Avis : J'ai toujours rêvé d'être un gangster - Page 8
J'ai toujours rêvé d'être un gangster
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Un visiteur
4,0
Publiée le 28 avril 2008
Conquis par la bande-annonce, ainsi que par les « Chroniques de l’asphalte » de Samuel Benchétrit, je me suis précipité voir ce film particulier en noir et blanc et aux références multiples. Au final, cette suite de quatre courts métrages plus ou moins reliés entre eux est assez réjouissante, bien qu’inégale. Si le premier court, malgré le talent d’Edouard Baer et son côté burlesque, m’a paru longuet, mou et peu convaincant, la suite m’a vraiment plu. Le court le plus réussi est certainement le second, où les deux kidnappeurs, tantôt hilarants, pitoyables ou émouvants, sont aussi attachants que leur jolie victime. Arno, Alain Bashung ou Alain Rochefort viennent ensuite apporter leur touche personnelle à cet exercice de style plutôt réussi.
Quel magnifique pied de nez au cinéma ! Samuel Benchetrit se moque bien des conventions du cinéma classique et du cinéma d'auteur ( que j'admire et respecte au passage ) : il s'impose à son tour comme un auteur à part entière, un iconoclaste malicieux et inspiré. Disons le tout de suite : ce deuxième long métrage est jubilatoire. Un soupçon de Samuel Beckett pour l'absurdité de certaines scènes, un reflet de Michel Audiard pour les dialogues et les personnages de la planque ( Jean Rochefort est hilarant en ancien gangster nostalgique ). C'est du Pulp Fiction puissance 10, c'est la rencontre entre Jim Jarmusch ( pour l'esthétique Noir et Blanc ) et Bertrand Blier ( pour l'humour désopilant ). Edouard Baer est quant à lui jouissif dans ce rôle de braqueur amateur dérisoire ( seul Anna Mouglalis joue vraiment mal, car trop inexpressive. Cela dit c'est peut-être un parti-pris destiné à faire rire le spectateur ). J'ai Toujours Rêvé d'être un Gangster est donc un bel hommage au cinéma, hilarant et décalé ( je ne m'étais pas autant marré depuis les Clefs de Bagnole de Baffie ). Déjà culte.
Courts-métrages enchaînés, posés, filmés dans un style rétro, tissés d'humour cynique et de liens touchants (rien à voir avec un film de gangsters classique). L'idée est de tisser, autour d'une cafétéria de périph', un lien entre plusieurs histoires de loosers. Les méchants jouent à être méchants et ne réussissent qu'à être ridicules. Les défauts des personnages, maladroits, sont censés révéler leur coté tendre. La ligne musicale nous fait passer un doux moment. Cependant, je n'irai pas par quatre chemins (comme ces 4 du film): esthétiqueemnt c'est bien fait mais réellement, c'est moche. Looser, vieux cons, has been, bras cassés... et à la fin, on se sent largué. Seul l'épisode des deux kidnappeurs ratés vaut vraiment le coup.
Quelques bons dialogues en début de sketchs font penser qu'on va passer un sympathique moment de rigolade. Hélas, on est bien loin des envolées mémorables écrites par Audiard, ce qui fait que l'ennui gagne souvent. Au final, aucune histoire n'est remarquable, et celle avec Bashung et Arno est même totalement hors sujet (l'émotion qu'elle dégage est juste due au décès récent de Bashung). Les hommages plus que visibles au cinéma classique apportent peu, ils font plus exercices de style gratuits qu'autre chose. Le concept était pourtant bon, et avec des dialogues mieux écrits et d'une qualité plus constante, avec un rythme un peu plus soutenu, en tirant moins sur la nostalgie mais plus sur le burlesque, ce film avait un potentiel formidable.
Quel gâchis ! Prendre d'excellents acteurs (en dehors d'Edouard Baer, dans une loose égale à lui-même et la jeune Selma El Mouissi qui devrait tenter les films muets ou la photo plutôt que le métier d'acteur) et ponctuer leurs performances par de minables plans interminables sur des terrains vagues ou des champs coupés. Samuel Benchetrit zoom sur rien, cadre mal, perd le rythme de son film, nous livre ses personnages avec des gros sabots (il ignore et omet la subtilité des détails, les manies, les tiques, ce qui est une base en école de cinéma... a-t-il seulement appris ?) et laisse les acteurs se diriger d'eux-mêmes devant sa caméra de vacances. Certains surnagent par leur talent (les sublimes Rochefort, Kalfon, Terzieff Venantini et Dumas qui constituent le seul intérêt du film) d'autres se laissent noyer par des dialogues ou des plans séquences envahissants. La confrontation Bashung-Arno qui commençait bien tourne vite en jus de boudin, les silences ne veulent rien dire de plus que les mots. Même Anna Mouglalis tourne en rond dans son personnage et n'est pas aussi débordante de charme qu'elle le pourrait, aucunement magnifiée par la houlette de son mari, ce qui serait la moindre des choses de la part qu'un réalisateur doit à sa muse.
A vrai dire j'aurai bien vu plus d'interactivité entre les sketchs pour donner du gniac au film car à l'image des gars du film on est un peu à l'arrêt. Quelques bons passages et un style qui même s'il n'a rien de neuf rend toujours bien.
