Un scénario torturé, une ambiance lourde, un acteur génial, des plans extraordinaires, une générique de début qui nous met déjà dans l'ambiance, un grand, un très grand film injustement méconnu.
Boudé à sa sortie et méconnu depuis, un thriller paranoïaque et fascinant, porté par l'interprétation remarquable d'un Rock Hudson tout désigné pour le rôle et par la mise en scène baroque de Frankenheimer.
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4,0
Publiée le 12 juillet 2022
L'une des oeuvres majeures de John Frankenheimer, plus que jamais en phase avec la sociètè! C'est le troisième et dernier volet de sa trilogie sur la paranoïa commencè avec "The Manchurian Candidate" (1962). C'est clairement le long-mètrage le plus radical du cinèaste où tous les genres se mèlangent, du film noir au film d'anticipation, avec un dèbut qui donne bien le ton! On est happè par l'histoire et on ne sait pas du tout ce qui s'y passe et à quelle sauce le personnage principal va être mangè! Dans ce rôle, Rock Hudson est tout simplement remarquable en affrontant pour la première fois à l'ècran ses doutes et ses peurs! Original, fascinant, hallucinant : "Seconds" (1966) ne peut laisser indiffèrent! Mal reçu à sa sortie, ce cauchemar èveillè s'est bonifiè avec le temps! Le prototype même du classique rare et en avance sur son temps qui pose de vraies questions sur notre vie! C'est ce qui en fait la richesse et l'intèrêt avec la musique très inquiètante de Jerry Goldsmith! A voir absolument...
Changer de visage (pour celui de Rock Hudson) et d’identité pour refaire sa vie. Le rêve ? Pas tant que ça avec ce thriller kafkaïen troublant à l’ambiance paranoïaque, servi par une mise en scène brillante, mais souffrant d’une grosse baisse de régime au milieu. 3,25
Dotée d'une réalisation baroque aux accents fantasmagoriques annoncés dès le fascinant générique de Saul Bass, l'intrigue illustre l'insatisfaction bourgeoise à travers l'ennui sentimental, professionnel, personnel d'un quidam désireux de changer de vie et pourtant incapable de déterminer seul ses besoins ou ses passions. Embrigadé dans une expérience fantastique par un ami lui-même leurré par les promesses d'une entreprise corrompue, le héros se laisse porter par les événements, ne trouvant d'issue que par une nouvelle échappatoire illusoire. Très intrigante originellement, la narration perd ensuite en attrait par des excès inutiles ou maladroits pour exprimer le vertige du protagoniste. Inconstamment intéressant.
Cette intéressante réflexion sur l'envie de changer de vie s'appuie sur un solide scénario et de très bonnes interprétations dont celle de Rock Hudson. Le récit part de la vie trop bien rangée d'Arthur, qui accepte de rentrer dans un programme particulier qui lui offre de changer totalement de corps et donc de vie. Bref de repartir de zéro sous les traits de Tony Wilson, mais en conservant l'essentiel de son argent et avec l'assistance de l'entreprise organisatrice du programme. Le film pointe les délires du fondateur de l'entreprise, qui décide quelle sera la nouvelle vie des candidats au changement, alors que ceux-ci cherchaient justement à échapper à une vie monotone où ils ne décidaient de rien. Mais le fondateur doit rendre des comptes aux actionnaires de son entreprise et ne peut se permettre trop d'échecs... Il s'agit donc de quitter le carcan d'un monde malsain et sans surprise pour un autre avec les mêmes défauts mais plus impitoyable encore. La mise en scène, avec ses nombreux gros plans, illustre le trouble et même la folie qui s'empare d'êtres qu'on déracine violemment. Quant à la fin du film, elle est glaçante.
Un homme d’âge mûr ayant réussi dans les affaires mais lassé de sa vie découvre une mystérieuse organisation qui pourrait lui permettre de prendre un nouveau départ. Ce Seconds m’a semblé au début avoir beaucoup influencé « The Game » de David Fincher. L’ambiance est pensante, étrange. Nous montrant un personnage principal perdu et déstabilisé par cette porte de sortie qui semble s’ouvrir à lui. Dommage qu’après une mise en route brillante le film ne connaisse un gros vide avant de se reprendre avec une fin très pessimiste et réussie. Un film qui m’a laissé du coup un petit goût d’inachevé. Ça aurait put être génial, mais ça reste très original.
