"L'affaire Farewell" romance une véritable histoire d'espionnage, qui mit à mal le réseau d'espions industriels et scientifiques, implantés à l'Ouest et travaillant pour l'URSS au début des années 80. Cependant, ne vous attendez pas à un thriller d'espionnage, le film joue la carte du drame sobre. Christian Carion reconstitue à hauteur d'homme la Russie de l'époque, et évoque la vie de deux hommes : un ingénieur sans histoire qui se retrouver mêlé aux services secrets (convaincant Guillaume Canet), et un haut gradé du KGB qui décide de trahir son pays pour lui donner un coup de pied (surprenant Emir Kusturica). Les deux vont s'empêtrer dans des mensonges de plus en plus lourds vis-à-vis de leur famille, aggravant peu à peu leur situation. On repère également de solides seconds rôles (Willem Dafoe, ou Fred Ward en Ronald Reagan !), et une lumière travaillée. Intéressant.
Une histoire passionnante qui donne un mauvais film. On a pour toile de fond l’une des affaires d’espionnage les plus retentissante de la guerre froide, mais je ne me suis jamais retrouvé impliqué dans le film, ce dernier étant trop austère, manquant de rythme avec une photo faisant penser à un épisode de Derrick. Même la psychologie des personnages n’est traité qu’en surface pourtant celui de ce colonel du KGB qui se décide à balancer des infos à l’Ouest était un sujet passionnant. Clairement le film donne l’impression de manquer sa cible.
Un excellent film d'espionnage autant pour les amateurs du genre que ceux d'Histoire avec un H majuscule. Certes le fond historique est assez largement adapté mais il n'en reste pas moins vrai que c'est toute une époque qui est retracée (révolue ? pas si sûr). Ceci ajoute un frisson supplémentaire à l'intrigue. Le scénario se serait sans doute prêté à une exploration plus forte des motivations de ceux qui avaient ainsi décidé de combattre un système qui s'était éloigné de leur idéal. Il est assez déroutant de comprendre au travers de cette histoire que finalement tout le monde espionne et manipule tout le monde. Glaçant.
L’accueil timide réservé à ce magistral film d’espionnage est très troublant. Est-ce à cause des évidences historiques qui y sont traitées et qui, aujourd’hui encore, restent plus que jamais, politiquement incorrectes ? Sans aucun doute… François Mitterrand apparait dans l’histoire que nous rappelle Christian Carion, comme peu inquiet du fait que la quasi-totalité de son gouvernement et des institutions de l’époque étaient tout simplement noyautées par le KGB. Tout comme cette Affaire Farewell, les révélations de la presse française, appuyées par des documents officiels des services secrets soviétiques, rendus publics fin des années 90, selon lesquels l'ancien ministre de la défense, Charles Hernu, a été une taupe des soviétiques pendant près de 10 ans, sont des faits qui font désordre dans l’historiographie officielle et aseptisée de la gauche, et qui tempèrent l’enthousiasme des critiques pour un film dont la force doit aussi à un Canet excellent, mais surtout à Emir Kusturica tout simplement charismatique et bouleversant, à l’image de la scène du début et de la fin.
Christian Carion fait mieux que son "Joyeux Noël", c'est déjà ça. Il est vrai que le casting au milieu duquel règne le duo Canet-Kusturica permet au film de prendre corps. Pour le reste, on oubliera les errements du scénario et les invraisemblances pour se concentrer sur la jolie reconstitution du Moscou des années 80.
On est dans un film d'espionnage atypique, car, on est loin d'une intrigue alambiquée, trop compliqué à comprendre, et on est très loin d'un film d'action où l'histoire n'est que prétexte à une suite de scène de poursuite. Non, là on joue sur le réalisme simple, on suit le cheminement d'un homme, Russe, qui aime tant son pays qu'il veut le changer de l'intérieur. Et on parle d'un Français basé à Moscow qui, n'a rien de l'espion, et qui va s'improvisé passeur de renseignements. La relation qui se crée entre les deux hommes est une des forces principales du film, le jeu des acteurs, la reconstitutions. Vient ensuite les implications historiques des renseignements qui transitent d'un pays vers un autre puis vers les USA. Il y a une pléiade de très bons acteurs qui viennent jouer un petit rôle, qui apporte leur petite pierre à l'édifice. Rien n'est surjoué, tout est montré avec sincérité et, en s'attachant à ses personnages, à s'attache à cette histoire et à ce film.
Christian Carion aime adapter des faits réels au cinéma, après le superbe Joyeux Noël (2005), il s’intéresse de près à l’une des plus importantes affaires d’espionnage du XXème siècle, lorsque le colonel du KGB Sergueï Grigoriev décide de fournir des informations ultra-secrètes et stratégiques aux Français (ces derniers les transmettant aux Américains). L’histoire est passionnante et les reconstitutions fidèles, nous replongent au début des années 80, en pleine Guerre Froide. Les interprètes principaux sont parfaits (Guillaume Canet & Emir Kusturica), même les second rôles sont très bien choisis (Alexandra Maria Lara, Philippe Magnan, Fred Ward & Niels Arestrup). Un film d’espionnage captivant mais qui hélas, aurait grand besoin d’être booster, histoire d’améliorer ce thriller historique.
