Le Tambour
Note moyenne
3,6
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102 critiques spectateurs

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angelnight03
angelnight03

4 abonnés 93 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juin 2009
Voici un film bougrement original! Le petit Oskar est absolument kawaii!! L'histoire est agréable à regarder et tout à fait imprévisible! Les aventures du petit Oscar et son tambour nous livrent un film au ton insolite, drole et sans tabous. Voici donc une belle découverte =)
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 9 novembre 2012
Ce film est juste affreux. Je suis partie avant la fin, car je ne pouvais plus tenir ce scénario qui ne tenait pas debout. Pire encore, ce film m'a donné mal à la tête et la nausée.
Rien que le début, je voulais donner des claques à ce gamin, qui ne faisait que de hurler et de taper sur son horrible tambour. La relation entre la mère et son cousin est carrément malsaine et la relation entre la gamine de 16 ans, le gamin est son père est carrément glauque.
Même si il grandit en âge, c'est absolument dérangeant de voir un gamin pervers et avide de sexe en train de copuler. Ce film est une véritable chiure, et n'est que le résultat d'une idée malsaine, perverse, glauque et lugubre.
Regardez le tambour, et garder l'écho d'orgasmes allemands, de cris de gamin, et de bruit de tambour dans vos oreilles pour au moins 2 jours.
Timon Houvrard
Timon Houvrard

41 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 novembre 2020
Ce film n’a pas été un moment de plaisir et je suis allé au bout difficilement.
Je ne sais même pas si ce personnage atypique du petit enfant qui ne veut pas grandir est un point positif : c’est ce qui donne une accroche originale et en même temps, ça l’empêche d’agir sur son environnement...
on se retrouve avec cet enfant perpétuel balloté dans un monde d’adulte en guerre.
Je ne comprends pas les critiques 5 étoiles. Peut être qu’il faut remettre le film dans son contexte de 1979.
Je ne conseille pas.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 24 décembre 2007
Des points forts incontestables : intelligent, original, émouvant, des acteurs formidables (Aznavour !!!), des métaphores extraordinaires et certaines phrases tout à fait époustoufflantes... Mais malheureusement certains éléments, surtout vers la fin du film, m'ont empêché de l'apprécier entièrement : la voix d'Oscar "s'éteind" à un moment donné alors que c'était vraiment un point fort du film, sa relation avec Maria n'apporte - selon moi - rien de positif, les galipettes de sa mère non plus et le réalisateur n'aurait pas dû faire porter l'uniforme nazi à Oscar... Selon moi cela retire de l'intérêt au film.

Cela dit, je vous conseille de le voir, afin de vous en faire vous même une opinion. Je resterai, quant à moi, mitigée en lui concédant deux étoiles.
brianpatrick
brianpatrick

119 abonnés 1 871 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 août 2007
David Bennent superbe dans son rôle ; il sauve le film à lui tout seul, et à un âge. Lui tout seul mérite un oscar, un césar et un lion d’or. Un chef d’œuvre.
chrischambers86

16 209 abonnés 13 158 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 mai 2025
il a èmu la Festival de Cannes, il a fait vibrer la cèrèmonie des Oscars! Quarante six ans après sa sortie, "Le tambour" (1979) rèsonne toujours aussi haut et fort en s'invitant même au Cinèma de minuit! Gloire èphèmère des annèes 70-80 et privè du charisme d'un jeune premier acteur, David Bennent est hallucinant (au même titre qu'un Klaus Kinski ou un Peter Lorre) dans le rôle de Oscar, utilisant son tambour comme un acte de rèbellion dans un pays qui bascule lentement dans le nazisme! Les autres comèdiens (Adorf, Winkler, Thalbach...) sont tout aussi marquants! Avec tout ce qu'il comporte de fort, de puissant et de positif, cette fresque historique, dont la virtuositè explose de mille feux, ne peut malheureusement être conseillèe que pour un public averti, pris dans la folie nazie! Mais quel film à l'arrivèe! Quelle inoubliable Palme d'or (ex-aequo avec le monumental "Apocalypse Now") que nous a pondu Schlöndorff pour le cinèma allemand...et le cinèma tout court dont la mise en scène mèrite vraiment tous les èloges...
selenie