J. Frankenheimer avait fait son petit effet à l'époque avec ce film brillant sur l'envers du rêve américain. Sa critique acerbe de cette philosophie voulant nous vendre du rêve est pour lui une impasse et ce film en est sa démonstration théorique implacable. Annonçant la forme libre et contestataire du Nouvel Hollywood (dont il est un des "papas"), le réal multiplie les trucages visuels qui constituent une démonstration formelle inventive, au service de la narration et parfois, carrément avant-gardiste (et ce dès le fabuleux générique signé S. Bass et accompagné par la musique insidieuse et puissante de J. Goldsmith), dirige ses acteurs à la perfection (R. Hudson est magistral tout comme l'acteur jouant sa version antérieure, qui mémorisa les gestes de la star pour adapter sa gestuelle, rendant la transformation encore plus troublante) et l'intrigue ne lâche pas spoiler: jusqu'à son final, une résolution d'une noirceur rare qui n'est pas sans évoquer celle de "Requiem for a dream" . Un grna dfilm politique, engagé et visuellement bluffant, qui n'aura pas vraiment rencontré les faveurs du critique et encore moins du public mais qui se révèle aujourd'hui un un monument visionnaire. D'autres critiques sur
Le scénario aurait sans problème fait un bon épisode de la quatrième dimension,maintenant c'est un peu court pour en faire un film d'1h45. Si cette histoire est loin d’être inintéressante on n'est pas captivité du début à la fin par ce que l'on nous montre ici. Ça démarre pourtant bien avec ce générique aux images cauchemardesques qui instaurent immédiatement un sentiment de gène. On nage aussi un sacré moment avant de comprendre de quoi il en retourne,mais ça n'est pas un problème car le mystère happe le spectateur.
Un employé de banque reçoit de mystérieux coups de téléphone d'un ami défunt,qui va se rendre à un lieu de rendez vous. Si l’histoire contient un bon coté intriguant le film possède aussi de nombreux coups de mou,la scène du raisin est franchement trop longue elle est inutilement étirée,tout comme la fête chez l'homme, ces deux passages sont vraiment trop longs. Visuellement le film est bien tenu,il est même franchement beau ce noir et blanc,le passage rêvé avec le décors déformé a vraiment un superbe aspect d’irréelle les lignes sont déformées et tout est surdimensionné. Le final viendra sans problème combler les défauts précédemment cités,mais dommage que l’ensemble du film ne soit pas tenu avec la même régularité et la même intrigue. Il aurait fallu raccourcir tout ça pour gagner en efficacité.
Réalisation très curieuse, rythme décousu, mais un pitch de départ intéressante. Un final assez 4e dimension qui fait que ça aurait mieux marcher dans un format court. Quelques longeurs (notamment la scène avec les vendanges assez hallucinante mais qui n'apporte rien au film). Vite vu, vite oublié.
Seconds est un épisode de « Twilight Zone » qui durerait 1h40 ; aussi oppressant que la série et aussi critique de la société. Un quinquagénaire menant une vie pépère sans saveur se voie proposer par une mystérieuse organisation de changer de vie, repartir à zéro (nouveau métier, visage, lieu de vie,…) et en prime avec la jeunesse. Qui résisterait à cette promesse ? Les 20 premières minutes du film mettant sous pression le personnage principal face à ce dilemme sont angoissantes. Après, immerger dans la nouvelle vie d’Hamilton devenu Wilson, le spectateur s’ennuie un peu ; un scénario peu consistant fait regretter le tranchant et la concision de la série de science-fiction. Une scène forte visant à condamner l’american way of life vient malgré tout relever cette seconde partie indigente ; une scène sans artifice technique mais créant un fort malaise, le retour chez lui d’Hamilton en face d’une femme ne le reconnaissant pas. Il faut attendre le troisième acte pour retrouver la lourdeur de l’entame dans un final terrible et dénonciateur du mirage du rêve américain ; et si une nouvelle vie était en fait plus superficielle, plus angoissante, plus contrainte que la précédente… la boulette. Et ce final est donc fort de sens car il révèle plus un sentiment de gâchis que l’effroi !!! Le plus intéressant dans ce film n’est donc pas son histoire mais la technique mise en œuvre par John Frankenheimer pour livrer ce conte paranoïaque. Il fait preuve d’une ébauche d’effets : cadrage hyper serré, courte focale, snorri cam, décors déformés, jeux de focales et d’objectifs, montage syncopé, prises de vues sous différents angles ;… Novateur certainement mais dans les traces de Polanski avec « Répulsion » sorti un an auparavant. Un bon trip, un message fort ; mais beaucoup de biscottos (techniques) pour un contenu trop léger. Et pour finir ; comment Frankenheimer voyait l’Organisation (la société mystérieuse) : « Je voulais qu’ils soient très gentils, comme une banque ou une compagnie d’assurances. Tout à l’air d’être étudié pour vous faciliter la vie, jusqu’au jour où vous refusez de payer la note. » Et ce qu’il voulait et parvient à montrer à travers ce film : « Je voulais dire que le rêve américain, c’est du vent...Vous êtes ce que vous êtes. Vous devez vivre avec cette idée et l’accepter. Cela ne sert à rien de vouloir rêver que vous changez complètement à l’intérieur de la même société. Au contraire, vous devez apprendre à vivre avec vous-même, à vous accepter tel que vous êtes. Ensuite vous pourrez essayer de progresser et de faire progresser le monde autour de vous, à condition que vous acceptiez votre passé. Si vous éliminez votre passé, vous êtes foutu. Le rêve que caresse le héros est une échappatoire. Vous n’avez pas le droit d’échapper à ce qui vous entoure, à vos responsabilités. Vous ne pouvez pas y échapper, contrairement à ce qu’on vous enseigne en Amérique. Il faut les accepter et essayer de progresser intérieurement (...) Seconds est un film terriblement pessimiste, mais je n’arrive pas du tout à croire au thème de la seconde chance. Ce n’est pas seulement un thème américain, il devient important en France : je lis vos journaux, vos magazines, et là, je crois que vous vous américanisez dangereusement. ». Quarante ans après ce constat, et alors que les alternatives à la réalité (et donc à la responsabilité individuelle) n’ont cessé de se développer dans tous les domaines, l’angoissante prophétie de John Frankenheimer semble s’être accomplie. tout-un-cinema.blogspot.com
Difficile de noter ce film très étrange. S'il parvient à créer une atmosphère inquiétante et à maintenir ainsi l'intérêt, Seconds est bourré d'incohérences et comporte quelques longueurs inutiles, telle la scène de l'orgie païenne qui préfigure le "peace and love" des séventies. L'idée de départ est séduisante, mais pas toujours bien exploitée et sombre parfois dans le pathos philosophique. Un véritable ovni à découvrir...
