L'art du détournement est arrivé ici à son degré de perfection. Les auteurs ont accompli un travail colossal de montage, de visionnage, de post-synchronisation. Admirablement original dans son concept, le résultat est tout simplement génial, tant les doublages sont soignés (Raymond Loyer, voix française "officielle" de John Wayne depuis les années 1960, double lui-même l'acteur), tant l'intrigue est astucieuse (le scénario, composé de flash-back, parodie "Citizen Kane"), tant le montage
est rigoureux, tant les dialogues sont hilarants.
C'est magnifiquement ficelé, truffé de références, et à hurler de rire. De plus, la parodie des westerns est habile. Les acteurs sont désopilants,
malgré eux. James Stewart et Henry Fonda en cow-boys homosexuels sont irrésistibles, le face-à-face entre Dean Martin et Frank Sinatra est un moment inoubliable, et le reste de la distribution est tout aussi prodigieux (avec une apparition surprise d'Orson Welles se plaignant du plagiat de son film).
"La classe américaine" est aussi la rencontre entre
les grands doubleurs français des années 1950-1960 (Raymond Loyer, Roger Rudel, Marc Cassot) et une nouvelle génération de jeunes doubleurs ou d'humoristes (Patrick Guillemin, Chabat, Farrugia, Lafesse). Bref, une oeuvre hallucinante et marquante, dont les répliques restent gravées à jamais dans les mémoires et où les gags sont toujours aussi hilarants. Très, très grand film culte.