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Boyington
17 critiques
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1,0
Publiée le 18 novembre 2023
L'exemple parfait du film d'auteur qu'il est de bon ton d'encenser. Mais tout sonne faux, les acteurs jouent mal, la fine intrigue s'étire pendant 90mn. Reste l'intérêt, faible, de voir la vie en 1962 comme à travers une capsule temporelle, et Michel Legrand acteur.
CLEO fait partie de ces rares films dont on ressort en ne sachant quoi dire vraiment après avoir vécu tant de choses en deux heures de projection... de ces films qui transportent dès la première scène. Comme Cléo, le spectateur ne sait s'il faut rire et pleurer, et n'hésite pas à faire l'un ou l'autre quand il le faut. Une énergie réelle, une mise en scène brillante font de ce CLEO DE CINQ A SEPT un portrait passionnant, magnifique, et authentique d'une femme, que l'on découvre en seulement deux heures de sa vie. La fatalité du destin de Florence finit par nous rattraper; nous n'avons pas non plus d'échappatoire ... nous sommes condamnés à aimer ce chef d'oeuvre de Varda, à s'en rendre malade !
Merveilleux & frais bien que parfois un peu lent, le film montre bien comment notre société a terriblement vieilli - en plaçant l'amusement comme but numéro 1 & ultime de ces ploutocrates infiniment vulgaires , et , bien sûr le réserver au samedi soir sinon à la nuit !.. - Il faut "classer"... -
Quel film ravissant! A mesure que le temps passe, le personnage de Cléo gagne en profondeur et l'on se surprend à craindre autant qu'elle le résultat de son examen (peut-être un cancer). Elle vient en effet de passer un test médical, et de 17 à 19h on la suit dans les rues de Paris tandis qu'elle cherche par tous les moyens possibles à oublier son angoisse. Le rythme est quelque peu décousu, mais malgré (ou grâce à) ses petits défauts, «Cléo de 5 à 7» n'en est que plus attachant. Il s'agit là d'un film totalement dans la mouvance de la Nouvelle Vague et de son esthétique à la sauvette, parsemée de moments de poésie, de moments graves et d'autres plus futiles. L'actrice principale Corinne Marchand est parfaite dans son rôle de chanteuse au fond bien solitaire, et qui lorsqu'elle envisage l'approche de sa mort va prendre conscience des contradictions de son existence. Mais ce sont surtout ces petits moments décalés qui font tout le charme de ce long métrage au féminin : l'apparition de Michel Legrand (brillant compositeur de la musique du film) est délicieuse, le moment ou l'héroïne se met à chanter bouleversant, et le petit film muet («Les Fiancés du pont MacDonald»), où l'on retrouve avec joie et attendrissement Jean-Luc Godard, Anna Karina, Danièle Delorme, Yves Robert ou encore Jean-Claude Brialy est vraiment enchanteur. Les nombreuses fractures de rythme et de style, les interprètes inoubliables, la sincérité et la vivacité de l'ensemble en font un film touchant et plus que réussi, l'un des meilleurs de la Nouvelle Vague française. [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Mea Culpa, retenez vos crachats, je ne l'avais jamais vu, il n'est jamais trop tard etc...l'histoire, tout le monde la connait, c'est le solstice d'été à Paris, et pour Cléo, dans un autre sens, c'est aussi le jour le plus long...drôle de film, très gonflé pour l'époque, mais extrêmement attachant...et à méditer ensuite. Bravo, m'dame Varda, et également merci pour la promenade dans le paris de 1962.
Si la promenade dans le Paris de 62 est intéressante, l'actrice ne semble préoccupée par son destin que lors de certaines scènes attribuées, y jouant plutôt mal son désespoir. D'autres scènes semblent remplir des trous. La réalisation est certes originale, mais ce personnage laisse indifférent, quand il ne n'agace pas !
Il y a des moments très émouvants et très touchants dans cette chronique parisienne où cette apprend qu'elle va mourir. Cependant,le concept "temps-réel" rend le rythme inégal et certaines séquences sont ici pour combler des trous.
Agnès Varda passe au premier plan de la Nouvelle Vague et vient côtoyer les plus grands comme Truffaut et Godard, elle est aussi propulsée sur les marches du festival de Cannes dès son 2ème long métrage.
Cléo est une jeune chanteuse qui attend ses résultats d’analyse. Elle passe alors chez une voyante pour connaître son futur avant de découvrir Paris dans la peur.
