Autopsie d’un meurtre (Anatomy of a Murder), 1959, d’Otto Preminger, avec James Stewart, Lee Remick, Ben Gazzara et George C. Scott. Musique de Duke Ellington, que l’on voit jouer à quatre mains avec Jimmy ! Deux heures trente de bonheur pour ce film « procédurier » épatant, qui nous livre plus l’autopsie d’un procès à l’américaine que celui du meurtre en question ! A partir d’une histoire sordide, a priori sans grand intérêt, (un mari a tué – c’est certain - , l’homme qui aurait – ce n’est pas si sûr - violé sa femme), le cinéaste nous livre une élégante joute oratoire entre procureurs et avocat, une partie d’échec brillante où le jeu, au sens le plus large du terme quand il s’agit de cinéma, celui des protagonistes, des témoins, du juge, est infiniment plus important que la recherche de la vérité, laquelle étant très aléatoire. Dans cette enceinte judiciaire, la forme compte plus que le fond, ce qui ne semble pas émouvoir les jurés et réjouit le spectateur ! Beaucoup de classe et d’humour; des comédiens en pleine forme, un scénario monté comme une mécanique d’horloge, une petite culotte (quelle audace pour l’époque !) comme pièce à conviction, et James Stewart, en avocat dilettante et pro à la fois, amateur de pêche et de jazz (profil Nestor Burma, avec secrétaire dévouée et ami alcoolo repenti)…un régal de bout en bout !