7 477 abonnés 6 705 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 août 2024
Dans la première partie on est surtout fasciné par le petit Oskar, son tambour, puis son cri briseur de verre, et sa volonté farouche de rester un enfant de trois ans. On est un peu gêné par ce gosse qui doit avoir trois ans mais qui en paraît plutôt 8-9 an joué par un acteur de 13 ans, finalement jamais on ne peut croire à un enfant de trois ans, on s'accroche à l'histoire en se disant que c'est plutôt un enfant de 8-9 ans ou un jeune ado qui fait plus jeune. On peut rester un peut perplexe encore par un personnage qui reste étonnamment sans émotion ou presque mais pas toujours à quelques instants près ce qui fait penser à un spectre de l'autisme. Par là même, Oskar veut rester un enfant de trois ans mais paradoxalement veut pourtant avoir une vie sexuelle épanouie. Le film oscille constamment entre le surréalisme voir l'incongruité des situations et la tragédie et l'horreur de la guerre de ses causes à ses conséquences mais pas que. On sent la volonté aussi de choquer plus ou moins gratuitement (les anguilles dans le plus, le sexe "en famille" dans le moins) ce qui rend sans doute un peu vaporeux tous les messages plus sérieux. Un film passionnant, intrigant, merveilleusement joué et filmé mais qui va aussi troubler pour ne pas dire perturber certains spectateurs.
Site : Selenie.fr
weihnachtsmann

1 632 abonnés 5 766 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 juin 2016
Un film sur la montée du nazisme vu au travers des yeux d'un enfant. Le procédé est original et le traitement vraiment soigné. C'est juste que l'enfant est un peu énervant avec son tambour mais il faut reconnaître que la reconstitution fait réfléchir avec ses nombreuses scènes significatives et éclairantes sur une progression insidieuse de ce courant dans les esprits et les comportements. Une scène est tout à fait marquante, celle où l'enfant va taper à contre-temps de façon cacophonique pour perturber les festivités et engendrer une joie au lieu d'une fascination aveuglante. La deuxième partie est beaucoup plus extravagante et cela devient un film très métaphorique qui s'étire dans tous les sens jusqu'à nous perdre. Il faut bien reconnaître que c'est un peu spécial surtout quand l'enfant a atteint son âge d'homme mais gardé sa taille d'enfant.
Redzing

1 460 abonnés 4 974 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 mai 2025
Avant de le découvrir, je connaissais ce film pour deux raisons. D'une part, sa concurrence féroce avec "Apocalypse Now" lors du festival de Cannes de l'époque. D'autre part, les avis profondément divergents, certains le considérant comme l'un des grands films allemands, d'autres comme un navet sans intérêt. Mon avis intermédiaire ne va pas aider à trancher !
On suit l'histoire d'Oskar, jeune garçon né en Pologne en 1924. A 3 ans, deux choses fondamentales lui arrivent. On lui offre un tambour qu'il ne quittera plus. Et il choisit d'arrêter de grandir. Il verra ainsi les années sombres de 1927 à 1945 avec son corps d'enfant.
Il y a de vraies idées derrière "Die Blechtrommel". Le concept de ne pas vouloir subir une époque terrible, et de garder un corps d'enfant pour échapper à d'horribles situations, en demeurant éternel spectateur (Oskar dira d'ailleurs à des artistes de cirque qu'il préfère être spectateur qu'acteur du spectacle). C'est original, avec une forme de poésie cruelle, et une touche bienvenue de fantastique.
Côté mise en scène également, quelques idées sont barrées, qu'il s'agisse d'aller dans la dramatisation (la pêche aux anguilles) ou dans des saillies d'humour cinglant (la congrégation nazie qui se transforme en ballet !).
Mais beaucoup de choses pêchent pour moi. D'abord le personnage d'Oskar. Déjà physiquement il y a un malaise. L'acteur David Bennent, qui a tendance à garder un air halluciné, avait 11 ans et un air certes très jeune. Difficile de gober qu'il a le physique d'un enfant de 3 ans. Bon, d'accord, je comprends qu'ils ne pouvaient pas prendre un vrai enfant de 3 ans pour porter le film.
Puis ce personnage est tout de même très antipathique. Il parait peu émotionné devant les affres que traversent sa famille, quand il ne contribue pas régulièrement à leur déchéance !
Ensuite, le rythme régulièrement longuet. Les 2h20 ont été un peu dures à passer pour moi. Quand certaines scènes sont limites malaisantes. Je pense évidemment aux passages de fesse avec le jeune David Bennent, qui dérangent. Je comprends pourquoi le film a été censuré dans certains pays à l'époque...
Toujours est-il que "Die Blechtrommel" remporta un grand succès publique et critique à sa sortie. Et c'est le genre de film qui ne laisse pas indifférent, méritant au moins un visionnage.
Hotinhere

