibaev (Kir) et Cathérine Kulkina (Eva) - mais aussi Dmitri Ulyanov (Robert) et Alexeï Vertkov (Max). Un tableau vivant s'anime sous nos yeux, le crépuscule gagne, la nuit tombe sur la ferme isolée, la forêt proche s'éveille - telles les partitions envoûtantes d'Andrei Dergatchev et d'Arvo Pärt. On comprend à l'émotion qui nous étreint à la vision du "Bannissement" - et la trace qu'il laisse dans notre souvenir - combien Andrei ZVIAGUINTSEV est un immense artiste, traçant obstinément sa superbe route hors de toute mode et de toute contrainte...
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 19 août 2019
Une déception. Là où le magnifique Retour avait quelque chose de purement cinématographique, tout en mouvement et en tension, ce film m’a paru austère, statique et empesé, comme l’idée que je me fais d’une pièce d’Ibsen ou de Strindberg. La réalisation est toujours somptueuse, mais cette façon de fouiller la nature humaine avec un pessimisme morose ne me parle pas et la complaisance avec laquelle le scénario manipule les souffrances de ses personnages et l'empathie du spectateur m'a paru un peu douteuse.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 juillet 2018
Quand on s'apprête à regarder Le Bannissement, mieux vaut se blinder contre les longueurs. D'habitude, j'y suis très résilient, mais là... c'était trop. Pourtant la caméra est fluide... oui mais ses mouvements sont toujours les mêmes. Pourtant la musique est bonne... oui mais il n'y a qu'un seul son. Pourtant le scénario est fluide aussi, il avance comme sur une onde calme, s'immisçant avec succès dans l'intimité de la famille constituant ses protagonistes... oui, mais les maladresses se font clairement ressentir dans l'abordement du côté familial ; on sent bien que le but n'était pas d'entrer dans le détail, car suffisamment de temps était dévoué à la contemplation, du coup c'est raté, malgré le plaisir indéniable que les acteurs ont pris dans leurs rôles et la compétence des plus jeunes.

Le Bannissement est un très bon film technique, qui fait montre d'une maîtrise épatante du silence – là aussi, entre autres, par les plus jeunes interprètes –, jamais exagérément long, toujours posé et plein de sens. Mais l'histoire est longue, alors y intégrer ce procédé a pour effet de creuser un grand trou dans le visionnage : l'heure du milieu, qui ne sert à rien et qu'on aurait pu couper sans handicaper le film de quelconque manière.

Par contre, quand Zvyagintsyev fait du plan pour du plan, c'est magnifique. Il tue les perspectives avec une discrète maîtrise quand l'intrigue lui en laisse le temps, pour finir avec un travelling monstrueux en guise de conclusion qui m'a fortement impressionné, là encore, par sa fluidité, son minutage et ses couleurs pastels. Dans un autre registre, l'histoire présente de gros sauts dans le temps sans transitions qui demeurent tout à fait compréhensibles. Et enfin, elle cache bien son jeu puisqu'un drame de très bonne qualité se cache à sa fin, confrontant le spectateur à sa propre bêtise de s'être ennuyé, puisqu'on lui montre tous les éléments importants qu'il avait mis de côté et qui se sont avérés utiles.

Donc oui, c'est un excellent film. Mais beaucoup, beaucoup, beaucoup trop lent et long.

septiemeartetdemi.com
titicaca120

432 abonnés 2 179 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 décembre 2017
moins cinéphile que certains surement qui par leur explication
ont mis 5 étoiles j'ai regardé avec curiosité ce long métrage le troisième
pour moi du réalisateur après avoir vu faute d'amour et le retour.
il est indéniable que la photo et certains plans sont extraordinaires mais
l'histoire en elle même nous laisse sur notre faim et je n'ai pas compris pourquoi
elle afflige son mari de cette révélation qui semble en réalité fausse.
mais bon j'apprends et je vais regarder avec plaisir les deux autres films du "maitre".
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 octobre 2016
Partir dans un lieu isolé pour s'interroger sur soi. Mais ne pas être seul, avoir sa famille comme témoin de sa souffrance, son interrogation et surtout de son pesant silence.
Dans "le retour" le cinéaste filmait la rancœur ou le doute, ici il filme l'amertume retranchée au coeur de l'homme dans une atmosphère à la Kiarostami, mystérieuse et mystique.
Uncertainregard
Uncertainregard

140 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 avril 2016
Je découvre enfin "Le banissement" d'Andrei Zviaguintsev qui était le dernier de sa filmographie qui m'avait encore échappé. Déçu! Bien que l'esthétique et l'ambiance soient parfaitement maitrisées, on sent trop à plein nez la pâle copie Tarkovskienne sans en avoir le génie. Désolé mais malgré quelques plans de toute beauté, c'est avec un scénario bien plus consistant qu'il aurait dû remplir ces 2h30 de contemplation de la campagne moldave. Outre un manque considérable de compréhension d'une histoire peu explicite, je comprends encore moins le prix d'interprétation pour Konstantin Lavronenko qui se contente de marmoner quelques phrases dans son menton. "Le retour" n'était pas non plus très explicite mais on avait droit à des dialogues et des interprétations remarquables. Là rien...beaucoup trop d'éléments restent un mystère ce qui finit par nous entrainer dans une certain ennui. Tarkovsky n'est pas qui veut! Dommage...
betty63
betty63

