Antichrist
Note moyenne
2,4
3200 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

634 critiques spectateurs

5
129 critiques
4
107 critiques
3
44 critiques
2
113 critiques
1
107 critiques
0
134 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
mlight
mlight

27 abonnés 356 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mai 2018
Je ne connaissais pas beaucoup l'univers de Lars Von Trier avant ce film, j'en avais déjà entendu parler mais sans que cela ne m'attire réellement, je savais qu'il pouvait aller très loin et au vu de certaines critiques négatives, je pensais voir un thriller plutôt banal avec des scènes de violence gratuite à tout-va. Pourtant, dès les premières images on ne peut que constater à quel point la photographie est soignée, les musiques et les bruitages tout à fait corrects, chaque plan est travaillé et je trouve que c'est une totale réussite niveau réalisation. Ensuite, nous avons la partie scénario, et c'est ce qui fait la force de LVT, on ne sait pas exactement où il veut nous emmener mais, quel chemin parcouru une fois l'oeuvre terminée, c'est parfois à la limite du supportable, je ne pense pas que ça soit gratuit, ce réalisateur n'a pas peur de mettre une scène de pénétration dès le prologue, je crois simplement qu'il a vraiment les idées clairs sur ce qu'il veut nous montrer et il a la folie pour le faire, nous avons des scènes qui représentent en fait simplement la vie ou la mort, la nature et l'homme, la folie et la raison, il y a probablement tout un tas de messages cachés derrière tant de violence. Mention spéciale à Charlotte Gainsbourg qui est plus que convaincante dans son rôle. En bref, ce film m'a tout de même marqué de par ses sujets, à la fois très réaliste et à la fois complètement dingue mais aussi pour sa réalisation qui je trouve est impeccable. Âmes sensibles s'abstenir.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 30 mars 2014
Un réa qui affronte en un film toutes ses plus grandes angoisses pour en guérir. A l'image de son couple sans noms, Lars Von Trier effectue une synthèse psychique de tous ses états, relevant à la fois du malade en manque d'affection, et du thérapeute fasciné. Suite à une séquence-clip mêlant images magnifiques et situation atroce, le film suit son lent chemin perdu vers la possible guérison. Évidement, entre le calme relatif des deux acteurs (splendides) on n'y croira qu'un petit moment. Autant en ambiances, qu'en descriptions de peurs (séquence d'hypnose dans un train avant tout) que dans les quelques tentatives de se libérer de la peine intérieure, le film est magnifique et la maîtrise formelle et intelligente, variant être caméra épaule et plans fixes au ralentis imprime l'images de moments inoubliables. De cette énième histoire de sorcière torturée et de pauvre médecin, Lars parvient à tresser un conte fantastique d'une grande beauté et d'une grande sauvagerie, à la limite du néant (Charlotte criant dans la forêt embrumée), parlant comme jamais des pulsions de morts qui nous habitent et de notre besoin d'assistance. Il aura aussi fallut une touche d'horreur, de ces trois mendiants, de cette fin aussi surprenante qu'effrayante (similaire dans son effet à celle de Solaris) Antichrist est ainsi le film le plus singulier et le plus profond du réalisateur, qui ose aller en terre inconnue. Controversé, le film pouvait plus choquer par les possibles interprétations misogynes de son contexte (qu'il doit à une poésie ancienne et au contraire, et qu'il manipule vers la destruction du modèle masculin savant, pour la libération féminine) plus que pour sa violence physique. Il n'en reste pas moins que le film parle, intérieurement, reste une expérience de psychés d'une grande force.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 juin 2009
Film polémique et choc du festival de Cannes... Lars Von Trier a réussi son coup, nombreux seront ceux qui seront scandalisés. Interdit au moins de 16 ans ça va encore moi je l'interdirais au moins de 18 !
Le film est réussi, une mise en scène original avec une ambiance délétère et brumeuse. Willem Dafoe est superbe même si c'est Charlotte Gainsbourg qui porte le film et ses scènes les plus hards...Excision, émasculation, masturbation, violences physiques et morales... Tout y passe mais le plus embêtant pour moi reste les images gratuites, je pense à la scène de pénétration dans le prologue, scène qui ne sert à rien, qui ne serait nullement nuisible à l'histoire mais juste placer là "comme ça" ; ce qui est autre chose pour les autres scènes provocantes, ou du moins sont-elles dans des parties où le cinéaste a préparé le terrain de belle façon.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 juin 2009
