Vive la République est l'un des chefs-d’œuvre du duo Jan Procházka (au scénario) et Karel Kachyňa (à la réalisation), célèbres par ailleurs pour leur film L’Oreille (1970), œuvre pamphlétaire et charge virulente contre le régime communiste, qui sera censurée et causera la perte de Procházka.
Vive la République est une œuvre contemporaine de la Nouvelle Vague tchécoslovaque, mais ses auteurs comme cette œuvre n’en font pas partie. Procházka et Kachyňa étaient proches du régime, ils étaient donc mal vus par les jeunes cinéastes de la Nouvelle Vague, qui peinaient à se faire entendre…
Pour autant, Vive la République ne ménage pas le régime communiste ni l’histoire récente de la Tchécoslovaquie. Procházka notamment, avec son scénario, montre comment la population d’un village de Moravie s’accommode de l’occupation nazie, avant d’accueillir dans la joie les troupes soviétiques.
Mais au-delà de ces considérations politiques, Vive la République est avant tout le portrait d’un jeune enfant, Oldrich, une dizaine d’années, qui est le souffre-douleur des garçons de son village et de son père violent, qui le bât continuellement. Malgré tout, Oldrich est courageux et débrouillard, il arrive toujours plus ou moins à s’en sortir. Il peut compter sur son amitié avec Cyril, un homme rejeté par la communauté locale, et avec des animaux, notamment des chiens, qu’il aime soigner et côtoyer.
Vive la république est un film très fort sur le fond, montrant un pays dans des nuances de gris, la population pactisant plus ou moins avec les occupants, enfermée dans la jalousie et la cupidité. Sur la forme, c’est un long métrage magnifique, parfaitement maîtrisé, qui réserve des séquences d’une grande inventivité lors des nombreux rêves d’Oldrich. Il s’agit bien là d’un des plus grands films du cinéma tchèque et slovaque.