Avec Varda, on passe du sujet le plus grave au plus léger avec délicatesse grâce aux différents styles. Cléo découvre la vie en 1 heure 30 dans sa déambulation parisienne qui devient une quête spirituelle. Pour vivre et vaincre l’angoisse des résultats d’analyse, elle rencontre des personnes et puise la sagesse dans chacune des histoires de ceux-ci. Toujours dans la délicatesse, symbole de la femme, on suit l’envol d’une femme.
Formidablement mis en scène par Agnès Varda, un film mélancolique très nouvelle vague qui met en scène les errances parisiennes et les angoisses d'une femme face à la peur de la mort. Daniel Pennac l'a bien compris : « le pire dans le pire, c'est l'attente du pire. »
"Cléo de 5 à 7" est un film pilier du mouvement de la Nouvelle Vague, la cinéaste Agnès Varda réussit une oeuvre ingénieuse d'une beauté presque parfaite. On y suit la vie en temps réel de Cléo (Corinne Marchand), une chanteuse attendant avec inquiétude les résultats de ses analyses médicales. La caméra de Varda nous fera déambuler dans le Paris des années 60, la photographie est vraiment magnifique, l'esthétisme du film est renforcée par la beauté de Corinne Marchand, parfaite dans son rôle d'enfant gâtée. Sa tenue vestimentaire composée d'une robe à pois dans la première partie du film signe de légèreté et d'insouciance laisse place à une robe noire dans la seconde partie, symbole de l'imminence de la mort. La musique de Michel Legrand fait chanter l'actrice dans des titres aux paroles assez rigolotes insufflant un vent de poésie dans cette ambiance par moments bien moroses. Agnès Varda, influencée par sa pratique de la photographie et de la peinture, fait des plans à l'intérieur des cafés parisiens très semblables à certains tableaux de Manet. Un très bon film en définitive laissant transparaître une ambiance parisienne enjouée et d'un esthétisme remarquable assombri par la perspective d'une mort proche. Un classique du cinéma français.
Un joli film avec le joli angle de vue de la grande Agnès Varda, c'est joli et profond, c'est léger et troublant. C'est du film français d'époque à voir !
La Nouvelle Vague dans toute sa splendeur ! Avec Cléo de 5 à 7, Agnès Varda propose une farandole d'idées comme rarement on en a vu. Le travail du cadre est dingue pour l'époque : le jeu de la couleur ; le miroir ; les chansons ; les fondus, le film en temps réel... tellement d'idées.
De plus, l'histoire proposée est totalement révolutionnaire et avant-gardiste, non pas sur la forme mais sur le fond : Par le personnage de Cloé, s'être peur de mourir, reflète une vision féminine unique et très en avance sur son temps ; ce "voyeurisme" omniprésent est rempli de métaphore et de poésie folle.
La nouvelle Vague est une nouvelle preuve que le Cinéma français fait partie des meilleurs au monde !
Qui est le film ? Tourné en 1961–62, Cléo de 5 à 7 s’inscrit à la lisière de la Nouvelle Vague mais refuse d’en épouser les codes les plus bruyants. Agnès Varda, déjà photographe et plasticienne, entre au cinéma par une porte oblique : avec un budget modeste, elle invente une grammaire où fiction et document s’entrelacent. En surface, Cléo de 5 à 7 est un film du temps et du regard. Varda montre une attente intime : deux heures pendant lesquelles une chanteuse craint un verdict médical.
Que cherche-t-il à dire ? Le film est traversé par une tension : comment vivre l’attente quand elle est contaminée par la peur de la mort. Mais Varda dépasse la seule angoisse pour ouvrir trois pistes. Elle scrute d’abord la fabrication de l’image féminine, objet de désir et de consommation. Elle observe ensuite comment le temps vécu, dans sa lenteur, devient matière d’expérience et non simple donnée abstraite. Enfin, elle ancre l’intime dans un contexte collectif : bruits de la guerre d’Algérie, circulation d’une ville indifférente, multiplicité des visages anonymes. Tout se tient : la peur de Cléo ne lui appartient pas seule, elle dialogue avec un monde.
Par quels moyens ? Varda organise le film autour de la durée diégétique : l’action se déroule pendant l’intervalle annoncé (littéralement une tranche temporelle). Ce choix ne relève pas d’un simple effet de style : il impose au spectateur l’épreuve de l’attente. Le temps n’est pas une abstraction thématique mais une matière : la dilatation donne accès à des détails qui, dans un récit ordinaire, seraient sacrifiés.