803 abonnés 5 523 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 août 2019
La montée du nazisme et la guerre vues par les yeux d'un gamin qui refuse de grandir. Une fable métaphorique originale, visuellement très riche et inventive, mais inégale, avec bcp de longueurs. Palme d'or et oscar du meilleur film étranger.
ManoCornuta

365 abonnés 3 089 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 novembre 2020
Farce tragi-comique aux accents parfois surréalistes, le Tambour dénonce le monde des adultes et ses obsessions grotesques avec malice, jouant avec finesse de ses interprètes et multipliant les scènes chocs, parfois jusqu'à l'excès et la nausée, au fil d'un scénario en montagnes russes qui parvient à maintenir le spectateur en éveil jusqu'au bout. L'effroi et le rire alternent tout au long du film, à peine interrompus par quelques moments de tendresse bien rares mais qui font respirer l'ensemble. Une œuvre curieuse et surprenante.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 décembre 2020
Oscar n’est pas seulement le regard d’un enfant au milieu des adultes, c’est aussi un enfant qui rythme au son de son tambour l’histoire du nazisme, de sa montée avec le refus de grandir, à sa déchéance avec son envie de grandir. David Bennent ne devait sans doute pas maîtriser la grande Histoire pas plus que la petite histoire dirigée par Volker Schlöndorff. Seulement si David Bennent impose à l’écran, il le doit non seulement à son talent précoce et incroyable mais à la direction d’acteur du réalisateur. Il faut aussi avoir des parents ouverts dotés d’un esprit artistique pur comme un diamant pour accepter voir leur fils jouer dans des situations que l'on qualifierait aujourd’hui de tendancieuses. Etait-ce l’époque qui voulait ça ? Est-ce les années 70 ? Cette liberté de ton sans penser à mal ? N’y voyait-on pas un Clint Eastwood embrasser sur la bouche la petite Amy dans « Les proies » ? Patrick Dewaere ne finissait-il pas par céder aux avances de sa belle-fille dans « Beau-Père » ? Pourquoi s’en offusquer aujourd’hui ? Aujourd'hui, serait-on aussi audacieux sans risquer d’être jeté dans la fosse de la bien pensance ? Dans la dictature du politiquement correct ? Pourquoi toujours ramener à aujourd’hui ? Pourquoi ne jamais tenir compte du contexte ? Un peu d’immoralité ça fait du bien. J’apprécie être bousculé, j’apprécie être provoqué quand l’immoralité s’inscrit dans un récit cohérent, quand elle n’est pas gratuite. « Le tambour » est une oeuvre audacieuse, porté par un jeune acteur remarquable : David Bennent. Il est pratiquement à tous les plans. Comme je l’ai souvent écrit, rien ne me choque dans l’Art. Rien ne m’a choqué dans ce « Tambour ». Je l’avais vu à sa sortie et me rappelle avoir été en effet quelque peu dérangé. Ce dont je me rappelle, j’étais incapable de me prononcer. « Le tambour » est de ces oeuvres qui permettent de développer l’esprit critique, d’emprunter la voie de la tolérance. Quant aux scènes que d’aucuns qualifient de « pédosexuelles » elles ne sont aucunement scandaleuses. Dérangeantes, je peux le comprendre. Il ne faut pas oublier que le personnage Oscar grandit intérieurement, il est mature, malgré son apparence d’enfant. Ceux à qui ça gênent sont ceux qui confondent réalité et fiction. Sous couvert d’un film, les défenseurs de la morale voient un acteur, victime innocente de la perversion des adultes : acteurs et metteur en scène. RIEN DE TOUT CELA. « Le tambour » est une oeuvre cinématographique majeure avec un soupçon de burlesque, d’érotisme et d’horreur. Comme cette phrase tout aussi malaisante : « Il était une fois un peuple crédule qui croyait au Père Noël. Mais en réalité, le Père Noël était le préposé au gaz. » A voir en V.O si possible.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

