Un film inhabituel et déconcertant qui oscille entre plusieurs thème tel que le temps, la lassitude et la chirurgie. Un film qui reste néanmoins vivant parmi la filmographie de Kim ki Duk et qui nous laisse au final un sentiment d'irrationalité intéressant!!
Un film psychologique assez brutal.Il ne vous laissera pas indifférent même si l'intrigue manque qelquefois de crédibilité.Chacun interprétera la fin,elle relève apparemment du fantastique.
Un Kim Ki-duk déroutant, un peu plus sexuel que d'habitude et plus sanglant aussi (chirurgie esthétique).. Une fille en est désolée de toujours avoir le même corps, la lassitude s'installe et elle décide d'y remédier. Ensuite on est à mi chemin entre fantastique et réalité. C'est beau, poétique comme d'habitude, Kim Ki-duk est un vrai artiste.
KKD nous surprend de par la façon de filmer assez inhabituelle. Presque façon caméra à l'épaule. Il faut dire qu'il scrute les visages qui ont une importance capitale. Le thème est beau et se résume dans la tristesse insondable de la femme qui en voulant changer de visage a effacé l'amour de son élu pour elle. Constat terrible. Quelques scènes oniriques toujours très belles dans le parc et une fin peut-être apaisée.....
Comme souvent chez Kim Ki-Duk, il y a de belles trouvailles visuelles. De plus, son récit autour de la jalousie, du désir de plaire, de ne pas tomber dans la routine est original. Mais l'ensemble est trop extrême et les personnages perdent en crédibilité au fur et à mesure.
En effet le film le plus accessible de Ki Duk...en est-il pour autant moins bon? Loin de là, c'est parmis les films les plus aboutis et lyriques qu'il est réalisé. La musique nous porte d'un élan dans la vie de ces 2 êtres qui joueront des codes et des apparences de l'amour. La réalisation se veut sobre (tout se passe dans les cadrages et le montage, peu de mouvements, d'axes croisés)...la narration est fluide et permet de se sentir proche des personnages. Histoire d'amour aux resorts communs au départ (on peut alors reconnaître des histoires vécues ou en devenir) l'originalité se dessine par le destin qui unit ces 2 personnes. Ki Duk propose une définition de l'amour et du corps, des apparences, de l'importance du sexe lié à l'attachement physique et/ou mental. Sous une forme légère Ki Duk essort le fond par une subtilité du discours. Son film est plus direct, plus "facile" que ses précédents et toute le beauté de cette oeuvre réside dans ce qu'il veut nous montrer à voir, à croire...C'est sans doute dans une mise à nue simpliste mais profonde que les grands réalisateurs s'exprime le plus intensément comme si la pudeur se cachait à chaque fois dans une réalisation alambiquée...cela me rappelle un certain Kubrick avec Eyes Wde Shut...précis juste et profond, Time procure de l'émotion dans un papier cadeau de réflexion...
Le générique de début s'inscrit sur fond noir alors que résonne un tic-tac ; puis en très gros plan, la préparation d'une opération esthétique : le chirurgien trace des pointillés noirs sur la peau, un goutte-à-goutte distille le produit anésthésiant, puis des images crues des chairs charcutées. Une femme portant un masque pousse ensuite la porte de la clinique dont les battants affichent les images de deux demi-visages différents, elle sort dans la rue, hagarde, elle est percutée par une passante, et le portrait qu'elle tenait contre elle tombe et vole en éclat.
Ces deux premières minutes donnent le ton du dernier film de Kim Ki-Duk : un rythme nerveux, fait de scènes courtes, de récurrence d'actions et de symboles, une narration où l'enjeu n'est pas la réalité de telle ou telle action (dès le début, on sait que See-Hee s'est fait opérer) mais ce que ressentent les personnages. Belle idée de scénariste que celle de cette femme qui tente de combattre l'érosion du désir et l'usure du temps en repartant à zéro, et en tentant de séduire une deuxième fois le même homme. Kim Ki-Duk représente ce temps qui s'écoule par la répétition des lieux (le café, le ferry, le parc aux statues et notamment la sculpture des mains-escalier), des objets (les photos, les lettres, les messages sur le portable) et des actions (la dispute, l'opération, la séduction).
Ayant vu "Printemps, Eté, Automne, Hiver... et Printemps" il y a peu, et malgré les différences entre les deux films, j'ai retrouvé aussi des constantes : la giffle, le masque dérisoire (ici le mot "fermeture", là la photographie de celle qu'elle était avant), la femme à la tête couverte d'un foulard, la porte à doubles battants qui donne accès à un autre monde...