Très bon film d'espionnage sur une des affires voir l'affaire la plus incroyable de l'Histoire de part ses résultats mais aussi par le fait que les deux principaux protagonnistes n'ont jamais pris de précautions particulières ! Les acteurs sont tous parfaits surtout Kusturica impressionnant. Sur le film le soucis vient du fait que l'espionnage en lui-même est peu présent à l'écran le cinéaste ayant préféré se focaliser sur la relation entre Grigoriev (Kusturica) et Pierre Froment (Canet). Le film passe donc trop vite sur la mécanique d'espionnage. Sur la vérité historique le film est assez juste malgré un changement des noms inutiles et un Froment 20 plus plus jeune qu'en réalité ; et pourquoi avoir complètement occulté l'assassinat dont est coupable Grigoriev ?!... Des petits détails sans doute mais gênants. Cependant le film reste prenant, d'abord parce qu'on arrête pas de se dire que c'est incroyable et ensuite parce que l'émotion (merci aux actrices dont Alexandra Maria Sara).
Troisième film de Christian Carion après l'attendrissant Une hirondelle a fait le printemps et l'insipide Joyeux Noël. Avis mitigé pour cette Affaire Farewell. Formellement le film est magnifique, les images sont superbes. Les années 80 sont bien rendues, tout comme l'atmosphère de la guerre froide, et l'étouffante vie à Moscou. Le duo d'acteurs fonctionne très bien. Emir Kusturica, parfait, et Guillaume Canet assurent chacun dans leur genre. L'ensemble du casting international n'est pas en reste avec Alexandra Maria Lara (L'homme sans âge, La bande à Baader), Niels Arestrup, Willem Dafoe, Fred Ward (Reagan), Philippe Magnan (Mitterand), David Soul (Starsky et Hutch) et même Diane Kruger pour une petite participation. A côté de cela la mise en scène reste classique voir académique. Allié un scénario pas à la hauteur du sujet, on tombe vite dans l'ennui. Tous les rouages de l'histoire sont bien présentés et disséqués, voir trop. C'est très bien de mettre en place une certaine atmosphère et un récit compréhensible, mais là ça manque cruellement de rythme et de consistance. Manque de suspens, de force, de lyrisme, de souffle épique, d'émotion. Le côté intimiste et familial des protagonistes est louable mais l'équilibre avec l'affaire d'espionnage elle-même est mal assuré. On ne sait plus trop sur quel pied danser et le tout devient lourd et lassant, le film m'a semblé duré quatre heures. On sort de là déçu en pensant qu'on est passé à côté d'un grand film. Dans le genre espionnage, en début d'année l'excellent Espion(s) avec déjà Guillaume Canet était largement plus réussi.
Après "Joyeux noël", je ne m'attendais pas à voir un chef d'oeuvre. Je n'ai pas vraiment été déçu. Un film d'espionnage où on arrive à s'ennuyer, il faut le faire. Il l'a fait. Certes, tout n'est pas à jeter. On se contentera donc de jeter les nombreuses invraisemblances et le montage, loin d'être heureux. On sera moins sévère avec la mise en scène, assez réussie. On ne le sera pas du tout avec la distribution. Surtout que j'ai eu le plaisir de revoir l'excellentissime Ingeborga Dapkunaite ("soleil trompeur") que j'avais perdue de vue depuis un bon moment.
Réalisé par Christian Carion, ce Thriller est basé sur des faits réels ; il nous conte une affaire d'espionnage se déroulant à Paris et Moscou dans les années 80. On y voit Mitterrand, Reagan, Brejnev et Sergueï Grigoriev, un colonel du KGB voulant torpiller le système Russe. Outre la participation du puissant Niels Arestrup, la distribution nous offre un Guillaume Canet excellent dans son role d'espion amateur et un Emir Kusturica se révèlant comme toujours grandiose. Heureusement que ce film très technique avec peu d'action est égayé par des extraits musicaux du groupe Queen et de Léo Ferré.
Histoire vraie d'espionnage lors de la fin de la guerre froide . Kusturica bien cadré dans ce rôle , en tout cas mieux que ses propres films à la mort moilneux. Réalisation sobre.
Le décor est, on ne peut mieux, planté. Ainsi, l’ambiance de l’URSS (un KGB présent partout et où tout le monde espionne tout le monde) est très bien rendue, comme dans « La Vie des Autres » (Das Leben Der Anderen, 2007). Les passes d’arme Mitterrand / Reagan sont l’une des bonnes surprises du film. On se replonge dans cette période de l’histoire où l’arrivée des socialistes au pouvoir en France faisait peur, surtout aux américains d’ailleurs. L’histoire, elle-même, est passionnante – et souvent surprenante - mais s’essouffle un petit peu sur la fin. Dommage car cela démarrait vraiment très fort. Les acteurs, eux, sont parfaits (mention particulière pour Philippe Magnan en Mitterrand et Fred Ward en Reagan) et on prend plaisir à revoir David Soul (le « Ken Hutchinson » de notre enfance).
Les films d'espionnage sont assez rares, et celui-ci échappe même à leur principal défaut, à savoir une histoire compliquée et guère passionnante. Ici tout est fait pour que le film soit d'une lisibilité exemplaire et d'un intérêt constant ponctué d'un final particulièrement prenant. On peut également apprécier une très belle réalisation faite de quelques plans très audacieux qui montre aussi Moscou comme on l'a rarement vu dans un film, et un Emir Kusturica magnifique.