“Le fantôme de Cat Dancing » est le dernier des trois films passés à la postérité de Richard C. Sarafian, réalisateur assez peu connu que l’on peut malgré tout inclure dans la mouvance du Nouvel Hollywood en raison de sa propension inaltérable à bousculer les conventions en mettant en avant le parcours de marginaux préférant vivre selon leurs préceptes plutôt que de s’intégrer dans le système en place quitte à en payer le prix. Après le succès inattendu de « Point limite zéro », Richard C. Sarafian profite d’une courte période de trois ans où il va pouvoir exprimer pleinement son art avant de s’enfoncer dans un relatif anonymat. Il jouit d’un réel regain d’intérêt depuis 2015 et le succès colossal de « The Revenant » de Alejandro Gonzalez Inarritu avec Leonardo Di Caprio dans le rôle principal qui en profite pour décrocher enfin l’Oscar du meilleur acteur après quatre nominations. En parallèle le bruit a rapidement couru que le film était le remake d’« Un convoi sauvage », film réalisé en 1971 par un réalisateur oublié et récemment disparu répondant au nom de Richard C. Sarafian. « Le fantôme de Cat Dancing » est inspiré d’un roman de Marilyn Durham. Un premier roman que la jeune femme a écrit en pensant aux westerns spaghetti rendus populaires par Sergio Leone et Clint Eastwood. Pour faire vivre son héros principal Jay Grobart, Mary Durham avait en tête Lee Van Cleef. Les droits du roman furent vendus avant la parution du livre au producteur Martin Poll qui s’associe avec Eleanor Perry pour la rédaction du scénario. Richard C. Sarafian qui avait justement fait ses preuves dans le western avec « Le convoi sauvage » se voit confier la réalisation après que Brian Hutton plutôt spécialisé dans les films de guerre soit un temps pressenti. Poll vend le projet à la MGM qui tente de réunir pour l’occasion le tandem de charme Steve McQueen/Ali McGraw. Finalement Burt Reynolds auréolé du succès de « Délivrance » (John Boorman en 1972) interprétera Jay Grobart alors que l’actrice anglaise Sarah Miles remarquée chez Joseph Losey et David Lean débarque à Hollywood pour spoiler: camper une bourgeoise qui fuyant son richissime mari tyrannique et violent (George Hamilton parfait), chevauche un pur-sang à travers le désert, coiffée d’un haut de forme et une ombrelle à la main juste avant de rencontrer une bande de malfrats venant de piller un train. Image d’entame insolite assez typique du style visuel de Sarafian qui avait déjà eu l’idée d’un général fantasque (John Huston) convoyant un bateau à travers les Rocheuses dans « Le convoi sauvage » (image saisissante probablement vue par Werner Herzog avant qu’il ne se lance dans la folle aventure de son « Fitzcarraldo » dix ans plus tard). Rappelant vaguement « Sierra torride » de Don Siegel, l’intrigue s'enroule autour d'une histoire d’amour plutôt émouvante entre une femme en quête de sincérité et un homme spoiler: au passé lourdement lesté par la mort tragique de Cat Dancing, une indienne Shoshone qui lui avait donné un fils dont il a perdu la trace et qu'il recherche. Le film doit beaucoup à l’alchimie qui se dégage du couple improbable formé par Sarah Miles et Burt Reynolds dont les univers cinématographiques étaient à priori très opposés. Un Burt Reynolds à peine sorti du tournage de « Délivrance » qui livre sans doute ici l’une de ses meilleures interprétations. Sarah Miles actrice au caractère bien trempé est elle aussi particulièrement convaincante dans ce nouvel environnement qu’elle apprivoise sans difficulté apparente, sachant parfaitement mêler la touche classique de son éducation anglaise et la détermination éperdue de cette jeune femme sorte de midinette en quête du grand amour. Sarafian qui sait parfaitement intégrer son intrigue dans les décors naturels magnifiés par le chef opérateur Harry Stardling Jr., confirme sur ce film une singularité qui sans qu’on en détecte une réelle explication, hormis peut-être un caractère parfois ombrageux le poussant à l’intransigeance, s’effritera presque aussitôt après ce film qui s’avérera être en réalité son chant du cygne. Signalons les prestations discrètes mais néanmoins remarquables de Lee J. Cobb, George Hamilton et du grand second rôle Jack Warden dans un registre inhabituel.
Chaque fois que je pense à ce "Fantôme de Cat Dancing", c'est toujours le même mot qui me vient à l'esprit : improbable. Pas parce que c'est un Western ou que son histoire est à dormir debout, ça tient à autre chose : ses deux acteurs. Ce n'était pas la première fois que Burt Reynolds jouait dans un Western, mais qui aurait cru y voir un jour la délicieuse Sarah Miles ? Si ça se trouve, même elle n'aurait pas misé un kopeck là-dessus. Les deux associés, ça fait un duo bizarre. L'un symbole du héros viril des années 70 (consacré par "Délivrance" l'année précédente) et elle, à la voix cristalline et au physique fragile. On a parfois du mal à y croire. Dans sa première partie, le film est vraiment très bon, sans surprise, mais efficace et bien rythmé, c'est dés lors qu'il se recentre sur ce duo insolite qu'il perd en vigueur. Rien de rédhibitoire non plus, mais tu ne peux pas t'empêcher de ressentir une certaine impression de gâchis
Réalisé par Richard C. Sarafian un an après son brillant « Convoi sauvage », « Le Fantôme de Cat Dancing » présente un bilan nettement plus mitigé. Passe encore que Burt Reynolds soit moins bon acteur que Richard Harris, la présence de Lee J. Cobb, Jack Warden et surtout la belle Sarah Miles compensant largement. C'est surtout le rythme assez lent qui gêne, certes propice à découvrir des paysages superbes et à rendre les héros plus profonds, mais embêtant pour se passionner pour l'oeuvre. Il y a d'ailleurs peu d'action, même si c'est aussi un moyen de développer l'aspect intimiste, personnel et presque lyrique du film, par ailleurs superbement photographié. Nous sommes du coup un peu partagés, entre qualités techniques indéniables et récit moyennement captivant, à l'image d'une fin certes inattendue mais pas forcément réussie. Une curiosité.