On est pris par ce tourbillon, un peu agacé par l'hystérie et la jalousie de See-Hee, un peu désolé du manque de clairvoyance de Ji-Woo ; on passe de scènes drôles, comme la séduction par le maniement du balai, à des scènes poétiques, comme celle très courte d'une petite fille déguisée en ange qui vient apporter un message, ou celle où See-Hee découpe des visages glamour dans un magazine, préfiguration du charcutage qu'elle va subir. Mais le film s'essouffle aux deux-tiers, quand il découvre l'identité de celle qu'il vient de séduire, et qu'à son tour il disparaît. La répétion cyclique devient un enfermement étouffant, et même si on comprend qu'est en jeu l'application de la loi du talion, oeil pour oeil, visage pour visage, on ne sait plus si c'est See-Hee ou Kim Ki-Duk qui ne trouve plus la sortie, et nous avec.
On est très loin de l'univers contemplatif de"Printemps, Eté, Automne, Hiver... et Printemps", et le jeu des comédiens n'est pas toujours à la hauteur ; mais "Time" malgré ses imperfections offre une réflexion vertigineuse sur l'identité et la résistance à l'usure, et il reste le film captivant d'un cinéaste décidément très éclectique.
Quel film singulier, dérangeant, déroutant. Des acteurs (et une actrice) au bord de la démence mais qui n'en font pas des tonnes, une façon de filmer la ville de Séoul qui est posée, sans effets de caméra agaçants, de belles images au service d'une histoire de chirurgie esthétique elle même au service de la perversion. Seule la fin, un peu facile, gâche le plaisir initial.
Ce film de Kim Ki-Duk, d’une rare esthétique est un joli conte philosophique sur le temps qui passe et vient altérer la passion, la beauté, les relations… Avec une mise en scène très inventive et très picturale, à la manière d’un Peter Greenaway, le réalisateur nous entraîne dans cette incroyable histoire de cette femme qui veut reconquérir son compagnon qui après deux ans de vie commune la regarde avec moins d’envie. Elle choisit pour ce faire la chirurgie esthétique. Un nouveau visage viendra lui apporter, selon elle, la clé de la reconquête de son amour… Très déroutant dans sa forme intentionnellement répétitive, (unité de lieux, d’actions, de temps) cette quête absolue et stérile de l’individu parfait contre l’érosion des sentiments est enivrante. Très vite, le charme opère, envoûte, et c’est totalement subjugué que la fin implacable viendra surprendre. Fable sur des gens ordinaires, ce film sans artifice interroge chaque individu sur ses peurs, sur ses rêves. Il est d’une incroyable force tant visuelle qu’au niveau de son message.
Superbe réflexion métaphysique sur l'image. La caméra est impeccable, la mise en scène à couper le souffle et les séquences de l'île aux statues sont inoubliables. Dommage qu’il y ait, comme toujours chez Ki-Duk, une complaisance un peu trop grande pour la violence gratuite. Au total, on frise une fois de plus le chef d’œuvre sans l’atteindre vraiment.
Après la très grosse déception que fut "l'arc", complet ratage d'un cinéaste prolifique, mais dont l'ensemble de l'oeuvre reste d'une qualité exceptionnelle, voici venir "time", une nouvelle preuve s'il en était besoin de la vitalité créatrice de Kim Ki-Duk. Retrouvant l'épure de "locataires", le cinéaste coréen s'attache cette fois-ci à décrire une relation amoureuse teintée d'un romantisme désespéré de toute beauté. A partir d'une histoire bien déjantée, l'auteur nous plonge dans les tourments amoureux avec un sens de l'économie qui ne rime jamais avec pauvreté d'inspiration. Bien au contraire, son film installe son ambiance et sa douce étrangeté par petites touches impressionnistes. On est irrémédiablement séduit par l'invention du bonhomme et par la qualité formelle et thématique de son oeuvre. A découvrir d'urgence.
Les habitués de ce prolifique cinéaste coréen qu’est Kim Ki-Duk ne seront pas surpris avec ce nouveau "Time". On y retrouve une fois de plus sa réalisation et sa mise en scène très « premier jet » avec ses inconvénients et ses avantages. Les inconvénients sont encore et toujours cette sensation de travail mal égalisé avec des scènes d’une subtilité ultime qui côtoient des moments simplistes et parfois bancals. Mais l’avantage reste et demeure ce caractère brut de l’œuvre. Même si on se dit parfois que l’auteur de ce « Time » aurait gagné à travailler certaines faiblesses de forme, à polir quelques moments de son scénario un peu tiré par les cheveux, on se surprend encore et toujours à fermer les yeux pour ne voir que la magnificence de certains moments, taillés à vif, et qui transmettent au film sa vie et sa puissance émotive. En fin de compte, ce « Time » est un Kim Ki-Duk fort appréciable, même s’il ne parvient peut-être pas à la hauteur d’un "Samaria" ou d’un "Locataires".