L'Homme de Londres
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momo M.
momo M.

50 abonnés 284 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 décembre 2014
Mais que c'est lent !!!! Les acteurs ont du tous prendre du lexomil, c'est pas possible. Je n'ai rien habituellement contre les plans fixes dans les films, mais là, il n'y a que ça et cela n'apporte rien. Les acteurs hongrois s'expriment en français, langue que de toute évidence ils ne comprennent pas, ce qui donnent aux rares dialogues un côté maniéré et ridicule. Relisez le roman de ce pauvre Simenon qui ne méritait pas ce traitement.
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2008
Bela Tarr quitte les plaines hongroises de Satantango et des Harmonies Werckmeister pour l'île de beauté. L'Homme de Londres risque de décevoir un bon nombre d'adeptes du maître du plan-séquence. Tournée en hongrois puis doublée en anglais et français ( Bela Tarr a voulu rester fidèle à la langue d'origine de Georges Simenon ), cette oeuvre d'une splendeur visuelle peu commune ne fonctionne pas toujours : les doublages sont déplorables et décrédibilisent le propos. Pourtant, on ne peut remettre en question le souci d'authenticité du cinéaste, qui concilie son style hypnotique, envoûtant et l'atmosphère pesante d'une ville portuaire francophone. La séquence d'ouverture est assez extraordinaire sur le plan visuel : on suit la scène du débarquement à travers les yeux de Maloin, auquel nous nous identifions sans difficulté. Chose rare chez Bela Tarr, l'empathie pour le protagoniste est quasiment immédiate. D'autres problèmes rentrent malheureusement en ligne de compte : le jeu monolithique de la jeune Erika Bok ( la petite fille de Satantango ), la trame scénaristique particulièrement creuse et surtout la musique envahissante de Mihaly Vig qui déçoit plus qu'elle ne séduit. Cependant, L'Homme de Londres reste un très beau film sur la perception du monde : c'est certainement son oeuvre la plus sensible avec Damnation. Hypnotique, maladroit, virtuose et agaçant, c'est un film sur lequel il faudrait revenir. Si seulement les doublages et le casting avaient été plus travaillés... On tenait un chef d'oeuvre. Perplexe mais admiratif.
stillpop
stillpop

94 abonnés 1 444 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 décembre 2011
L'histoire d'un aiguilleur qui assiste à un meurtre nocturne crapuleux, mais quelque chose l'empêche d'être franc du collier.
J'ai lu pas mal de Simenon, Maigret et hors Maigret, et force est de dire que la dureté et le côté désagréable de l'écrivain est parfaitement rendu dans ce film hors norme.
Le premier plan séquence a failli m'énerver avant que je comprenne d'où venait cette ombre noire que je croyais rajoutée, ensuite, rassuré, j'ai dégusté les innombrables moments de bravoure cinéphilique.
Contrairement aux dires des critiques, on ne retrouve pas l'épique plan séquence des monte charge de « Damnation », tout est plus léché, plus spatial et moins contemplatif, presque plus rapide. Pour ne pas dire plus professionnel, donc moins extrémiste. Hélas.
Il reste quelques beaux retournements caméra, la scène du commissaire dans le bar, et quelques surprises, la chaise et le billard dans ce même bar dans une autre scène. Egalement de beaux jeux de lumière, les volets dans l'appartement par exemple.
Quelques problèmes de netteté, la scène de la cabane est « tremblée », mais j'ai ensuite compris que vu le vent à cet endroit, le réalisateur n'a sûrement pu faire autrement. Alors que la scène est hélas décisive. Bref, on sent que la genèse de ce film n'a pas été simple, il suffit de voir les dates de réalisation.
La musique est totalement répétitive, ce qui permet de n'y prendre aucun plaisir et se concentrer sur l'image. La bande son est également très dépendante du but du réalisateur, donc déroutante.
On sent que le réalisateur a voulu se faire plaisir, certains travelling sont presque drôles à force d'obstination, et le choix d'un scénario très peu moral n'est pas le moindre des manquements aux normes du cinéma traditionnel. De sa Hongrie alcoolisée et désabusée, le réalisateur a du sentir une corrélation avec l'univers de Simenon qui détruit toute beauté aux prolétaires Français. Mais heureusement, il le fait avec moins de haine. On s'attache un tout petit peu à ce peuple de débiles profonds qui vont tout faire de travers. La déconstruction de l'intrigue à force de lenteur est bien fichue, la moralité du plus fort et du plus riche est parfaitement dans la lignée du dégoût qu'avait Simenon pour les moins que rien, et le film englue dans ce sentiment, lorsque le précédent aiguisait l'existentialisme et la survie.
Il est difficile de donner une meilleure note qu'à « Damnation », en effet, si les travellings sont au dessus de tous soupçons, le doublage hongrois>français>anglais est très pénible (bien que finalement épique et ubuesque donc intéressant) tout comme le casting tellement hétérogène qu'il enlève quelque chose qui pourrait s'apparenter à la sécurité ou au plaisir du spectateur. Par contre, vue le côté abscon des performances demandées, tous les acteurs sont bons. La netteté n'est pas toujours au top, hélas spécifiquement sur le dernier plan du film ! Ce qui fait un peu désordre face à l'ambition de perfectionnisme de l'auteur. Mais il reste sublime face à l'histoire. Finalement, ce film est sans doute encore plus triste que « Damnation », mais plus digeste.
Bref, la hargne et le plaisir visuellement anarchique de son précédent film font place à la morgue et la moiteur d'une trop vieille histoire qui ne peut charmer et assumer la verve contemporaine de l'art visuel de Béla Tarr. Et désormais sa maîtrise, puisqu'il a très bien conquis les nouvelles technologies industrielles du cinématographe.
PS : Attention, 4 personnes sont sorties de la salle à la première demi-heure, ça reste du cinéma expérimental, à l'ancienne mais aussi contemporain, donc tout pour faire fuir. Contrairement à la lenteur de « Damnation », ici, les lenteurs sont sources de plaisir « littéraire », comme identique à un écrivain prenant son temps pour décrire la scène. C'est peut-être le problème de ce film, une narration normale face à une réalisation extraordinaire.
max6m
max6m

