Viridiana
Note moyenne
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keating
keating

60 abonnés 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juillet 2013
Avec « Viridiana », Bunuel revient dans son Espagne natale, alors sous dictature franquiste. Et au vu du long-métrage, on comprend sans peine que la censure lui est tombé dessus! Le cinéaste espagnol réalise ici une véritable oeuvre iconoclaste, n'ayant pas peur de tirer sur tout ce qui bouge, que ce soient les personnages ou les institutions. Les pauvres et les riches, les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes, tout le monde en prend pour son grade. La postérité a surtout retenu la virulente charge anticléricale, qui est en effet omniprésente, mais il ne faudra pas oublier les autres cibles qui viennent compléter ce propos. Ce qui intéresse surtout Bunuel ici, je crois, c'est de confronter les idéaux (religieux et autres) au réel, à la cruauté du réel. Ainsi, la charité et les sacrifices de Viridiana n'aboutiront qu'à des échecs, voire à des situations pire encore. La volonté ascétique de pousser les hommes vers le haut, vers le ciel, ne fera que les amener à un stade encore plus animal. On pourra bien sûr reprocher au réalisateur de ne présenter que le pire, sans laisser la moindre possibilité à un espoir de rédemption face à cette bestialité humaine. Mais ce qui importe plus, peut être, c'est de retenir cet échec de l'utopie religieuse, comme enfermée dans sa tour d'ivoire et ses illusions d'une humanité sans failles. Ce qui est intéressant également, c'est la façon avec laquelle Bunuel met en scène ces failles de l'homme, incapables de résister à ses pulsions animales. « Viridiana » se divise alors en deux parties : la première présente le vieil oncle fétichiste face à sa nièce, juste avant que celle-ci n'entre dans les ordres. L'occasion de mettre en scène une relation transgressive, morbide et perverse, dans une sorte de remake du Vertigo hitchcockien (une femme réminiscence d'un amour mort, la demande de s'habiller à l'identique de la morte, etc..). Dans la deuxième partie, une galerie de « freaks » (des mendiants du village) prendront le devant de la scène, pour laisser éclater petit à petit toute leur animalité dans une ambiance fortement bacchanale. Cette partie-là est la plus réjouissante, dans son humour et son décalage, qui atteint les sommets avec le fameux plan revisitant la dernière Cène.
Au niveau visuel, Bunuel réussit à très bien utiliser le langage des images, en jouant avec des signes symboliques, des objets qui prennent différentes significations au cours du film : un crucifix-canife, une corde à sauter, un pis de vache, ou encore un montage alternant les gestes d'une prière et le travail manuel sur du bois. L'utilisation de la musique est également pertinente, en phase avec les différents stades du long-métrage.
Au final, on ne sait pas très bien ce que va devenir Viridiana, comme si Bunuel nous laissait juger de son personnage. Une situation apparemment neutre, mais on sent bien que l'ombre de l'animalité pourrait revenir à chaque instant. Un final à l'image du film : dérangeant mais fascinant.
LucienLaurent
LucienLaurent

8 abonnés 392 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 juillet 2013
Viridiana, incarnée par la sublime Catherine Deneuve, est une jeune fille qui va entrer au couvent. Avant de renoncer définitivement à la vie de ce monde, elle accepte de rendre visite à un vieil oncle. Celui-ci revoit sous ses traits sa défunte épouse. Il tente alors de l'épouser et devant le refus de la jeune fille, se suicide. Viridiana hérite de sa propriété et décide de faire le bien en invitant les pauvres du coin. Elle ne tarde pas également à succomber aux charmes de son cousin.
Palme d'or à Cannes en 1961, ce film a été condamné par Franco et le Vatican. Cela fait donc beaucoup de raisons de le voir !
Skipper Mike
Skipper Mike

111 abonnés 650 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 avril 2014
"Viridiana" débute assez sagement mais devient de plus en plus délirant, jusqu'à un magnifique final ahurissant. Un film pervers et amoral, mais admirable en tout point : les acteurs sont caricaturaux (dans le bon sens du terme) mais drôles et convaincants et la mise en scène est géniale.
Akamaru

