Le Tambour
Note moyenne
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102 critiques spectateurs

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Gautier Delapierre
Gautier Delapierre

25 abonnés 58 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 juillet 2023
Pourquoi aucune critique présente n'essaie de comprendre les scènes les plus déroutantes du film ?
Le film projette une réalité à travers le prisme de l'enfant, premier point important qui permet de comprendre pourquoi on a du mal à comprendre !

L'enjeux est donc double, discerner la réalité de l'imagination et ensuite interpréter les fantasmes infantiles.

spoiler: Prenons la scène des anguilles. À priori non, la pêche à l'anguille ne se pratique pas avec une tête d'âne. De plus cette pratique pourrait favoriser les bactéries. Est ce la mère de Oskar qui est dégoutée ou Oskar lui même ? Sans doute Oskar puisque c'est lui qui projette le film que l'on voit. Est ce l'anguille elle même qui dégoute l'enfant ou son mode de capture ? L'anguille a l'allure de serpent, a toutes les qualités pour déplaire aux enfants, d'autant plus que certains enfants n'aiment pas le poisson en général. C'est beaucoup plus clair si l'on part du principe que c'est Oskar l'enfant qui est dégouté par ce met de la mer et qui refuse d'en manger et qui se voit recevoir une leçon de moral du père adoptif. Le mode de capture de l'anguille est sans intérêt, la tête d'âne est là pour nous dire : "mais d'où peut bien venir cette horreur qu'est une anguille ?". Pour la suite, à l'évidence, Oskar n'aime pas l'idée que sa mère s'envoie en l'air avec des inconnus, donc il en profite pour ré introduire une scène totalement gratuite qui est censé expliquer pourquoi sa mère se décide à manger les anguilles. Mais en réalité, cette scène sexuelle n'a pas eu lieu à ce moment, et tout ce qui compte, c'est que après le caprice, on finit par se résoudre à manger ce qu'on a dans son assiette quand on a rien d'autre, quitte à avoir l'air ridicule.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

166 abonnés 2 041 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 février 2020
La jeunesse, depuis Les Désarrois de l’Élève Törless, n’a pas cessé d’être un thème de Schlöndorff. La guerre en est un autre inévitable quand on est allemand & qu’on traverse les générations : voilà sans doute pourquoi son personnage principal ne veut pas grandir.

Oskar, en effet & à l’instar de son acteur David Bennent (1m16 à 13 ans), a préféré rester dans le corps & l’esprit d’un enfant que de contempler la décroissance de son pays tiraillé de l’intérieur entre l’identité polonaise & allemande, déchiré en plus de part & d’autre sur les fronts.

Dans des décors qui ont le même pittoresque vibrant d’un passé ressuscité que ceux de Le Dictateur de Chaplin, les figurants n’en sont pas. Car même les foules de Schlöndorff vivent entières sous sa direction d’acteurs (apparemment sans limites à la fois de qualité & de portée) qui fait monter le casting sur la corde raide – & même instable – d’une interprétation exceptionnelle, juste & datée en même temps (même pour l’époque, je veux dire).

Sur son giron artistique, Bennent, acteur d’Oskar, semble avoir saisi mieux que quiconque ce que le réalisateur s’efforçait de faire, & par bien des points, c’est même lui qui nous l’explique, en parfait faux adulte… faux enfant… bon, je ne sais pas ce qu’il est mais il est magnifiquement factice, précoce, capricieux, immature, philosophe, voix off aussi & l’écho d’une ambiance qui obéit aux ruptures (presque des saignements) de chaque nouvelle scène, si bien que, entouré qu’il est par des professionnels géniaux en matière de lyrisme détaché de tout, on finit par oublier qu’Oskar / Bennent est un enfant.

Pourtant, faire du Schlöndorff signifie toujours aller trop loin : écœurer, déranger, placer le dégoût là où on ne l’attend pas (une scène de guerre ? non : une scène de pêche ; un crime ? non, une scène d’amour), se faire interdire un peu partout pendant longtemps pour des scènes pédopornographiques (qui ne le sont pas, mais il fallait bien mettre un mot dessus), ça fait partie de sa griffe & c’est ce qui ouvre chaque nouvelle scène sur une direction “extérieure”, qui n’appartient ni à l’image ni à la narration.

Par exemple, on passe parfois d’une scène à l’autre comme à travers un tableau, par des raccourcis dans le temps comme si Oskar en était maître (franchement, c’est possible aussi : un gamin avec un tel regard est forcément capable d’invoquer des démons) & des angles frustrants qui cachent toujours “ce qu’il y a derrière”, invitant à voir ce qu’il y a plus loin que l’image. Bien sûr, Maurice Jarre ne se retient pas non plus de glisser ses anachronismes sonores, ajoutant à ces années qui passent par paquets de trois ou quatre comme un patchwork de rêves à moitié achevés d’enfance & de guerre.

