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Fabrice G
137 abonnés
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4,0
Publiée le 2 septembre 2007
Premier long métrage sensible d'Anne Le Ny, "Ceux qui restent" raconte l'histoire de Bertrand et Lorraine qui se rencontrent dans les couloirs de l'hôpital où leurs conjoints respectifs sont traités pour un cancer. Lui, rigide doit faire face à la situation tout en continuant à élever sa belle-fille. Elle, un peu éxubérante, est plutôt réticente à endosser le rôle de "mère Theresa" auprès de son compagnon malade, et se demande combien de temps elle va pouvoir supporter la situation. Ces deux là vont donc se soutenir mutuellement dans cette épreuve, au tour d'un café, d'un joint... elle le raccompagne, ils se séduisent... mais continuent à se vouvoyer. Le sujet est délicat mais traité avec beaucoup de pudeur et de délicatesse, sans tomber dans le pathos. Les malades ne nous sont pas montrés, on ne voit pas non plus les deux protagonistes pleurer, le rimmel sur les joues de Lorraine suffit pour le suggérer. Malgré une mise en scène un peu pauvre, ce film touche juste. Quant aux acteurs, c'est un vrai plaisir, 2 ans après "La Moustache", de retrouver le duo exceptionnel formé par Emmanuelle Devos et Vincent Lindon, 2 de mes acteurs français préférés.
Un film d'une justesse étonnante. Un Vincent Lindon dans un rôle type et une Emmanuelle Devos très à son aise dans le rôle d'une jeune "insolente" !!! On alterne entre rires et pleurs; Excellent !
Beaucoup de pudeur dans ce film. Emmanuelle Devos est comme toujours formidable et Vincent Lindon joue trés sobrement. Le hic c'est juste qu'on ne comprend pas toujours ses paroles. Grande réussite.
j'ai adorée ce film, surtout le personnage de lorraine ( emmanuelle devos est géniale). une belle histoire avec des passages pleins d'humour et d'émotion.
Ce film traite de ce que l'on peut ressentir lorsque son conjoint connait de graves problèmes de santé, de ce qu'on croit lui devoir, de ce qu'on juge être bien ou mal dans ce qu'on envisage dans ce cas là au niveau de la vie de couple, et de bien d'autres choses encore. Très réussi dans cet essai sur tout ces thèmes. Bravo !
L’hôpital, drôle d’endroit pour une rencontre ? Pas tant que ça, le cinéma utilise souvent ce décor, lieu d’émotions par excellence. On s’attend donc à retrouver dans ce type de film, les scènes obligées des visiteurs éplorés, déboussolés face à des malades forts ou désespérés, sur le chemin de la guérison ou déjà condamnés... Ici, il n’en est rien, le titre du film l’annonce, on s’intéresse à ceux qui restent, et uniquement à eux, les malades sont invisibles, ce ne sont que des portes numérotées que jamais la caméra ne franchit. C’est un parti-pris presque immoral et politiquement incorrect, par les temps qui courent. Mais cela fonctionne, et l’ensemble est émouvant, drôle, et nous concerne tous. Il faut dire que la réalisatrice a beaucoup d’atouts pour réussir son pari. En premier lieu, un sens aigu du détail, réaliste ou poétique : chaque scène en est truffée et cela donne au film une impression de densité, sous un abord pourtant un peu simple et facile. Il y a aussi, tout le long du film, un humour léger, parfois gris, parfois noir, jamais lourd. Anne Le Ny, qu’on a souvent vue, et remarquée, en tant qu’actrice dans des comédies émouvantes, chez Agnès Jaoui, Pierre Jolivet, Zabou Breitman et d’autres, maîtrise cette mélancolie joyeuse avec finesse, délicatesse et pudeur. Mais la plus belle réussite de l’ensemble, c’est le duo Vincent Lindon - Emmanuelle Devos, vrai couple de comédie, tout en contrastes et en opposition; l’un grave, se sentant responsable et comme fermé au monde extérieur, l’autre joyeusement indélicate, ayant une grande soif de vivre, donnant une impression de légèreté (mais ce n’est qu’une impression). Bien sûr, il ne s’agit pas d’une oeuvre importante, lourde de sens, mais sans en avoir l’air, le film pose beaucoup de questions et a l’intelligence de ne pas donner de réponses toutes faites, à l’image de la fin, ni fermée, ni ouverte, pleine de doutes et d’indécisions, un peu comme la vie.
Film extrêmement subtil et d'une très grande justesse. On peut simplement regretter que les malades ne soient jamais visibles même en arrière plan, ce qui aurait encore ajoutè un élément fort au dilemme des deux personnages. Bravo à Vincent Lyndon et à Emmanuelle Devos qui font une remarquable composition.