3 503 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juillet 2013
"Viridiana"(1961) est une charge anticléricale incroyablement féroce et blasphématoire,qui semble amuser Luis Bunuel. Quand on se dit qu'alors qu'il était exilé au Mexique depuis 30 ans,il retourna spécialement tourner ce film en Espagne,sous le régime franquiste ulcéré... Bunuel n'a jamais eu peur des menaces et des provocations. Il dit ce qu'il pense de la charité chrétienne,qui finit par se retourner impitoyablement contre ceux qui la pratiquent(Viridiani l'apprend cruellement à ses dépends)et ceux qui la reçoivent(les mendiants irrespectueux,volent et saccagent la demeure où ils sont accueillis). Dans un montage parallèle,Bunuel montre à quel point le travail manuel à plus de valeur. Il en profite aussi pour dénonçer la perversité des hommes et la soumission des femmes. La séquence où les vagabonds mangent à table rappelle évidemment la scène du Christ. Le récit est très enlevé,sans temps morts,et se finit sur une note complètement désillusionnée. Il aura fallu du temps pour ce drame surréaliste accède au statut d'œuvre culte.
ferdinand
ferdinand

17 abonnés 453 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 juillet 2013
revu 50 ans après (!) ce film laisse une drôle d'impression... Les pauvres sont affreux, sales et méchants, les bourgeois sont pleins d'obsessions plus ou moins tordues... Quant à l'auteur qui semblait avoir de sérieux problèmes avec la religion, le sexe, le fétichisme, il manie la provocation lourdement. Tout cela semble bien loin maintenant, et aussi éventé que, par exemple, La dolce Vita de Fellini. L'interprète principale est très fade, voire inexistante. Il y a cependant de belles séquences de cinéma.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 juin 2013
Une descente en flamme iconoclaste et particulièrement féroce du mysticisme et de la charité chrétienne. Mais la peinture qu'il fait de la société "d'en bas" est sans doute encore plus féroce, les pauvres sont l'objet de compassion de la part de Viridiana, qui les recueilles mais les fait travailler, mais ceux-ci rejettent celui qui est encore plus mal loti qu'eux (le lépreux, lequel se révélera particulièrement abject) et à la première occasion ils vont se moquer de la charité dont ils bénéficient (mais de façon lâche et brutale). Silvia Pinal traverse le film, toute rayonnante de beauté, son personnage est peu fouillé psychologiquement mais ce n'est pas ce qui intéresse le réalisateur, mais son parcours avec cette fin métaphorique et surprenante. En filigrane, on se régalera des clins d'oeil du réalisateur envers ses fétichismes sexuels (les jambes, les pieds, les chaussures, les corsets). Du Bunuel à son meilleur niveau.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 juin 2013
Palmé à Cannes malgré le vent de scandale qui souffla sur sa projection, "Viridiana" est un film comme Bunuel sait les faire avec un propos violent qui n'a pas perdu de sa verve aujourd'hui. Critiquant toujours la société des bonnes mœurs, que ce soit la bourgeoisie ou la religion, il raconte ici l'histoire de la belle Viridiana qui se destine à être nonne mais dont la rencontre avec son oncle qui tombe sous son charme va bouleverser sa vie. Si la première partie est très forte, portée par un Fernando Rey vraiment excellent en vieil homme hanté par le souvenir de sa femme morte qui retranscrit so désir sur sa nièce, la deuxième partie est un peu plus faible car Bunuel n'est vraiment pas subtil et cela manque un peu au film. On admirera son audace de refaire la Cène avec des mendiants pouilleux mais l'histoire perd bel et bien de son intérêt quand vient cette partie. Reste Silvia Pinal, parfaite dans le rôle de la sainte Viridiana et quelques idées de mise en scène vraiment géniales.
Jo D
Jo D

33 abonnés 133 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 août 2012
Pour un film palmé à Cannes en 1961 je dois avouer que je m'attendais à mieux. La première partie du film est intéressante, son rythme soutenu nous fais entrer d'emblée dedans. Pour la seconde partie, servie sur un plateau sans quasiment aucune transition, nous assistons là à une sorte de règlement de compte entre Bunuel et le reste du monde, à savoir l'Eglise, les bourgeois et le monde "populaire" dans sa bestialité la plus profonde. Tout le monde en prend bien pour son grade. Mais voilà, des scènes choquantes et provocantes pour l'époque franquiste, telles l'orgie finale entre les mendiants rappelant la Cène, et la nonne du début qui cède (du moins c'est très suggéré) finalement aux avances de son cousin (voire à un plan à 3 avec la servante) ne font plus mouches à ce jour. Luis Bunuel a été au bout de ses convictions les plus profondes mais malheureusement pour lui son film a mal vieilli.
AMCHI