78 abonnés 180 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 décembre 2010
Petites précisions: je mets 3 étoiles à ce film en comparaison aux autres oeuvres de Bela Tarr. Comparativement au reste de la production cinématographique actuelle, ce film flotte très haut au-dessus du lot. Mais pour être objectif et rester critique, je me place dans le "référentiel Bela Tarr" et pour être honnête, "L'homme de Londres" est un peu en-dessous des autres réalisations du génie hongrois. Cela n'est dû à mon sens qu'au sujet même du film, une adaptation du roman de Simenon, qui en fait un film de genre empêchant les grandes envolées poétiques et hypnotisantes auquel Tarr nous avait habitués. Rajouté à cela quelques petits défauts, comme le doublage français et l'omniprésence de la musique, "L'homme de Londres" n'est pas du niveau des Harmonies ou du sublimissime Satantango. Il reste ces plans séquences extraordinaires (le plan dans la chambre, avec la surexposition au blanc suivie du long écran noir rythmé par le bruit lancinant de l'horloge m'en a donné le vertige) et le travail toujours aussi riche sur le son. L'atmosphère si particulière des films de Bela Tarr, celle qui vous fait oublier que vous regardez un film et vous propulse dans de sombres contrées mentales jusqu'alors inconnues est bien au rendez-vous, dès la première seconde du film. Les images sont la plupart du temps noyées dans un noir saisissant: j'ai rarement vu un film aussi sombre, au premier sens du terme. Plus personnellement, pendant mes moments de rêverie entre deux séquences, ce film me rappelait curieusement 2 autres oeuvres improbables et à première vue sans rapport avec Bela Tarr: le Eraserhead de Lynch (pour les contrastes, le travail entêtant sur les sons, la scène hystérique du repas et des coudes sur la table) et les muets de Murnau, notamment l'Aurore (la scène où Brown cherche le corps sur sa barque). Oui, je sais c'est curieux et sans véritable intérêt mais cela illustre une des facettes du cinéma de Tarr: faire promener nos pensées.
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 septembre 2008
Comment qualifier le cinéma de Bela Tarr ? Hermétique ? Ténébreux ? Opaque ? Enigmatique ? Magnétique ? Contemplatif ? Un peu tout cela à la fois, faute de trouver le terme idoine. L'homme de Londres, adaptation atmosphérique et abstraite de Simenon, par le réalisateur hongrois, est tout bonnement insaisissable. Ennuyeuse, aussi, sans doute, pour ceux qui y chercheront une narration, une dramaturgie, des dialogues, autant d'ingrédients qui font l'ordinaire d'un film. Mais celui-ci ne l'est pas, ordinaire, car Bela Tarr est un artiste qui se fiche pas mal d'être en marge des canons du cinéma d'aujourd'hui. Libre à chacun d'entrer, ou pas, dans cet univers singulier à la fruste poésie.
Antn D
Antn D

