Sublimé par sa photographie, Le Fils préféré sonde les failles de la masculinité que Nicole Garcia a l’intelligence de décliner par le biais de quatre personnages tous différents les uns des autres, pourtant rassemblés sous les dénominations de « famille » et de « liens du sang ». L’ouverture est, à ce titre, des plus éloquentes : le patriarche y apparaît affaibli, à peine rhabillé alors qu’il sort de la salle de bain de sa résidence médicalisée ; nous avons l’impression de retrouver l’empereur Hadrien mis à nu par Marguerite Yourcenar dans les Mémoires factices qu’elle lui consacre (1951). La suite procède par révélations successives, creusant davantage une distance entre les êtres que les notions de pardon et d’autocritique combleront, du moins jusqu’à la clausule. L’interprétation magistrale des comédiens – il s’agit certainement du meilleur rôle de Gérard Lanvin – confère à chacun une personnalité singulière et sensible, à laquelle le spectateur croit. La précision de la mise en scène capte bien leurs égarements identitaires et géographiques, entre France et Italie : le cadre tend à les enfermer dans leurs caractères alors même qu’il ne cesse d’être dynamique, d’ouvrir une fenêtre vers un ailleurs lumineux mais qui échappe encore et encore. Une œuvre magnifique.
Nicole Garcia signe un joli film qui met en avant une fratrie aux relations compliquées. L'aîné (Giraudeau), homosexuel, ne voit plus son père. Le second ( Gérard Lanvin) est le préféré du père avec qui il a une relation très forte. Le troisième ( Jean-marc Barr) est un brillant avocat qui vit à Milan et qui ne voit plus le père non plus. Lanvin trouve ici un de ses plus beaux rôles.
Pas mal sur le plan de la forme, très beau travail cinématographique, cohérent et soigné. De belles images de Nice, de la Riviera et de Milan dans les années 90. Mais l'ensemble est un peu long. Surtout l'intrigue n'est pas terriblement originale, elle est encore moins passionnante. Certaines scènes sont creuses et gênantes par leur fausseté (par exemple quand le soi-disant coiffeur coupe soi-disant les cheveux de son fils, on voit qu'il ne coupe rien du tout, en plus c'est en gros plan et ça dure une plombe, c'est d'un pénible, comment accrocher à ce qui est raconté ? Il n'était quand même pas compliqué de montrer à l'acteur comment on couoe des cheveux, ou de faire des gros plans de coupe avec les mains d'un homme âgé sachant faire...). Sur le plan narratif justement une énorme lacune, la question de ce qui est arrivé à l'épouse et "mère" des trois garçons et celle de la déclaration légale du "fils préféré". Du coup l'ensemble est bien bancal. Dommage.
Nicole Garcia filme les relations entre un père vieillissant et ses 3 fils, dont l’un, Gérard Lanvin est le préféré. Le film est très inégal sur la durée. Le rythme est laborieux durant la première partie avec seulement Lanvin et devient plus intéressant, enfin avec l’arrivée des 2 autres frères. Dommage
Le plus gros reproche que je fais à ce film est de présenter une intrigue qui ne présente pas de dénouement à la fin car on ne sait pas toujours pas à la fin du film comment Jean-Paul s'en sort avec sa dette. Cette intrigue n'est en fait que le point de départ d'une chronique familiale soporifique, sans rythme, lente et erratique sans véritable direction scénaristique. Certaines scènes sont invraisemblables (spoiler: au restaurant avec le contrôleur, à l'hôtel avec la femme de son frère ), tandis que le personnage de Francis est inutilement excessif. Je donne une étoile pour les acteurs et une autre pour la musique mais je me suis quand même ennuyé ferme !
