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3,0
Publiée le 16 septembre 2019
Rarement diffusè, "Up the River" marque les dèbuts à l'ècran de Humphrey Bogart et Spencer Tracy! Autant dire que ce film de John Ford est un vrai trèsor pour les cinèphiles! Ford affirme la maîtrise de son style et jouit d'une solide rèputation de spècialiste du western! Pourtant l'attachant "Up the River" n'en est pas un et la rencontre Ford-Bogey restera unique! Les prisons d'antan ne sont plus les prisons d'aujourd'hui! Dans celle-ci on y voit une reprèsentation de thèâtre, une parade et même un grand match annuel de base-ball! Loyaux envers le pènitencier de Bensonatta! Amis pour toute la vie, vous pourrez toujours compter sur un bon p'tit gars dans cette « alma mater » . Voguant vers la maison comme une belle chanson! Voguant vers la maison sur la rivière où Saint Louis (Tracy), Steve (Bogart) & Judy (Claire Luce) ont leur place! Revenir au bon moment pour peut-être se retrouver un jour au pènitencier de Bensonatta, et (re)dècouvrir ce classique sur le milieu carcèral avec ces dètenus au coeur tendre...
John Ford quatre fois oscarisé comme meilleur réalisateur est bien sûr l’un des plus grands cinéastes du XXème siècle. Une carrière commencée en 1917 s’étalant sur cinquante ans et riche de 90 films dont une bonne quinzaine de chefs d’œuvre qui voit Ford peaufiner son art au fil du temps, remettant sans relâche son métier sur l’ouvrage. « Up the river » réalisé en 1930 permet à l’encore jeune réalisateur d’apprivoiser comme d’autres avec lui (Frank Borzage, Michael Curtiz, Josef von Sternberg, Ernst Lubitsch, Raoul Walsh…) la technique du parlant encore rudimentaire qui modifie assez radicalement la manière de faire des films. Cette comédie dramatique au sujet plutôt prosaïque finit par se rendre sympathique grâce au plaisir que le cinéphile peut prendre à voir Humphrey Bogart et Spencer Tracy faire leurs débuts à l’écran et à constater la foi de Ford en l’humanité déjà bien présente. Dans une prison plus qu’improbable née de l’esprit bouillonnant et utopique de la dramaturge Maurine Dallas Watkins, le personnel semble se confondre avec les détenus dans une ambiance bon enfant comme les aime John Ford toujours soucieux d’observer la vie de groupe. Humphrey Bogart spoiler: lui-même fils de bonne famille campe un bourgeois incarcéré par accident se liant d’amitié avec Spencer Tracy, petit escroc impénitent qui passe son temps à entrer et sortir de cette prison à ciel ouvert où tout le monde, directeur, gardiens, détenus hommes et femmes (la prison des femmes jouxte celle des hommes) vibre à l’unisson pour un tournoi de base-ball pris très au sérieux . Chronique d’un milieu carcéral baroque assez réjouissante même si malheureusement pas très réaliste de la part d’un John Ford dont l’humanité a toujours fait le prix de ses films : celui les chefs d’œuvre ainsi que celui des mineurs comme « Up the river ».
Réalisé en 1930, « Up the River » porte les défauts du début du parlant, à savoir des moments inutilement bavards. De nos jours c’est surtout le casting qui frappe : Spencer Tracy et Humphrey Bogart dans le seul film commun, car même s’ils étaient très amis dans la vie, ils travaillaient pour des studios différents, et Tracy tourna, à quelques exceptions près, presqu’exclusivement pour la MGM. A cette époque, Tracy jouait à Broadway dans « The Last Mile » et John Ford, qui l’avait vu, le persuada de prendre un congé de six semaines pour faire un film basé sur les émeutes de la prison d’Auburn, un an plus tôt. Tracy vint à l’ouest, mais avant que le tournage ne commence, MGM sorti THE BIG HOUSE, leur film basé sur les émeutes d’Auburn. Alors Ford changea toute l’histoire, la retravailla en comédie et réalisa le film en deux semaines, permettant à Tracy de rentrer à temps pour reprendre son rôle. Si peu de choses sont à retenir du film, cette comédie reste divertissante, et Bogart dont c’est le premier long métrage (avec « A Devil With Woman » d’Irving Cummings) fait déjà preuve d’un talent certain, comme la fragile Claire Luce dont c’est le premier rôle. Les habituels thèmes fordiens sont présents comme la solidarité au sein d’un groupe d’être humains coupés du monde. Il excelle bien sur dans toutes les scènes de camaraderie, même si la partie music-hall n’est clairement pas marquée par la grâce d’un Busby Berkley. A noter un score remarquable pour l’époque. Tel quel, le film permet de passer un bon moment, même s’il n’appartient pas à la catégorie des films majeurs du réalisateur.
Une comédie qui a la chance de nous faire voir les débuts de Bogart et Spencer Tracy dans un long métrage et en vedettes. Ils s'en sortent fort bien malheureusement le scénario part un peu dans toutes les directions dommage mais il y a des bons moments et l'univers carcéral décrit est assez original.
Un bon exemple de cette fameuse justice "à deux vitesses "; Déja, à l'époque... ( A noter: La musique de ce film aux sombres accents mélancoliques de tous les jours semblant presque annoncer Sigur Ros est étonnament actuel. )