"The Killer" a clairement fini de me convaincre sur ce que je pensais déjà : je n'aime pas le cinéma de John Woo. Si je peux parfaitement comprendre que son style soit apprécié par certaines personnes, je n'ai jamais réussi à rentrer dans l'un de ces films. La raison est pourtant toute simple, cela venant de sa gestion de la narration. John Woo est un réalisateur qui aime le rythme et qui va s'en donner à cœur joie pour découper ses films de manière très sèche. C'est donc encore le cas ici, notamment dans la première partie, et il est assez compliqué de s'immerger dans une ambiance avec cette technique. Cela est même encore plus déstabilisant pendant certaines séquences d'actions, celles-ci optant pour un débordement de coups de feu et de ralentis. Alors, si on prend tous ces éléments ensemble, il est difficile que j'y trouve vraiment mon compte. Le rythme ne se pose pas, l'action est surdynamisée et je n'ai donc pas vraiment envie de m'impliquer. Pourtant, cela m'ennuie d'avoir eu cette impression, car je suis sûr que le film a beaucoup à proposer en dehors du style si particulier. Pour le coup, je pense notamment à la façon dont la tension est gérée lors de la seconde partie. Si le début du film ne m'a pas convaincu, je dois dire que le projet sait quand même se poser à certains instants. Dans ces moments, les scènes d'actions deviennent un peu moins fouillis et il y ressort une véritable envie de s'éclater au sein de celles-ci. C'est très généreux, et on ne peut pas enlever cela au metteur en scène. Le film réussit à instaurer un enjeu réellement important au travers du personnage de Jenny, et sa relation avec Jeffrey Chow amènera évidemment à beaucoup de thématiques intéressantes. Le personnage est en pleine rédemption, et on sent que Chow Yun-Fat réussit à retranscrire cela au travers de son jeu. Quelques moments plus poétiques réussissent également à apparaître, notamment via des musiques douces et traditionnelles, ce qui offre quand même plusieurs bons moments. Malheureusement, même si l'ensemble est intéressant, cela n'enlève pas le fait que je n'ai jamais réussi à m'attacher à ces personnages. Ils ont beau avoir de bonnes intentions et développer de bonnes choses thématiquement, la narration trop brouillonne m'empêche de me sentir proche d'eux. Cela se révèle surtout lors de la dernière scène d'action, qui va tellement loin que j'ai donc rapidement décroché. Et en vérité, comme je l'ai précisé, cela ne me fait pas plaisir de ne pas aimer ce long-métrage. On sent qu'il y avait une véritable intention de proposer un contenu généreux et qui s'assume. Malheureusement, à cause de mon allergie au style de John Woo (même si sa mise en scène reste de qualité), je n'ai jamais réussi à apprécier mon visionnage. Pour conclure, un film qui n'est définitivement pas pour moi.