41 abonnés 428 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 juin 2015
Si Konstantin Lavronenko sait jouer autre chose que les taiseux je suis preneuse ! Il sort du film "Le retour" pour enfiler le même costume dans "Le bannissement" ; c'est dommage. Ceci dit le film est un tantinet longuet et alambiqué. Je suis un peu déçue mais je reconnais le talent d'Andréi Zvianguintsev.
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 octobre 2014
On dirait que le deuxième long-métrage d'Andreï Zviaguintsev, faisant suite au très réussi Le Retour et s'ouvrant sur une séquence urbaine hypnotisante, met par la suite tout en oeuvre pour décevoir. Si je suis aussi dur avec Le Bannissement, peut-être à l'excès, c'est vrai, c'est que sa substance véritable m'a visiblement glissé entre les doigts, pour cause d'un symbolisme intermittent dans sa lisibilité comme dans sa force évocatrice, ce dont j'ai conçu une certaine frustration. La mise en scène de Zviaguintsev, génératrice de quelques plans d'un autre monde, tourne donc quand même souvent à nouveau à une recherche esthétique mal appuyée, parfois vaine. En outre, l'aspect mystique du récit est plutôt mal capté, de façon trop subreptice et incertaine, ce qui condamne certaines scènes à un vide très gênant en terme de rythme comme de maintien de l'intérêt. C'est bien dommage que la forme ne s'arrime pas mieux au fond, tant il y avait à mettre en lumière dans ce récit quasi-biblique, un de plus dans un cinéma russe qui en est décidément bien friand. Une parabole forte sur la perte de la pureté humaine, le manque de netteté des âmes et, comme l'était Le Retour, la confusion des sentiments, tout de même alourdie par des références trop nombreuses à Andrei Tarkovski, parfois quasi-explicitement cité par certains cadrages. Tout ça fait du Bannissement quelque chose qui sent un peu trop la pose, croyant que clamer son appartenance à un courant auteuriste suffit à faire de lui une oeuvre complète et efficace sur les plans intellectuel et spirituel. Pour moi, Zviaguintsev s'est en fait fourvoyé, et au vu de ses qualités intrinsèques, c'est vraiment dommage.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 mars 2014
ce critique qui écrit " Mais de là à se branler la nouille" n'a rien vu de ce film bouleversant.
la magie des silences et du quotidien de la tendresse .
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 octobre 2012
Elle bluffe a la table des dieux. Si elle gagne alors ce sera la mort mais si elle perd alors c'est l'amour ultime.
Une action d'une autre époque quand les idéaux étaient plus importants que la vie même, difficile a comprendre aujourd'hui.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 10 septembre 2012
Après le chef-d'oeuvre qu'était le film Le Retour, Zviaguintsev a fait celui-ci. Esthétiquement irréprochable, réalisation inspirée et posée, photographie magnifique et paysages enchanteurs. Par contre niveau scénario la première heure est trop banal et durant tout le film il y a pas mal de séquence superflues.
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 décembre 2011
Il existe une catégorie de jeunes réalisateurs occidentaux cherchant à perpétuer l'apanage cinématographique de Quentin Tarantino, celui de David Fincher ou encore celui de Stanley Kubrick, et ce à des fins commerciales le plus souvent. Il en va de même pour un cinéma situé aux antipodes du premier, celui d'Andreï Tarkovski, cinéaste à la filmographie exigeante et canonique, nullement intéressée par des questions de rentabilité pécuniaire... à croire que les émules de l'auteur de Stalker s'affranchissent de toute critique esthétique et morale, devenus systématiquement intouchables en raison de la gloire ( tout à fait justifiée au passage ) que l'on accorde au maître russe. En ce sens les films de Pavel Lounguine en sont les exemples les plus frappants, blocs de maniérisme pieusement pompés sur la magnificence d'Andreï, machines de triche en parfaite contradiction avec le discours parfaitement éthique du cinéaste. Bien que Le Bannissement de Zviaguintsev soit loin d'être aussi excécrable qu'une Ile ou qu'un Tsar - le film demeure même plus que correct - ça fleure tout de même fortement l'opportunisme à plein nez ! Impossible, dès les premières images, de ne pas se rappeler le prologue du Sacrifice : cadrages horizontaux, mélopées religieuses, impression d'une pluie qui est déjà passée par là, lumière diurne mais grisâtre... Certes Le Bannissement a le mérite de proposer une fable relativement éloignée des intrigues tarkovskiennes, car plus sombre et plus torturée, convoquant à certains moments l'Oeuvre de Fiodor Dostoïevski ( on pense à Crimes et Châtiments ). Mais c'est comme si chaque plan, comme si chaque mouvement de caméra vantait l'héritage dudit maître, mettant au défi le spectateur de douter du sublime et de l'irréprochable. Alors c'est vrai que ça chatouille l'oeil et que ça rafraîchit les oreilles, mais c'est du recyclage sans personnalité formelle et sans audaces fondamentales. Une déception.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 janvier 2010
ce film est l'un des meilleurs films que j'ai vu dans ma vie avec des images sublimes qui rachète fort bien un scénario peu consistant.
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