98 abonnés 4 503 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 avril 2025
Né entre les deux grandes guerres, le petit Oskar décide le jour de ses trois ans, au spectacle des turpitudes du monde adulte de ne plus grandir, de rester cet enfant au tambour, symbole ludique par lequel il exprimera désormais ses émotions.
Ce récit allégorique, riche en symboles, très habilement et singulièrement mis en scène par Volker Schlöndorff, introduit une dimension surnaturelle, et burlesque parfois, dans cette approche critique de l'Allemagne nazie. Complexe et prenante, la réalisation fixe l'anecdotisme d'une vie de famille à travers la guerre et, auparavant, ses prémisses, qui sont l'illustration grave et ultime de la désespérante comédie humaine que traverse ici Oskar; celui-ci témoigne pour nous de la complaisance du peuple allemand pour le régime hitlérien.
Ce parcours initiatique où s'imposent au regard de l'enfance la médiocrité, la destruction et la mort est d'autant plus fascinant qu'il s'appuie sur la composition mémorable du jeune David Bennent, à la physionomie extraordinaire, devenu l'incarnation de l'innocence sacrifiée.
Que le roman originel, de Günter Grass, et le film soient oeuvres allemandes n'est pas neutre.
Cadreum
Cadreum

75 abonnés 826 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 mai 2025
Considérer Le Tambour comme un grand film, c’est peut-être déjà se laisser contaminer par un film qui ne veut pas de notre assentiment. Il ne cherche ni à nous plaire, ni à nous séduire, ni même à nous convaincre. Il nous dérange, littéralement. Dans notre manière de voir, d’écouter, de comprendre, de nous souvenir.

C’est un film qui trahit le grand récit pour le hanter de l’intérieur, un film qui refuse la stabilité historique : l’Histoire, oui, mais vécue du point de vue de la fable malade, de l’enfant perverti, du cri qui casse les vitres, du tambour battu comme on bat le monde.

Le Tambour ne reconstruit pas que l’Europe des années trente et quarante : il l’habite de biais, la perfore par la fable, l’empoisonne par la voix d’un enfant qui a refusé de grandir, comme si le refus du devenir était, soudain, le seul geste moral possible. Ou le plus pervers. C’est tout le paradoxe du film.

Il faut peut-être partir de là : Le Tambour n’est pas un film sur le nazisme. Ce n’est pas un film sur l’Allemagne. Ce n’est pas un film “historique”. C’est un film qui montre ce que produit un siècle quand on approche trop près le vacillement moral, la déréliction des signes et le grotesque. Le grand art de Schlöndorff, ici, c’est de faire disjoncter le réalisme de l’intérieur, d’en faire éclater les coutures en y injectant une matière insidieuse : le conte, l’obscène.

Oskar, c’est l’épicentre du tremblement. Il ne grandit pas. Et cette décision-là, à trois ans, dans un monde où tout le monde s’empresse de grandir, c’est une désertion majuscule. Une grève du corps. Le monde adulte est là, grouillant, lubrique, dangereux. Oskar le regarde avec des yeux fixes. Il est l’enfant qui a tout compris trop tôt. L’enfant qui comprend que la croissance, ici, c’est la compromission. Que devenir grand, c’est accepter la logique des camps, des fusils, des pulsions refoulées qui s’érigent en lois. Alors il reste petit.

Oskar ne grandit pas. Voilà la métaphore. Mais une métaphore dont on ne sait jamais si elle est résistance ou perversion. Fuite ou lucidité. C’est ce flottement qui fait le film. Cette indécidabilité qui traverse tout : Oskar regarde, oui, mais il agit aussi. Il dénonce, mais il jouit. Il refuse le monde adulte tout en l’imitant dans ses gestes les plus troubles. Il veut rester petit, mais il manipule, il séduit, il détruit. Est-il victime ou bourreau ? Mascotte ou monstre ? Il est trop. Il déborde la morale, la lecture, l’interprétation.

Et ce débordement est partout. Dans le corps du film. Dans sa peau. Dans ses textures. Schlöndorff ne filme pas la montée du nazisme comme une fête qui tourne mal. La forme épouse ce dérèglement : les cadres sont instables, les sons distordus, les corps filmés comme des amas de pulsions, jamais vraiment désirables, jamais vraiment repoussants. On est dans une zone grise. Une boue visuelle et morale.