Finalement, ce n’est pas tant ce que Le Tambour montre qui choque, mais ce qu’il invite à croire, car on ne peut qu’y voir pire & se dire : “meh, ce film m’a dérangé” sans pour autant que certaines scènes clés (qui viennent immédiatement à l’esprit) suffisent à totalement justifier ce sentiment. On en réchappe, souvent, par cet extérieur que Schlöndorff semble appeler dans ses images comme un gourou sur un sommet himalayan.

Le surnaturel de cet enfant pour qui les années passent comme des jours & la guerre comme un souvenir, les souffrances qu’on sent venir de loin mais qui ne s’attardent jamais, toutes ces petites fins brusques – des graines de mort – qui rendent difficile de croire au début de quoi que ce soit, finissent par rendre le visionnage absorbant & ses conséquences inquiétantes. Le film ne se regarde pas : il se souffre, & si l’on en sort pas, c’est qu’Oskar continuera de grandir dans notre esprit de spectateur perturbé, & de le faire grandir avec lui.

→ https://septiemeartetdemi.com/
Nicolas L.
Nicolas L.

121 abonnés 2 106 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 novembre 2025
Pas un film facile, Le Tambour foisonne d’idées symboliques fortes sur la montée du nazisme en Allemagne, sur l’enfance et sur la cruauté du monde des adultes. Le film alterne les tons — burlesque, dramatique, grotesque, fantastique voire horrifique — dans un mélange déstabilisant mais fascinant. L’acteur principal, hallucinant de présence, est à la fois attendrissant, inquiétant et hypnotique : son regard transperce l’écran. Malgré quelques longueurs sur la fin, c’est un grand film, dense, audacieux et profondément marquant.
Patjob
Patjob

45 abonnés 771 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juin 2022
Cette adaptation d’un livre réputé inadaptable (que je n’ai pas lu) constitue un projet très ambitieux. Une ambition confirmée par l’ampleur et la durée du film, son esthétique, sa recherche d’originalité, son étalement sur une longue période, cruciale et douloureuse, de l’histoire de l’Allemagne. Les évènements sont vus à travers les yeux d’un garçon (qui est d’ailleurs le narrateur) aux caractéristiques hautement symboliques : il a décidé de cesser de grandir, pour ne pas appartenir au monde des adultes, si décevants par leurs comportements individuels et collectifs, il est capable par des cris de briser tous types de verres, expression de sa révolte contre ce monde, et tape frénétiquement sur son tambour, comme pour le réveiller. Le film est foisonnant, alternant des scènes dramatiques, délirantes, baroques, provoquantes, presque toujours inventives, parfois magiques comme la première rencontre avec le Lilliputien. Il lui manque un peu de fluidité, pour, au-delà d’une succession de scènes, constituer une grande œuvre. Il en résulte un film important et marquant, qu’aurait magnifié un peu de génie.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

144 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 août 2017
Adaptation fidèle et réussie du roman du Prix Nobel de littérature Günter Grass, Le Tambour nous fait suivre le parcours d'Oskar, garçon de trois ans qui a choisi de ne plus grandir, dans le Dantzig (Gdansk) de la première partie du XXème siècle. Le jeune protagoniste est ainsi le témoin privilégié des vicissitudes de l'Histoire dans cette période particulièrement trouble, et dans cette zone géographique particulièrement sensible, écartelée entre Allemagne et Pologne, mais aussi un observateur des mœurs décadentes d'adultes se laissant happer par les mouvements nationalistes et haineux de leurs patries respectives. Une mise en scène solide, qui parvient à retranscrire y compris les passages les plus oniriques du livre. À la fois drôle, grotesque et terrible. Palme d'or à Cannes en 1979, Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1980.
GéDéon
GéDéon

143 abonnés 746 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 juillet 2021
Lauréat de la Palme d’or du festival de Cannes en 1979 puis de l’Oscar du meilleur film étranger, ce long-métrage du réalisateur allemand Volker Schlöndorff est absolument insolite. Même si l’on assiste en arrière-plan à la montée en puissance du régime nazi durant l’entre-deux-guerres dans une ville de Pologne, c’est surtout le parcours de cet enfant (David Bennent) refusant de grandir qui constitue le cœur du sujet. Avec la présence de plusieurs personnages, dont Tim Burton pourrait revendiquer la paternité, l’histoire utilise la métaphore pour décrire les troubles de l’adolescence vis-à-vis de l’amour, la mort, la sexualité, etc.. Malheureusement, la mise en scène rend difficile toute empathie pour ce jeune garçon qui rythme sa vie au son de son inséparable tambour. A noter la participation poignante de Charles Aznavour. Bref, une œuvre particulière bousculant le conformisme.
foch1800
foch1800

73 abonnés 132 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 juillet 2008
film vraiment hors du commun, dans l'age d'or du cinéma allemand
Karim A.
Karim A.

