“Paris, je t’aime !” avait déjà déclaré Cédric Klapisch dans “Chacun cherche son chat”, où les déambulations de ses protagonistes lui servaient de prétexte pour filmer la capitale. Le voici qui remet ça aujourd’hui, après des détours par Barcelone, Londres et Saint-Pétersbourg (théâtres de “L’Auberge espagnole” puis des “Poupées russes”). Censé rendre hommage à cette ville que le metteur en scène aime, ainsi qu’à ses habitants, “Paris” est un film de chœur sur une histoire de cœur. Celui de Pierre, en attente d’une possible transplantation, qui observe les gens qui passent, redécouvrant ainsi les vertus de la vie, via celle des autres. Gravitent ainsi autour de lui un prof de fac amoureux d’une de ses élèves, son frère architecte, une boulangère un peu raciste sur les bords et beaucoup au milieu, des maraîchers… autant de personnages que Pierre sera amené à croiser. Ou pas. Force est donc de constater que Klapisch a au moins su éviter les grosses ficelles qui parasitent bon nombre de films choraux, lorsqu’il s’agit d’entremêler les destins. Mais se pose alors la question de l’utilité de certains segments, quand on voit que des personnages tel celui de Julie Ferrier sont sous-exploités, ou que d’autres, tout aussi courts, fleurent bon le cliché (la boulangère Karin Viard; Cluzet l’architecte qui représente le Paris de demain et a fondé une famille…). Ajoutons-y quelques scènes inutiles (la danse de Luchini) et vous obtenez un film trop court dans son développement des nombreuses histoires, et, paradoxalement, trop long. Centré sur l’intrigue de Romain Duris et Juliette Binoche (sublime), à laquelle il serait possible d’ajouter celle de Luchini er Mélanie Laurent, le long métrage aurait mieux tenu la distance. Surchargé de personnages comme le périph’ à l’heure de pointe, il apparaît trop ambitieux et inachevé. Et même si Klapisch y évite de filmer un Paris de carte postale, il perd largemenr le sien.