Les films sur les relations entre frères atteignent rarement ce niveau de profondeur dans les dialogues et c'est tout le talent de Nicole Garcia d'y parvenir. Pourtant ma note ne monte pas très haut parce qu'il y a un manque d'événements et des moments où l'on frise l'ennui. Le synopsis indique que Jean Paul Mantegna (Gérard Lanvin) est aux abois pour trouver une grosse somme d'argent. Seulement cette quête n'est qu'un prétexte car le film traite finalement d'autre chose.
Voilà un film où la légèreté n’a pas de place. Pas d’humour, pas de tendresse mais des sentiments emprisonnés au fond des êtres et qui font souffrir. Qui empêchent mémé d’être fondamental heureux. Un film fort et beau sur une famille peu soudée mais qui ne cherche qu’à exister.
histoire d'hommes, filmée, humée, disséquée, transcendée par une femme l'idée du film est de N. Garcia. Boxe, Italie, réussite, homo ou libido, Nice, les vieux, la mer, pas de mère. Sordide et aussi plein de sens du devoir, de l'honneur. Remords, destin, vivre et oublier les coups. Les images sont ordinaires, les acteurs avec le "Mélo". cinéma paris décembre 94
Acculé à la faillite et ne pouvant compter ni sur son entourage ni sur ses deux frères, un hôtelier, Jean-Paul (G.Lanvin), souscrit frauduleusement une assurance-vie pour son père et compte en profiter très vite...Là n'est pas l'essentiel du sujet et cet aspect n'est que le point de départ de ce psychodrame -et, en l'état, la similitude avec "Les frères Karamazov" peut être évoquée. La comparaison s'arrête ici, et à la curiosité que suscite le début du film succède un profond ennui. Nicole Garcia met en scène le portrait groupé d'une famille aux liens distendus et les raisons enfouies qui séparent, parfois conflictuellement, ses membres. Rancune contre le père, jalousie et incmpréhension entre les frères, telles sont les données d'un drame qui fleure bon la psychologie à la française mais en définitive si convenues (cspoiler: onformément à la mode du moment, un des frères est même homosexuel, c'est dire.)
Nicole Garcia n'est pas Claude Sautet et sa mise en scène est un chemin de croix douloureux où chacun des acteurs fait son numéro consciencieusement mais sans parvenir à émouvoir ou à séduire tant la démarche et les dialogues sont communs ou complaisants. spoiler: Jean-Paul aura finalement raté sa vie mais réussi à réunir sa famille. Dénouement dérisoire qui laisse franchement indifférent. Aussi, l'incursion de la réalisatrice dans cet univers d'hommes n'est pas très convaincant.
Le second long-métrage en tant que réalisatrice de Nicole Garcia sort en 1994. Malgré une indéniable qualité d’écriture, il manque plusieurs ingrédients pour élever ce film au statut d’indispensable. Si l’on excepte l’excellente prestation de Gérard Lanvin (qui lui vaut le César du meilleur acteur) et celle rayonnante de Bernard Giraudeau, cette histoire de secrets de famille manque d’intensité. La relation complexe entre trois fils et leur père se développe au gré d’une mise en scène scolaire bien fade. Par conséquent, la tentative de recherche des émotions finit par échouer même si quelques séquences restent poignantes. Bref, un drame sombre mais sans fureur.
Nicole Garcia fait son Sautet avec ce film qui bénéficie de bons acteurs mais qui souffre de longueurs, d'un symbolisme appuyé et d'un secret familial vite éventé.
Un drame familial sombre et prenant, plein de secrets, de non-dits et de rancœurs, porté par un excellent quatuor d’acteurs, avec notamment Gérard Lanvin, césarisé.
Une distribution alléchante, une histoire intéressante, le drame de Nicole Garcia a tout pour plaire et pourtant on en ressort déçu. La faute à un gros manque de rythme. Dommage.
Une grosse déception en ce qui me concerne. Malgré l'interprétation de Lanvin et de Giraudeau le film ne décolle pas. Film trop lent avec des dialogues creux dommage pour l'histoire qui se tenait.