Après le scandale que le film a suscité à Cannes cette année et le prix d'interprétation que Charlotte Gainsbourg y a glaner, j'avais hâte de voir le film en salle. C'est chose faite. A chacun de ses films Lars Von Trier créé la polémique sinon l'évènement. De Element of crime à Le direktor en passant par Breaking the waves, Dogville ou Dancer in the dark (Palme d'or et prix d'interprétation féminine en 2000), à chaque fois un film différent des précédents qui innovent tout le temps, surprennent souvent, divisent à chaque fois. Antichrist ne déroge pas à la règle, même si le scandale lui-même et les commentaires de sorties de projection du festival étaient largement disproportionnés. Le sexe et la violence sont deux choses qui font partie de notre quotidien, que l'on voit aujourd'hui sur tous les supports et dans tous les médias. Mais qu'un metteur en scène déjà controversé les mettent en même temps sur une pellicule, là non c'est trop pour les biens pensants coincés du cul qui vont, par contre, s'extasier devant n'importe quel merde asiatique (ou autres je ne suis pas sectaire) ou française chiante au possible. Et il y en a beaucoup aujourd'hui. Moi j'ai donc envie de défendre Lars Von Trier et son film. Justement par ce qu'il ose. Il va jusqu'au bout de son truc, sans auto-censure, sans peur et surtout en emmerdant bien tout le monde ! Devant le cinéma commercial popcorn des américains et celui plus intello mais tellement plus ennuyeux des français, qu'avons-nous aujourd'hui pour nous secouer un peu dans les salles de cinéma à part quelques films anglais ou coréens ? Bref je sais cela est un peu réducteur mais je suis effaré devant la manière dont le film et son metteur en scène sont traités par un public et une presse qui ne reste même pas jusqu au bout ...En résumé voilà donc un film qui ose. Ose montrer, ose dire, ose déranger. Sexe, violence, culpabilité, religion, couple, femme, folie...Tous les ingrédients de Lars Von Trier sont là et bien d'autres encore...
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 juin 2009
Celui là, on peut dire qu'il a fait causer sur la Croisette ! Tempête dans un verre d'eau ? Voyons comment se décomposent les 104 minutes que dure ce film : 5 minutes somptueuses, magnifiques. Un peu plus d'une heure de psychologie de bazar, ennui. Une demi-heure de scènes choquantes. Il est certain que des spectateurs vont aller voir "Antichrist" pour ces fameuses scènes et vont en ressortir mécontents de s'être ennuyés ! Reprenons. Les 5 premières minutes : un noir et blanc de toute beauté, un couple qui fait l'amour, un petit enfant qui bascule dans le vide, la neige qui tombe et l'utilisation du ralenti. C'est déjà superbement beau. En plus, on entend l'aria "Lascia ch'io Pianga" du "Rinaldo" de Haendel, une pure merveille. Après, ça se gâte ! La dame qui faisait l'amour, c'était la mère du bambin. Elle s'en veut terriblement. Elle tourne un brin fada ! Son mari, qui est psy-quelque chose, finit par s'en occuper. Scène plutôt drôle pour celles et ceux qui ont vu "Looking for Eric" : pour l'aider à vaincre ses peurs, le mari psy ressort pratiquement mot pour mot ce qu'Eric Cantona conseille à son fan Eric. Bon. En tout cas, pendant plus d'une heure, on s'ennuie à entendre et à voir le couple dans une baraque de la forêt allemande. Et puis, la dame, son état ne s'est pas arrangé. Elle en arrive à des trucs pas sympas du tout, envers son mari et envers elle-même. Sinon, tout le film est beau. Charlotte Gainsbourg, qui, pour moi, est d'habitude une des plus mauvaises comédiennes de sa génération, n'a pas volé son prix d'interprétation, même si Giovanna Mezzogiorno, l'actrice italienne de "Vincere", le méritait encore plus. Le problème, c'est l'ennui et, accessoirement, certaines scènes un peu trop Gore. A vous de voir !
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 février 2022
Lars von Trier flirte entre l'érotisme et l'épouvante dans ce film bien étrange et scandaleux avec Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe;
Jérôme H
Jérôme H

