Le pari est gagné: le trouble est semé parmis les spectateurs qui se partagent entre les conquis et les répulsés. On retrouve l'empreinte d'Almodovar qui, cependant, nous offre un spectacle d'un nouveau genre avec ce huis-clos sombre, incestueux et au visuel magnifique. Scènes théâtrales, cadrages artistiques, photographies aux couleurs subtiles, une Elena Anaya à couper le souffle, des flash-back qui dynamisent le rythme de ce long métrage...
"La piel que habito" nous met dans la peau d'un voyeur qui teste ses propres limites, on veut tout savoir mais, jusqu'où faut-il aller, que sommes-nous prêts à cautionner? On ne sort pas indemne du visionnage de ce film et on se demande malgré tout pour quel personnage la vengeance est légitime (si toutefois la vengeance peut être considéée comme telle), en essayant de faire le tri entre le sadisme, le viol, la séquestration, la maladie mentale, la passion et tous les autres éléments que nous apporte cette oeuvre d'art.
Ce film est vraiment bien : à la foi intéressent et dérangeant, au fur et à mesure on comprend ce qui ce passe exactement malgré une attente un peu longue, la seule chose que je pourrais reprocher à ce film est la fin qui est courte à mon goût.
Pedro Almodóvar est très fort. Il a réussit à faire de cette histoire en fait assez simple, une vraie réussite. Le film est à la fois érotique, fascinant, horrifiant et déroutant.
Pour mon premier Almodovar (...) j'en suis sorti totalement conquis. Comme souvent dans ce cas, les mots me manquent pour bien exprimer ce que j'ai ressenti. L'histoire est passionnante de bout en bout, ménageant efficacement un suspense étouffant, malsain. On s'effare progressivement devant la profondeur des manigances maladives du chirurgien de renom (joué par un Banderas parfait, sobre et retenu, laissant longtemps planer l'énigme de la source de ses étranges comportements), qui se révèlera totalement obsédé par le refus profond de la mort de son épouse dont il pense qu'il est finalement responsable. Une insondable culpabilité va le ronger, pervertir son esprit et le pousser à vouloir à tout prix ressusciter la défunte. Mise en scène époustouflante de maîtrise, de sens, de sobriété et d'efficacité. Elle est soutenue par une bande son très signifiante, souvent obsédante, soulignant et anticipant même embrouillamini des sentiments et pulsion des protagonistes. Un malaise permanent nous guette et nous envahit , tant sous des dehors d'abord très ordinaires, tous les personnages se révèlent intimement détraqués, blessés, tordus, torturés... C'est sans défaut, c'est prenant et beau dans sa violence extrême: on est fasciné par ce ballet mortel de faux-semblants et de tortueux esprits.
La piel que habito » est ma première incursion dans l’univers du célébrissime réalisateur espagnol de la movida, Pedro Almodóvar. Drôle de choix que de commencer par son dernier film qui s’apparente plus au thriller qu’au film d’amour … quoique non en fait ! Car « La piel que habito » est tout simplement un ébouriffant mélange de passion et de suspense. Doté d’une intrigue morbide de génie, parfaitement bien exploitée et distillé à travers de superbes scènes, ce film témoigne d’une force incommensurable. Nous voilà bel et bien devant une œuvre réfléchie et mature, une petite perle de virtuosité et de charme. Le scénario dérange à souhait, certains passages sont assez choquants, mais jamais vulgaire. A travers cette carapace d’apparente immoralité se dissimule une histoire humble, extrêmement touchante, teintée d’une romantique et folle mélancolie. Cette histoire de séquestration, de vengeance, de recherche d’un passé révolu est totalement hypnotisante, car parfaitement portée par une mise en scène remarquable. Beauté froide, classicisme exquis, caméras latentes, éclairages tamisés et décors chiadés, on nage à coup sûr dans le haut du panier de la technique cinématographique. A noter l’omniprésence des musiques (très belles), et de leur utilité cruciale tout au long du film, accompagnant et amplifiant les sentiments pulsionnels des différents personnages avec poésie et grâce. Les protagonistes possèdent une vision singulière et souvent extrême de cette macabre réalité, alors que les différents plans nous transportent dans le passé, nous dévoilant petit à petit l’origine de la terrible « expérience » qui se déroule presque paisiblement sous nos yeux envoutés. Elena Anaya crève l’écran ; sa beauté innocente ensorcèle dès le premier instant, son regard profond et ses réactions inattendues s’entrelacent parfaitement avec le personnage très particulier qu’elle incarne. Antonio Banderas est lui aussi effrayamment convaincant, dans ce qui est certainement l’une de ses plus belles réussites cinématographique. Le dénouement de ce drame passionnel et psychologique se veut très fort bien sûr, et sait faire preuve d’un dynamisme toujours subtile. Lorsque l’écran noirci, seule une boule demeure coincée dans notre gorge. La preuve que ce film est une pépite de délicate noirceur. 18/20
Flippant et dérangeant, un excellent film d'Almodovar ! Le corps, la sexualité, l'identité sexuelle sont des thèmes chers à Pedro, on sent que ça le travaille un peu d'être une fille avec ce film. Visuellement il est très beau, l'atmosphère est sombre et la musique parfaite. C'est bouleversant ce qui arrive au personnage principal et son jeu est formidable ! Ma-gni-fique ! Mon seul regret : ne pas l'avoir vu en salle mais grace à ciné + club...
Un film très surprenant où certains passages particulièrement ratés sont compensés par un rythme intéressant et une beauté formelle globalement indéniable.
Premier film d'Almodòvar que je vois, et il n'est pas dépourvu de style! Ce mec est un taré, un taré passionné! Ça a du mal a démarrer, c'est irrégulier la première heure, mais le rebondissement change la donne. Le virage est brutal et violent. Glauque, trash, sadique, grave, horriblement tordu. C'est d'une perversité dérangeante; incroyablement malsain. La deuxième moitié est fascinante et inquiétante. A voir au moins une fois, pour l'expérience!