Les fans de Chabrol ne seront pas dépaysés dans ce film très chabrolien : milieu bourgeois, vices et veulerie des puissants. Excellent directeur d'acteurs, il nous emmène dans une belle histoire où la pureté est représentée par une jeune fille au nom prédestiné de Deneige qui n'hésite pas à participer à une partouze pour l'amour d'un homme beaucoup plus âgé qu'elle.
Un film qui manque de piquant. Le scénario aurait pu être plus audacieux, le casting est moyen (à part Ludivine Sagnier que je trouve une fois de plus très bien). Malgré tout il y a quelques bonnes scènes.
Chabrol aime griffer de sa patte ironique et goguenarde la bourgeoisie provinciale, genre dans lequel il excelle avec plus ou moins de bonheur depuis presque quarante ans. Décrire de sombres drames, ou faux semblants et cynisme servent à merveille le jeu de dupes. Le plus remarquable est que sa vision évolue en même temps que les mœurs et ses films se renouvellent par là même. A l’image du petite dernier où le réalisateur choisit cette fois-ci, d’évoquer le destin de Gabrielle Deneige, jeune fille branchée dont la candeur rafraîchissante n’a d’égal que son ambition. Elle va croiser deux hommes diamétralement opposés (âge, comportement, échelle sociale) et tomber avec eux dans un panier de crabes aussi féroces qu’avariés. Comme toujours chez Chabrol, les bons mots fusent et amusent. Ils agacent aussi surtout sur la première partie la moins bonne (avec la fin), surjouée (Berléand/May) et un peu trop passéiste sur la description des mentalités pour vraiment y croire. Mais heureusement, le duo Sagnier / Magimel opère, et ils effacent de leurs prestation ces imperfections. Sagnier qui n’a jamais été aussi radieuse, elle touche par une provocante innocence. Magimel compose ici un extraordinaire fils de famille totalement névrosé. Si « La fille coupée en deux » n’est pas un très grand Chabrol (jovial, incisif, subversif) il n’en demeure pas moins l’un des meilleurs.
Un grand cru chabrolien dans lequel le bougre s’amuse une fois de plus à égratigner la bourgeoisie et l’arrivisme à l’aide d’une mise en scène élégante, de trois acteurs en état de grâce (François Berléand, Benoît Magimel et Ludivine Sagnier) et de dialogues brillamment écrits digne des meilleurs Michel Audiard. La Fille Coupée En Deux est une œuvre piquante s’imposant sans mal comme le meilleur Chabrol de ces dernières années dont l’ultime séquence est un moment de cinéma particulièrement étrange et tout à fait magnifique. Du grand cinéma !
Pas vraiment passionnant ça s'anime bien un instant avant la fin mais c'est bref, pour le reste les personnages sont très caricaturaux et la réalisation trop distendue. Un bon point pour les acteurs, Magimel met un peu de folie dans le film.
Magnifique Ludivine, un charme fou qui mérite à lui seul 2 étoiles. Les autres personnages ne manquent pas de charme mais il sont éclipsé par la beauté naturelle de Ludivine. Il y a 50% de bon voire très bon et 50% de mauvais dans ce film. Le mauvais ce sont des dialogues et des scènes qui sont stupides (proches de l'arnaque cinématographique: "c'est du cinéma alors je peux me le permettre") qui n'apportent rien mais il faut ne pas aimer Chabrol pour le remarquer. Le bon et le très bon ce sont des personnages très bien interprétés qui nous font enragés ou comprendre un peu de l'âme humaine.
Cette fois on ne est sûr, c’est du Chabrol pur jus, pur race !! Un Chabrol de tradition donc dans lequel on retrouve quelques thèmes chers au réalisateur (le petit monde de la télé, la bourgeoisie provinciale…) dans lequel le sexe semble bien être l'enjeu principal...
Chabrol ... un film de plus, une histoire, des personnages, un milieu. Chabrol continue une oeuvre qui s'apparente à la Comédie humaine de Balzac. Ici c'est une scène de la vie lyonnaise racontée avec un plaisir évident et toujours cette ironie en filigrane mais aussi une sympathie évidente pour le personnage de Ludivine sagnier (excellente et superbe) Portraits féroces de notables (Catherine Silhol, formidable). On peut être déçu par l'intrigue qui n('est sans doute pas le vrai sujet du film, mais l'intérêt dégagé par cette galerie de portraits ne se relache jamais et tous les acteurs sont merveilleux.
Le nouveau Chabrol n'est ni un cru exceptionnel, ni une purge infame. Juste un film de plus dans une riche filmographie. Sans forcer son talent, le petit père brosse une fois de plus d'implacables portraits de bourgeois de province comme il les déteste tant. Et Dieu sait qu'ils sont particulièrement gratinés ceux de "la fille coupée en deux" : pervers, névrosés et imbus de leur personne et de leur position sociale qui leur donne tous les droits. Au milieu de tout cela, la pas si pure Ludivine Sagnier est plutôt convaincante tandis que Berléand est impérial et que Magimel surjoue avec bonheur. Dommage que l'ensemble soit un peu trop routinier. On aurait aimé être davantage surpris, mais le tout se regarde quand même avec plaisir.