208 abonnés 2 295 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 octobre 2009
A la limite du compréhenssible, l'enchènement de scéne hors contexte ou de violence gratuite sans aucun lien avec les personnes, nous laisse toujours pantoit et en attente du début du vraie film.
L.V.T. nous a souvent habitué à des films un peu dérangeant et des rythmes laconique mais ici, seul les 2 interprètes permettent de vivre un récit très flou.
Malheureusement un film ne peu tenir la route uniquement sur 2 magnifiques acteurs en pleine osmose avec leurs personnages.
Vraiment décevant ou tellement personnel que ce film ne pourra attiré que peu de personne pour en débattre par la suite...
Parkko
Parkko

191 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 27 août 2011
Il y a des spoilers dans toute ma critique donc bon, je vais pas foutre la balise spoilers et vous n'avez qu'à pas lire ma critique si vous n'avez pas vu le film.
Dès la scène d'introduction on comprend comment le film va être. Séquence esthétisante sous fond de musique religieuse avec montage alterné sur un couple qui fait l'amour et un gamin qui tombe (avec un suspense de tombera ? tombera pas ? Ah, très classe, merci LVT). C'est juste nul, mais comment peut-on filmer comme ça la mort d'un enfant ? Soit on prend le parti pris que LVT est un abruti fini soit on prend le parti pris que LVT a envie de provoquer, et ce dès son premier plan.
Je préfère me dire que c'est juste de la provocation. Et on en aura la confirmation tout au long du film. Mais c'est juste nul au final. Car on a l'impression que LVT cherche à se poser en cinéaste martyr, créateur de scandale et finalement incompris. Mais non, non y a pas de scandale, car c'est juste con ce que tu fais. Quel est l'intérêt de nous montrer des scènes de mutilations en gros plan ? Il n y en a pas. C'est juste un goût de la provocation, car le mec sait très bien que dans son film cela n'apporte rien, à part une surenchère dans le gore et un dégoût du spectateur. Mais c'est exactement ça qu'il veut. Et tout son film est axé sur ce principe. Même son message est volontairement merdique. C'est hyper puritain, hyper conservateur. Alors encore une fois, on peut voir ça comme un film misogyne (la femme est une sorcière, elle est castratrice envers l'homme et préfère baiser que de sauver son gamin), soit encore une fois on se dit que c'est juste un (mauvais) goût pour la provocation. Et encore une fois je pense que c'est ça. Et LVT a réussi son coup quand on voit la polémique qu'il a suscité, les associations et l'anti-prix du Jury ?cuménique qu'il a reçu à Cannes en 2009.
Donc en gros son film c'est juste une immense provocation et c'est limite faire trop d'honneur au film que de faire tout ce scandale. Car j'ai rien contre la provocation mais là c'est une provocation facile et complètement conne. Mais si on gratte un peu y a rien dans le film. Y a absolument rien. Y a une sorte de mythologie vraiment lourdeaute sur la foret, le mysticisme, la femme sorcière mais c'est con, mais alors. Et puis comme pour encore plus faire chier les critiques LVT fait des plans qui sont super beaux, genre, ah mais regardez mon film est bien car je sais bien filmé. Mais non, c'est pas ça le cinéma, c'est pas parce que tu vas nous faire des beaux plans pour montrer que tu sais utiliser ta caméra que ça va sauver ton film. Car malheureusement le mec il a juste eu envie de nous provoquer sans vouloir faire autre chose. Et ça n'a pas d'effet sur moi, car je ne m'insurge pas contre le film, je le trouve juste foncièrement mauvais, mauvais car tout ce qu'il fait n'a au final aucune utilité, aucun intérêt. C'est une grosse fumerie ce film. Dans son but de choquer, LVT a apparemment réussi mais au final, que reste t-il de son film ? Rien. Rien car son film est axé sur ce principe et c'est tout. Et au final Antichrist, du moins dans sa dernière demi-heure, est une accumulation de scènes gores, gênantes, déplaisantes. Mais c'est tout. Y a rien de plus derrière. Et putain mais qu'est-ce que ça peut se prendre au sérieux, c'est insupportable, étant donné que je trouve ça vraiment nul, le fait que ça puisse autant se prendre au sérieux c'est encore plus insupportable. C'est prétentieux et hyper méprisant pour le spectateur (qui n'aura pas aimé, car au final, c'est parfait pour LVT, si le spectateur aime, alors pas de soucis, et si le spectateur n'aime pas il aura réussi son challenge, passer pour le cinéaste incompris et mal aimé). Et c'est vraiment très con. Vain et inutile.
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 août 2016
Un petit garçon tombe dans le vide, trop vite pour la neige et un ours en peluche incapable de mourir avec lui. Dernière image de la beauté pure, le prologue est l'une des plus belles scènes du sur lesquelles j'ai fixé mon regard. La plus grande des beautés rend triste, dit-on parfois. Avec cruauté, ce traitement onirique du déclencheur du drame qui va suivre se pare d'une splendeur visuelle qui annonce et surplombe le déchirement qui attend le couple avec la mort de son enfant. Le film, d'entrée, se désolidarise de ses personnages et laisse alors le spectateur dans l'inconfort qui le perturbera tout du long, sans lui laisser d'assise, sans rien sur quoi se reposer, avec pour ses propres émotions comme seules juges de ce qui va lui être montré. À cette ouverture qui porte déjà en germes le déroulé du film, ne répondra qu'un épilogue formellement dessiné de la même façon, qui ravale la beauté à son absurdité en dressant comme miroir à un prologue toujours rationnel la folie d'une conclusion où la raison a depuis longtemps été jetée à bas. Entre temps, Antichrist est un grand défouloir où Lars Von Trier jette pèle-mêle quelques uns de ses plus beaux cauchemars, ouvre son âme béante et laisse doucement s'en échapper la noirceur. Prises à part du maelström d'images, il est vrai que les idées motrices d'Antichrist sont simplistes et pas franchement dignes de porter tout un long-métrage. Pourtant, traitées avec ce sens de la provocation et ce jusqu'au-boutisme visuel, elles prennent vie sous la forme d'un cauchemar qui déborde d'impuissance. Il aura pourtant encore fallu que presque tout le public se refuse à Antichrist, incapable de s'en distancier assez pour atteindre à travers lui la dépression de son réalisateur et plonger dans un abîme dont la profondeur n'a pas de meilleure attestation que toute la créativité que Lars Von Trier peut mettre pour y échapper.
Cinephilegirl
Cinephilegirl

