Souvent considéré comme le « slasher » originel, « Black Christmas » ressemble pourtant peu à l'idée que l'on peut avoir du genre aujourd'hui. Sur un scénario plutôt minimaliste, Bob Clark construit un suspense aussi habile qu'original, en grande partie dû à la qualité de sa mise en scène, étonnamment élégante (dont un fort joli usage du plan-séquence), utilisant intelligemment son petit budget, notamment à travers cette photographie très sombre et le choix d'un récit souvent nocturne faisant son effet. Sans être très développés, les personnages sont solidement caractérisés, avec un minimum de personnalité pour chacun, si bien que nous nous impliquons un minimum dans leur parcours. Peu ou pas d'effets grand-guignolesques et une violence souvent suggérée, hors-champ, où l'angoisse vient avant tout de ces appels anxiogènes, laissant deviner un tueur schizophrène particulièrement dérangé, évoquant une vraie filiation avec « Terreur sur la ligne », réalisé cinq ans plus tard. Interprétation homogène et correcte, dont le charmant trio Olivia Hussey- Margot Kidder - Andrea Martin, sans oublier Keir « 2001 » Dullea ou John Saxon, pas mal en flic local et (relativement) compétent. Enfin, s'il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que les coups de fil venaient directement de la maison, le rebondissement final, subtilement amené, est en revanche plutôt inattendu. Un pionnier, donc, mais surtout un modèle du genre, tant ses nombreux héritiers ne réussiront que rarement à faire aussi bien. Comme quoi, même dans le « gore » on peut être subtil...