A la suite de " le Convoi sauvage" (1971) Richard Sarafian, cinéaste du " nouvel Hollywood" ( courant créatif américain baptisé ainsi bien plus tard par la critique ), réalise " the man who love Cat dancing" (1971) western psychologique, entouré d'une légende en raison d'un événement tragique, exceptionnel, survenu pendant son tournage.
Le tournage a commencé depuis peu lorsqu'on retrouve mort, décédé dans des circonstances toujours pas éclaircies à ce jour, du secrétaire personnel de l'actrice anglaise Sarah Miles.
En catastrophe, Sarafian déménage toute l'équipe au Mexique, afin de poursuivre le tournage et éviter la présence des journalistes.
Le personnage clef du film est le personnage interprété par Burt Reynolds ( il ne fut pas satisfait du résultat et accusa violemment Sarafian de " ne pas l'avoir aidé").
Reynolds incarne un ancien tunique bleue passé du côté des indiens Soshones ou il épousera la fille du grand chef.
Taraudé par un sentiment de culpabilité en raison d'un acte impardonnable, il est en quête de rédemption sans peut-être le savoir lui-même.
La rencontre avec le personnage interprété par Sarah Miles, laissera la porte ouverte à un futur moins funeste.
Ce n'est pas le western de la décennie. Mais l'amateur de descriptions fines de personnages tourmentés ne le manquera pas. Voilà ( selon moi ) un western psychologique que la patine du temps a servie pour notre bonheur.
Quel magnifique western non de non ! Je ne l’avais pas revu depuis sa sortie en 1973, j’irai jusqu’à dire que l’on n’a a pas fait de mieux depuis…Tous les chefs d’œuvre du genre le précédant. La mise en scène est somptueuse, juste quelques zooms de trop, et le plus beau rôle de Burt Reynolds, parfaitement dirigé. Sarah Miles (la fille de Ryan) est tout a fait à la hauteur de son partenaire, il est rare qu’une femme occupe une telle place dans un western, elle est’’ vraiment impossible’’ pour reprendre la phrase de Jay. Quand un western est de cette qualité ; devant un grand écran, on n’est plus au cinéma mais dans l’Utah ou dans l’Arizona et on y reste : scotché par les extérieurs et le scénario d'autant qu' en cours de route le western se transforme en film d’amour. Le roman écrit par une femme engagée était excellent et Sarafian a su le transcender en lui donnant le bon rythme entrecoupé de séquences violentes comme la bagarre dans la ville abandonnée et son terrible épilogue (une balle dans le sexe) ou de séquences douces comme l’apprentissage du sifflement qui dégage une émotion aussi agréable qu’inattendue. Assurément un des 100 plus beaux westerns de l’histoire du cinéma mais qui peut être vu par n’importe quel spectateur, connaisseur, naïf et même allergique au genre.
Le point de départ du « Fantôme de Cat Dancing » est plutôt original : une femme (Sarah Miles) au mauvais endroit, au mauvais moment, embringuée dans une cavale spoiler: suite à un braquage de train . Harcelée par deux outlaws obsédés sexuels, la captive aux cheveux noirs va trouver auprès du leader de la bande, le « macho » Burt Reynolds, protection, avant de tomber amoureuse. Une poursuite, un peu molle, dirigée par Lee J. Cobb est organisée. Elle est inutile à l’intrigue et ne sert qu’à justifier le final. L’essentiel de l’histoire aborde les rapports entre Burt Reynolds et Sarah Miles qui est extrêmement malmenée tout du long (avec en arrière-plan le fantôme de Cat Dancing). Sa métamorphose pour conquérir son homme est l’aspect le plus intéressant de ce film qui manque cruellement de rythme. Morale de l’histoire : une bourgeoise pimbêche peut se transformer en Indienne résiliente et dévouée à son homme (tout en acceptant les pires humiliations) et réussir à le sauver (même si le rustre est incapable de lui dire « Je t’aime »). Du premier ou du second degré ? Retrouvez mon amour du Far West dans le roman WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU - Eds VERONE - TOME 1).
Même si à partir des années 70, il y avait moins de westerns américains qu'auparavant, certains sont de grande qualité voir même meilleurs, Le fantôme de Cat Dancing est un chef d'oeuvre, à la fois violent et romantique, Burt Reynolds est exceptionnel. Le film est très bien filmé, les paysages sont sublimes.