136 abonnés 495 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 juin 2009
"Antichrist" est un film terrifiant dans le sens où l'essentiel de l'action se déroule dans une forêt tout sauf accueillante. La photographie y est également pour beaucoup car, avec ses tons tour à tour froids et glacés, elle participe pour beaucoup à l'atmosphère oppressante et assez irréelle qui semble envelopper le métrage. Certaines scènes sont également angoissantes (la traque de Dafoe par Gainsbourg, les animaux qui parlent,...), assez en tout cas pour nous faire ressentir un certain sentiment de malaise.
Les comédiens s'en sortent pas mal mais j'ai trouvé "Antichrist" assez... étrange. Pas ennuyeux, du moins pas vraiment, mais plutôt spécial. Je pense qu'il faut adopter un état d'esprit particulier pour pleinement savourer le film, sinon on est très vite largué...
Personnellement, je comprends très bien qu' "Antichrist" ait été interdit aux moins de 16 ans. Un certain malaise baigne le film du début à la fin, quelques séquences sont assez éprouvantes (la mutilation de Charlotte, j'en tremble encore) et, bien évidemment, les scènes crues sont légion. Un peu trop d'ailleurs, à mon goût, car j'ai trouvé qu'elles se complaisaient un peu trop dans l'inutilité.
g0urAngA
g0urAngA

