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Un visiteur
5,0
Publiée le 30 mars 2008
Un coeur simple est un très beau film. Il n'aura malheureusement pas le succès qu'il mérite car peu de gens se donneront la peine d'aller le voir, lui préférant les box-offices du moment. Pourtant, je rejoins la critique générale des personnes qui sont, comme moi, allés voir ce film. Je suis restée ébahie par sa grâce, le magnifique jeu des acteurs, dont Sandrine Bonnaire et Marina Fois qui sont sublimes, d'un naturel époustouflant, les décors simples et pittoresques, et l'histoire, triste, belle et forte à la fois, très bien mise en scène. Lorsqu'au bout des 1H45 on sort du cinéma, on se sent différents, comme si ce film nous donnait une leçon de vie, pour aimer et apprécier davantage les bonheurs simples que nous offre la vie, car on se souvient alors que la vie est éphémère.
Félicité, la si mal nommée, est une martyre de l'amour. Trahie par celui qui se prétendait son fiancé, elle entre au service de Madame Aubain. Son exceptionnelle capacité d'aimer va la faire s'attacher avec passion à la jeune Clémence Aubain, puis, l'enfant partant pour le couvent, à son neveu dont elle ignorait jusque-là l'existence. La mort vient lui arracher Clémence et Victor, et encore de nouveaux objets de passion inconditionnelle, improbable comme l'oiseau "Loulou", et même Madame Aubain qui s'est rapprochée d'elle, écrasée par le remords d'avoir été une mauvaise mère. Son destin est dès lors accompli, elle meurt à son tour. Le "conte" tragique de Flaubert est porté à l'écran dans le cadre d'un premier long métrage prometteur, aux images d'une grande justesse "naturaliste". Sandrine Bonnaire illumine le personnage avec son habituel talent, pauvre fille de ferme qui ne sait ni lire, ni écrire, au visage ingrat, à la violence incontrôlée, mais avec une grande richesse d'âme.
Doit énormément à Sandrine Bonnaire. Peu d'actrice sont capable d'offrir ça. Sans la ténacité qu'elle donne à Félicité, on sombrerait dans un dix-neuvièmisme primaire, effroyable et misérabiliste. Félicité connait la jouissance de manière évidente, et du coup effrayante pour son homme ou les autres femmes, et toutes les joies de la vie, jeux d'enfant, et de jeune femme quasi mutique s'ouvre à la parole et à des relations variées et généreuses, même si le destin les brise implacablement. Vrai portrait d'une femme rustique et ingénue, au sens étymologique du terme. De là provient sa lumière, sa force, son salut. Félicité donne, avance. Le sort s'acharne quand même ; tellement, que la salle ricane nerveusement lorsqu'apparait le perroquet. Alors que ce sont les plus belles scènes du film. "La mélancolie et la tristesse sont déjà le commencement du doute ; le doute est le commencement du désespoir ; le désespoir est le commencement cruel des divers degrés de la méchanceté" Isidore ducasse
Classique sans être académique, voila une vraie belle surprise. Inspiré d'une nouvelle de Flaubert mais totalement personnel, ce premier film témoigne de la part de sa réalisatrice d'un véritable sens du cadre et d'un grand talent pour la direction d'actrices. La réussite tient beaucoup à la belle performance (qui justement, car tout en finesse, n'en est jamais une ) de Sandrine Bonnaire qui renoue là avec ce talent si particulier , ce culot, cette force animale qui la garde de toute mievrerie et de tout ridicule, quelle que soit la naiveté de la situation. A ses côtés Marina Fois, à contre emploi, sait faire évoluer son personange de femme dure et se garde elle aussi de tout cliché. Même si la musique, les costumes et quelques plans sur la plage peuvent faire songer à La leçon de piano, l'oeuvre est singulière, hors du temps, et fort car nous touche sans effet, sans pathos, juste avec sincérité. De la belle ouvrage, celle du coeur !
au secours que de longueurs et aucun rebondissement. cela en devient pathtique lorsque sandrine bonnaire se met a crier loulou pour retrouver son perroquet. on se croirait dnas la pub de cacharel. en résumé un mauvais téléfilm...
