High School
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velocio

1 538 abonnés 3 498 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 novembre 2024
un documentaire intéressant sur la vie d'un lycée américain en 1968, mais pas franchement passionnant. Wiseman a fait mieux depuis.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 173 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mai 2021
Pour son second long-métrage, le documentariste Frederick Wiseman s’intéresse au milieu scolaire (il le fera à deux reprises, avec High School II - 1994 et 20ans plus tard, avec At Berkeley - 2014).

Ici, il nous immisce au cœur de la "Northeast High School" de Philadelphie, un établissement d'enseignement secondaire dans lequel il a posé sa caméra pendant 5 semaines. Comme à son habitude, il ne dit pas un mot et filme les protagonistes dans différentes situations, nous permettant de voir à quel point ce lycée n’est pas seulement un lieu où l’on inculque le savoir mais aussi (et surtout) les valeurs sociales.

On découvre par la même occasion, ce qu’était le standard de l’éducation dans les années 60 aux États-Unis, de l’idéologie en passant par les valeurs que transmettait l’institution par le biais de ses professeurs à leurs élèves.

On assiste à tout un tas de cours, aussi bien de la dactylographie, de la lecture, de l’histoire, à une dictée, au sport, à l’analyse d’un poème de Simon & Garfunkel, ainsi qu’à un cours d'éducation sexuelle donné par un gynéco (misogyne). Cette immersion nous permet d’assister à ce qui semble être un cours sur la mode (un professeur n’hésite pas à donner son avis sur les tenues vestimentaire des élèves, quitte à critiquer leurs physiques voire leurs tenues). Années 60 oblige, on y parle aussi de la pilule (elle a vu le jour en 1960) auprès des étudiants. Rappelons qu’à la même époque, la guerre du Vietnam battait son plein, on voit que certains élèves partent faire la guerre et que malheureusement, certains n’en reviendront pas (ou reviendront mutilés). Il y a d’ailleurs une certaine forme de propagandisme, il n’y a qu’à voir la séquence finale durant laquelle le film s’achève et ne laisse que très peu de doute sur ce qu’il faut y comprendre. Il est intéressant de constater que certains cours sont non-mixte (la mode pour les uns et la sociologie pour les autres). On apprend aux filles à bien s’habiller et comment marcher en public, tandis qu’aux garçons, on leur apprend à devenir des hommes (on peut s’estimer heureux que le système éducatif ait depuis changé).

La caméra se faufile partout, même chez le proviseur où certains élèves sont réprimandés (un renvoie suite à un mauvais comportement ou puni par une heure de colle). On n’échappe pas non plus aux rendez-vous entre le proviseur et les parents d’élèves, ainsi qu’à d’amusants échanges entre le proviseur et des élèves sur les tenues appropriées ou non (mette une jupe courte est « offensant pour toute la classe » dixit ce dernier). Et bien évidemment, on n’échappe pas au conseil d’orientation.

High School (1968) nous permet de voir notamment comment toute une génération a été conditionnée au cœur d’un système éducatif à majorité blanche.

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Parkko
Parkko

191 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 juillet 2012
Frederick Wiseman a réalisé une foultitude de documentaire - principalement sur les institutions américaines - mais c'est un cinéaste qui finalement est assez méconnu, du moins en Europe.
Son style s'éloigne d'un documentaire explicatif. Ici, pas de voix-off, pas de commentaire du réalisateur ou d'autres personnes, pas d'interview, non. Il fait une complète confiance à ses images et à ce qu'il filme.
Dans Hight School, on s'intéresse donc au système scolaire américain à la fin des années 1960. En soit, le sujet ne m'a pas particulièrement passionné, si ce n'est que Wiseman parvient bien à montrer comment le lycée américain - à l'époque - est moins une question d'apprentissage de savoir et de connaissance mais plus une formation en terme de valeurs - parfois douteuses - d'hommes et de femmes.
Yves G.

1 845 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2025
En 1968, un an après "Titicut Follies", dont la sortie est retardée par d’interminables disputes judiciaires, Frederick Wiseman tourne son deuxième documentaire dans un lycée de la banlieue middle class de Philadelphie.

Sa méthode est déjà en place et ne variera plus : pas d’interviews, pas de voix off, pas de musique, un tournage rapide ("High School" a été tourné en moins d’un mois) en immersion complète, une équipe technique réduite au minimum (Wiseman assure lui-même la prise de son et guide son cadreur en lui murmurant à l’oreille ses consignes) et un long travail de montage à partir de la montagne de rushes accumulés.

