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Lucien O.
8 abonnés
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4,5
Publiée le 25 juillet 2013
Jean Becker à l'art de peindre des amitiés insolites avec beaucoup de sensibilité. En effet, "Les enfants du marais" est fait d'une substance émouvante, entrainante, pétillante : la liberté, celle de la carpe et des enfants du marais, impitoyable, rude, vibrante, celle au prix plein; celle des amis, usée et un peu lâche, timide et poétique, complice et généreuse, au bon rapport qualité-prix. Et puis la liberté des femmes, liberté balbutiante, liberté reniée, liberté troquée, liberté,...un peu, beaucoup, tendrement, à la folie, pas du tout. C'est la liberté d'entre deux guerres, liberté retrouvée, un œil sur le passé, en marche vers l'avenir,...quel avenir!?
Une douce comédie comme on les aime avec des acteurs talentueux peut être attachés a un role trop habituel mais qui a le mérite de plaire. Si vous aimez les acteurs présents, vous ne pouvez qu'être touchés par cette histoire parfaitement menée avec ses répliques cultes "jsuis bien content d'etre venu" , moi je suis bien content de l'avoir vu
2.5 ! C'est une honte d'attribuer cette note à un chef-d'oeuvre pareil ! Une ode à la vie, à la poésie et surtout à l'amitié avec un casting cinq étoiles !
Quel délicieux divertissement que ce conte naturaliste qui avait confirmé Jacques Gamblin (pour moi). Villeret, Dussollier et Serrault sont excellents et heureux, ça se voit, de jouer leur partition. Et puis, en tant que Lyonnais et amoureux des Dombes….
une merveille, un film extraordinaire où encore une fois on retrouve des acteurs plein de talent, touchant, drole, a voir et a revoir, encore, et encore...
Une chronique nostalgique pleine d'humanité. Un film qui fait chaud au coeur tout en nous faisant prendre conscience de tout ce que le monde moderne a perdu.
sans être génial ce film retrace de manière assez réaliste des tranches de vie de divers personnages. même si certaines sont un peu exagérée, comme les mésaventures du boxeur que joue Cantona ou la réussite sociale du "pépé" issu du marais, le tout est plutôt agréable à regarder. je n'ai pas trouvé ça 'franchouillard" ou "vieillot" car à mon avis, ça correspond tout simplement bien à la manière dont on pouvait vivre à cette époque
On peut habiter un Marais perdu dans la campagne et écouter Louis Armonstrong sous les étoiles, chanter le moi de mai la nuit sous les fenêtres et se prendre des pantoufles sur la figure, être pauvre comme Job et boire du Pommerolle jusqu’à plus soif sans en être pour autant être déconsidéré des gens de la ville. C’est dans cette brèche que Jean Becker pose sa caméra pour décrire, en rapprochant des êtres que tout séparerait au départ, les bouts de chemin fait ensemble à la manière dont Michelet en littérature dépeignait la vie rurale. Richard le pépé interprété par Michel Serrault toujours à la hauteur de son talent, apporte ou vient chercher de la vie dans ce marais dont il est également originaire, un flash back intéressant met en scène sous forme de clin d’œil son ancêtre sous les traits de Jacques Dufilho. Au fil des jours et des saisons, entre les grenouilles et les litrons de rouge, il fait connaissance avec les deux inséparables (Villerret/Gamblin) toujours à sauter sur l’occasion pour gagner un peu d’argent. A la moissonneuse, livrant du charbon, allant aux escargots ou bêchant le potager d’une vieille dame ; ils parviennent à survivre tant bien que mal avec fierté. De coups de rouge en coups de rouge, le cinéma n’insistera jamais assez sur ces mœurs là, se scelle une amitié entre ces trois personnages qui vont tenter de briser le conformisme de classe sociale qui voudrait que certaines personnes ne devraient pas se mélanger avec d’autres. Au tour, alors, de Jean Becker de mettre en scène toute une dynamique des préjugés. Les deux enfants (Pierrot et Krikri) sont séparés par une grille dans le par cet ne pourront jouer ensemble que plus tard. La famille du pépé, de riches industriels, assez hostile à l’idée qu’il aille se divertir chez ses amis du marais est encore plus réticente à l’idée qu’il y emmène leur fils. Et commence ensuite à se développer une chaleur humaine obligée de part les origines de naissance qui place une relation presque de sang organisée pour briser la solitude et l’isolement de ces individus un peu rustres, simples mais courageux. Dans la quiétude paisible des visites de voisinage nous voyons se développer de solides amitiés qui unissent des catégories sociales antagonistes grâce aux liens de la terre et de l’histoire, posés entre les deux guerres. Entraide, fierté et bravoure mêlées d’insouciance et de fatalisme semblent être les caractéristiques principales de ces gens de la terre qui donnent au temps un sens humain avant d’en faire une rentabilité. Progressivement, ils parviennent à supplanter la méfiance. En découvrant cette petite société du marécage et ses navrants antagonismes, on s’enlise rarement dans l’ennuyeux car c’est avec une force espiègle d’un «Balzac des campagnes» ou d’un «Zola des champs» que Becker met du soin à filmer la vie au grand air et ses habitus stéréotypés. Honoré (Henri Dussolier), le bourgeois de la ville qui n’a jamais travaillé trouve l’émerveillement d’une première fois en n’importe quelle banalité comme aller aux escargots, manger des grenouilles ou défier ses acolytes en philosophe de la liberté ; rien ne les retiens dans leur manière d’affronter la vie, pas même un boxeur. Eric Cantona joue ici les rois du ring un peu soupe au lait dans une froideur naturelle surprenante qui ne prouve pas forcément des talents de comédien mais qui va crescendo jusqu’au déclenchement d’une crise de furie de lion très vite rattrapée par un Roland Magdane en bistrotier terrifié voyant son établissement se faire mettre en pièce par le colérique boxeur. A travers Les enfants du marais, Becker extirpe du roman de Georges Montforez une fine analyse du lien social qui parfois soude ou s’effiloche entre les mailles de ces gens qui partent. Pamela qui a quitté son mari pochetron s’inscrit également dans un contexte d’exode rural et non pas seulement comme une rupture amoureuse ce qu’accentue encore de manière plus prononcée le départ de Marie (Isabelle Carré au sourire joufflu) pour Nice au bras d’un riche pharmacien.
voilà un petit chef d'œuvre au goût de liberté, de tranquillité, ou l'histoire se laisse bercée au rythme d'un cour d'eau qui se réveille d'un hiver tenace. c'est beau hein ? ça me vient comme ça, parce que ce film donne envie de devenir poète, assis au pied d'un arbre, un petit verre de vin à la min, et un bouquin dans l'autre. bref, un petit air de nostalgie se fait ressentir à la vision de cette odes campagnardes, au personnages attachants, admirablement bien interprétés par des acteurs exceptionnels. Cantona n'est pas trop ridicule au contact des grands Villeret,Serrault et autre Gamblins, Dussolier et Isabelle Carrée (future grande du cinéma français à mon avis). Ca donne envie de sourire et de se poser là, à regarder le vent qui passe (c'est beau hein ? ;-) ). bon aller j'arrête mon délire. C'est un très chouette film. aaaaah, je reprendrais bien une petite goûte moi.