48 abonnés 616 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2016
Un classique du cinéma allemand post période nazie
un roman à succès qui nous donne un film spoiler: qui traite de tous les sujets de la crise économique en Allemagne, à la montée du Nazisme et à l'invasion de l 'armée rouge tout cela à travers le regard d un gamin pas comme les autres.
Julien D

1 343 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 avril 2013
La façon qu’à Volker Schlöndorff de mélanger ainsi naïveté et cruauté au sein de l’histoire fantastique de cet étrange enfant pour lui faire vivre les horreurs de son temps fut une idée insolite pour décrire les horreurs du joug national-socialiste sans mettre en images une simple dénonciation démonstrative. Le mélange de sentiments est brillamment brassé par une mise en scène hors norme dans un univers visuel qui parvient à surprendre du début à la fin. Bien que souvent jugé repoussant de part son aspect austère et froid, Le tambour reste un indéniable chef d'œuvre de lyrisme particulièrement bouleversant.
oranous
oranous

165 abonnés 1 097 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juillet 2007
Film très derangeant surtout les scènes avec Maria!
Cependant certains passages sont innoubliables ( l'accouchement ou encore la scène du rassemblement nazi avec l'orchestre...)
Le genre du film est : comedie dramatique, je ne vois pas en quoi ce film est comique!
Oscar joue très bien, il a une tete affreuse, une voix insuportable, un cri pénible mais c'est ce qui caracterise l'enfant! C'est remarquablement bien joué!
thamnophile
thamnophile

14 abonnés 194 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 août 2008
Un des plus beaux films que j'ai vus dans ma vie. La première fois, c'était lors de sa sortie en Octobre 1979. je n'arrivais plus à décoller de l'écran tant l'histoire et ses personnages sont prenants, sidérants. Déjà, elle n'est pas banale avec cet enfant qui réussit après l'avoir décidé à ne plus grandir pendant plus de vingt ans et de ce tambour qui le suit tout le temps quoi qu'il se passe.Déjç, les acteurs comme l'histoire sont fabuleux mais que dire de David BENNENT ? Il est déjà délicieusement inquiétant rien qu'à sa façon de parler mais tout autant captivant par sa façon d'interprêter le rôle pourtant si difficile d'Oscar. J'imagine que le réalisateur a du avoir un mal fou à le trouver mais il était l'oiseau rare qui a donné de par son jeu la Palme d'Or au film et il a su le trouver. Il est à lui tout le film. Son regard halluciné- rares sont les petits acteurs de cet âge à être ainsi connus notamment par leur regard si ce n'est lui, Cameron BRIGHT et Caspar SALMON- est aussi tout le film. Il a charmé deux générations de cinéphiles grâce à ça et aussi son élocution très particulière et étonnante chez un enfant. Evidemment ! ce film, je l'ai revu à plusieurs reprises et enregistré d'abord en VHS et depuis en DVD. C'en est un de ceux que je préfère et que je reois le plus souvent. si j'ai un conseil à donner, c'est que vous achetiez le DVD ou que vous le regardez à la télé et je peux vous garantir que malgré la longueur du film vous ne vous ennuirez pas et que vous aurez ensuite envie de le revoir tant vous serez sous le charme d'Oscar et de son tambour ainsi que de ses mimiques et de ses façons de parler.Une scène que vous n'oublierez pas de^sitôt est elle ou avec son cri il fait se briser toutes les vitres de la ville. C'est en même temps une formidable leçon d'histoire pour qui veut comprendre les événements de l'époque. A voir absolument !
SociN
SociN

15 abonnés 637 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 août 2024
Grotesque, burlesque, dérangeant. Si certaines idées sont bonnes (notamment celle de tout voir à hauteur d'enfant, ce qui permet d'avoir un regard extérieur sur les années nazies) et l'évocation historique intéressante, l'enchaînement est sans queue ni tête et peut se résumer à la vie malheureuse et lubrique de quelques personnages simplets.
Jeune Ras
Jeune Ras

14 abonnés 469 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mai 2022
Bizarre et dérangeant. Malaisant par moments et beau par d’autres. Le nombre de thèmes abordés est vraiment intéressant d’abondance. L’ambiance années 40 du film est si bien respectée qu’on oublie quand a été tourné le film. C’est bien cadré, bien filmé, bien joué. Une œuvre déroutante.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 avril 2009
EXEPTIONNEL !
Ce film est mon préféré .Il nous fait pénétrer dans une étmosphère étrange et terrible.Volker Schlondorff fait du roman de Gûnter Grass un chef- d'oeurvre. A voir absolument au moins une fois dans sa vie !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 juin 2014
Je crois que ce film est dans ma tête un film très culte ! j'ai des scènes qui m'ont vraiment marqué et que je n'oublierai jamais, surtout des scènes dures psychologiquement, mais quel film! au finale on s'attache à cette enfant, qui n'est pas vraiment l'enfant parfait.
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