Comme l'héroïne, on sort mitigé de ce film. D'un côté on a les acteurs au sommet de leur art et d'un autre un scénario et des personnages un peu tordus.
Pour son nouveau film Claude Chabrol continue à faire ce qu'il a toujours bien fait : le portrait d'une certaine bourgeoisie de province. La confrontation avec d'autres classes sociales est toujours aussi le centre de ces films, où, à défaut de se mélanger elles finissent toujours par se détruire mutuellement. La fille coupée en deux n'échappe pas à la règle.Tirée d'un fait réel américain du début XXè, transposé à Lyon de nos jours, cette fameuse fille a bien du mal à maintenir un intérêt tout au long des presque deux heures de projection. Rarement dans un Chabrol l'action a été aussi longue à démarrer et rarement un certain ennui poli, au vue de la grandiose filmographie, est venu s'immiscer dès les premières minutes. Pourtant tout les ingrédients du bon film chabrolien sont là : grande bourgeoisie de province, jeune fille ambitieuse, amours, sexe, meurtres...Le problème est que les couples ne sont pas crédibles. Que ce soit Berléand/Sagnier ou Sagnier/Magimel.Tout sonne un peu faux, on ne comprend jamais les motivations des personnages et Gabrielle passe d'un homme à l'autre avec une facilité déconcertante. On aurait aimé plus de mordant, plus d'acidité, un peu comme dans les films du metteur en scène des années 70/80. Ici on suit les mésaventures des personnages sans déplaisir mais sans grand plaisir non plus. L'histoire est de plus très prévisible, on perçoit très vite que la rivalité entre les deux hommes risque de tourner au drame. Le principal atout du film reste donc l'interprétation. Ludivine Sagnier est formidable. Elle irradie et illumine littéralement de sa présence. Elle incarne à merveille la fragilité, la candeur, la naïveté et la fraîcheur qui caractérise Gabrielle son personnage. Une très belle performance. A l'inverse je n'ai pas trouvé Benoît Magimel très bon. Suite sur mon blog...
Le dernier Chabrol est un film intimiste de très bonne qualité, mise en scène sobre et classieuse, interprétation juste et sensible, scénario simple mais puissant.Cette histoire un brin sordide de vengeance et de passion destructrice surprend par son implacable froideur,cependant l'humour n'est pas totalement absent de tout ça, et Chabrol se moque cruellement de la bourgeoisie ambiante, si Magimel interprète un rentier très perturbé, Berléand est quant à lui excellent en vieu pervers désabusé.Mais c'est Ludivine Sagnier qui rayonne le plus , elle est l'âme du film, à la fois victime et bourreau d'elle -même et des autres, elle illumine la partition très sombre de Chabrol.Le final laisse entrevoir une issue positive et fait de cette étude de moeurs une oeuvre désanchantée et rafraichissante.Un joli pied de nez de Chabrol à ses détracteurs...
Comment changer des habitudes vieilles d’une cinquantaine d’années et qui ont fait la renommée de leur réalisateur ? Ce n’est certainement pas Claude Chabrol qui pourra répondre à cette question, lui qui après plus de 50 films utilise toujours les mêmes ingrédients (bourgeoisie, pouvoir, crime, province) qu’il stigmatise par une spécificité narrative qui distingue sa nouvelle œuvre des précédentes. Dans La fille coupée en deux, c’est un triangle amoureux peu probable qui est le point d’ancrage à l’affrontement de classes sociales parfois semblables. Objet (sexuel) des convoitises masculines, l’espiègle Ludivine Sagnier (notre Scarlett Johansson à nous) est une jeune femme à la vie sentimentale en construction et présentatrice de la météo à la télévision lyonnaise. Elle s’éprend de François Berléand, vedette honorée de la littérature. Ce dernier débite son ton mélancolique et monotone habituel qui avec le temps finit par lasser. Faudrait se renouveler mon cher François ! Son rival dans la conquête du cœur (et du cul) de la belle est un des nouveaux acteurs fétiches de Chabrol : l’énorme Benoît Magimel (leur troisième collaboration), qui n’a pas ce souci de savoir varier ses prestations. Il campe un aristo oisif et passionné dont l’emphase des expressions colle idéalement au personnage. Démonstration une nouvelle fois sans faille de la palette d’un talent qui sied à tous les genres. Ici bien loin de la prudence réservée palpée dans La demoiselle d’honneur et Selon Charlie, et à l’opposé de la crainte qu’il suscite dans Truands. Comment justifier alors (précisons également qu’il a été très remarqué l’an passé dans L’ennemi intime) sa non-nomination aux récents César ? C’est là toute l’inaptitude des Académiciens de la profession à faire des choix avisés. C’est bien triste. Pour en revenir au film, sa destinée pessimiste très chabrolienne est finalement trop peu novatrice et inattendue pour écarter l’idée que l’heure de la retraite de son auteur a sonné.