13 abonnés 67 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 31 octobre 2008
Sous le prétexte fallacieux d'une poésie des choses et des "vies minuscules", Bella Tarr embarque le spectateur dans sa galère:l'ennui. Son "univers" sonne tout aussi faux que le jeux désatreux des acteurs. Ce réalisateur représente tout ce que je hais dans le "cinéma d'auteur" mais il a un avantage incontestable sur les autres:il vous endort. J'ai vu ce "film" à la Filmothèque du quartier latin, à Paris:sur une dizaine de personnes, trois, moins endurantes que les autres, sont parties avant la fin, probablement pour aller se balancer dans la Seine ou se saouler la gueule; j'ai entendu distinctement deux ronflements de timbre très différent; au bout d'une demi-heure, j'ai pris le parti d'ouvrir les yeux toutes les 40 secondes pour voir si l'image à l'écran allait enfin changer. Bella Tarr ne comprend visiblement pas ce que signifie le mot "cinéma":mouvement! hélas, l'immobilité et la pesanteur sont tout aussi mal filmées et mises en valeur.Il n'y a plus qu'une durée creuse qui s'écoule et une pellicule vide qui s'étire.Derrière tout film esthétisant mettant en scène les classes populaires,on est en droit de soupçonner une éthique insignifiante, voire nauséabonde. L'Homme de Londres ne fait pas exception à la règle, c'en est même le paradygme.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 14 octobre 2008
Certes, le réalisateur reste assez fidèle à l'adaptation du génial livre de Georges Simenon et en magnifie même l'atmosphère: un superbe noir et blanc, un brouillard et une humidité omniprésents, des personnages burinés et marqués par la vie. Mais à force de se concentrer uniquement sur l'esthétisme (d'interminables plans séquences), Bela Tarr laisse l'intrigue (et du même coup le spectateur) de côté.
Caine78

7 755 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 avril 2015
Ah ça ! C'est beau, c'est élégant, Bela Tarr manie les mouvements de caméra comme peu de cinéastes, le pouvoir hypnotique du film faisant son effet pendant un petit moment. Cela dit, lorsque l'on adapte du Simenon, je m'attends à autre chose qu'un exercice de style certes parfaitement maîtrisé dans son genre, mais n'en restant pas moins assez ennuyeux, voire franchement irritant sur la durée. C'est simple, on a l'impression que le réalisateur aurait pu boucler le récit en moins d'une demi-heure tant il se complaît à se regarder filmer, non sans un certain talent donc, mais surtout avec une évidente prétention. Alors les esthètes pourront toujours m'avancer la qualité de la photographie (effectivement très belle), mais moi, quand je m'ennuie parce que l'on ne me raconte rien, et qu'en plus cela est totalement calculé, ça me gonfle rapidement, surtout lorsqu'il s'agit de l'auteur de « Maigret », dont l'œuvre a été parfois transposée avec une grande réussite. Dommage, car il y avait en plus un vrai potentiel dramatique à exploiter, une tragédie humaine que n'aurait pas renié Marcel Carné ou Jean Renoir... On devra donc se contenter de beaucoup de beauté mais surtout de beaucoup d'ennui, tout juste éclairé par l'intrigue policière lorsque Tarr daigne bien la traiter quelques instants. Irritant.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 janvier 2019
Avec "L'homme de Londres" sorti en 2007, Bela Tarr adapte Georges Simenon. Comme beaucoup de films du cinéaste hongrois, celui-ci met en scène un être asocial à l'existence vide, devenant le témoin d'un meurtre. En plus de graves difficultés de tournage, l'ensemble constitue un Bela Tarr mineur. La plupart de ses qualités demeureront dans le domaine formel. Le cinéaste orchestre de façon savante de nombreux plans séquence, filmés dans un beau noir et blanc. Les décors sont soigneusement choisis et font la part belle à la Corse et plus particulièrement la ville de Bastia. Enfin la musique s'avère envoûtante, presque obsédante, à l'image des films de David Lynch. Mais on peine à retrouver l'ambiance captivante des romans de Simenon. Là, il faut bien avouer qu'il ne se passe pas grand chose que et le rythme extrêmement lent de l'intrigue en découragera plus d'un. Un film de transition assez moyen.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 777 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 janvier 2026
Qui est le film ?
L’Homme de Londres arrive en 2007, dans une période déjà crépusculaire de la filmographie de Béla Tarr. Le cinéaste a derrière lui Sátántangó et Les Harmonies Werckmeister, deux blocs monumentaux où la durée, la métaphysique et la politique formaient un système total. Adapter Simenon, regarder comment le mal s’infiltre dans la banalité et observer un homme qui ne choisit pas vraiment mais laisse faire, semblaient une bonne idée mais pas cette fois-ci.