6 946 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mars 2018
Pas de pitié pour la larve humaine... heu je veux dire l'être humain Bunuel ne dresse pas un portrait très flatteur pour nous autres et il n'épargne même pas les miséreux. J'ai trouvé Viridiana passionnant jusqu'à la scène du suicide après l'histoire l'était tout autant mais le film manquait par moment de rythme en tout cas c'est un film assez marquant qui fit scandale en son temps mais le problème de Viridiana c'est que de nos jours mise à part ses propos le film ne choque plus dans sa manière de représenter ce qu'il dénonce. La fin est dure, du cinéma intelligent que ne plaît pas forcément mais qui mérite d'être vu.
-marc-
-marc-

20 abonnés 233 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mai 2012
Aide le vilain; il te chie dans la main. Décidemment rien ne change que ce soit l'hypocrisie de la charité chrétienne ou celle encore plus grande qui se prétend laïque et ne cherche qu'à se donner une bonne conscience.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2017
Loin de ses débuts surréalistes, Luis Buñuel réalise avec «Viridiana» un long métrage acerbe et mordant, dénonçant l'hypocrisie de la charité chrétienne avec vigueur. La jeune héroïne éponyme, se destinant d'abord à entrer au couvent, décidera après que son oncle ait failli abuser d'elle de recueillir des mendiants et des infirmes pour s'occuper d'eux dans la maison que lui a légué son oncle, après qu'il se soit suicidé de désespoir. Elle met alors toute son ardeur à leur offrir hospitalité et travail, persuadée de faire le bien et de redonner goût à la vie aux malheureux. Mais ils profiteront de sa charité, s'introduisant chez elle pour y organiser une orgie mémorable et tentant même à leur tour de la violer. Ironie suprême, Viridiana finira par abandonner toute illusion ainsi que son voeu de chasteté pour s'en remettre à Jorge, fils de l'oncle et co-héritier. Buñuel se montre impitoyable envers sa jeune héroïne qui semble évoluer dans un autre monde, fuyant dans la religion les difficultés de la vie, tout comme il dépeint férocement les mendiants en parasites avides de jouissance, cachant derrière leur pitoyable apparence et de sournoises politesses une âme des plus noires. Bien que souvent qualifié d'anticlérical, «Viridiana» n'est pas aussi radical que le laisse supposer sa réputation, c'est peut-être justement par son habileté à ne pas verser dans la caricature que ce long métrage est d'autant plus marquant. Parcouru de personnages hauts en couleur et de scènes inoubliables, d'une insolente liberté de ton, «Viridiana» est sans aucun doute un film intéressant et à voir. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Plume231

4 407 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 avril 2012
Un Buñuel qui ne serait pas subversif ne peut pas être un véritable Buñuel, et "Viridiana" est très loin d'être l'exception qui confirme la règle. C'est même une des oeuvres du cinéaste qui la confirme le plus tout court. Et comme le réalisateur a eu la possibilité de tourner dans l'Espagne franquiste, et comme l'Eglise n'a pas été la dernière à aider cette dictature a s'instaurer, il n'est pas difficile de deviner qui c'est qui va s'en prendre plein la gueule. Bon, ici ce n'est pas la religion en elle-même qui passe sous le scalpel féroce de Buñuel mais plutôt le fait qu'elle permet à certains de légitimer leur hypocrisie et de servir leur cupidité. Là ce sont des mendiants mais ça aurait pu aussi bien être des bourgeois, qui étaient loin d'être la dernière cible du réalisateur. Et s'il y a quelques personnes qui pratiquent sincérement la religion dans le but de servir son prochain, il le paye chèrement à l'instar du personnage don quichottesque féminin qui donne son prénom au film. On ne peut qu'accuser encore une fois Buñuel d'être lucide sur la nature humaine. Un grand cru du cinéaste.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 23 juillet 2012
Du Luis Buñuel typique, un film assez inégal. Avec une réflexion sur la morale et le choc de différents milieux sociaux mais un scénario qui va rarement au bout des choses. Le trait est acide mais manque de vigueur.
Uncertainregard
Uncertainregard

140 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 décembre 2011
Une 1ère partie très intéressante qui m'a beaucoup plu sur l'oncle voulant posséder Viridiana mais c'est ensuite bien longuet et peu rythmé jusqu'à l'orgie de ces pauvres qu'elle voulait tant aider...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 26 août 2011
Lorsque la douceur simple et la primitivité obsène se rencontrent, le résultat est incroyablement violent et marquant. Un coup de maître de Bunuel qui surprend son spectateur.
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