D’habitude les bandes-annonces des films de Claude Lelouche ne nous montrent
aucune image du film, là, c’est l’inverse, la bande-annonce est un déluge de
centaines d’images à un rythme stromboscopique. On est obligé de fermer les yeux, le cerveau ne pouvant pas
suivre, donc pas d’image non plus pour ce film. Par des moyens opposés, Lelouche obtient le même résultat.
« Roman de gare » sans Dominique Pinon et Audrey Dana ne serait que de l’ennui,
un feuilleton d’été de TF1, à la rigueur de France 2.
Une mise en abîme éculée, prétendant nous prendre, nous captiver, nous dérouter,
nous surprendre, et bien non, rien de tout cela, on devine tout entre un quart
d’heure et une demie heure avant que les images arrivent sur l’écran, sans parler
de la fin, mais c’est un roman de gare, on peut supposer que là se situait l'intention du réalisateur.
Les dialogues de ce film sont censés être le reflet de la vraie vie, du parler
de tout le monde, mais, mis à part dans la bouche d’Audrey Dana, ça ne marche
pas.
Deux très belles réussites cependant : l’ambiance des stations essence et de parking (une
gare ?) d’autoroute la nuit, et la famille d’Huguette, bien que le trait soit un
peu forcé, et les grands angles trop présents.