Par quels moyens ?
Dès les premières minutes, Tarr opte pour une adaptation par soustraction. L’intrigue est réduite à l’os. Le récit n’est plus qu'un squelette narratif sur lequel le cinéaste plaque sa temporalité et son regard. Cette condensation, au lieu d’intensifier le propos, l’appauvrit et l'abstrait.

Maloin est présenté comme un homme déjà vidé. Gardien de phare, silhouette lourde, regard opaque. Tout, chez lui, dit l’épuisement et Tarr ne lui laisse aucun espace de transformation. Le meurtre auquel assiste Maloin ne déclenche rien. Il confirme simplement une inertie déjà installée. Ce parti pris finit par produire une monotonie dramatique, on constate une immobilité. Les personnages secondaires, notamment la femme de Maloin, sont réduits à des fonctions presque abstraites.

Le phare est l’une des idées les plus fortes du film. Vertical, étroit, oppressant. Il matérialise la conscience isolée de Maloin. Mais cette métaphore est martelée avec une insistance qui finit par l’épuiser. Tarr filme encore et encore les escaliers, les montées, les descentes. À force de souligner, le symbole se fige.

Le regard, chez Tarr, est toujours une question morale. Le long plan du meurtre place le spectateur dans une position inconfortable. Impossible d’intervenir, impossible de détourner les yeux. L’idée est forte mais le dispositif devient une épreuve plus formelle qu’éthique. On comprend très vite ce que le film veut démontrer. Que voir, c’est déjà consentir. Mais Tarr ne complexifie jamais cette intuition. Il la répète, la prolonge, la dilue dans la durée.

L’argent, filmé comme une matière lourde et inerte, est cohérent avec le projet du film. Il ne fait pas rêver. Il n’ouvre aucun avenir. Mais là encore, le refus de toute variation finit par aplatir le propos. L’argent n’est jamais désiré, jamais craint, jamais véritablement conflictuel.

Quelle lecture en tirer ?
L’Homme de Londres est une œuvre qui pense juste mais qui pense à vide. Tarr y explore une idée essentielle. La responsabilité passive. Le mal par inertie. Mais il le fait en asséchant toute possibilité de mouvement, de contradiction, de trouble. Le film observe son personnage comme un entomologiste observe un insecte déjà mort.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 403 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 novembre 2023
Présenté en CO à Cannes (2007), cet avant dernier opus à ce jour du hongrois Béla Tarr est reparti la corbeille vide.

Les amateurs du cinéaste adepte du slow cinéma ( long plan séquence ou les scènes sont statiques et bercées d'une musique envoûtante) et dont la philosophie tragique le rapproche de celle de Schopenhauer, ne manqueront pas cette adaptation d'un roman éponyme de Simenon.

Ce qui est formidable avec BT, c'est qu'en quinze secondes on identifie sa signature et son style.

Sans doute plus facile d'accès que d'autres de ses opus, " l'homme de..." n'est pourtant pas la meilleure réussite de son auteur.

La faute me semble t il au casting international doublé en français ( l'action a été tournée dans le port de Bastia) qui n'est mais alors vraiment pas du meilleur effet.

Gâché par cet artifice raté, ce titre de Tarr n'est en rien déshonorant et reste tout de même de bonne facture.

Le réalisateur hongrois nous présente ici une galerie de portraits de gens pas moralement recommandables sur lesquels règne une société gangrenée par l'argent.

Il règne la médiocrité, la folie, la saleté spirituelle et la sidération. Tous ces thèmes sont déjà traités dans d'autres opus du cinéaste avec encore plus d'alacrité et de dégoût qu'ici.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 3 septembre 2012
Décevant car Bela Tarr est un cinéaste à la belle réputation. Des images somptueuses et des mouvements lent mais hypnotique. Le problème ce que sont histoire est inintéressante beaucoup de séquences sont inutiles et du coup l'ennui arrivent. Cela dit j'ai envie de voir les autres films de ce réalisateur.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 120 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 juin 2011
Troisième adaptation d'un roman de Georges Simenon où les premières images (un très long plan sèquence qui suit la proue d'un navire) donne le ton de ce dixième film de Béla Tarr à la fois exigeant et austère! L'atmosphère embrumèe du port est bien rendue mais le formalisme excessif risque d'en perdre plus d'un route! Le style de la mise en scène dans la version d'Henri Decoin n'ètait pas sans rappeler celle des films noirs amèricains influencès par l'expressionnisme, celle de Béla Tarr est particulière et particulièrement hypnotique! La B.O est obsèdante, les bruits le sont ègalement, ou chaque action donne une dimension qu'on aurait voulu plus saisissante! Une oeuvre en demi-teinte où le cinèaste hongrois nous avait habituès à mieux...
norman06

425 abonnés 1 821 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 24 septembre 2008
Cette adaptation de Simenon, essentiellement composée de plans séquences interminables et de longs travellings, a certes une cohérence stylistique et reste fidèle à l’univers sombre et morbide de l’écrivain.
Fallait-il pour autant présenter une telle vision glauque, et infliger ce hiératisme glacial ? On sauvera un beau plan de larmes féminines et le jeu sensible de Tilda Swinton, doublée en hongrois. Ce cinéma faussement moderne (n’est pas Angelopoulos qui veut) tient cependant davantage du pensum que de la création. Il a mis près de deux à sortir en salles. Vous voilà prévenus...
Pierre E
Pierre E

239 abonnés 665 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 janvier 2010
Cinéaste formel fascinant mais inaccessible pour la plupart, avec L’HOMME DE LONDRES, Bela Tarr déploie sa recherche formelle dans une vingtaine des plans-séquences aussi somptueux que rigoureux. Une recherche formelle qu’il met entièrement au service de son scénario, dans son alternance d’instants statiques et de travellings complexes : Tarr filme d’abord les personnages dans leurs plus simples actions - capte le réel, pour ensuite mieux saisir l’essence de ses personnages, en exprimant leur désespoir, leur perdition, dans ses mouvements complexes et langoureux, travellings comme on en voit rarement d’aussi beaux.
L’esthétique remémore les films expressionnistes allemands, dans son noir et blanc désespéré, pessimiste, ses décors habités par le mauvais augure, sombres, brumeux. L’univers évoque celui du réalisme poétique français, avec ses personnages forts, ancrés dans leur existence misérable et solitaire, voués à la fatalité. L’histoire de Simenon suggère des tonalités de film noir en mettant en avant la complexité et les contradictions de l’âme humaine au travers de personnages en perte de repères, désarmés, corrompus.
Le rythme lent, d’un angle visuel autant narratif, renforce la monotonie de l’existence, l’impression d’une nuit trop calme qui semble infinie, éclairée par quelques lumières trop faibles pour y changer quoi que ce soit. Le spectateur contemple cette lente décrépitude en compagnie solitaire de Maloin, antihéros que nous suivons au pas, isolé dans son phare comme dans une tour d’Ivoire, à observer les va-et-vient de trains et cargos sans jamais penser à s’échapper de cet emprisonnement. C’est là que le film effraie. Il n’est pas bien difficile d’être en empathie avec ce monsieur-tout-le-monde à la dérive. L’HOMME DE LONDRES revêt une dérangeante universalité… Au-delà de sa splendeur formelle, c’est ce qui lui confère sa puissance tragique, et en fait un exercice de style qui rime avec une réussite extraordinaire.
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