Tout en se défendant de toute ambition sociologique, Wiseman entreprend de dresser le portrait de l’Amérique de son temps en racontant chacune de ses institutions : l’hôpital ("Titicut Follies", "Hospital"), l’école ("High School"), la police ("Law and Order"), la justice ("Juvenile Court"), l’aide sociale ("Welfare")…. Son tout premier film était clairement militant : avec "Titicut Folies", Wiseman entendait dénoncer les maltraitances commises dans les hôpitaux psychiatriques. À partir de son deuxième, Wiseman est moins partisan même si son regard n’en demeure pas moins aiguisé.

Wiseman nous laisse le choix. C’est peut-être l’une des plus grandes vertus de ses documentaires. Il ne développe pas une thèse, ne défend pas un point de vue. Il nous montre ce qu’il y a à voir, avec la plus grande honnêteté intellectuelle possible. Si Wiseman avait voulu signer un documentaire à charge et faire du lycée qu’il filme le bastion d’un patriarcat toujours dominant, il aurait monté son film autrement. Il ne l’aurait pas conclu par le long discours de sa directrice, véritable ode à la méritocratie et à l’égalité des chances.

Il choisit de poser sa caméra dans un lycée mixte. On est à la fin des années 60 ; mais on est bien loin des campus hippies de Californie. Une morale stricte prévaut encore, imposée par un corps enseignant qui porte la cravate pour les hommes, le tailleur strict pour les femmes. Certains enseignants sont plus jeunes. Ce sont les plus libéraux : l’un cite « L’Autre Amérique » de Michael Harrington dans son cours de sociologie, l’une fait écouter à ses élèves en cours de littérature une chanson de Simon & Garfunkel.

Dans ce lycée si emblématique de l’Amérique middle class, les archétypes ont la vie dure. Les filles suivent des cours de cuisine et de couture – même si on y voit aussi quelques garçons. Les mini-jupes, les robes trop moulantes leur sont interdites. Une professeure leur donne des conseils de maintien et décoche aux filles les plus disgracieuses des remarques peu amènes qui lui vaudraient aujourd’hui une exclusion de l’Education nationale et la vindicte des réseaux sociaux.
Un gynécologue vient répondre aux questions des élèves, dont l’hilarité cache mal le trouble. Sans doute une telle intervention n’aurait-elle pas été concevable quelques années plus tôt. Qu’un cours d’éducation sexuelle soit dispensé à ces adolescents montre que l’enseignement qu’ils reçoivent n’est pas si rétrograde. Les propos qu’il tient n’en sont pas moins malaisants, qu’on ne tiendrait plus aujourd’hui.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 janvier 2025
L’intelligence du documentaire High School est de définir l’école, entendue à la fois comme établissement et comme institution (alors augmentée d’une majuscule), comme un lieu d’enseignement moral : toute les disciplines investies par le cinéaste diffusent des valeurs d’autant plus persuasives qu’elles se répètent entre elles et qu’elles opèrent même en dehors de la classe, comme en témoigne l’insistance sur les convocations et rendez-vous donnés par le proviseur adjoint durant lesquels l’autorité et la nécessité de son respect se teinte de responsabilisation visant à raccorder les velléités individualistes aux injonctions collectives.
C’est toute une société qui se réincarne ici, si bien que le lycée se fait microcosme : on y apprend à cuisiner et à manger, à respecter les horaires, à entretenir son corps ainsi qu’à le mettre en valeur ; des sensibilisations à la sexualité sont imposées dans l’amphithéâtre ; l’adulte reçoit le bagarreur pour le remettre à sa place, proche en cela du policier que nous apercevons d’ailleurs au détour d’un couloir. De nombreux gros plans accentuent à la fois le souci du détail de Frederick Wiseman et son attachement aux gestes éloquents, à ces signes du corps qui disent un être.
Sans aucune intervention narrative, il rend compte des paradoxes de l’École, exigeant des enfants et des adolescents ce que les adultes sont incapables de réaliser – pensons à ce père de famille qui projette sur sa fille ses propres projets –, insuffle néanmoins un vent de contestation par la bouche des élèves, qui ne cesse de grandir jusqu’à investir la cause militaire, relative à l’engagement des États-Unis au Viêtnam. Cette guerre plane sur l’œuvre tel un spectre dont personne ne doit prononcer le nom ; la clausule explicite cet ancrage historique et idéologique de façon brillante, dans la mesure où l’oratrice de la lettre d’adieux d’un élève du lycée est retranscrite de sorte à émouvoir. Le movere, arme rhétorique ultime du pédagogue d’État pour rallier aux intérêts du pays les jeunes âmes présentes dans la salle. Le cinéaste laisse son film en suspens pour mieux le continuer quelques années plus tard avec Basic Training (1971) et son camp de formation du soldat américain situé dans le Kentucky, mobilisant des pratiques similaires pour enrôler ses élèves.
Une œuvre brillante.
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