Rien n’est simple. Ni le grotesque, ni l’érotisme, ni la violence. En exemple, la fameuse scène des anguilles tirées du cheval mort n’est pas une image-choc : c’est une énigme. Répulsion ou fascination ? Rire ou dégoût ? Tout Le Tambour repose sur cette frontière floue, cette logique du malaise. Un malaise sans issue. Car il n’y a pas de retour possible à l’ordre. Pas de leçon à tirer. Pas de culpabilité claire. Juste une Europe qui s’enfonce dans son propre fantasme et un enfant qui joue du tambour, comme on forcerait les morts à parler.

On pourrait croire à une posture critique, à une dénonciation par l’absurde. Mais ce serait trop facile. Le film ne dénonce pas : il infiltre. Il s’immisce dans l’époque, il la respire, il en adopte parfois les gestes. Il la mime. Il la rejoue. Et parfois, il s’y perd. Ce n’est pas un film “contre” le fascisme, c’est un film dans le fascisme. Qui montre aussi à quel point l’enfance elle-même n’est pas pure, qu’elle peut désirer le pouvoir, la jouissance, la cruauté.

C’est là que le film est le plus fort : dans son refus du confort idéologique. Il ne hiérarchise pas les horreurs. Il les montre. Il les lie. Il n’y a pas l’enfance contre la barbarie, l’imaginaire contre l’idéologie. Il y a un monde imbibé. Et un tambour qui bat, inlassablement, comme un cœur malade, un cœur trop vivant.

Le génie de Schlöndorff, c’est de n’avoir jamais eu peur du mauvais goût. Il filme la lubricité, la fange, la cruauté, sans cligner des yeux. Il filme les corps comme des surfaces de contamination : toujours trop proches, trop vivants, trop ouverts. On pense aux anguilles tirées du ventre d’un cheval, à cette chair offerte, à ces femmes qui jouissent, qui meurent, qui rient, mais dont aucun geste n’est pur. Le film est impur, dans sa texture même. Et c’est cette impureté qui fait sa vérité.

Il faut parler du grotesque. Parce que tout le film s’enracine dans cette esthétique-là. Le grotesque comme excès. Comme forme de lucidité perverse. Comme manière de dire ce qu’on ne peut pas dire autrement. Le nazisme est montré non pas comme une doctrine, mais comme un carnaval obscène, une logique des corps, un délire de représentation. Ce n’est pas une idéologie, c’est une fête monstrueuse. Et Oskar, là-dedans, c’est l’œil impitoyable.

Ce qui reste du film, longtemps après, ce n’est pas une scène, un plan, un message. C’est une sensation. Celle d’avoir été traversé par un film qui nous regarde en retour. Qui nous accuse, peut-être. Ou qui, du moins, ne nous laisse pas indemnes. Un film qui ne reconstruit rien. Qui laisse les ruines en l’état. Qui préfère la salissure à la catharsis. Qui ose l’ambiguïté. Qui laisse traîner les questions. Oskar n’est ni ange, ni démon. Il est l’incarnation d’une époque qui a cessé de croire en la croissance, en la dialectique.

C’est pour cela, et seulement pour cela, que Le Tambour est un chef-d’œuvre. Parce qu’il ne documente pas : il transperce. Parce qu’il ne reconstruit pas : il profane. Parce qu’il ose filmer l’Histoire comme un rêve devenu putréfaction. Parce qu’il sait que ce qui est intolérable ne peut être dit qu’à travers la fable. Et parce que dans ce corps minuscule, qui crie et qui tape, se concentre toute l’horreur d’un siècle sans filtre, sans leçon, sans clôture.
Vincenzo M.
Vincenzo M.

47 abonnés 271 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 février 2020
Film magnifique avec un enfant très attachant, un Aznavour attendrissant, et des acteurs (trices) marquants. on se laisse porter dans cet univers à la.flis loufoque et historique, cruel. Volker Schlöndorf le réalisateur, a su trouver en David Bennent, l'acteur idéal pour incarner ce destin hors-norme. A des années lumière de tout cabotinage, l'acteur (douze ans au moment du tournage, mais en paraissant beaucoup moins) insuffle à son personnage une présence incroyable et hallucinée.
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