107 abonnés 1 735 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 août 2010
Visuellement incroyable, Antichrist marque surtout par sa réalisation sublime et au jeu des deux protagonistes, tout simplement bluffant ! Malgré tout, Lars von Trier nous emmènent dans des situtations bizzare, plutôt dénué de sens voire même de réalisme. Cru, malsain, Antichrist vaut le coup d'être vu au moin une fois pour se faire une idée... mais trop de point périeu partage le spectateur pour être vraiment pris dans la descente aux enfers !!!
Sebi Spilbeurg
Sebi Spilbeurg

93 abonnés 1 005 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 24 juin 2011
A part le prologue et l'épilogue, qui s'avèrent poétiques avec une musique éprouvante, un noir et blanc de qualité et un ralenti bien employé; l'intégralié d'Antichrist est un véritable mystère. En effet, même si le scénario fait l'effort d'approfondir les protagonistes, ils se montre néanmoins incompréhensible. On nous parle de rédemption, de Satan, de nature, de sexualité (le film ne lésine vraiment pas là-dessus), de peur, de psychanalyse...mais il est impossible de tout relier. De ce fait, le film perd de son intérêt en devenant par la même occasion crade, limite lugubre et surtout soporifique. Et l'ambiance pesante et le manque de musiques n'aident pas vraiment. Sans oublier la façon à laquelle Lars von Trier filme ses images : l'effet documentaire ne prend pas. Sensuel et violent sans raison, voilà ce que je retiendrai de cet Antichrist, heureusement sauvé du gouffre par une présence minime de poésie et la performance des acteurs (Charlotte Gainsbourg méconnaissable). Mais franchement, Antichrist est trop "bizarre" pour que l'on s'y intéresse.
PIERRE-QUI-ROULE
PIERRE-QUI-ROULE

94 abonnés 184 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juin 2009
Enfin le film que j’attendais ! Un film où un psychothérapeute (ou bien un psychanalyste) se fait massacrer par sa cliente !

L’essentiel du film est ponctué de dialogues intelligents qui présagent le petage du plomb de la femme. Le reste du film est pour les fans de la série SAW ! Ceci dit, on a vu pire.

Au début de film, à sa manière pompeux, le mari refuse que sa femme prenne des médicaments car il croît qu’il peut la guérir par son analyse !

Au lieu de sentir d’une manière viscérale le grief dont éprouve sa femme, le mari (psychothérapeute/psychanalyste) se lance dans une analyse post-traumatique !

D’ailleurs, dans une des seules scènes où on voit Charlotte sourire, en disant « Freud is dead, you know ? ».

L’une des scènes drôles de ce film est où on voit le mari ridicule, dessinant une pyramide et y classer les émotions de sa femme afin de « mieux cerner » ses troubles et après chaque séance, il modifie le haut de la pyramide pour arriver à la conclusion « anti-christ » !. D’ailleurs, toutes les scènes où Dafoe fait son psychanalyse sont à la fois énervant (pour la femme bien sûr) et à la fois hilarants.

Les dégats provoqués par ces seigneurs de la guerisson mentale peuvent être désastreuses Souvenez-vous, le le procès Outreau. Lors de l’interrogation sur les erreurs commises pendant le procès le psychiatre se défendait «quand on reçoit un salaire d’une femme de ménage on donne un avis d’une femme de ménage».

Vous aurez compris : les séances de torture ne sont pas graphiques mais celles infligées par son mari avec les séances à la mords-moi-le-nœud.


Le mari après une longue analyse (sic) se lâche en disant « Je ne peux plus travailler comme ça ». Rien que pour ses paroles, cet imbécile de mari mérite d’être crucifié !

Et pour finir, la photographie est belle et surtout pas beaucoup de scènes avec caméra sur l’épaule, qui étaient énervant dans Dogville.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 16 mai 2010
Dérangeant et fascinant à la fois, difficile de sortir indemne à vision de cette expérience masochiste. Animaux en décomposition, corps et sexes mutilés sont au programme de ce drame psychologique qui se mue peu à peu en film d'horreur insoutenable. Le couple d'acteurs se donne chair et larmes, s'abandonne aux délires sadiques du réalisateur danois en plein délire perso. Visuellement sublime. Le scénario trop obscur m'a laissé perplexe, surtout à la fin. Je n'aurai pas le courage de le tenter une deuxième fois pour approfondir les questions laissées en suspens... Âmes sensibles... vous connaissez la suite.
Clingo
Clingo

