LE FILS DE L'EPICIER, observe une famille dessoudée, chamboulée, confronte les générations, parle d'amour et d'amitié tout en distillant des valeurs essentielles propices à la bonne humeur et au changement radicale de vie et de la vie elle-même(la reprise de l'épicerie familiale, l'abandon d'une vie urbaine pour la vie rurale, l’élan de maturité, la responsabilité, le départ en retraite…). Des plans de montagne magnifiques et une initiation à la solidarité et la convivialité pour un voyage ensoleillé dans un contexte de départ a priori hostile mais qui se transforme rapidement en une belle leçon de vie. Attachant et touchant.
Simplicité et émotion sont les maîtres mots de cette magnifique comédie dramatique qui n'aura malheureusement bénéficié qu'une d'une distribution très restreinte. C'est ainsi dans une histoire bien simple qu'embarque le spectateur en allant voir Le fils de l'épicier. Et pourtant derrière cette simplicité scénaristique se dissmule une véritable profondeur, notamment au niveau des personnages plus complexes les uns que les autres. Chacun des personnages est donc très travaillé et c'est au fur et a mesure que l'histoire avance que les blessures intérieures et les souffrances de chacun apparaissent. Néanmoins, si Le fils de l'épicier se présente sous une allure bien sombre et dramatique, il n'en amplifique la beauté de son message et offre au final une vision très pessimiste. Apparaissant ainsi comme une belle leçon de vie, cette oeuvre ravit autant pour son histoire à la fois intimiste et émouvante que pour ses décors somptueux de la France rurale. Cependant, attribuont le mérite à tous les interprètes qui offrent une prestation impressionnante et marquée par la sincérité et l'émotion. On retiend bien évidemment Nicolas Cazalé qui ne cesse d'impressioner aussi bien par son talent que par le choix de sa carrière. Une belle oeuvre qui mérite le coup d'oeil.
Belle et rafraichissante surprise que cette oeuvre médiatiquement sous exposé qui navigue constament entre fiction et doc.Sur un caneva relativement classique (choc des cultures ,conflits familiaux ,histoire d'amour) le cineaste y greffe une multitude de portraits justes et attachants qui participe pour beaucoup au charme qui se degage ,rajoutez y de savoureux dialogues ainsi que de jolies paysages champetres et vous obtenez un film des + agreable a suivre.L'autre point fort se situe au niveau de son impeccable casting meleant comediens confirmés (Duval,Crauchet,Rovere) et jeunes pleins de promesses (Cazalé,Hesme aussi beaux que talentueux) sans oublier les petits vieux interpretant leurs propre roles avec joie et allegresse.Au dela des rires et/ou larmes qui traversent ce recit bien equilibré ,on peut y voir egalement un temoignage lucide sur les consequences de la desertification rurale.
Petit bijou estival le deuxième film d'Eric Guirado est un festival de jolies idées tramant une nostalgie, une douceur, une mélancolie touchante et plus profonde qu'il n'y parait. Casting et direction d'acteur absolument parfaits (mention spéciale à Nicolas Cazalé, Chlotilde Hesme et Daniel Duval),le film possède une profonde humanité qui amuse et emeut un spectateur conquis.
Le Fils de l'Épicier est un petit miracle, une très bonne surprise de l'été.
Un scénario irrésumable, un sujet difficile à définir, des acteurs peu connus... Et l'on obtient pourtant un très bon film. Un de ceux qui donnent le sourire et rendent meilleur.
Construit autour d'un personnage un peu taiseux, le film croise plusieurs thèmes "on ne peut plus casse-gueules" : rapport compliqué d'un fils à sa famille, timidité avec les filles, petites galères de jeunes parisiens et petites vies des vieilles personnes isolées dans la Drôme... Avec un tel cahier des charge, nous risquions le "film français ennuyeux" ou le "film pour bobos en mal de bonne conscience"... Et pas du tout...
C'est d'abord la grâce qui touche le spectateur : grâce des acteurs (tous excellents et très bien dirigés), grâce des dialogues (qui sonnent "justes"), grâce des mouvements de caméras (le réalisateur s'offrent quelques "cartes postales" assez belles et courtes pour ne pas ruiner la dramaturgie, et même souvent la servir) et grosse surprise : grâce du scénario, qui, tout en accords mineurs, vous porte jusqu'à la dernière minute sans un instant d'ennui ou de déconcentration...
Ce film est un hommage aux commerçants ambulants, qui "tournent" dans les campagnes isolées et sont bien souvent le seul lien social qui leur restent.
Il est aussi teinté de road movie (excellente bande son, dommage qu'elle ne soit pas éditée) et de quête initiatique : le fils de l'épicier s'humanise à mesure qu'il s'aperçoit de son utilité auprès des vieilles personnes et de l'affection que lui porte son amie...
Encore une chose : les paysages drômois sont magnifiquement filmés ; cela donne envie de découvrir cette région peu fréquentée du "Diois"...
Le film bénéficie déjà d'un très bon "bouche à oreille", mais il ne restera plus très longtemps en salle... Courrez-y avant qu'il ne soit trop tard...
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3,5
Publiée le 25 juillet 2010
Deuxième long-mètrage d'Eric Guirado, un cinèaste qui aime approcher sa camèra des gens simples, des gens de tous les jours, pour nous raconter la vie tout simplement, ses misères, ses grandeurs! Voila donc une balade rythmèe à la façon d'une chanson de Francis Cabrel, une chronique douce-amère où les cailloux sont chauffès à blanc par le soleil, les vieux sont noueux comme les pieds de vigne (l'amusante Liliane Rovère) et les routes de montagnes usèes par la gomme des camionnettes des èpiciers itinèrants! Cernèes par les parfums, les rondeurs de la Drôme provençale, le rèalisateur tisse une histoire de famille douce et forte, grâce à d'excellents comèdiens, tel le tènèbreux Nicolas Cazalè en fils maudit accablè par un Daniel Duval en père maniaque et dominateur! Et l'irrèsistible Clotilde Hesme qui dècouvre la beautè de la campagne et la sensualitè de ses hommes! Un beau film avec ces coins de France qui ressemblent au bout du monde...
La presse s'est enthousiasmé comme les spectateurs pour ce film pourtant sa monte pas bien haut, le scénario est sympa sans grande nouveauté, Nicolas Cazalé est maoux et le film est plat.
Une nouvelle fois, le cinéma français montre son savoir-faire pour traiter des réalités sociales. Ici, la désertification des campagnes est simplement exposée, sans artifices, sans pathos, comme une évidence qui ne peut être remise en cause. Le rôle de l’épicier ambulant n’est absolument pas exagéré, et lorsqu’une vieille dame lui demande d’aller déposer une prière dans une chapelle reculée parce qu’elle ne fait pas confiance au curé, l’anecdote n’est pas seulement un élément de comédie, c’est aussi une très élégante façon de montrer que dans les villages, il y a encore un besoin humain de communication plus fort qu’ailleurs, et que celle-ci passe de façon très différente selon les lieux : ici l’épicier, plus loin le docteur ou le facteur... Ce décor étant posé, Eric Guirado ne se contente pas de suivre la lente ré-intégration du jeune homme citadin dans ce monde rural qu’il a connu enfant, et qui de toute évidence, ne le fascine pas. L’histoire est plus subtile que cela, en écartant les points de vue, avec deux personnages qui, tout en paraissant plus schématiques, échappent aussi aux conventions : le frère, resté dans la région mais écoutant de la techno dans sa voiture, l’amie venant de Lyon mais très à l’aise pour jouer à l’épicière de campagne... Toutes ces nuances font que les personnages sont attachants, crédibles, très humains. Les acteurs sont absolument parfaits, sobres, émouvants, drôles. La mise en scène, plutôt discrète et presque plate au début, prend peu à peu de la hauteur, parvenant à mêler comédie et récit mélancolique. Sur la fin, le récit peine à conclure, et les événements paraissent un peu forcés, mais l’ensemble se révèle plein de qualités. Ce pourrait être, avec un bouche-à-oreille favorable, une des bonnes surprises de cette rentrée.
Une idée potentielle (un jeune citadin instable personnellement et professionnellement, découvre le calme du monde rural et ses habitants âgés), un canevas relativement classique (choc des cultures, conflits familiaux, histoire d'amour), mais un scénario très pauvre : une fois le principe posé tout cela est assez répétitif : les tournées du vendeur acariâtre auprès de vieux majoritairement pingres et teigneux, alternent avec des paysages magnifiques et une jeune fille charmante qui essaie de mettre un peu d'optimisme entre ces gens qui se font la gueule. C'est gentillet, mais très conventionnel, prévisible et très pauvre cinématographiquement.
Tres beau petit film ! Simple et touchant avec des acteurs remarquables dont Nicolas Cazale ( charmant...) et Clotilde Hesme ( naturelle comme toujours...)sur une belle histoire pleine de vie. A voir !
Même si Nicolas Cazalé a une tête a claque, même si le film est assez inégal niveau longueurs, l’histoire est attachante et Clotilde Hesme joue avec un naturel assez exceptionnel. C’est très frais bien qu’un peu prévisible.
Pour rembourser une dette, Antoine remplace son père épicier dans un hameau des Alpes, effectuant en camion la tournée des villages. Le film est centré sur le héros, un jeune homme ayant des difficultés à communiquer et à vivre ; malhabile avec sa famille, avec les femmes, avec ses nouveaux clients. Paradoxalement, c’est le choc de cet univers rural fermé, peuplé de vieilles gens, dans lequel rien d’important n’advient, qui va le changer, l’ouvrir au monde ; et c’est tout le talent de Guirado de nous faire partager cet éveil. Il se passe peu de choses, la campagne montrée n’est pas particulièrement avenante, et pourtant le charme opère. Guirado sait dépeindre à la fois des personnages (excellents rôles secondaires), et un univers social qui dépérit, dans lequel ces tournées d’épicier sont presque le seul lien. Les comédiens principaux jouent avec retenue, le rythme est lent, en accord avec le monde décrit. Guirado se situe dans la tradition des cinéastes à la fois naturalistes et sociaux, un genre dont Buñuel fut un maître, et qui connait un certain renouveau.