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Un visiteur
3,0
Publiée le 25 septembre 2011
Lorsqu' Almodovar s'initie au Thriller, cela donne une œuvre qui, tout en étant assez intéressante, démontre les limites du réalisateur ... Tout d'abord, il y a chez l'ami Pedro comme un leitmotiv qui irrigue toute l'œuvre: La femme... Elle y est femme objet (sexuel, oeuvre d'art), elle y est soumise, elle y est vieillissante et résignée. Mais surtout, et malgré les épreuves qu'elle subit, elle y est cette force de caractère que rien n'ébranle malgré les apparences. Tout le contraire des hommes qui, dans le film, sont victimes de leurs pulsions; qu'elles soient sexuelles ou meurtrières... Ici donc, il y a cette belle jeune femme, Vera, qui n'est pas ce qu'elle parait être (Œuvre qu'on admire, tableau sur grand écran telle la Vénus au miroir de Vélasquez ), objet dont la féminité nouvelle agit comme un révélateur (elle porte la robe qu'elle trouvait jolie en tant qu'homme, sous sa nouvelle identité ). Il y a aussi dans le film le leitmotiv de la couture; on découd le masque de Véra, on découd les vêtements...puis on recoud (la chirurgie opérée sur Véra). Plusieurs situations font écho de cet aspect du récit; Marisa, la gouvernante, est la mère des frêres Ledgard...une famille rapiécée en quelque sorte ! Les lambeaux de vêtement que Vera répand dans sa chambre puis fait disparaitre dans l'aspirateur sont également le symbole d'une personnalité en friche qui se reconstruit ... Bref, on sent chez Almodovar ces vieux démons intèrieurs qu'il cherche à exorciser à travers son cinéma. Réalisateur habile qui manie subtilement l'art du récit, excellent directeur d'acteurs (il est toujours très rare de voir Banderas jouer correctement), il manque cependant à LPQH, malgré de nombreuses qualités, cette folie dans la réalisation, folie présente en filigrane dans chaque scènes ... Tout est bien fait mais rien ne surprend, même cette deuxième partie en flash-backs où l'on découvre la cause du trauma des protagonistes. Entant qu'enseignant, je me permettrais l'appréciation suivante; bon travail auquel il manque malgré tout une pointe de singularité !
Almodovar , dans la continuité des sujets abordées dans ces films précédents , signe là un film froid et horrifique à la fois . La piel que habito nous récite l'histoire torturée d'un chirurgien rongé par la folie et le remord avec une fille séquestrée par ce dernier , véritable cobaye de recherches scientifiques. La réalisation froide , parfois trop clinique , est certes de toute beauté mais ne touche pas vraiment le spectateur . Mais là où almodovar réussit son coup , c'est par la force dramaturgique et éthique de son récit qui glace le sang de minutes en minutes . Almodovar , très propre dans son esthétique , livre là un film machiavélique qui laisse un gout d’effroi et de stupeur .
Sans conteste il y a dans ce film tous les ingrédients qui font un Almodovar. on est assez heureux de retrouver ses acteurs fétiches, notamment Banderas en VO dans un rôle de chirurgien esthétique pervers. les rapports à la sexualité ambiguë, à la mère, à l'inceste sont un leitmotiv qui finalement signent un style bien particulier. on sort de la salle assez mal à l'aise et c'est justement ce qui est appréciable.
Très bon film policier avec du suspence et une fin assez surprenante. Comme d'habitude dans les films d'Almodovar les personnages sont complexes et très interressants. J'ai beaucoup aimé aussi la nouvelle égérie d'Almodovar.
Très original presque dérangeant a certain moment mais pas de regret. Bons acteurs et histoire tordue avec des retours avant arrière très bien conçu qui donne tout son intérêt au film.
Je crois que je vais arrêter d'aller voir tous les films d'Almodovar puisque tous ses récents films me déçoivent. Ils ne me procurent aucune émotion. Ses personnages ont perdu leur spontanéité, leur humour, leur vitalité. Almodovar adore adore les histoires alambiquées mais dans des films comme Parle avec Elle ou Tout Sur Ma Mere, on identifiait ou on s'attachait aux personnages car ils étaient simples et spontanés. Ici, rien ne se produit, Almodovar oublie l'essentiel. Certaines scènes m'ont paru presque inutiles: en quoi l'histoire de son demi frère fait il avancer l'intrigue par exemple? Esthétiquement c'est beau, le film se regarde sans déplaisir mais à la fin c'est le "c'est tout?" qui prédomine.
Le film est d'abord une véritable claque visuelle par sa mise en scène poétique, symbolique, bref reflechie et donc réussie. Aussi, par la mise en scène, le spectateur de cinéma est devenu un être malsain à regarder dans son fauteuil derrière le grand écran, tout comme le docteur (Banderas) à travers ces écrans, cette personne enfermée et traitée comme un objet, mais en même temps, un spectateur devenant enquêteur devant ces images au début incompréhensibles et mystérieuses ! Il est aussi une claque sonore grâce à la musique de Alberto Iglesias, et surtout une claque scénaristique ! Bref, une réussite. Un petit chef-d'oeuvre du cinéma espagnol signé Pedro Almodovar.