Le motif du reflet traverse le film : miroirs de loges, vitrines de rue, surfaces réfléchissantes. Au départ, ces dispositifs enferment Cléo dans l’image qu’on attend d’elle ; la caméra la filme alors comme surface, objet de spectacle. Progressivement, Varda renverse la relation : pour devenir instrument d’auto-reconnaissance. Techniquement, cela se traduit par des cadrages qui passent d’un face à face frontal (Cléo regardée) à des plans où la caméra s’éloigne, où le reflet révèle plutôt qu’il n’aliène.
La ville n’est pas décor : elle est antagoniste et thérapeute. Varda filme la rue, les petites gens, les commerces, les cafés. Les bruits de la rue, les conversations croisées et les visages anonymes jouent le rôle de chœur : ils désamorcent l’exceptionnalité narcissique de la star et la réinsèrent dans un monde partagé.
Les chansons, d’abord posées comme artifices, se muent en lieux d’authenticité. Quand la voix cesse d’être instrument de spectacle, elle devient aveu, présence nue. Le son fait basculer le personnage de la façade vers la sincérité.
Les rencontres de Cléo durant sa déambulation avec des amis, des inconnus, et finalement Antoine, sont scrutées non pour leur fonction narrative (qui relancerait l’intrigue) mais pour ce qu’elles dévoilent du rapport à l’autre. Le jeu de Varda et la mise en champ évitent les répliques convenues ; elles cherchent l’échange qui montre plutôt que qui prouve. Le dernier échange avec Antoine en est l’aboutissement : reconnaissance mutuelle, égalitaire, fragile mais réelle.
Varda joue de ruptures (inserts, plans documentaires, pauses contemplatives) qui à la fois invitent l’identification et rappellent l’artifice. Cette double posture est essentielle : elle empêche l’illusion d’un sujet totalement transparent et permet au spectateur de penser le statut de ce qu’il voit.
Le film ne fait pas de manifeste politique, mais elle est présente en filigrane : la rumeur de la guerre, la présence de soldats, les informations de la radio. Varda place le privé dans un horizon politique concret. Ce choix transforme la trajectoire intime en interrogation collective : la peur personnelle se conjuguera aux peurs du temps.
Où me situer ? Je suis frappé par l’honnêteté du geste. Varda invente un cinéma qui écoute plutôt qu’il ne proclame, qui laisse apparaître la fragilité au lieu de l’exploiter. J’admire cette manière de tenir ensemble l’attention au détail et l’ampleur sociale. En somme, je le lis comme une réussite dont la puissance tient à sa capacité d’ouvrir des questions plus que d’y répondre.
Quelle lecture en tirer ? Cléo de 5 à 7 travaille la désaliénation possible d’une femme-image. Elle montre que la sortie du régime d’objectification passe par des mouvements concrets : marcher, écouter, être regardée réciproquement, se démaquiller, parler sans spectacle. Le film enseigne une méthode : pour comprendre un sujet, il faut le placer en situation temporelle et sociale, lui donner du temps et l’entourer d’anonymes qui le renvoient à son humanité.
Si on replace le film dans le contexte de l'époque c'est évidemment un film très important, voire charnière. Aujourd'hui il représente une certaine idée du Paris d'avant mai 68. C'est le pendant féminin d'A bout de souffle. Cependant il manque aujourd'hui un souffle à ce film, qui n'a pas conservé la même force que les 400 coups ou que le Godard.
A l’occasion d’une rétrospective consacrée à Michel Legrand, j’ai découvert « Cléo de 5 à 7 » de Agnès Varda que curieusement je n’avais jamais vu. Filmé en 13 chapitres et quasiment en temps réel (1 h 30), Cléo (Corinne Marchand), jeune chanteuse à la mode, attend un diagnostic médical dont la gravité est en fait annoncée dans une scène avec une voyante. Tourné en 1962, c’est un film typique de la « nouvelle vague » par la façon de filmer les personnages dans la rue, de les accompagner en essayant de capter leurs émotions… avec une actrice « boudeuse », agaçante par son comportement dans les magasins, les cafés et avec les hommes de sa vie, et enfin touchante dans la dernière scène avec le jeune militaire inconnu qui part pour l’Algérie. Mais il n’y a curieusement aucune réflexion de sa part sur la possibilité ou non d’être gravement malade ! La prestation de Michel Legrand dans son propre rôle est assez émouvante. Un film marquant de l’histoire du cinéma français mais qui a un peu vieilli.