Il était une fois une jolie princesse, toute mimi et fragile, dans sa robe de mariage. Une voix cristalline et esseulée, à mis chemin entre Cendrillon et Blanche Neige. Il était également une fois un prince vaillant et fort, triomphant à bras le corps de ses ennemis. Il y avait aussi les chansonnettes improvisées façon Broadway en chorégraphies démentielles au cœur d’une forêt avec les petits lapins et les écureuils, ou en plein Central Parc, avec une flopée de badaud enthousiastes. Il était question sans nul doute d’un amour passion, irrationnel du premier jour, la féérie insouciante d’une rencontre entre deux être…blablabla. Je pourrais continuer ainsi sur des pages et des pages, mais là n’est pas le but. On connait tous la folie des grandeurs façon Disney, cet engouement du grandiloquent et du spectaculaire. Or, Il était une fois possède bel et bien tous ces codes d’honneur ayant fait la réputation des studios. Là où ça coince est le côté too mutch de ces élans amoureux, ces dialogues et mimiques maniérés, cette pulsion irrépressible de trouver l’amour, le vrai. En fin de compte, dès le départ, les engrenages se grippent en une folie artistique presque nauséabonde. La personnalité écervelée de la princesse et son obstination à tout ramener à cet homme qu’elle connait à peine, exècre dès les premières secondes, tout en chanson d’ailleurs. On reconnait bien là cette volonté d’effacement de la réalité pour finalement se vautrer dans l’univers de Oui-Oui, où la naïveté est le maitre mot. Ce film aurait gagné en maturité si le message sur l’importance incontrôlable des sentiments amoureux aurait été davantage mit en lumière. Mais là, on se contente des idioties de personnages stéréotypés (pas uniquement celles de la princesses, car l’intégralité du casting est un peu décérébré), avec son triangle amoureux des plus prévisibles, et un scénario à l’eau de rose et gentillet, que l’humour bébête parvient laborieusement à nuancer. Néanmoins, cette transition d’animation pure pour de la prise de vue réelle est intéressante et bien mise en scène. L’arrivée improbable de ces personnages de comtes dans le New York contemporain prête à sourire. De plus, les effets visuels sont très agréables, apportant une dimension plus fantastique à l’ouvrage (je pense particulièrement à des films comme Maléfique, Blanche Neige, la Belle et la Bête, ou encore la Belle au Bois Dormant pour le baiser magique). Je tiens à préciser que l’ironie acerbe de cette analyse ne concerne que moi, car d’un regard plus enfantin, cette histoire de prince et de princesse grimperait en flèche les levels de l’enthousiasme général, enfin je suppose. Pour ma part, le ton bien trop crétin du scénario et des dialogues, manque cruellement de profondeur et d’intensité pour un Disney digne de ce nom. Ce comte hybride se résume à un gentil petit film familial où tout est beau et mignon. Dispensable. 2,5/5