Splendeur (relative) et misère (bien réelle) d'un petit dealer de Copenhague. Avec ses allures de hooligan, crâne rasé, tatouages, survêtement, le costaud Frank est une brute épaisse et il est sans doute aussi violent et dangereux qu'il en a l'air. Il écume la ville en fournissant à chacun sa dose : la routine du dealer.
Caméra sur l'épaule, le réalisateur met en scène un sujet somme toute pas inédit mais nerveux, âpre et d'une densité dramatique prenante. Si, dès le début du film, la violence est déjà là, latente, il ne fait pas de doute que par la suite, avec l'apparition de Serbes féroces, elle va prendre une autre dimension. La connivence aimable entre dealers, ça n'existe pas. Elémentaire ? Sans doute, mais la démonstration du cinéaste est implacable, cruelle, intense.
"Héros" détestable du film, sûr de sa force au début, Frank trouve plus grand et plus dangereux que lui. A aucun moment du film, d'autant plus haletant que commence une course contre la montre, on ne prend en pitié ce sale type, pathétique et piteux dans ses tentatives pour trouver de l'argent. Nicolas Winding Refn ne l'accable pas mais n'est jamais tenté de le réhabiliter.
L'interprète de Frank -comme les autres comédiens- est remarquable, avec le charisme de ces barbares que ne traverse aucun sentiment d'humanité.