79 abonnés 128 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 décembre 2011
Une fois passée la séquence d'ouverture la plus nulle de l'Histoire du Cinéma, Lars Von Trier reprend ses esprits et signe un film audacieux et plus profond qu'il n'y paraît. Cannes en 2009 avait vomi sa haine sur Antichrist, trouvant là son bouc émissaire habituel, le traitant de tous les noms. Mais Antichrist n'est pas misogyne, idiot, mauvais. Il va là où on ne l'attend pas, et même si détourner les conventions et jouer avec les codes classiques du cinéma n'est pas un gage de qualité, Lars Von Trier parvient à donner un réel intérêt à son film en y injectant une audace et une intelligence dont la rareté dans le cinéma moderne devrait obliger à manifester plus d'estime à Antichrist. Je pense qu'il faut quand même avoir un sacré talent pour réussir à rendre effrayante Charlotte Gainsbourg. Prenons par exemple la séquence de masturbation frénétique. Qui a pris son pied ? Qui peut prendre son pied devant une telle horreur ? Parce qu'il s'agit véritablement d'une scène davantage effrayante qu'excitante, qui montre le personnage principal sombrer encore plus dans la folie. Qui aurait imaginé qu'une séquence d'onanisme exercé par Charlotte Gainsbourg eût donné comme résultat la peur devant un personnage en total déperdition ? C'est que l'ambiance étrange et malsaine imposée par Lars Von Trier trouve ici le moyen de s'enfoncer encore plus vers une profondeur inconnue, déconnectant Charlotte d'une certaine réalité.

Et c'est là que la misogynie ne peut pas intervenir. Simplement parce que plus qu'une femme - et par extension une représentation de toutes les femmes - le personnage de Gainsbourg est l'incarnation de la folie. Il semble trop réducteur de voir dans Antichrist une opposition entre les deux sexes. Von Trier aborde la question, mais la misogynie est ici inconcevable, parce que le personnage féminin a perdu la raison. Dès lors, impossible de voir en elle un modèle, sinon une exception. Le personnage ne doit pas être vu comme une femme - du moins pas ici - sinon comme une folle, dont l'état est compréhensible au vu de l'événement de base du film. La tragédie du monde c'est la perte d'un être cher, qui entraîne la perte irrémédiable de ses proches, en ce sens que la mort n'est pas seulement l'expérience du principal intéressé ( si j'ose dire ).

Lars Von Trier est un cinéaste pessimiste, et Antichrist n'échappe pas à la règle. Le réalisateur ne fait que reprendre le mythe d'Adam et Eve, mais à l'envers. Il ne raconte pas le début de l'Humanité, sinon sa fin. La symbolique religieuse du film est dense, mais restons-en au couple originel. Si Dieu avait choisi Eve et Adam pour commencer, Lars Von Trier se place lui en antidieu ( plutôt qu'en antichrist ) et boucle l'Histoire en détruisant le couple. La folie de Charlotte Gainsbourg - son hystérie même - est à l'origine de scènes gores, choquantes, sans concessions. Elle aboutit vers la fin du film à un acte qui n'aura pas laissé indifférent spoiler: : l'acharnement de la jeune femme, à l'aide d'une pierre, sur le sexe de Willem Defoe, et l'excision qu'elle s'inflige.
Actes symboliques, comme s'il fallait ne plus pouvoir se reproduire, témoignage du dégoût et de la mésestime du personnage envers l'être humain.

Quelques mots sur la mise en scène, typique du travail de LVT. Soit une caméra épaule et un style documentaire qui renforcent l'immersion du spectateur. Dans un film aussi horrifique, cela ne peut qu'être une bonne chose. Et ça n'a jamais rien de gratuit, car comme avec les très beaux personnages " principales " de Dogville et Breaking The Waves, on sent la présence du cinéaste derrière Charlotte Gainsbourg, une sorte de soutien, comme s'il était partie intégrante de cette quête perdue d'avance - mais néanmoins belle - dans laquelle se lance le personnage.

Du très grand cinéma.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse