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tuco-ramirez
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4,5
Publiée le 29 juin 2020
Ce film a tout d’un genre que j’apprécie peu, le « feel good movie », dans le sens où le scénario nous trimballe entre rires et larmes jusqu’à un final positif. Mais là ou bien d’autres avancent à gros sabots, celui-ci fait dans la finesse en s’attachant à un jeune garçon que la destinée ne prédestine pas à devenir un maitre dans une discipline artistique : père mineur, maman décédée, aucun accès à la culture à la maison et surtout conception familiale et communautaire de la virilité peu compatible avec la danse de ballet. Devenu un classique à son insu, film présenté aux enfants entrant dans l’adolescence (le sujet principal du film en fait), il n’a pas été conçu pour cibler un public en particulier et c’est bien sa réussite. De fait il est devenu un classique à regarder en famille. Billy Elliot est né de l’envie de son scénariste, Lee Hall, de parler de la grande grève des mineurs anglais de 1984. Le fait d’être l’un des rares films à aborder directement cet événement majeur de l’Histoire britannique récente, confère déjà à Billy Elliot une certaine importance dans le cinéma anglais. Mais Lee Hall a surtout eu la bonne idée de n’aborder cette grève qu’en toile de fond, et de nous la faire vivre à travers le parcours d’un enfant en opposition totale avec le monde qui l’entoure. La force et la volonté du jeune Billy pour faire tomber les barrières qui le séparent de son rêve de danse viennent alors faire écho au combat des mineurs et créent une bouffée d’espoir vers un ailleurs, là où les mineurs se trouvent enfermés dans un tunnel politique sans porte de sortie. Même si le scénario de Lee Hall avait déjà un joli potentiel, il n’en était pas moins casse-gueule. L’histoire de ce gamin de mineur, orphelin de mère, et voulant devenir danseur au milieu d’un bassin minier en grève, aurait rapidement pu sombrer dans le mauvais mélo. Mais Stephen Daldry a su sublimer le matériau d’origine. Notamment en plaçant constamment sa caméra à la hauteur de Billy. Le regard de l’enfant offre ainsi tantôt une dose de légèreté nécessaire, tantôt la pureté de l’émotion. Sur ce point, une grande part du mérite revient à Jamie Bell, étonnant de justesse pour son jeune âge (ce rôle lui vaudra même de remporter le BAFTA du meilleur acteur). Billy Elliot se veut ainsi une touchante chronique de la fin de l’enfance, de ce moment où l’on quitte la sécurité parentale pour commencer à se définir en tant que personne. La relation entre Billy et son père (Gary Lewis, touchant), entre confrontation et pudeur, mais sous-tendue d’amour, est particulièrement belle. La difficulté à se détacher du cocon familial est également très bien représentée par le rapport que Billy entretient avec sa mère défunte et par la mère de substitution qu’il trouve en sa professeure de danse (Julie Walters, parfaite). Le film aborde également plutôt subtilement la découverte de l’identité sexuelle et l’évaporation de la candeur infantile, lors des scènes entre Billy et ses deux amis. Mais n’oublions pas que l’un des thèmes majeurs de Billy Elliot est également la danse. Ainsi, Stephen Daldry donne à son film des allures de comédie musicale (pas étonnant donc que le film ait ensuite été adapté sur scène). Le réalisateur ne se contente ainsi pas de quelques scènes de danse classiques mais, au contraire, dote son film d’une bande originale rock assez jouissive, essentiellement empruntée à l’album « Electric Warrior » du groupe T-Rex. Parmi les séquences les plus notables, on se souviendra notamment d’un Billy évacuant sa colère à coups de claquettes dans les rues de la ville au rythme du « Town Called Malice » des Jam, ou encore d’une course poursuite entre le frère de Billy et les forces de l’ordre au son du « London Calling » des Clash (qui ont d’ailleurs soutenu les mineurs pendant leur grève). Entre un univers musical très empreint de la culture rock britannique et la description d’une page majeure de l’Histoire anglaise, Billy Elliot avait tout pour séduire le Royaume-Uni. Mais s’il a également réussi à traverser les frontières, c’est grâce à l’universalité de son propos et à la justesse dont Stephen Daldry a su faire preuve pour en faire un film populaire de très grande qualité. Il y a ainsi fort à parier que le petit Billy saura séduire encore quelques générations… tout-un-cinema.blogspot.com
Très bon film . L'histoire est originale et suscite le débat. Au fond pourquoi inscrit on les garcons au foot et les filles à la danse? Les acteurs sont très convaincants , notamment le père de Billy qui finit par épouser le combat de son fils. La BO est géniale La scène finale est très émouvante.
La danse. Ce mot renferme tant de préjugés, d’attraction et de craintes qu’il est souvent utilisé comme un sujet de scène joyeuse dans le cinéma. Il y avait de quoi faire un film. C’est fait. Le scénario est excellent avec le contexte des grèves de mineurs très habilement traité. Les images, les musiques et le les acteurs sont bons voir très bons. Certains diront que le film ne va pas assez loin face à la violence du contexte. Peu importe, un enfant peut occulter le contexte pour écouter sa passion émerger. C’est le propos du film et c’est un grand plaisir.
Le ressort narratif du film est le contraste entre la mentalité d'une famille et d'un entourage ouvriers mineurs en grève, monde viril et revendicatif et le monde de la danse classique léger, poétique que veut intégrer le fils cadet. Le frottement rugueux entre ces deux univers va finalement se lisser. jolie prestation du jeune acteur qui interprète Eliot et de l'acteur qui interprète son père
J'avais peur d'un film un peu bardé de bons sentiments. Comme quoi...En fait, cette histoire qui se situe dans une cité minière du nord est de l'Angleterre, en 1984, pendant les années Thatcher avec les grèves douloureuses de cette période, s'intéresse au net penchant du jeune Billy pour la danse. D'abord rejeté par sa famille pour ce penchant, il finira par devenir danseur étoile 10 ans plus tard. On doit saluer la super performance du jeune Jamie Bell et de l'ensemble des autres acteurs qui sont tous d'un naturel superbe. On est loin de la mièvrerie, ce film , d'un positivisme à toute épreuve, étant une ode à la tolérance et à l'amour des siens. Comme je l'ai lu parmi les critiques spectateurs, on sort de la vision avec une super pêche. Bravo.
Les rêves d'un enfant dans une citée minière, comment s'envoler quand ses proches font mine de ne pas comprendre, alors qu'au fond d'eux-mêmes ils savent bien où est son bonheur ? Un film d'une rare humanité qui aborde une question de société : comment l'amour peut transcender les codes sociaux, dépasser les limites d'un univers à priori clos. C'est très émouvant, mais surtout c'est un récit qui montre comment les êtres se révèlent devant l'évidence, par amour, pour des causes et des combats qu'ils doivent mener. Des univers, des portes, des chances... Quelques bons moments d'humour aussi donnent à l'ensemble un aspect dédramatisé. Un joli film qui marquera l'histoire du cinéma britannique, pour moi c'est plus qu'une peinture sociale, c'est une lueur d'espoir et un message humaniste. Oui, un bien joli film...
Que dire... Bon on s'attendait à u' film sur la danse mais quans même c'est assez prévisible. Les musiques du film sont vraiment belles et les acteurs top. Je ne trouve pas que ce soit le film le plus beau de l'histoire non. Mais le message qu'ils ont voulu faire passer est beau...
J'en gardais un souvenir plutôt mitigé mais en le revoyant 10 ans plus tard, j'en ai apprécié les subtilités et les messages à la fois politiques et sociétaux.Une oeuvre engagée qui a des relents "ken loachien", une superbe mise en image des quartiers ouvriers et de l'émotion. Un grand film et de grands interprètes !
Je donne 5 étoiles à tous les acteurs du film, plus épatants les uns que les autres, avec en tête bien sûr, un satané gamin de 14 ans nommé Jamie Bell. Il porte le film à bout de bras, mais il serait injuste d'oublier le scénario, tantôt drôle, tantôt dramatique. Quant à la fin, elle parvient à nous arracher une ( petite) larme. Un concentré de bonheur et d'espoir, dans ce monde de brutes...
Billy Elliot fait parti de la courte liste de films que je peux voir et revoir, il m’émeut à chaque fois. L’ambiance 80’, la musique, les acteurs, les paysages, la chute.... en Vost c’est encore mieux.
Quel beau film, un film qui nous donne envie de danser ! On suit Billy, incarné avec brio par le jeune acteur Jamie Bell, dans son combat pour la danse, il souhaite briser les codes et les stereotypes. Toutes les relations qu'il a avec les autres personnages du film sont émouvantes, violantes, encourageantes, mais avant tout vivantes ! La prof de danse, Mme Wilkinson m'a transmit le plus d'emotion, c'est l'un des personnages les mieux joués et les plus comolexes de ce film qui est une reussite !
Sur le thème de l'enfant issu d'un milieu modeste qui va se découvrir une passion lui permettant de s'extirper de sa situation sociale, un long-métrage de Stephen Daldry qui s'avère être une véritable référence en la matière, aussi drôle que poignant. Le film qui révéla Jamie Bell face à Gary Lewis qui livre une interprétation extraordinaire d'un père veuf qui doit élever ses enfants dans un climat social difficile. Une mise en scène superbe enrichie par l'excellente bande originale. Une perle.
La chance du débutant ? Le premier long-métrage de Stephen Daldry suscite énormément d’attention, car sa partition touche à l’échelle universelle. L’art fait face au calcul et à la routine de la classe ouvrière. Cela empêche les gens de s’exprimer et d’éveiller leur créativité, cependant, les tensions de l’époque sont justifiées, malgré un dénouement tragique pour ces personnes qui campent sur leur mécontentement. Au milieu de la horde, un jeune garçon reçoit une éducation compliquée, mais qui lui laissera néanmoins un libre-arbitre concernant ses passions, ce malgré les enjeux qui impactent ses décisions, aussi bien pour ses proches que pour son environnement.
En pleine grève des mineurs dans le Nord-est de l’Angleterre, la Dame de Fer a laissé des cicatrices dans de nombreuses familles qui vivaient aux dépens du charbon, ressource devenue peu rentable pour le pays. L’hostilité est alors montrée avec subtilité, jusqu’au plan des plus impressionnants, où un mur de policier compose presque tout l’écran, pendant que les enfants traversent inconsciemment les routes. Cette toile de fond est importante dans la construction du personnage Billy Elliot (Jamie Bell), qui rompt avec la communauté des grévistes, et même avec sa famille, qui ne lui accorde pas l’attention qu’il mérite. Son père (Gary Lewis) incarne l’acharnement des mineurs, mais ne manquera pas d’être nuancé dans les moments pivots de l’intrigue. La relation père-fils est tout de même abordé avec rigueur, sachant l’absence d’un soutien maternel. Cela pèse beaucoup sur la conscience d’un enfant qui grandit et apprend à surmonter les méandres de la vie. De plus, son frère Tony (Jamie Draven) ne montre pas forcément le bon exemple. Il est à l’opposition du cadet et préfère sauvegarder l’intégrité de la famille, au lieu de penser comme un égoïste, tel Billy dont on préférera plutôt parler de force de proposition.
La vitalité du garçon va de pair avec ses prouesses sur scène. Il abandonne rapidement les gants de boxe, métaphore de la violence qui pèse autour de sa vie, pour la danse. L’esthétique et la majestuosité de l’art l’intrigue et questionne sur le jugement de genre. Chacun serait-il affilié à une tâche prédéfinie ? Absolument pas. Le sur-mesure s’estime au nom de soi, mais cela ne peut fonctionner qu’avec l’approbation sentimentale des proches qui encourage dans le sens du fantasme. Madame Wilkinson (Julie Walters) est cette première fidèle à soulever Billy vers la révélation. Il ne reste plus que la délivrance à acquérir, ce qui sera longuement débattu lors d’un récit riche en sincérité et d’émotions. Le glam-rock anglais captivera le temps de prestations honorables, car le rythme balaie peu à peu le désespoir qui traîne à ses pattes, fines, lourdes et justes.
« Billy Elliot » est à l’image de nombreux enfants, dont la surdité des parents quant à leurs aspirations a entraîné une régression de classes sociales. Pourtant, il existe de l’espoir, l’optimisme de voir un jour un avenir plus glorieux pour cet enfant qui doit pouvoir mettre à profit ses dons, au détriment des prédispositions qui l’empêche de s’épanouir. Il y a plusieurs niveaux de lecture pour ce récit qui mêle bien des enjeux sociétaux, qui traite avant tout de l’individu. L’éventail d’âge nous permettra de nous identifier et de prendre du recul sur la situation et de peser le pour du contre et le pourquoi du comment il est essentiel d’avoir une vision globale pour avancer ensemble. Enfin, « Le Lac des Cygnes » de Piotr Ilitch Tchaïkovski sera présente pour sonner la charge dans ce chaos, là où les pas de Billy auront un message à faire passer et là où ses traces changeront à jamais la vie de sa famille qui se redécouvre.