Quatre sketches autour du thème des malfaiteurs amateurs, avec pour point de convergence une cafétéria. Benchetrit réalise une œuvre à petit budget, en noir et blanc format 4/3, inspiré des films à sketches italiens des années 60 ; le résultat est inégal. Premier sketch assez calamiteux, avec humour basique (le gangster met sur la tête une cagoule sans trous et se cogne contre un réverbère !), un contenu minimal et une lenteur maximale. Le second sketch concerne l’enlèvement d’une adolescente par deux minables : même type d’humour, même rythme extra lent, mais les rapports entre les personnages sonnent juste, et un aspect pathétique sourd derrière la ringardise de façade. En troisième partie, la rencontre des deux chanteurs quitte le registre de la farce pour celui de l’étude des rapports de façade et profonds entre personnages. Le quatrième sketch et une ode à l’amitié. Ces cinq anciens gangsters qui se retrouvent rêvant d’un nouveau casse sont touchants. Le bouclage du film sur son début est réussi, et redonne rétrospectivement de la saveur à ses premières minutes. La mise en scène utilise souvent des techniques anciennes, de l’accéléré avec cartons de dialogue des films muets et musique de ragtime, au fondu au noir façon Charlie Chaplin. Benchetrit aime la vacuité : vacuité des lieux hors protagonistes, que ce soit la cafétéria ou la campagne déserte, et vacuité du temps, avec de long silence et des dialogues hésitants. Cela crée un climat, ou génère l’ennui, selon. Distribution et acteurs sans reproche. La noirceur apparente du propos, l’amertume et le pathétique des héros, les fins de sketches en point d’interrogation rappellent parfois Dino Risi, une paternité assumée par l’auteur. Une œuvre originale dans la forme et le fond, qui aurait pu être remarquable sans son humour bouffon, et ses lenteurs exaspérantes.
Dans ce film, on trouve un gangster raté (Edouard Baer), une serveuse mystérieuse (Anna Mouglalis), cinq vieux copains (Jean Rochefort, Jean-Pierre Kalfon, Laurent Terzieff, Venantino Venantini et Roger Dumas II), deux kidnappeurs (Bouli Lanners et Serge Larivière) enlevant une adolescente suicidaire et deux chanteurs (Arno et Alain Bashung) réglant leurs comptes... Ce film m'a tout de suite fait penser à Pulp Fiction de Tarantino étant donné que le film est composé en plusieurs parties et aussi parce que les personnages atypiques ne manquent pas de se croiser. Le scénario est bien ficelé. C'est un film séduisant, touchant et drôle. Les acteurs réalisent tous de bonnes prestations. A savourer !
Un bel exercice de style servi par un casting de gueules savoureux (de Bouli Lanners à Jean Rocherfort en passant par Venantino Venantini) et une photographie somptueuse. Benchetrit brode ses sketches autour du thème du gangster avec pas mal d’humour et un brin de nostalgie. Reste un sketch de trop (celui d’Arno et de Bashung, sympathique mais hors sujet) et au final un film qui manque un peu de profondeur.
Les premières minutes sont assez laborieuses, puis peu à peu on se laisse prendre au jeu. Deux ou trois fous rires garantis (l'enlèvement et la réunion d'anciens braqueurs sont très bons, en partie grâce aux acteurs), quelques moments soporifiques aussi (le dialogue entre Arno et Bashung, ce dernier jouant comme un pied). Le film est bourré de référence, et emprunte effectivement beaucoup (comme le notent de nombreux réfractaires)... Ca se laisse voir, et ça change des productions françaises classiques.
Avec cette farce moderne, à mi-chemin entre le film noir et la comédie, Samuel Bencherit montre qu'il faudra désormais compter avec lui dans le paysage du si déprimant du cinéma français. Une bonne nouvelle donc. Car là où nombre de jeunes réalisateurs sombrent dans le recyclage du cinéma américain (sans en avoir ni le talent ni les moyens), le jeune metteur en scène prouve qu'il faut d'abord avoir une bonne histoire et un bon scénario avant de songer à faire un film. "J'ai toujours rêvé d'être un gangster", avec peu de moyens financiers, rivalisent pourtant d'audace et de talents avec nombre de réalisation outre atlantique. Une bonne nouvelle pour le cinéma français.
Hommage aux films noirs, aux films de gangsters ou encore au muet, "J'ai toujours rêvé d'être un gangster" s'impose comme un véritable OVNI dans le paysage cinématographique français. Abreuvé par de multiples références, Samuel Benchetrit livre un film en 4 actes ayant tous pour lieu commun une cafétéria paumée. Déjà, rien que le casting sonne comme du jamais-vu : on y trouve des têtes connues comme Edouard Baer et Jean Rochefort mais aussi des chanteurs (Alain Bashung et Arno) et des acteurs de films ayant inspiré le film de Benchetrit (Venantino Venantini, un des tontons flingueurs, Bouli Lanners, un habitué de Benoît Mariage, une des inspirations directes de Benchetrit avec aussi Jarmusch et Tarantino). Souvent hilarant, parfois très touchant et toujours juste, "J'ai toujours rêvé d'être un gangster" n'est pas seulement un film sur les braqueurs et autres kidnappeurs, c'est un film sur l'amour du cinéma et sur la vie, d'une adolescence sans lumière à une vieillesse sans avenir auquel il ne reste que les souvenirs en passant par l'âge adulte, celui des choix et des erreurs. En 1h45, Benchetrit nous offre une multitude de personnages drôles, pathétiques et fascinants. Une oeuvre passionante faite par un passioné pour les passionés du cinéma et de la vie.
De très belles mises en situation et beaucoup d'humour, des dialogues ciselés. Bref, un petit concentré de cinéma et de scènes de genre. On rigolera surtout dans les deuxièmes et troisièmes parties qui sont des petits bijous.