Je n'avais pas pas vu ce film au cinéma, je viens de le regarder sur la chaîne Ciné Emotion : magnifique !!! Mesdames les actrices principales vous êtes superbes ! Merci Sandrine d'avoir vaincu vos résistances. C'est une belle histoire : d'amour sans retour, de bonté et de grâce, même pour une petite paysanne. La vie de beaucoup de jeunes femmes il n'y a pas si longtemps que cela encore... une pensée pour nos grands-mères qui louaient leurs services chez les bourgeois à la journée ou à l'année !
Cette fiévreuse adaptation du conte de Flaubert est époustouflante de justesse et de subtilité. Non seulement Marion Laine a relevé le délicat défi de l'adaptation d'un texte culte mais elle a su imposer d'emblée une esthétique qui prend à la gorge. Evitant tous les pièges de la reconstitution conventionnelle, elle guide notre regard au plus près des personnages, grâce à une direction d'acteurs impeccable qui nous permet de retrouver la Sandrine Bonnaire de Pialat et de Varda. Jusque dans le moindre détail, grâce à la délicate lumière de Guillaume Schiffman, Marion Laine traque les basculements et les failles. Les regards, les gestes, les déplacements, tout est mis en place pour que jamais les scènes ne se figent en tableaux vivants, même si la réalisatrice se permet quelques clins d'œil picturaux qui ne font qu'enrichir sa palette. Rarement un premier film n'a paru aussi maîtrisé, jusque dans ses audaces. La scène où Félicité brasse l'eau avec les mains comme si elle y découvrait la fluide texture de son âme mêlée au flux insaisissable du temps est un pur moment de cinéma. L'agonie de Félicité est admirable elle aussi, avec sa musique des gouttes d'eau dans les bassines à laquelle se joint le choeur friable des vierges défilant dans la rue, que vient clore l'apparition spectrale de Loulou, rendant ainsi justice aux dernières lignes du conte de Flaubert. Et puis il y a tous ces seconds rôles, traités avec rigueur et justesse, l'impeccable acteur Patrick Pineau, l'électrique Bruno Blairet en curé sautillant… Un film appelé à rester, et qui marque l'émergence d'une cinéaste héritière de Pialat.
Ce film marque autant par l'histoire qu'il raconte, dramatiquement dure, une succession de malheurs, que par les rôles très riches qu'il offre à deux formidables actrices, Sandrine Bonnaire et Marina Fois...
même si ce n'est pas une réussite totale, ce film a le mérite de restituer l'ambiance de la nouvelle de Flaubert, et les interprètes sont touchants. C'est un peu lent et un peu long, mais çà vaut le détour.
Beau film, nostalgique et tristounet dans un décor très Normand et illustrant bien l'univers de Flaubert. On y ressent bien la difficulté qu'ont ces deux femmes à rebondir après un chagrin d'amour et de leur incapacité de choisir à nouveau la vie, la joie. Comme deux complices elles s'embourberont dans la mélancolie. Longue, longue descente au paroxysme de la dépression. La fin à partir de l'apparition du perroquet devient insupportable on a envie de dire qu'elles meurent et qu'on en finisse !
Marion Laine signe avec "Un coeur simple" une très belle adaptation du conte de Flaubert. La fable sociale se transforme en peinture d'une magnifique relation entre Madame Aubain et Félicité, respectivement interprétées par Marina Foïs et Sandrine Bonnaire. Les deux actrices y déploient tout leur talent ; la première dans un rôle auquel elle nous avait peu habitués, c'est-à-dire une bourgeoise de province engoncée de principes et de frustrations, et la seconde dans un jeu efficace, la fausse idiote trop sensible et peu sensée. Les seconds rôles sont tenus par de grands acteurs et la mise en scène est impeccable. De très belles images - on retrouve l'esprit de Lady Chatterley dans la manière de filmer le temps qui passe dans la campagne - mais quelques longueurs en deuxième partie de film.
C'est très bien joué, le contrat est plus que rempli pour Bonnaire et Foïs. Mais l'histoire, c'est chagrin qui rime avec tristesse. Trop, c'est trop. Et là c'est trop.
Un film simple, sur des choses simples facçon pub pour le jambon herta.(le bonheur c'est simple, carpe diem, etc...). Et deux actrices principales.... qui ont du mal....