WAOUH !! Quel beau film : plein d'émotions (surtout), de rire, et une belle approche d'un comportement "humain" paradoxal. Les acteurs sont délicieux : tellements vrais, tellement pas 'surfaits' qu'on s'y croirait.
Tout ça sonne très juste, les habitués de l'hosto qu'on confond avec les soignants à force qu'ils y passent leurs après-midis, la gêne de ceux qui ne font que passer de temps en temps, l'angoisse du coup de téléphone... et après plus rien, on perd sa raison d'être. Mais pendant ce temps là la vie continue, avec ses situations cocasses, ses rencontres imprévues. Ce flim m'a beaucoup remué.
Anne Le Ny,jusqu'alors cantonnée aux seconds rôles devant la caméra,semble vouloir se rebeller contre son statut de 'sous-exploitée' en signant un premier long-métrage en concurrence direct avec ce que les grands cinéastes de notre pays font de mieux.Rivalisant sans peine avec Philippe Lioret,dont on retrouve vraiment l'esprit pudique et tout en légèreté,mais avec une mise en scène encore plus assurée que ce dernier,la réalisatrice signe un très beau film sur l'amour et la mort,sur deux êtres aussi opposés psychologiquement que proches dans cette même période charnière qu'ils traversent douloureusement.Il y a Bertrand (Vincent Lindon,absolument remarquable),meurtri,défait par le drame et incapable de gérer les crises adolescentes de sa belle-fille,et Lorraine (Emmanuelle Devos,toute aussi juste),plutôt fraîche,et qui,sous un masque amusé,cache une fragilité presque insoupçonnable.Le talent des deux acteurs réside surtout dans la façon d'exprimer les deux facettes opposées de leurs personnages pour qu'ils se rejoignent l'un dans l'autre,et ainsi créer une étrange et chaleureuse symbiose.Ils sont splendides d'un bout à l'autre,déchirent littéralement l'écran de par leur naturel.Leur relation,on en pleurerait presque grâce à eux.Du côté réalisation,ô surprise car le thème est franchement délicat,Anne Le Ny impressionne.Jamais une minute on aurait pu croire que la mise en scène ne se vautrerait pas dans la complaisance d'un téléfilm cable-satellite.Car elle est une d'une grande vérité,d'une immense émotion.Une émotion créée à partir d'une vraie et belle pudeur et d'une approche sensible de ses personnages.Sans tomber dans la retenue lourdingue,le film vise juste.La caméra se place là ou il faut,capte ce qu'il faut,pas plus.A hauteur d'êtres humains.Difficile,mais jamais misérabiliste.On pourra tout juste reprocher à certains moments quelques infîmes longueurs vers la fin,un peu trop traînée et dont la conclusion est trop suspendue,mais cette histoire pleine de
Cela flaire bon le petit film d'auteur français... Dans certains cas, cette appellation est synonyme de qualité. Ici, c'est beaucoup plus mitigé. Il y a certes des dialogues bien sentis, deux acteurs principaux (car les autres sont plutôt mauvais) qui arrivent à nous faire plus ou moins croire à cette histoire d'amour rocambolesque, et même à nous tirer quelques larmes, mais ceci ne suffit pas à combler les quelques défauts du film, notamment la fin très queue-de-poissonnesque réservée à certains films d'auteur un peu prétentieux, qui le ramènent au rang de bon petit film français. Dommage car le sujet méritait d'être traîté avec un peu plus de considération, même si ici ce n'est raté qu'à moitié.
film poignant qui met en avant le trait humain, réaliste et paradoxal des deux personnages principaux accompagnant chacun leur conjoint dans l'épreuve du cancer. ils oscillent entre détresse, besoin de décompression, envie de vivre et culpabilité. la bienveillance de leur rencontre nait du partage de leur vécu mais va entrer en conflit avec le devoir de fidélité à l'autre, malade, même étouffant... Lindon et Devos sont justes, on ne voit pas arriver la fin, rompant brutalement l'émotion
A tous ceux qui ont été hospitalisés un jour pour un motif grave... voici le contrechamp de ce que vous avez vécu. Les proches qui ont besoin d'un "palier de décompression" avant d'entrer dans votre chambre, que la marchande de journaux connait par leur nom, et qui tombent amoureux entre eux, futurs éventuels survivants si l'issue est fatale pour vous. Le rapprochement d'Eros et de Thanatos, qui ne concerne pas que le personnel soignant ("les médecins, ce sont ceux qui achètent les revues porno"). Très beau film, fin et sensible, habité par ses deux protagonistes principaux. Emmanuelle Devos est tellement pleine de vie qu'elle parait incongrue dans ce lieu de transition ("de quoi est-ce qu'on meurt dans ce service?") Malgré la gravité du contexte, on rit et sourit souvent, sans complexes, et sans tabous. Mais avec pudeur et humanité. Le cinéma français compte une grande réalisatrice de plus.