Seconds, au sens de secondes vies est une expérience de cinéma qui secoue. La trame est celle d’une œuvre de science fiction avec un questionnement sur la vie et une critique de la société capitaliste américaine qui vous fait engranger des choses comme si vous les désiriez alors qu’on a choisi ces désirs à votre place. Arthur, banquier sexagénaire, est pris dans le rêve faustien de recommencer sa vie en jeune et bel artiste. Parrainé par un vieil ami qu’il croyait mort, une mystérieuse compagnie lui propose de simuler sa mort et de lui faire subir une transformation physique par la chirurgie esthétique. Rock Hudson au mieux de sa forme incarne son nouveau personnage prénommé Antiochus. Il rencontre ensuite Nora une jolie blonde sur une plage californienne. Sorti en 1966 donc l’année de l’abandon du code Hays d’autocensure, il comporte une impressionnante scène bacchanale où jeunes femmes et jeunes hommes écrasent nus le raisin. Arthur/Antochius y est entrainé mais on lui révèle bientôt que c’est une employée de la compagnie.. Une fois de plus on a fait des choix pour lui... Sa visite à sa veuve lui montre qu’il n’a pas laissé un grand vide derrière lui. Il recontacte alors la compagnie pour recommencer une opération et faire cette fois-ci ses choix. Final glaçant mais aussi emprunt d’humour. Dès le générique les déformations d’un visage sur fond de musique angoissante nous plongent dans une atmosphère oppressante. Réalisation faite par de nombreuses prises de vues en contre-plongée et en gros plans. On sent aussi des réminiscences d’expressionnisme dans ce film en noir et blanc. Le cauchemar du personnage où il tente d’abuser d’une femme voit son décor se déformer comme dans Le cabinet du Dr. Caligari.
La subtilité n’a jamais été le fort de Frankenheimer, mais jamais le cinéaste n’aura été aussi radical que dans ce film qui séduit par la force de ses propositions formelles (narration autant que mise en scène) et désarçonne par la nature édifiante de sa critique de la société américaine du milieu des années 60. Le conformisme social, le matérialisme aliénant et la vacuité existentielle sont dénoncés ici de façon si tonitruante qu’on frôle la caricature (le couple quinquagénaire momifié du début, la rébellion artificielle et toute aussi conformiste des beatniks, la fausseté sociale qui englue la deuxième partie, où notre héros semble pourtant accéder à son rêve de seconde chance). Frankenheimer construit sa démonstration à la truelle et lui-même n’évite pas l’artifice. Heureusement que le film s’ouvre aussi sur un questionnement identitaire, beaucoup plus subtil et troublant, qu’incarne parfaitement un Rock Hudson désincarné, idéal en « homme de trop » du rêve américain. Les expérimentations visuelles, typiques de l’époque, sont souvent étonnantes (l’ouverture dans la gare, la dimension kafkaïenne de la société secrète), parfois maladroites (l’usage outrancière du grand angle, le montage débridé de la fête beatnik). Mais il faut reconnaître au film un culot et une radicalité réjouissante, une vision saisissante du malaise existentiel et un final absolument glaçant qui fait basculer le film dans le meilleur du thriller paranoïaque.
Excellent thriller de science fiction qui mérite largement d'être redécouvert.Un scénario très original, habile mélange de faust et de critique de l'american way of life,et une réalisation d'une grande inventivité (magnifique photographie).Un film où on ne s'ennuie pas une seconde